ISBN : 2707306959
Éditeur : Editions de Minuit (1984)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 386 notes) Ajouter à mes livres
Roman autobiographique mis en image par Jean-Jacques Annaud, L'amant est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. Dans une langue pure comme son sourire de jeune fille, Marguerite Duras confie sa rencontre et sa relation avec un re... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par sultanne, le 14 janvier 2012

    sultanne
    Magnifique prose que celle de Marguerite Duras, qui sait mêler la force des sentiments à celle des images. Au-delà des tabous et des préjugés, L'amant nous transporte dans une Indochine étrange, mytérieuse, ensorceleuse, à l'image de cette union inopinée qui déplace les limites de la décence.
    L'écriture de Duras, quoi qu'on en dise, est sauvage et poétique, semblable aux aléas de la pensée, fantômatique et onirique. le verbe, la syntaxe, la ponctuation dérogent sans complexe aux règles figées de la bienséance et c'est avec délice que le lecteur se couche avec voyeurisme aux côtés de ces amants atemporels.
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 01 février 2012

    carre
    Roman autobiographique , Duras raconte sa liaison avec un riche chinois en l'Indochine. Cette histoire d'amour est troublante, sensuelle. L'initiation amoureuse de la jeune fille est sublimée par le lieu même ou elle se déroule. Cet amour va rencontrer des oppositions côté asiatique comme du côté des colons. Il faut dire que la jeune fille est àgée de 15 ans et que les transgressions sont nombreuses.
    Duras réussit un magnifique roman, ou elle mets aussi en avant ces problèmes familiaux (avec sa mère, son frère), son envie déjà d'écrire, elle décrit une passion faite de délicatesse, de pudeur et d'impudeur, de plaisirs des sens. Si le ton lent parfois décousu peut irriter force est de saluer un très grand livre maitrisé sur un amour interdit. Prix Goncourt.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BlueGrey, le 27 août 2009

    BlueGrey
    "L'amant", c'est LE fabuleux roman autobiographique de Marguerite Duras. C'est l'un des récits d'initiation amoureuse parmi les plus troublants qui soit. C'est aussi un des livres marquants dans ma vie de lectrice, pas tant pour l'histoire que pour le style Duras.
    L'histoire justement, quelle est-elle ? Comme chacun sait, "L'amant" relate la relation entre la narratrice, jeune fille blanche de 15 ans, et un riche Chinois du double de son âge. Dans l'Indochine coloniale de l'entre deux guerres, leur histoire est empreinte de transgression car tout les oppose : la situation sociale et ethnique, la différence d'âge... Cette aventure amoureuse, sublimée par un environnement extraordinaire, ne pourra survivre : la jeune fille repartira en France et cet amour restera en suspens...
    Mais "L'amant" n'est pas qu'une histoire d'amour inaboutie. En effet, derrière la trame de cet amour au goût d'inachevé et teinté de mélancolie, Marguerite Duras offre un récit à plusieurs niveaux de lecture : elle évoque en filigrane la violence et La Douleur de son histoire familiale (la brutalité du frère aîné, L'Amour mais aussi l'insuffisance de la mère, l'adoration pour le petit frère et La Douleur de sa perte) et, déjà présente, l'envie d'écrire.
    Pourtant cette histoire, Marguerite Duras ne la mettra par écrit qu'à l'âge de 70 ans, 55 ans après... C'est le temps qu'il lui faudra pour accéder à elle-même et révéler enfin les sentiments que lui inspira le jeune Chinois, et révéler aussi les liens difficiles qui l'unissaient à sa mère et à ses frères.
    Malgré tout, malgré l'utilisation du "je" qui laisse entendre la voix de l'auteur, on ne peut assimiler pour autant ce roman à une pure autobiographie. En effet dans son livre Marguerite Duras ne semble pas avoir la volonté de réalité, ainsi son imagination se mêle à sa mémoire. La narration est "éclatée" : elle papillonne en suivant le cours décousu des pensées et souvenirs de la narratrice, elle oscille entre passé et présent, elle utilise l'ellipse et la suggestion autant que la redondance, certains moments étant tus ou à peine évoqués quand d'autres anecdotes sont racontées plusieurs fois, un souvenir se reliant à l'autre parfois par une simple association d'idées.
    Si ce style décousu peut déconcerter, moi il m'a enchantée, tout comme m'ont émerveillées la langue pure et la formidable efficacité de l'écriture, très poétique, et basée sur l'économie du mot. Un peu moins de mots, un peu plus de silence, Marguerite Duras excelle dans l'art de l'épure, l'évocation faite à mi-voix qui laisse place à l'imaginaire pour combler les silences de son récit. Enfin, pour en revenir au "sujet", Marguerite Duras conjugue aussi avec beaucoup de finesse la pudeur et l'impudeur dans son évocation de la découverte du plaisir physique.
    Bref, bien plus qu'un roman, ce livre est un envoûtement...
    « Tous, dit la mère, ils tournent autour d'elle, tous les hommes du poste, mariés ou non, ils tournent autour de ça, ils veulent de cette petite, de cette chose-là, pas tellement définie encore, regardez, encore une enfant. Déshonorée disent les gens ? et moi je dis : comment ferait l'innocence pour se déshonorer ? »
    « Cet amour insensé que je lui porte reste pour moi un insondable mystère. Je ne sais pas pourquoi je l'aimais à ce point là de vouloir mourir de sa mort. J'étais séparée de lui depuis dix ans quand c'est arrivé et je ne pensais que rarement à lui. Je l'aimais, semblait-il, pour toujours et rien de nouveau ne pouvait arriver à cet amour. J'avais oublié la mort. »

