AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix BabelioRencontresLe Carnet
EAN : 9782842284862
451 pages
Le Pré aux Clercs (08/11/2012)
2.98/5   43 notes
Résumé :
Un monde qui ressemble à notre Renaissance, menacé par la montée des océans grouillant de créatures maléfiques, où règne la violence, la famine et la misère. L’Église des Cendres prospère sur tout ce désespoir, menée par la mystérieuse Marie aux yeux verts. Dans une des dernières villes émergées, Joad tente d’apaiser les souffrances et se prépare à affronter l’Armée des Cendres. Joad et Marie vont s’engager dans une course dont l’enjeu n’est rien de moins que le sor... >Voir plus
Que lire après La dernière lameVoir plus
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
2,98

sur 43 notes
D'emblée je tiens à préciser que je ne faisais pas partie du public visé et que je ai très peu de références en littérature jeunesse ou Young Adult, donc je me garderais d'apporter un jugement sur la qualité du roman. Je ne suis jamais vraiment entré dans l'histoire mais ces chroniques d'un monde à l'agonie m'ont beaucoup touché. En marchant sur les traces de Fabrice Colin (osons faire des parallèle avec la trilogie eschatologie douce amère "Winterheim") et Mathieu Gaborit (osons comparer Marie à Scende des "Chroniques des Crépusculaires"), on se retrouve avec une émule de Charlotte Bousquet : Estelle Faye nous livre un univers sombre et violent avec un bel imaginaire qui laisse des images plein la tête car sa prose est joliment évocatrice (on sent dans les petites descriptions une vraie passion pour l'océan).

Le roman est divisé en 3 parties :
- une partie centrée sur Marie l'amnésique qui perd peu à peu ce qui lui reste d'humanité
- une partie centrée sur Joad, l'handicapé lui aussi amnésique qui va tenter de s'opposer à Marie
- une partie centrée sur le destin de Jester la jeune acrobate encore une fois amnésique
Finalement les chapitres pré-Marie sont les plus homogènes du roman. Les chapitres suivants sont plus décousus puisqu'on change de personnages, de lieu et d'époque dans ce qui ressemble à une succession d'interludes. Et c'est écrit sur le ton de la chronique : faute de fils conducteur autre que la lente chute vers le néant, difficile de s'attacher à quoi ou à qui que se soit. La figure de Joad permet ensuite de s'accrocher enfin à quelqu'un et on entre plus volontiers dans le roman, mais cela repart de plus belle avec l'ellipse de 7 ans qui sépare les 2e et 3e parties.
Autre souci, on se retrouve donc avec quantité d'éléments mal amenés ou mal exploités : le concept d'Ombre reste flou (on pensera aux Goju de L5R). Et on pourrait dire pareillement de l'histoire du capitaine Julian, des interventions des Façonneurs, de l'attaque des crocodiliens ou la découverte du Labyrinthe… Certains d'entre arrivant comme des cheveux sur la soupe. Cela constitue le gros point faible du roman, mais dans le cadre d'un premier roman il s'agit sans doute d'erreurs de jeunesse...


Sinon, et l'auteur me l'a confirmé de vive voix, impossible de ne pas songer au manga culte de l'immense Hayao Miyazaki : "Nausicaä de la Vallée du Vent" !
On retrouve donc toute une galerie de petites gens ni bons ni méchants : ils sont justes broyés individuellement ou collectivement par des puissants qui cherchent juste à être les derniers à sombrer avant la fin des temps… (d'ailleurs pas mal de personnages secondaires auraient mérité plus de pages comme la bourgmestre romantique Annelise ou le mafieux animaliste Kwanjaï). Certains essayent de retarder l'inévitable fin, d'autres essayent d'hâter l'inéluctable fin. Mais ici l'océan infini et ses créatures marines remplacent la forêt toxique et ses insectes géants. Dans les 2 cas, un messie féminin apporte le chaos de la destruction et de la miséricorde :
- Nausicaä était une Jeanne d'Arc post-apo de lumière qui apportait compassion et espérance
- Marie est une Jeanne d'Arc post-apo de ténèbres qui apporte violence et désespérance
De plus des thèmes très profonds sont abordés : outre écologie et développement durable, citons
- l'ambiance délétère de cette apocalypse lente est étouffante car les personnages savent qu'ils vont connaître de leur vivant la fin du monde (difficile de ne pas songer à notre temps présent où demain sera probablement pire qu'aujourd'hui car en nous retirant l'espérance, nos élites ont commis un génocide culturel à l'échelle planétaire)…
- l'église des Cendres promeut l'ignorance contre la connaissance : on reconnaît là tous les mouvements fondamentalistes qui veulent nous retirer les moyens d'établir un monde meilleur où ils n'auraient plus leur place, ou l'establishment qui veut retirer aux masses les moyens intellectuels de ne plus gober leurs mensonges...


