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> Freddy Michalski (Traducteur)

ISBN : 2869304676
Éditeur : Payot et Rivages (1991)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 242 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le Grand nulle part commence la nuit du premier de l'an 1950 et met en scène trois destins parallèles de policiers.
L'inspecteur adjoint Danny Upshaw enquête sur une série de meurtres sexuels avec mutilations.
Le lieutenant de la criminelle, Mal Considine... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 12 mars 2011

    LiliGalipette
    Le Grand Nulle Part
    Dans la nuit du 1er janvier 1950, un homosexuel est retrouvé mort, le corps déchiré de mutilations sexuelles et d'étranges morsures. D'autres meurtres similaires suivront dans l'année. Mal Considine, héros controversé de la seconde guerre mondiale, agent du L.A.P.D., mène l'enquête avec Dudley Smith, un policier dont le passé semble entaché d'une sombre affaire. Ellis Loew, adjoint du procureur de Los Angeles lance un Grand Jury sur l'influence communiste à Hollywood. La Menace Rouge fait trembler et les syndicats de machinistes de l'industrie du cinéma font peur. Danny Upshaw, jeune criminologiste du Comté de Los Angeles, est engagé pour infiltrer les réseaux communistes et trouver des preuves accablantes contre les communistes, en se rapprochant de Claire de Haven, une riche pasionaria communiste surnommée la Reine Rouge. Buzz Meeks, ancien flic du L.A.P.D. au département des Stups, homme de main d'Howard Hugues se retrouve sur les deux affaires. Réintégré dans ses fonctions de policier, il met ses talents au service de Mickey Cohen, chef de la pègre en rivalité avec Jack Dragna, un autre gangster de Los Angeles. Buzz Meeks prend les plus grands risques en s'amourachant d'Audrey Anders, la poule attitrée de Mickey Cohen. « Ça me plaît bien que ce soit dangereux d'être avec toi. J'aime ça. » (p. 275) Ce couple d'amants terribles ira au-devant de grands remous alors que Los Angeles est encore et toujours secouée par des vagues de crimes.
    Dans ce deuxième volet du Quatuor de Los Angeles, on découvre la rivalité qui existe entre les services du L.A.P.D. (département de police) et ceux du L.A.S.D. (département du shérif). le récit est mené à la troisième personne par un narrateur omniscient qui saute d'un flic à l'autre. L'intrigue est complexe, notamment en raison du point de vue adopté. Les chapitres projettent le lecteur au milieu d'une scène sans indiquer quel personnage est suivi. Cela participe de l'enchevêtrement des enquêtes et de la ramification de l'intrigue. Chaque fil mène à la même conclusion mais dévider l'écheveau demande patience et relecture. J'ai suivi avec jubilation les mêmes pistes que les flics, réécrit leurs théories et rédigé les mêmes conclusions. James Ellroy parvient à créer une intrigue policière ultra complexe sans perdre en route son lecteur. Mais il s'agit de garder l'œil ouvert et l'esprit alerte pour ne pas manquer un indice.
    Je me suis attachée aux trois flics. Ils sont torturés, comme ceux du premier volet, mais leurs fêlures sont moins monstrueuses, plus humaines. Leurs faiblesses et leur violence bouillonnante sont des armes dont ils usent avec maladresse, comme des pantins qui voudraient couper leurs liens. Buzz Meeks surtout a retenu mon affection. de brute notoire au passé dégueulasse, il gagne en délicatesse à mesure que l'amour lui ouvre les yeux sur des valeurs autres que l'argent. Sans mièvrerie, James Ellroy montre comment un homme peut changer de voie sans renier ce qu'il est mais en effaçant une partie de l'ardoise qu'il porte dans le dos.
    Une nouvelle fois, James Ellroy se fonde sur un fait réel, le meurtre de Sleepy Lagoon, pour développer une intrigue qui emprunte au réel et à l'imaginaire. La réalité dépasse parfois toutes les folies que pourrait se permettre le roman. le talent de James Ellroy, c'est de ne jamais faire oublier le substrat réel en l'alimentant de fictif. Il ne s'agit pas de recréer la vérité mais d'imaginer des voies parallèles et de donner au crime de nouvelles voies à explorer.
    Et finalement, Le Grand Nulle Part, c'est quoi ? C'est où ? Pour moi, c'est là où se perdent les flics de valeur, comme Lee Blancharddans le premier volet. C'est aussi un air de jazz aux notes mélancoliques et sinistres. Le Grand Nulle Part, c'est Los Angeles, cité d'anonymes et de solitaires, cité d'êtres perdus, cité aux valeurs en déroute, cité oubliée du destin.

