> Françoise Smith (Traducteur)

ISBN : 2749105692
Éditeur : Le Cherche midi (2008)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis.
Mais, pour mener son enquête, Kline doit gagner la confian... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 05 décembre 2010

    Eskalion
    Autant le dire tout de suite. Si vous avez plutôt l'âme sensible, abstenez vous de lire ce livre ! ! Mais quel dommage pour vous ! Car ce roman est odieux ! Magistralement et délicieusement odieux !
    Kline est un policier. Au cours d'une enquête, il se retrouve face à criminel armé d'un hachoir. Pour en réchapper, il n'a d'autre solution que de laisser le tueur lui trancher la main, ce qui dans ce court laps de temps, lui permet de saisir son arme de service de son autre main valide, et de tirer une balle dans l'œil de l'assassin. Pour couronner le tout, Kline va cautériser lui-même son moignon ensanglanté sur une plaque électrique!
    Cet exploit, rapporté dans la presse, ne va pas passer inaperçu. En particulier auprès d'une secte constituée exclusivement d'individus amputés d'un ou plusieurs membres, qui reste admirative devant ce geste insensé qui vient d'être accompli.
    Pendant sa convalescence, Kline va être contacté par celle-ci pour lui demander de se déplacer dans ses locaux pour une affaire urgente. Notre policier refusera, et ce qui n'était qu'une demande courtoise va rapidement se transformer en une invitation ferme et coercitive, formulée par deux anges gardiens un peu trop directifs.
    Dans cette confrérie, l'organisation y est très hiérarchisée. Les places et les grades s'établissent en fonction du nombre d'amputations comptabilisées sur la personne. Si vous ne possédez qu'un seul moignon, vous n'êtes qu'un vulgaire « Un » et occupez le bas de l'échelle. Par contre vous êtes un « onze » et occupez le haut du panier s'il vous en manque à ce point !
    Et c'est justement un Onze que va rencontrer notre homme, pour se voir confier une enquête qu'il ne peut refuser faute d'y laisser un peu plus que quelques membres .Le gourou de la secte a été assassiné et il convient d'en trouver le coupable.
    Alors débute véritablement la descente aux enfers pour notre inspecteur si particulier. Car le problème voyez vous, c'est que les membres de cette confrérie ont la fâcheuse habitude de ne parler qu'à des personnes de rang égal ou supérieur. Et donc pour pouvoir les interroger et obtenir des informations il faut se mettre à leur niveau. Et pour se faire, avoir l'esprit de sacrifice. Vous me suivez jusqu'ici ? Et la question est de savoir jusqu'où notre héros involontaire est il prêt à aller pour découvrir la vérité !
    Les choses vont rapidement aller de mal en pis pour Kline devenu bien malgré lui une icône de ces croyants vouant un culte si particulier au don de soi. Son enquête le conduira à découvrir un groupe dissident de la confrérie ! Il se retrouvera bien malgré lui l'enjeu et l'outil de cette confrontation à mort entre les deux organisations rivales.
    Et c'est donc au milieu de ce capharnaüm que notre flic va patauger et tenter de surnager. Au final celui-ci optera pour une solution radicale qui transformera le reste du roman en un cataclysme sanguinolent du meilleur effet !
    Ce livre est hors norme. C'est un roman obsédant, dérangeant, qui vous met extrêmement mal à l'aise, mais dont on ne peut s'empêcher de se délecter à chaque page, tant nous prenons plaisir à l'inconfort. Car derrière le premier degré, abrupt et violent, se cache un humour noir jouissif, omnis présent.
    La scène de la stripteaseuse qui une fois effeuillée de son soutien gorge et de son string , prolonge le spectacle en se décortiquant comme une écrevisse un soir de réveillon en s'ôtant bras, jambes, œil, seins,fesses…. est croustillant d'obscénité !
    L'auteur est un ancien mormon qui a été sommé par son église de choisir entre l'écriture et sa foi. Heureusement pour nous, Brian Evenson a décidé de commettre des romans.
    Sans doute règle-t-il d'ailleurs quelques comptes avec la religion en général ,qu'il monte en dérision à travers ce débat ubuesque qui agite la confrérie , pour savoir si l'amputation d'un orteil à la même valeur que celle d'un pied ou d'un bras dans le décompte des amputations ! Où lorsqu'il décrit les membres du groupe dissident où tous s'appellent Paul ! Vous imaginez les dialogues !
    Et ne cherchez pas la moindre notion de bien ou de mal, de remord ou de doute, vous n'en trouverez pas. Evenson ne s'attache pas à l' épaisseur psychologique de ses personnages. Tout juste Kline se demande de quoi le lendemain sera-t-il fait. La force d'Evenson réside dans les situations qu'il mets en place, dans son écriture épurée qui sert une mise sous tension du lecteur de plus en plus forte et étouffante.
    Quant à vous cher lecteur, si la lecture de ce billet ne vous a pas retourné l'estomac, il ne vous reste plus qu'à vous lancer dans celle de ce roman si particulier ! Mais attention, à le dévorer, il se pourrait bien que les bras vous en tombent !