Un livre qui avait bine inauguré la collection "Pandore" avant qu'elle ne soit arrêtée par les éditions du Pré aux Clercs qui n'a même pas respecté ses engagements auprès de son directeur Xavier Mauméjean, du coup c'est un peu les éditions Scrinéo qui on plus pu moins repris le flambeau : on nous dépeint une histoire sombre et violente où l'univers et les personnages n'en finissent plus de sombrer… Mais au bout du tunnel se trouve malgré tout la lumière (je déconseillerais néanmoins ce livre aux dépressifs chroniques). Un roman sincère écrit par une auteure qui veut vraiment (trop) bien faire. Personnellement, c'est avec grand plaisir que j'ai ensuite retrouver son imaginaire ! (et dans tous les cas, un roman qui ne méritait pas la critique semi pourrie des blasés d'en face)
Lien : http://www.portesdumultivers..
Commenter  J’apprécie          640
Livre lu dans le cadre de la Masse Critique Young Adult Fantasy et du challenge ABC 2012-2013

Premier roman de cette écrivaine française :-) Celle-ci est, avant tout, une scénariste de cinéma.

On le retrouve d'ailleurs dans sa façon d'écrire ce roman de fantasy ^^ Elle présente les différents personnages et le monde dans lequel ils vivent avant de passer réellement à l'histoire.

On a donc, en premier lieu, une héroïne féminine qui ne correspond pas du tout à celle présentée en 4ème de couverture. Celle-ci, Marie aux yeux verts, va en effet renaître des cendres de la première, Séverina Sforza.

Le monde de cette histoire est envahi par les eaux, sans doute après une catastrophe terrestre. Il ne reste que quelques terres émergées. Les habitants doivent lutter contre les eaux et les créatures fantastiques qui y vivent.

La lecture est fluide, la mythologie inventée pour ce roman peu complexe à comprendre.

Certains personnages apparaissent en cours de route, de façon à donner leur point de vue et leur ressenti sur le moment présent. Ils disparaissent ensuite de la narration, de façon définitive pour certains. Ils ne sont là que pour apporter quelques éléments d'informations sur ce monde envahi par la Crue et les croisades des Cendres. Ça a un air de déjà-vu, non ? Les Cendres étant l'équivalent, dans ce roman, de nos croisés du Moyen-Âge, quitte à coloniser le peu de terre viable qui reste sur leur planète :-(

Pour le moment, on distingue deux personnages principaux, Marie aux yeux verts et le tatoué Julian. On présume qu'ils se rencontreront à un moment ou à un autre, mais on ne sait pas quand ni pourquoi faire...

La lecture est certes facile mais on ne sait pas où l'auteur veut nous conduire. On suit les aventures de Marie sans trop comprendre où tout cela va nous mener, on est aussi perdu qu'elle car sans passé ni futur.