    Lien : http://lililectrice.canalblog.com/archives/2011/03/12/20477896.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Darkcook, le 29 novembre 2012

    Darkcook
    J'avais découvert Ellroy en cours, il y a quelques années, avec Le Dahlia noir... Mais le Grand Nulle Part m'attirait, je ne sais pas pourquoi. La couverture, mon professeur qui avait évoqué Danny Upshaw en cours... le Dahlia me laissait en partie insatisfait, je voulais lire un roman plus flamboyant, plus tragique. Je m'emparai du Grand Nulle Part au début de l'été 2011.
    Ce roman m'a complètement aspiré. Au début, on ne s'intéresse qu'à l'enquête d'Upshaw, on rit des magouilles de Buzz Meeks (c'est toujours un plaisir de suivre un criminel, surtout s'il est si décomplexé et fun) et Mal Considine, engagé par Ellis Loew, sert surtout à la toile de fond historique sur le Maccarthysme et la seconde guerre mondiale (le triangle avec Céleste et le SS change complètement l'affect qu'on peut porter au personnage) Peu à peu, on voit le pauvre Upshaw chuter, combattre sa chute, se combattre, "L'AUTRE", Glouton terrifiant qui hante Los Angeles surgit peu à peu de la nuit, on prend en affection Mal, on fuit Mickey Cohen avec Buzz... Vers un final fracassant, comme on en a que dans les grands romans, ceux dont on peut gloser encore plus d'un an après la lecture.
    Je suis ressorti tellement transporté par le Grand Nulle Part, sur la route avec Buzz Meeks, que j'étais décidé : Les livres vedettes de mon mémoire universitaire sur le polar seraient : le Grand Nulle Part, Les Racines du mal (Dantec) et Moloch (Jonquet) ! Un an et quelque chose comme quatre mois après, je suis toujours en train de travailler dessus, et c'est un réel plaisir.
    J'ai lu L.A. Confidential et White jazz, et malgré leurs immenses qualités (Ellroy est quand même un maître, il ne m'a déçu qu'avec Un tueur sur la route) ils restent en deçà, dans mon affection. C'est drôle : tout le monde parle d'Ellroy pour le Dahlia et L.A. Confidential (souvent en ayant vu seulement les films... aberration) mais personne ne parle du Grand Nulle Part, dans le grand public... Et dès qu'on fouine un peu du côté des forums, des fans, des vrais connaisseurs... Tout le monde ou presque désigne son favori, l'éclipsé des médias, l'opéra où, en 1950 Upshaw affronte le Glouton, et où le trio Upshaw/Considine/Meeks, prototype des trios réguliers Ellroyiens, est en fait le plus réussi...
    Bon, je n'ai pas encore lu la trilogie Underworld USA mais j'ai toute confiance en ce maître qui déçoit si peu (White jazz, tellement décrié pour le style, par exemple, je me suis habitué à la prose au bout de deux pages, et c'était parti pour le coup final) Ceci dit, il se peut que le Grand Nulle Part reste mon favori parmi son oeuvre qui doit encore s'étendre avec un nouveau Quatuor...! L'avenir nous le dira!
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    • Livres 4.00/5
    Par Philemont, le 18 mars 2013

    Philemont
    Danny Upshaw est inspecteur adjoint et enquête sur une série de meurtres sexuels. Mal Considine est lieutenant de la criminelle et participe à un dossier sur l'influence communiste à Hollywood. Buzz Meeks est un ex-flic des narcotiques devenu homme de main d'un truand influent de Los Angeles. Il n'y a guère de points communs entre ces trois hommes mais leurs activités respectives vont les réunir pour le pire...
    Avec le grand nulle part, et après Le Dahlia Noir, James ELLROY poursuit sa visite de Los Angeles dans les années 50. Une nouvelle fois c'est un regard froid, presque sociologique, qu'il jète sur sa ville natale en nous montrant probablement ce qu'on y trouve de pire : des détraqués sexuels, de politiciens assoiffés de pouvoir, des flics corrompus, des truands parfaitement infiltrés dans les méandres du pouvoir. La toile de fond est cette fois-ci la lutte contre le communisme, infiltré dans les industries du cinéma, ainsi que les milieux homosexuels.
    L'intrigue est extrêmement complexe. C'est pourquoi ELLROY prend son temps pour la développer en posant minutieusement ses différents éléments chapitre après chapitre. Les trois principaux personnages sont parfaitement caractérisés, ce qui les rend éminemment réels. Les personnages secondaires sont pour leur part innombrables, ce qui demande au lecteur d'être attentif à tout moment de sa lecture.
    Mais cet effort n'est pas vain pour qui aime les romans policiers intelligents et passionnants. de plus, l'écriture est parfaitement fluide et rythmée. Finalement, par rapport au Dahlia Noir, il manque juste l'émotion rendue par sa dimension autobiographique, ce qui n'est qu'un bien petit défaut.
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 25 mars 2014

