Bonjour. je ne voudrais pas me vanter mais si la lâcheté masculine, le petit monde de la télévision française et l'Amérique du Nord vous intéressent, ce roman devrait vous plaire. Je vous le dis avec d'autant plus de simplicité que, de même que le héros ne cherche pas à... > voir plus
Le portrait d'un jeune écrivain soudain mis sous les feux du succès, d'apparence sympathique et qui en vérité est plutôt un sale con. Satyre du milieu littéraire parisien, le portrait d'une génération nantie, hypocrique, égoiste faussement mature. Fargues tire à boulet rouge sur ce microcosme qui s'admire plus le nombril qu'il s'intéresse aux autres. le roman encencé par la critique lors de sa sortie , est au final tout de même décevant, personnage agaçant, histoire qui tourne en rond. Et quand à la fin, c'est raté. Mais Fargues montre avec ce livre une qualité d'écriture qu'il confirmera dans des romans plus personnels.
Comme le dit le quatrième de couverture : « Bonjour. je ne voudrais pas me vanter mais si la lâcheté masculine, le petit monde de la télévision française et l'Amérique du Nord vous intéressent, ce roman devrait vous plaire. Je vous le dis avec d'autant plus de simplicité que, de même que le héros ne cherche pas à jouer les héros dans ce livre, je n'ai pas cherché, moi, en l'écrivant, à y faire de la littérature. »J'ai lu ce roman presque d'une traite. Écriture claire et agréable; le lecteur est assez vite pris dans l'histoire de ce romancier. (Auto)critique de la lâcheté masculine; le héros n'a pas non plus sa langue dans sa poche lorsqu'il s'agit de parler du monde de la télé. Il dresse également un pont entre les cultures francophones de France et du Québec. Petite histoire sympathique.Ma note : 3,5 étoiles
"One Man Show" ou plutôt Nicolas Fargues fait son show....l'auteur s'amuse beaucoup à régler ses comptes avec quelques célébrites de la littérature ou de la télévision.Comme c'est très bien fait et bien écrit, on y prend aussi quelque plaisir,mais ça manque tout de même de consistance...j'ai plus apprécié les analyses de l'homme marié aux prises avec ses désirs de changements et de plaisirs partagés avec une autre femme que la sienne...comme il le dit lui-même:"Je n'ai pas cherché, moi, en écrivant ce livre, à y faire de la littérature."...dont acte!
Sans doute y aurait-il intérêt à appliquer, à la littérature française contemporaine, le traitement qu'inflige Nietzsche au théologien David Strauss dans la première de ses Considérations inactuelles. «Je me suis émerveillé, écrit-il à Wagner, de la grossièreté et de la vulgarité tant de l'écrivain que du penseur. Une belle collection des plus exécrables échantillons stylistiques fera une bonne fois la preuve publique de ce qu'il en est de ce prétendu classique». Assaut dévastateur, dont la cible ne se remettra pas, et dont les principes seront définis quelques années plus tard dans Ecce homo, comme si l'imminence de l'effondrement jetait sur la totalité de l'œuvre une clarté rétrospective : «Je ne m'en prends jamais aux personnes – la personne ne me sert que de verre grossissant qui permet de rendre visible un état de crise général, mais insidieux, malaisé à saisir. C'est ainsi que j'ai attaqué David Strauss, ou plutôt le succès d'un livre sénile auprès de l'élite «cultivée» allemande – et que j'ai pris cette élite sur le fait».
Sans doute y aurait-il intérêt à appliquer, à la littérature française contemporaine, le traitement qu'inflige Nietzsche au théologien David Strauss dans la première de ses Considérations inactuelles. «Je me suis émerveillé, écrit-il à Wagner, de la grossièreté et de la vulgarité tant de l'écrivain que du penseur. Une belle collection des plus exécrables échantillons stylistiques fera une bonne fois la preuve publique de ce qu'il en est de ce prétendu classique». Assaut dévastateur, dont la cible ne se remettra pas, et dont les principes seront définis quelques années plus tard dans Ecce homo, comme si l'imminence de l'effondrement jetait sur la totalité de l'œuvre une clarté rétrospective : «Je ne m'en prends jamais aux personnes – la personne ne me sert que de verre grossissant qui permet de rendre visible un état de crise général, mais insidieux, malaisé à saisir. C'est ainsi que j'ai attaqué David Strauss, ou plutôt le succès d'un livre sénile auprès de l'élite «cultivée» allemande – et que j'ai pris cette élite sur le fait».
J'imaginais toujours que j'ennuyais forcément autant les autres en parlant de moi que les autres m'ennuyaient lorsqu'ils me parlaient d'eux. Et, pour ma dignité, je préférais de loin plaire aux autres en leur donnant l'illusion qu'ils étaient écoutés de moi que leur déplaire en les ennuyant.
Je fus interrompu dans ma réflexion par un bruit de décompression de porte automatique, à l'autre bout du wagon. C'était le contrôleur. Je lui tendis mon billet en le regardant droit dans les yeux, avec un sourire dosé de bon élève mais pas trop fayot non plus, dans l'espoir de lui laisser mesurer à quel point il avait en face de lui un type honnête, poli, agréable, respectueux des règles, bref, un vrai bon citoyen, pas comme certains. Il composta mon billet avec l'air de celui qui n'a pas que ça à foutre et repartit vers la voiture suivante sans même me saluer. Connard
- Je ne sais pas si ça vous fait ça aussi, mais le fait d’être ailleurs, dans un endroit que vous ne connaissez pas, loin de préférence, ça vous met en valeur des choses très simples. Moi, à l’étranger, j’ai parfois l’impression d’avoir trouvé ce que j’ai toujours cherché sans le savoir, rien qu’avec un coucher de soleil, une pluie, un réverbère sur l’autoroute, et ça, que ce soit en Islande ou à l’île Maurice, deux endroits, je vous précise entre parenthèses, où je ne suis jamais allé. C’est très subjectif tout ça, mais ça suffit à me rendre heureux, en tout cas. p93
Passé les guichets de l’immigration, je me précipitai au-dehors pour humer l’Amérique. Ma première vision fut celle du parking de l’aéroport (…). A mon grand étonnement, l’air sentait la terre et l’herbe fraîchement coupée, comme il m’était déjà arrivé d’en sentir de semblables dans la campagne française. Les nuages passaient comme tous les autres nuages du monde, mais en version originale. L’horizon ressemblait à n’importe quel autre horizon, sauf que celui-ci était forcément plus infini que les autres. p211
(…) c’est-à-dire que c’est moi qui lui faisais mal : moins d’attention à elle, moins d’efforts pour me faire aimer d’elle, moins de romantisme, moins d’imprévus, trop de ronron, des cadeaux uniquement à date fixe, fini les surprises, les fleurs, les envies, la séduction, les coups de tête, les initiatives et les compliments, moins d’écoute, trop de rêverie, rien que le minimum pour entretenir narcissiquement mon image d’époux irréprochable auprès d’un peu tout le monde (…) p13
Mollat Poche TV - émission n° 8 (Bonus) . Bonus ! L'équipe de Mollat poche TV est fière d'accueillir Nicolas Fargues pour le Folio de sa vie.http://www.mollat.com/livres/thomas-bernhard-mes-prix-litteraires-9782070443857.htmlNotes de Musique : Shelly Mane and his men, 2 The Floater