Vers les ¾ du livre, l'histoire fait un bond de 7 ans dans le temps, sans que l'on sache trop pourquoi. On y retrouve Joad, le 2ème personnage principal d'après la 4ème de couverture. Où l'auteur veut-elle nous mener ? Quelle croisade mène-t-elle ? Cette histoire me fait de plus en plus penser à un remix de « Waterworld »... le résumé en 4ème de couverture est tellement flou que cela ne nous aide pas vraiment à trouver le fil conducteur de celui-ci :-(

De temps en temps, il me fait également penser à « Lady Pirate » de Mireille Calmel où l'on suit le destin hors du commun d'une femme de volonté. Sauf que dans celui-ci, Marie se fait plutôt mener par le bout du nez par sa « Foi » puis par une entité extérieure. On dirait qu'elle n'a plus de volonté propre, que c'est juste une coquille vide.

A la fin de ce roman, on en comprend enfin le but : sauver le monde de la Crue. L'idée n'est pas très originale mais peut s'avérer intéressante si l'histoire est bien menée. Malheureusement, ce n'est pas le cas ici. Ce qui est relativement dommage car la lecture de ce livre est vraiment agréable, le style est facilement à lire. On suit placidement les aventures de Marie et Joad mais l'histoire est trop linéaire et pas assez centrée sur la recherche de « comment sauver ce monde », surtout qu'en connaissant les deux personnages, c'est presque impossible de leur part ^^

La morale de cette histoire est vraiment actuelle mais je ne peux vous la donner sans dévoiler une grande partie de l'idée de base de ce livre ^^

Vous l'aurez donc compris, je ne vous conseille guère ce roman. Mais bon, comme on dit, « chacun ses goûts » ^^

Vu le style d'écriture, j'essaierais peut-être le prochain roman de cette écrivaine. A voir donc si ses histoires s'améliorent par la suite ;-)

Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
Commenter  J’apprécie          182
C'est le dernier livre reçu grâce à Babelio dont la romancière est un jeune talent du cinéma français pour le scénario et la réalisation Estelle Faye. La quatrième de couverture était alléchante :

Un monde qui ressemble à notre Renaissance, menacé par la montée des océans grouillant de créatures maléfiques, où règnent la violence, la famine et la misère. L'Eglise des Cendres prospère sur tout ce désespoir, menée par la mystérieuse Marie aux yeux verts. Dans une des dernières villes émergées, Joad tente d'apaiser les souffrances et se prépare à affronter l'Armée des Cendres. Joad et Marie vont s'engager dans une course dont l'enjeu n'est rien de moins que le sort du monde.

Extrait 1 : prélude
Nul ne sait quand les océans ont commencé à monter. Il y a deux siècles, trois… davantage, sans doute. Avec la lenteur obstinée d'une vieille tortue de mer, l'eau avale les îles et les côtes, engloutit villes et campagnes. On raconte qu'à l'Est, au-delà de l'Archipel de Jade, il n'y a aucune terre, ni continent, ni récif. Que les flots.
D'aucuns prétendent qu'un ancien blasphème a déclenché la Crue universelle. D'autres, que les péchés des hommes ont provoqué la colère de Dieu. Cependant personne n'a pu, à ce jour, arrêter la montée des mers. Et les Dernières Terres attendent, fatalistes, leur fin inexorable. Dans cent ans, peut-être moins, plus rien ne subsistera du monde émergé.

Par cette première page, le décor est planté. le monde va être englouti sous les eaux et rien ne semble pouvoir arranger cela car nul ne connaît les origines de ces crues mondiales. Pourtant il faudra bien trouver une solution, le monde a besoin d'un peu d'espoir pour se battre contre une fin apparemment inévitable. C'est ce que nous offre le prologue mais de façon énigmatique :
Julian poursuivi par des Façonneurs clame : « Je ne dois pas mourir. Je dois dire à Gradius ce que j'ai découvert. Ce qui peut tous nous sauver. » On ne sait pas qu'est-ce qui peut sauver le monde, on ignore qui sont ces Façonneurs, bref on a envie de découvrir la suite.