    fx131
    Quand un auteur aussi incisif s'attaque aux zones sombres de Los Angeles , le choc ne peut étre que frontal. La plongée dans le contexte de l'époque , profondément paranoiaque , d'une violence sourde s'avére sans pitié. Ici la pire des crapules est un héros , et la politique est partout. En cette époque de chasse aux sorciéres il n'y a plus de morale , le plus perfide triomphe. Ellroy en observateur qui voit tout parvient à faire ressortir par tout les personnages cette période folle ou le moindre souffle était observé... Chacun est corrompu , et les trois personnages principaux survivent tant bien que mal , au millieu d'un univers cauchemardesque.... Un bijou noir , d'un réalisme saississant et mémorable.
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    • Livres 5.00/5
    Par CorinneCo, le 25 octobre 2013

    CorinneCo
    Derrière le Grand Nulle Part, il y a toute la compassion et la rédemption que James Ellroy parsème dans ses livres même de façon presque imperceptible. Dans ce livre c'est une forme d'apothéose (enfin ce n'est que mon avis). le final n'a d'égal que l'ensemble de l'histoire, des personnages. Upshaw est un personnage de tragédie grecque, qui va vers son destin même si celui-ci est la fin. Je me suis demandée "ce livre aurait pu finir autrement ?". Probablement non. le plus grand livre d'Ellroy.
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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 26 août 2012

    Elle était assise sur la cuvette des toilettes, nue, en train de fumer. Une demi-douzaine de mégots jonchaient le sol ; la salle de bains n'était qu'un nuage de fumée. Audrey ressemblait à une extra-terrestre : les larmes avaient fait fondre son maquillage et son visage était tout barbouillé de rouge à lèvres, restes de leurs jeux amoureux.

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  • Par Darkcook, le 02 juin 2013

    Coleman luttait contre ses pulsions de manière rudimentaire, par la musique. Il travaillait sur un long morceau en solo rempli de silences à donner le frisson qu'il tirait de son saxo, des sons uniques, sonores au départ puis se faisant plus doux, avec de longs intervalles de silence. Le morceau se terminerait sur une gamme de notes en decrescendo avant une absence totale de sons - qui résonnait plus fort aux oreilles de Coleman que tous les bruits qu'il pourrait jamais produire. Il voulait appeler sa composition Le Grand Nulle Part.
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  • Par Myrtle, le 26 août 2012

    - Parfois je me dis que si un jour je sais qui est ce mec et pourquoi il fait ça, alors je saurai quelque chose de tellement gros que je serai capable de résoudre la petite routine quotidienne comme un rien du tout. Je sais que je pourrai alors continuer, faire carrière et attraper des galons à me contenter d'un ordinaire de banalités, parce que toutes les intuitions que j'aurais toujours eues sur ce que les gens sont capables de faire se seront toutes vérifiées d'un seul coup, sur une seule affaire. Et que j'en aurais épinglé les "raisons". Le "pourquoi". Ce putain de "pourquoi".
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  • Par Myrtle, le 26 août 2012

    Du sang sur les murs. D'énormes traînées qui ne trompaient pas, des marques de crachures exemplaires, dignes d'un manuel ; le tueur avait expectoré à pleine bouche, faisant gicler le rouge au travers de ses dents, agrémentant le papier peint à fleurs bon marché de petits motifs répétés. Sur quatre murs entiers - figures et fioritures en plongée et contre-plongée et quelque chose qui ressemblait à la lettre G en plus travaillé. Du sang séché qui feutrait le couvre-lit usé jusqu'à la corde, du sang en vastes flaques coagulées sur le linoléum, du sang qui gorgeait le bourrage dégoulinant d'un canapé de couleur claire, du sang en éclaboussures sur la pile de journaux près d'une table qui portait plaque chauffante, casserole et boîte de soupe unique. Beaucoup, beaucoup trop de sang pour le corps dévasté d'un seul être humain.
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  • Par goodgarn, le 12 avril 2013

    Et l'aspect le plus subtil, le plus pénétrant du communisme, l'instrument le plus insidieux de son efficacité, ce sont les millions de bannières sous lesquelles il se cache, ces millions d'étendards différents, intitulés, sigles ou initiales aux combinaisons variées. Il étend son cancer pour pervertir et corrompre au nom de la compassion, du bien et de la justice sociale.

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