    Lien : http://descaillouxpleinleventre.blogspirit.com/archive/2009/02/20/l-..
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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    Marguerite Duras nous ressert le couvert d'Un barrage contre le pacifique en écrivant cette sorte d'addendum trente-cinq ans plus tard, où elle redore le blason de celui qu'elle appelait alors Monsieur Jo et qu'elle ne nomme désormais plus dans L'Amant que "l'homme de Cholen", nous offrant, ce faisant, un genre de pendant à la LOLITA de Nabokov, mais raconté du point de vue de la jeune fille. Avec l'âge, la reconnaissance et la maturité, Marguerite Duras n'éprouve plus le besoin de romancer ou d'aménager ses souvenirs autobiographiques comme dans le Barrage. Ici, elle laisse couler ses souvenirs et ses sensations à la façon du cours paisible du Mékong et nous les livre, non pas bruts, car l'âge aidant, ils sont largement passés au tamis des omissions, des hypertrophies et des embellissements divers mais donnent un réel sentiment d'authenticité, car on sent bien qu'elle ne cherche plus à plaire. On dirait plutôt un addendum, un testament littéraire sur sa vie à Sadec en Indochine, destiné à ses proches pour quand elle ne sera plus. Aussi, je conseille au lecteur de lire préalablement Un barrage contre le pacifique, qui est en quelque sorte la pièce maîtresse à laquelle l'auteur souhaite apporter des éclaircissements ou des modifications (notamment le fait qu'à l'époque où elle écrit le Barrage, sa mère et son frère aîné ne sont pas encore morts et elle ne peut donc pas avouer dans le livre ce qu'elle leur a caché durant toute sa vie, d'où le rôle tronqué de Monsieur Jo, qui retrouve ses lettres de noblesse dans L'Amant tandis que son frère Joseph subit, lui, plutôt une rétrogradation et devient moins attachant).
    Néanmoins, il faut prévenir le lecteur qu'à aucun moment on ne retrouve la construction et la linéarité d'Un barrage contre le pacifique. L'Amant est une somme de souvenirs souvent pèle-mêle comme notre cerveau les emmêle parfois en oubliant de les classer. Stylistiquement, ces discontinuités et cette manière de ne pas nommer les personnages principaux engendrent un certain mystère et possèdent un potentiel lyrique et nostalgique indéniable.
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    • Livres 4.00/5
    Par Sando, le 02 juin 2011

    Sando
    Marguerite Duras nous entraîne dans un tourbillon de beauté et de sensualité avec ce récit d'éveil aux sens et à L'Amour. L'écriture y est concise, mais envoûtante; la narration quant à elle, se veut éclatée, insaisissable.
    Plusieurs voix se font entendre, d'une part celle de notre jeune protagoniste de 15ans, qui raconte sa vie à Saigon dans l'Indochine coloniale, entre une mère qui n'en est pas vraiment une, un grand frère tyrannique et inquiétant, et un petit frère effacé mais complice. Elle raconte la fuite nécessaire de ce milieu, ce besoin de se préserver et la libération par la jouissance que lui procure "le Chinois de Cholen", de 17 ans son aîné.
    On entend également la voix d'une narratrice omnisciente, qui n'est autre que la jeune fille mais de nombreuses années après, qui nous apporte un éclairage sur ses actes de jeunesse, se plaît à commenter avec le recul de l'expérience, ses propres sentiments et pensées, encore obscurs auparavant.
    Enfin, c'est aussi la voix de Marguerite Duras que l'on entend, dans ce récit largement autobiographique, où elle ne fait qu'un avec les deux précédentes narratrices, mais s'en distingue toutefois en prenant une certaine distance par rapport à ce qui est dit.
    En résumé, "L'amant" est un texte marquant, saisissant par son dénuement poétique, mais c'est aussi un texte qui n'est pas facile d'accès et qui demande que l'on se donne complètement à lui pour en saisir tout l'intérêt.
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Citations et extraits