    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 17 janvier 2012

    encoredunoir
    Kline est un détective. Ou plutôt Kline était un détective. Jusqu'à l'affaire du « gentleman au hachoir ». Il a débarrassé le monde de ce tueur mais y a laissé sa main droite. Une amputation d'autant plus traumatisante que Kline à dû cautériser lui-même cette blessure sur un réchaud à gaz. Alors, bien entendu, la presse a parlé de l'affaire. Et, alors qu'il se laisse peu à peu mourir de dépression dans son appartement, Kline est enlevé par deux drôles de types qui veulent qu'il résolve une affaire. Membres d'une secte qui pratique l'amputation à but religieux, ils veulent que le détective trouve le meurtrier de leur guide. Pas assez amputé pour pouvoir s'adresser aux membres les plus importants de la confrérie, Kline doit enquêter sans voir de cadavre ni de scène de crime et sans pouvoir interroger quiconque… à moins de sacrifier quelques membres.
    Avec un tel point de départ, on peut s'attendre au pire, et on a raison. Suivre Kline dans cette enquête en devient physiquement douloureux tant le propos est explicite. Pas forcément gore, car Evenson est bien plus fin que ça et réussit à nous faire visualiser bien des choses que l'on aimerait ne pas voir par la grâce de quelques mots bien choisis, ce roman est toutefois épouvantable.
    On pénètre dans un antre de la folie placé sous le signe du grand guignol avec l'appui d'un humour que l'on ne peut que qualifier de pince (monseigneur, en l'occurrence) sans rire. Ainsi en va-t-il des discussions théologiques sur le comptage des amputations : dans une confrérie où plus on a subi d'amputation plus on est important, la question est essentielle : quelqu'un qui s'est fait couper un bras vaut-il moins que celui qui s'est fait couper deux doigts ? À ce titre les discussions entre Gous et Ramse, les ravisseurs de Kline, véritables Dupond et Dupont façon puzzles humains, ne peuvent que vous arracher, au minimum et sans anesthésie, un rire jaune.
    Sans doute faut-il voir dans ce roman vraiment atypique écrit par un ancien mormon en rupture totale avec son Église, une parabole sur la religion en général et sur la sienne en particulier. Tout au plus regrettera-t-on une certaine baisse de rythme sur la fin, mais voilà un livre qui mérite d'être lu tant, sous cet aspect rude, il se révèle intelligent et obsédant. À lire à jeun, cependant.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-coupe-fin-la-confrerie-des..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par lapetitesteph, le 23 avril 2012

    lapetitesteph
    Détective privé, Kline se remet de sa dernière affaire qui lui a coûté l'auto amputation et auto cautérisation de sa main droite. Et vi, c'est un dur, que n'aurait-il pas sacrifié pour arrêter et tuer "le gentleman au hachoir"? Sans souci d'argent, il tente de se recréer un quotidien, d'apprivoiser sa main gauche en sortant le moins possible de chez lui, de son lit. Hélas il existe un fléau au monde moderne, ce téléphone qui ne cesse de retentir, avec au bout une étrange voix l'engageant d'office sur une nouvelle enquête. Malgré ses refus, c'est chez lui qu'on viendra le débusquer et l'amener de force au sein d'une curieuse communauté. C'est la plongée dans un univers d'illuminés, avec pour cadre une demeure austère, pour compagnons des personnages à la politesse glaciale, au physique mutilé. Kline découvre une secte avec sa hiérarchie, ses codes, ses cérémonies. Un détective, c'est curieux de nature mais ici le savoir se paie cher, un membre contre un indice.
    "La confrérie des mutilés" est un récit d'une rare intensité, truffé d'humour noir, de scènes horrifiantes et frissonnantes à souhait, très imagées, avec des dialogues absurdes. Il est dingue ce B. Evenson, très différent de ses autres romans, mais ces 220 pages défilent bien trop vite.
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    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, le 04 novembre 2008

