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Freddy Michalski (Traducteur)
ISBN : 2869304676
Éditeur : Payot et Rivages (1991)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 359 notes)
Résumé :
Le Grand Nulle Part commence la nuit du premier de l'an 1950 et met en scène trois destins parallèles de policiers.
L'inspecteur adjoint Danny Upshaw enquête sur une série de meurtres sexuels avec mutilations.
Le lieutenant de la criminelle, Mal Considine, accepte de servir l'ambition d'un aspirant-procureur en participant à un dossier sur l'influence communiste à Hollywood. Buzz Meeks, homme de main, ex-flic des narcotiques et pourvoyeur de chair fra... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
Gwen2120 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Roman noir s'il en est - encore plus que le tome précédent, le célèbre "Dahlia noir", selon moi.
Roman de toutes les corruptions et de toutes les perversions, "Le grand nulle part" donne en effet l'impression très déstabilisante d'errer dans une sorte de purgatoire à sens unique ne pouvant mener qu'en enfer.
Comme pour le "Dahlia noir", il m'aura fallu une bonne centaine de pages pour vraiment m'immerger dans l'histoire, touffue, dense et semblant partir dans tous les sens. Beaucoup (trop) de personnages, des noms pas toujours faciles à retenir, des connections entre protagonistes pas toujours claires ou seulement suggérées pour un puzzle qui tarde à se mettre en place. En bonus le jargon policier typique de l'auteur, savoureux mais qui rend la narration parfois bien opaque.
Malgré tout cela, la fascination est bien là, le lecteur se prend à s'accrocher, les neurones en alerte, en quête du dénouement. Ellroy n'hésite pas à commotionner ses personnages comme ses lecteurs, mettant KO tout son monde sans ménagement. Trafic de drogue, pègre, prostitution, corruption, complots politiques, flics pourris, crime organisé... forment la cour complaisante du roi Dollar dans le L.A. d'après-guerre, et donnent aux récits d'Ellroy son impact unique. Une lecture pas toujours aisée mais définitivement percutante et qui laisse une trace indélébile derrière elle.

Challenge A TOUT PRIX 2015 - 2016
Challenge PAVES 2015 - 2016
Challenge Multi-Défis 2016
Pioche dans ma PAL - Mars 2016
Challenge ABC 2015 - 2016
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LiliGalipette
LiliGalipette12 mars 2011
  • Livres 5.00/5
Le Grand Nulle Part
Dans la nuit du 1er janvier 1950, un homosexuel est retrouvé mort, le corps déchiré de mutilations sexuelles et d'étranges morsures. D'autres meurtres similaires suivront dans l'année. Mal Considine, héros controversé de la seconde guerre mondiale, agent du L.A.P.D., mène l'enquête avec Dudley Smith, un policier dont le passé semble entaché d'une sombre affaire. Ellis Loew, adjoint du procureur de Los Angeles lance un Grand Jury sur l'influence communiste à Hollywood. La Menace Rouge fait trembler et les syndicats de machinistes de l'industrie du cinéma font peur. Danny Upshaw, jeune criminologiste du Comté de Los Angeles, est engagé pour infiltrer les réseaux communistes et trouver des preuves accablantes contre les communistes, en se rapprochant de Claire de Haven, une riche pasionaria communiste surnommée la Reine Rouge. Buzz Meeks, ancien flic du L.A.P.D. au département des Stups, homme de main d'Howard Hugues se retrouve sur les deux affaires. Réintégré dans ses fonctions de policier, il met ses talents au service de Mickey Cohen, chef de la pègre en rivalité avec Jack Dragna, un autre gangster de Los Angeles. Buzz Meeks prend les plus grands risques en s'amourachant d'Audrey Anders, la poule attitrée de Mickey Cohen. « Ça me plaît bien que ce soit dangereux d'être avec toi. J'aime ça. » (p. 275) Ce couple d'amants terribles ira au-devant de grands remous alors que Los Angeles est encore et toujours secouée par des vagues de crimes.