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  • Par Ryma96, le 26 mai 2012

    "Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort."
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  • Par MorganeJollivet, le 14 mai 2012

    Sa beauté est ainsi, déchirée, frileuse, sanglotante, et d'exil, rien ne lui va, tout est trop grand pour elle, et c'est beau, elle flotte, trop mince, elle ne tient dans rien, et cependant c'est beau. Elle est ainsi faite, dans la tête et dans le corps, que chaque chose qui la touche participe aussitôt, indéfectiblement, de cette beauté.
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  • Par MorganeJollivet, le 14 mai 2012

    Elle est mince, haute, dessinée à l'encre de Chine, une gravure. Les gens s'arrêtent et regardent émerveillés l'élégance de cette étrangère qui passe sans voir. Souveraine. On ne sait jamais d'emblée d'où elle vient. Et puis on se dit qu'elle ne peut venir que d'ailleurs, que de là. Elle est belle, belle de cette incidence.
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  • Par Chant3relle, le 14 avril 2011

    Il n'y avait pas un souffle de vent et la musique s'était répandue partout dans le paquebot noir, comme une injonction du ciel dont on ne savait pas à quoi elle avait trait, comme un ordre de Dieu dont on ignorait la teneur.
    Et la jeune fille s'était dressée comme pour aller à son tour se tuer, se jeter dans la mer et après elle avait pleuré parce qu'elle avait pensé à cet homme et elle n'avait pas été sûre tout à coup de ne pas l'avoir aimé d'un amour qu'elle n'avait pas vu parce qu'il s'était perdu dans l'histoire comme l'eau dans le sable et qu'elle le retrouvait seulement maintenant à cet instant de la musique jetée à travers la mer...
    [...] Des années après la guerre, après les mariages, les enfants, les divorces, les livres, il était venu à Paris avec sa femme. Il lui avait téléphoné...
    Et puis il le lui avait dit. Il lui avait dit que c'était comme avant, qu'il l'aimait encore, qu'il ne pourrait jamais cesser de l'aimer, qu'il l'aimerait jusqu'à sa mort...
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  • Par mandarine43, le 01 août 2011

    Je porte une robe de soie naturelle, elle est usée, presque transparente. Avant, elle a été une robe de ma mère, un jour elle ne l’a plus mise parce qu’elle la trouvait trop claire, elle me l’a donnée. Cette robe est sans manches, très décolletée. Elle est de ce bistre que prend la soie naturelle à l’usage. C’est une robe dont je me souviens. Je trouve qu’elle me va bien. J’ai mis une ceinture de cuir à la taille, peut-être une ceinture de mes frères. Je ne me souviens pas des chaussures que je portais ces années-là, mais seulement de certaines robes. La plupart du temps je suis pieds nus en sandales de toile. Je parle du temps qui a précédé le collège de Saigon. A partir de là bien sûr j’ai toujours mis des chaussures. Ce jour-là je dois porter cette fameuse paire de talons hauts en lamé or. Je ne vois rien d’autre que je pourrais porter ce jour-là, alors je les porte. Soldes soldés que ma mère m’a achetés. Je porte ces lamés or pour aller au lycée. Je vais au lycée en chaussures du soir ornées de petits motifs en strass. C’est ma volonté. Je ne me supporte qu’avec cette paire de chaussures-là et encore maintenant je me veux comme ça, ces talons hauts sont les premiers de ma vie, ils sont beaux, ils ont éclipsé toutes les chaussures qui les ont précédés, celles pour courir et jouer, plates, de toile blanche.

    Ce ne sont pas les chaussures qui font ce qu'il y a d'insolite, d'inouï, ce jour-là, dans la tenue de la petite. Ce qu'il y a ce jour-là c'est que la petite porte sur la tête un chapeau d'homme aux bords plats, un feutre souple couleur bois de rose au large ruban noir.
    L'ambiguïté déterminante de l'image, elle est dans ce chapeau.
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Vidéo de Marguerite Duras

Interview de Patrice Chéreau à propos du spectacle « La Douleur » sur des extraits tirés du journal de Marguerite Duras - Théâtre des Amandiers de Nanterre, 2008








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