    Bartleby
    Extrait (suite en lien) :
    Kill Kline. Brian Evenson, La confrérie des mutilés.
    Kline est chez lui. Il déprime depuis plusieurs jours dans son fauteuil sans parvenir à se résoudre à sortir, ne serait-ce que pour se ravitailler. Il faut dire que Kline vient de perdre sa main droite. La manière dont les choses se sont Passées ont été traumatisantes : après s'être fait trancher la main par un dangereux tueur, le “Gentleman au hachoir”, Kline s'est lui-même cautérisé la plaie sur un réchaud à gaz et, profitant de la stupéfaction de son bourreau, il s'est retourné pour lui tirer une balle dans l'œil, de la main gauche. Pour se dédommager, Kline est reparti avec plusieurs milliers de dollars volés au Gentleman. Néanmoins, l'argent ne remplace Pas une main.
    Comme dans de nombreux textes de Kafka, il n'y aura aucune explication sur ce qui précède ce fait. Nous ne saurons rien du Passé de Kline, rien de cette mission qui lui a coûté la main, rien de ses relations ambiguës avec le “Gentleman au hachoir” dont on apprendra seulement, au hasard d'une remarque, qu'elles étaient suffisamment fortes pour qu'ils aient l'habitude de fréquenter ensemble des boîtes de strip-tease. Et alors que personne ne sait comment les événements se sont déroulés – aucun détail n'ayant été fourni à la presse – Kline reçoit un appel de téléphonique de deux hommes parfaitement informés sur les circonstances du drame, l'un à la voix grave, l'autre à la voix chuintante qui, après lui avoir démontré toute leur admiration pour son auto-cautérisation, lui enjoignent de les rejoindre pour mener une enquête. Face aux refus obstinés de Kline à leurs multiples appels téléphoniques, les deux hommes finissent par se déplacer pour emmener Kline de force. Ces deux hommes, Gous et Ramse, de par leur attitude grotesque, sympathique et menaçante à la fois ne sont Pas sans rappeler les Assistants chargés de veiller sur K. (tiens, tiens…) dans Le Château de Kafka. Gous et Ramse apprennent à Kline qu'ils appartiennent à un groupe religieux : La confrérie des mutilés. Gous n'est qu'un novice, il ne lui manque qu'une main. Ramse, dont Gous démonte les prothèses sous les yeux ébahis de Kline, est plus haut dans la hiérarchie, un Huit, parce qu'il est amputé des deux mains, d'une oreille et de cinq doigts de pied. La hiérarchie religieuse s'établit en effet au nombre d'amputations. Dans la voiture qui les mène à la propriété de la Confrérie, il y a d'ailleurs à ce sujet un drôle et sinistre débat théologique entre Gous et Ramse qui n'est Pas sans rappeler les obsessions d'un Beckett pour les précisions mathématiques les plus absurdes :
    « Gous opina. Il souleva son moignon, se tourna vers Kline.
    “Ça, ça vaut un, dit-il. J'aurais pu conserver la main, enlever les doigts un à un et je serais un Quatre aujourd'hui. Cinq sans le pouce.”
    Ils attendaient une réaction de la part de Kline.
    “Ça ne semble Pas très équitable, risqua-t-il.
    – Non, mais qu'est-ce qui a le plus d'impact ?reprit Ramse. Un homme qui perd ses doigts ou un homme qui perd sa main ?”
    Kline ignorait s'il était censé répondre.
    “Je voudrais descendre de voiture, dit-il.
    – Il y a Huit et Huit, fit Ramse en négociant un tournant. Personnellement, je suis partisan d'un système prenant en compte amputations mineures et majeures ; selon ce système, je serais un 2/3.
    – Je préférerais prendre en compte le poids. Moi je dis : pesez l'organe amputé !
    – D'accord, mais sang compris ou Pas ? Et puis, cela ne risque-t-il Pas de favoriser les plus corpulents ?
    – Il faut établir un barème. Des pénalités, des handicaps. »