Dans ce deuxième volet du Quatuor de Los Angeles, on découvre la rivalité qui existe entre les services du L.A.P.D. (département de police) et ceux du L.A.S.D. (département du shérif). le récit est mené à la troisième personne par un narrateur omniscient qui saute d'un flic à l'autre. L'intrigue est complexe, notamment en raison du point de vue adopté. Les chapitres projettent le lecteur au milieu d'une scène sans indiquer quel personnage est suivi. Cela participe de l'enchevêtrement des enquêtes et de la ramification de l'intrigue. Chaque fil mène à la même conclusion mais dévider l'écheveau demande patience et relecture. J'ai suivi avec jubilation les mêmes pistes que les flics, réécrit leurs théories et rédigé les mêmes conclusions. James Ellroy parvient à créer une intrigue policière ultra complexe sans perdre en route son lecteur. Mais il s'agit de garder l'oeil ouvert et l'esprit alerte pour ne pas manquer un indice.
Je me suis attachée aux trois flics. Ils sont torturés, comme ceux du premier volet, mais leurs fêlures sont moins monstrueuses, plus humaines. Leurs faiblesses et leur violence bouillonnante sont des armes dont ils usent avec maladresse, comme des pantins qui voudraient couper leurs liens. Buzz Meeks surtout a retenu mon affection. de brute notoire au passé dégueulasse, il gagne en délicatesse à mesure que l'amour lui ouvre les yeux sur des valeurs autres que l'argent. Sans mièvrerie, James Ellroy montre comment un homme peut changer de voie sans renier ce qu'il est mais en effaçant une partie de l'ardoise qu'il porte dans le dos.
Une nouvelle fois, James Ellroy se fonde sur un fait réel, le meurtre de Sleepy Lagoon, pour développer une intrigue qui emprunte au réel et à l'imaginaire. La réalité dépasse parfois toutes les folies que pourrait se permettre le roman. le talent de James Ellroy, c'est de ne jamais faire oublier le substrat réel en l'alimentant de fictif. Il ne s'agit pas de recréer la vérité mais d'imaginer des voies parallèles et de donner au crime de nouvelles voies à explorer.
Et finalement, le Grand Nulle Part, c'est quoi ? C'est où ? Pour moi, c'est là où se perdent les flics de valeur, comme Lee Blancharddans le premier volet. C'est aussi un air de jazz aux notes mélancoliques et sinistres. le Grand Nulle Part, c'est Los Angeles, cité d'anonymes et de solitaires, cité d'êtres perdus, cité aux valeurs en déroute, cité oubliée du destin.
Lien : http://lililectrice.canalblo..
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Darkcook
Darkcook29 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
J'avais découvert Ellroy en cours, il y a quelques années, avec le Dahlia noir... Mais le Grand Nulle Part m'attirait, je ne sais pas pourquoi. La couverture, mon professeur qui avait évoqué Danny Upshaw en cours... le Dahlia me laissait en partie insatisfait, je voulais lire un roman plus flamboyant, plus tragique. Je m'emparai du Grand Nulle Part au début de l'été 2011.
Ce roman m'a complètement aspiré. Au début, on ne s'intéresse qu'à l'enquête d'Upshaw, on rit des magouilles de Buzz Meeks (c'est toujours un plaisir de suivre un criminel, surtout s'il est si décomplexé et fun) et Mal Considine, engagé par Ellis Loew, sert surtout à la toile de fond historique sur le Maccarthysme et la seconde guerre mondiale (le triangle avec Céleste et le SS change complètement l'affect qu'on peut porter au personnage) Peu à peu, on voit le pauvre Upshaw chuter, combattre sa chute, se combattre, "L'AUTRE", Glouton terrifiant qui hante Los Angeles surgit peu à peu de la nuit, on prend en affection Mal, on fuit Mickey Cohen avec Buzz... Vers un final fracassant, comme on en a que dans les grands romans, ceux dont on peut gloser encore plus d'un an après la lecture.
Je suis ressorti tellement transporté par le Grand Nulle Part, sur la route avec Buzz Meeks, que j'étais décidé : Les livres vedettes de mon mémoire universitaire sur le polar seraient : le Grand Nulle Part, Les Racines du mal (Dantec) et Moloch (Jonquet) ! Un an et quelque chose comme quatre mois après, je suis toujours en train de travailler dessus, et c'est un réel plaisir.