    Lien : http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/11/kill-kline-brian-..
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 03 juillet 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Le titre laissait présager quelques horreurs. J'avais eu également quelques mises en garde. Cependant, une fois entre mes mains, je n'ai pas mis beaucoup de temps avant de l'ouvrir. Il faut dire que de temps de temps, c'est presque agréable de se faire peur.
    Malheureusement, malgré mon âme sensible, pas une seule sueur froide. Quel dommage !
    Kline est un détective, qui perd une main au cours d'un règlement de comptes. On ne sait pas vraiment pourquoi et cela n'a que peu d'importance. Ce qu'il faut savoir, c'est que la bravoure dont il a fait preuve à ce moment là lui vaut d'être contacté par une société appelée « La confrérie des mutilés ».
    Kline va vite se rendre compte que même s'il a été appelé pour résoudre un meurtre, personne ne semble véritablement y mettre du sien. C'est plutôt à lui de faire un effort pour prouver son engagement. Et dans cette société de mutilés volontaires, la preuve suprême est évidemment de s'amputer une partie du corps. C'est de toute manière la seule manière de pouvoir monter en grade et donc interroger ceux qui sont ses supérieurs hiérarchiques.
    Ce roman est bien sympathique je dois l'avouer. Il y a de l'action, des rebondissements, des gentils et des méchants. Des gentils pas vraiment gentils. Des méchants pas vraiment méchants. Cependant, je ne pensais pas dire ça un jour mais ce roman n'est pas assez morbide. Je m'attendais réellement à un livre qui me fait peur comme lorsque l'on cache ses yeux avec ses mains devant un film d'horreur mais que l'on regarde quand même. Ici, un moment agréable mais pas un seul sursaut.
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Citations et extraits

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  • Par canel, le 20 juin 2011

    Une tête mutilée se détachait sur l'oreiller, le corps invisible sous une couverture. Il s'agenouilla près du lit. Les yeux avaient été évidés, les paupières découpées. Des oreilles arrachées, il ne restait que deux spirales de chair lisse et rosée. A la place du nez, il y avait un trou sombre et béant. Les lèvres semblaient avoir été rognées, peut-être par les dents que l'on devinait à travers les lambeaux de chair restants.
    Tandis qu'il l'observait, le visage frémit, la tête bougea légèrement et il eut l'impression que les yeux énucléés fixaient les siens. Il détourna le regard et, se saisissant de la couverture, découvrit le corps.
    Ce n'était qu'un torse dépourvu de membres, aux tétons coupés et au pénis tranché. Il observa la poitrine se soulever au rythme de la respiration, de l'air qui sifflait en passant entre les dents. La façon dont le corps reposait avait quelque chose d'étrange, se dit-il en le poussant un peu, suffisamment pour constater que les fesses avaient été découpées.
    La bouche bredouilla quelque chose qu'il ne put comprendre car la majeure partie de la langue manquait. (p. 84)

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La chronique de Carole S - La confrérie des mutilés
Notre déblogueuse Carole S. s'est attaquée cette semaine en toute indépendance à un livre qui concoure pour le Prix du Roman étranger du prochain Saint-Maur en Poche (Les 18 et 19 juin prochain). Il s'agit du livre "La confrérie des mutilés" de Brian Evenson aux éditions 10-18. Que pense Carole S. de ce livre... Regardez... La présentation du livre "La confrérie des mutilés" par l'éditeur : Après avoir perdu une main lors d'un règlement de comptes, Kline, un détective privé, se voit confier une enquête au sein d'une société secrète composée de mutilés volontaires, où un meurtre a été commis. Mais, pour cela, Kline doit gagner la confiance des membres de cette étrange secte. Or cette confiance se paie cher : pour accéder à certains niveaux de la hiérarchie, il convient d'être à chaque fois davantage amputé... Jusqu'où Kline sera-t-il prêt à aller pour découvrir l'insoutenable vérité ? Les voies de la confrérie sont-elles impénétrables ? Vous pouvez commander "La confrérie des mutilés" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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