J'ai lu L.A. Confidential et White Jazz, et malgré leurs immenses qualités (Ellroy est quand même un maître, il ne m'a déçu qu'avec Un tueur sur la route) ils restent en deçà, dans mon affection. C'est drôle : tout le monde parle d'Ellroy pour le Dahlia et L.A. Confidential (souvent en ayant vu seulement les films... aberration) mais personne ne parle du Grand Nulle Part, dans le grand public... Et dès qu'on fouine un peu du côté des forums, des fans, des vrais connaisseurs... Tout le monde ou presque désigne son favori, l'éclipsé des médias, l'opéra où, en 1950 Upshaw affronte le Glouton, et où le trio Upshaw/Considine/Meeks, prototype des trios réguliers Ellroyiens, est en fait le plus réussi...
Bon, je n'ai pas encore lu la trilogie Underworld USA mais j'ai toute confiance en ce maître qui déçoit si peu (White Jazz, tellement décrié pour le style, par exemple, je me suis habitué à la prose au bout de deux pages, et c'était parti pour le coup final) Ceci dit, il se peut que le Grand Nulle Part reste mon favori parmi son oeuvre qui doit encore s'étendre avec un nouveau Quatuor...! L'avenir nous le dira!
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oblo
oblo08 novembre 2015
  • Livres 4.00/5
Los Angeles, 1950. le cadavre de Marty Goines, ancien cambrioleur devenu jazzman, est retrouvé atrocement mutilé dans un champ. Dans le même temps, le procureur Ellis Loew met en place une enquête visant à mettre à jour les façons dont les influences communistes ont gangrené le cinéma hollywoodien. A la clé, pense Loew, une formidable opportunité pour s'offrir une virginité politique en vue d'une carrière politique. Pour ce faire, il fait appel à Mal Considine et à Dudley Smith, un géant Irlandais rougeaud à la réputation terrible. Les affaires vont se coopter et aller vers des dénouements brutaux.
James Ellroy use d'une langue qui ne souffre aucun élément inutile. Les phrases sont courtes, concises, le vocabulaire se fait tantôt précis, technique, tantôt argotique qui rend hommage au parler de la rue.
Le livre est centré autour de trois personnages : Mal Considine, héros de guerre, tueur de nazi, lieutenant de police qui doit aussi faire face à des problèmes conjugaux qui peuvent lui retirer son fils – qui ne l'est pas vraiment –, Stefan, un jeune Tchèque qui a connu des choses terribles durant la guerre. Danny Upshaw, 27 ans, est un jeune flic idéaliste, refoulant son homosexualité et qui est obsédé par les crimes qui sont perpétrés. Turner « Buzz » Meeks, homme de main de Howard Hughes et de Mickey Cohen (l'un des deux parrains de la mafia angelinos), ancien flic refourgueur de came, qui accepte d'aider le procureur Loew pour l'argent.
Dans le Los Angeles des années 1950, les cinémas d'Hollywood tournent à plein régime, engageant nombre de petites mains qui réclament des droits sociaux. Certains d'entre eux manifestent, sous la houlette de l'UAES, syndicat principal que voient d'un mauvais oeil Ellis Loew et Mickey Cohen, l'un pour la menace rouge qu'ils représentent, l'autre parce qu'il veut placer son propre syndicat des Camionneurs au sein des studios hollywoodiens. Clairement, Ellroy veut plonger le lecteur dans un Los Angeles loin des paillettes. C'est le Los Angeles des clubs de jazz glauques, de la corruption policière généralisée, des rivalités de territoires (entre les mafieux Mickey Cohen et Jack Dragna, entre le LAPD et le LASD), des terrains vagues où les cadavres sont balancés. C'est le Los Angeles des perversions sexuelles, des envies non assumées ou inassouvies, des snuff movies, du chantage et de la violence physique. C'est un grand nulle part où se pressent et se perdent les illusions. Seule s'y matérialise une certitude : Los Angeles a trouvé en James Ellroy un peintre aussi redoutable que brillant.
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Philemont
Philemont18 mars 2013
  • Livres 4.00/5
Danny Upshaw est inspecteur adjoint et enquête sur une série de meurtres sexuels. Mal Considine est lieutenant de la criminelle et participe à un dossier sur l'influence communiste à Hollywood. Buzz Meeks est un ex-flic des narcotiques devenu homme de main d'un truand influent de Los Angeles. Il n'y a guère de points communs entre ces trois hommes mais leurs activités respectives vont les réunir pour le pire...
Avec le grand nulle part, et après le Dahlia Noir, James ELLROY poursuit sa visite de Los Angeles dans les années 50. Une nouvelle fois c'est un regard froid, presque sociologique, qu'il jète sur sa ville natale en nous montrant probablement ce qu'on y trouve de pire : des détraqués sexuels, de politiciens assoiffés de pouvoir, des flics corrompus, des truands parfaitement infiltrés dans les méandres du pouvoir. La toile de fond est cette fois-ci la lutte contre le communisme, infiltré dans les industries du cinéma, ainsi que les milieux homosexuels.
L'intrigue est extrêmement complexe. C'est pourquoi ELLROY prend son temps pour la développer en posant minutieusement ses différents éléments chapitre après chapitre. Les trois principaux personnages sont parfaitement caractérisés, ce qui les rend éminemment réels. Les personnages secondaires sont pour leur part innombrables, ce qui demande au lecteur d'être attentif à tout moment de sa lecture.
Mais cet effort n'est pas vain pour qui aime les romans policiers intelligents et passionnants. de plus, l'écriture est parfaitement fluide et rythmée. Finalement, par rapport au Dahlia Noir, il manque juste l'émotion rendue par sa dimension autobiographique, ce qui n'est qu'un bien petit défaut.
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen2117 mars 2016
Mal prit le registre, le feuilleta en vitesse et le lui fourra dans les bras pour le lui rendre.
- C'est un faux. Je ne sais pas ce que signifient les ratures, mais seules votre signature et celle de Loftis sont vraies. Les autres ont été ajoutées, et le détail des minutes, c'est comme si le Club des Cinq demandait sa carte du Parti. C'est un faux, et vous le teniez prêt au cas où.
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MyrtleMyrtle26 août 2012
Elle était assise sur la cuvette des toilettes, nue, en train de fumer. Une demi-douzaine de mégots jonchaient le sol ; la salle de bains n'était qu'un nuage de fumée. Audrey ressemblait à une extra-terrestre : les larmes avaient fait fondre son maquillage et son visage était tout barbouillé de rouge à lèvres, restes de leurs jeux amoureux.
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Gwen21Gwen2114 mars 2016
Le grand magasin Broadway sur Hollywood et Vine avait, au quatrième, des toilettes pour hommes connues sous le nom de "Paradis des Suceurs de Pines". Des invertis entreprenants avaient foré des trous dans les parois, offrant ainsi la possibilité aux occupants de chiottes adjacentes d'une copulation orale.
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Gwen21Gwen2112 mars 2016
Il vit le réfrigérateur, tendit le bras et ouvrit la porte, avant de bondir vers l'évier en voyant ce qui se trouvait à l'intérieur.
Deux globes oculaires glacés d'humeur gélatineuse dans un cendrier. Un doigt humain sectionné, posé sur un carton de haricots verts.
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Gwen21Gwen2113 mars 2016
Dudley s'approcha, allongea une tape dans le dos d'Upshaw et lui fit un clin d’œil.
- Il y a une femme qu'il va falloir approcher et serrer de près, mon gars. Il se pourrait bien que tu sois obligé de la baiser à couilles rabattues.
- Je sauterai sur l'occasion avec plaisir, dit l'adjoint Danny Upshaw.
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Videos de James Ellroy (65) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de James Ellroy
http://pifpafpoum.com/ L' émission délirante de la bande dessinée Au sommaire du TOME 2 SAISON 3: itw de JAMES ELLROY Le Dahlia noir (Casterman/Rivages) Tyler Cross T2 (Dargaud) Sherlock Holmes (Soleil)
et la rubrique OKAY (On Kiffe Aussi Yeah) : Varto (Steinkis) Les Campbell (Dupuis) le chevalier à la licorne (Soleil) Nungesser (Casterman) Capitaine perdu (Glenat)
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