Le roman est divisé en trois parties : Marie, Voratsburg et exils.
Dans la première partie, le domicile de Gradius est saccagé par les habitants du village ayant à leur tête un prêtre des Cendres au visage recouvert d'une croûte grise. Ils lui reprochent de pratiquer des sciences hérétiques dans le but de vaincre les crues. La fille de Gradius n'a d'autre choix que de s'enfuir en utilisant le souterrain immergé sous la maison. Attaquée par des animaux marins, les polypes qui l'empoisonnent avec leurs piqûres, elle réussit à sortir de justesse et à rejoindre la ville. Les hommes des Cendres la ramassent inconsciente et leur chef l'Archevêque Simon des Cendres fait appel à des Façonneurs pour lui effacer la mémoire. C'est alors qu'elle rejoint la communauté des Cendres.

Au chapitre 4, on apprend beaucoup de choses sur eux :
« Les ancêtres des Cendres étaient un peuple de forgerons. Ils vivaient dans une terre sombre, un paysage de mines et de terrils. Creusant toujours plus profond pour ramener au jour le fer et le charbon qui alimentaient leurs ateliers titanesques. le feu était leur dieu. Les prêtres d'alors, de puissants magiciens, savaient se faire obéir du métal en fusion, parvenaient à le tordre par la seule force de leur volonté. A leurs côtés, des alchimistes expérimentaient sans cesse de nouveaux alliages. […] Et puis la Crue était venue. L'océan avait englouti les tunnels des mines. le métal s'était brusquement raréfié. Les mages forgerons avaient vu leur pouvoir disparaître. […] Face à la pénurie de métal, ils apprirent à travailler d'autres matériaux, la cendre, les végétaux, et même la chair humaine. Dans le creuset de leurs chaudrons, ils concoctèrent l'Onction Noire. Une matière ensorcelée, presque vivante. Quand on en appliquait une goutte sur un homme, ou bien elle le tuait, ou bien elle se mêlait à lui, le recouvrant peu à peu d'une croûte grise, une protection hideuse mais sans pareille, dure et légère à la fois. »

C'est grâce à cette Onction que la fille de Gradius évita le pire. Un soir dans la communauté, des hommes des Cendres s'en prennent à elle dans l'espoir de profiter de sa beauté. Pour éviter qu'on ne la maltraite, elle n'a d'autres recours que de se plonger dans cette Onction interdite aux femmes. Heureusement pour elle, elle ne fera que recouvrir son beau visage d'une croûte grise. C'est ainsi qu'elle devint Marie des Cendres. « La jeune femme était une Elue, une sainte des temps d'Apocalypse. Son nom résonnerait, toujours plus loin, de par le monde finissant. »
Pour montrer à tous qu'elle est l'envoyée des Cendres, l'Archevêque Simon l'envoie en mission avec une armée d'hommes. C'est ainsi que débute le carnage des Cendres, une succession de massacres, de villages mis à sac, de destructions.

Dans la seconde partie, on nous présente l'autre personnage cité sur la quatrième de couverture : Joad, un médecin renommé de Voratsburg. Il est intègre mais son corps est mutilé, il porte d'ailleurs des prothèses. On apprend que les Façonneurs se sont occupés de lui dans sa jeunesse et qu'il n'a aucun souvenir de son enfance. Un jour, des Hors-Terriens sous la demande des krakens et des poulpes géants, lui amènent un homme dont le corps est totalement tatoué. Joad y voit un code et demande à Côme d'Utrecht, un linguiste, de déchiffrer l'intégralité des tatouages de ce jeune homme. Mais l'armée des Cendres rôde autour de cette ville, elle veut s'en emparer.

C'est ainsi que vont se mêler l'épopée sanguinaire de Marie et l'espoir d'un message bénéfique au monde que tentent d'obtenir Joad et Côme. le mal et le bien s'affrontent, chacun d'eux vont vivre des victoires mais aussi des défaites et des pertes. Puis dans la troisième partie, l'aventure se poursuivra sur d'autres terres avec d'autres personnages troublants, des prophéties, de la magie jusqu'au dénouement final…

J'ai relativement bien aimé ce livre même si je pense que des coupes auraient été nécessaires vers le milieu du roman. le souffle s'épuise un peu alors qu'on nous a tenus en haleine au début et qu'on nous a mis l'eau à la bouche. L'histoire se déroule sur trop d'années et on finit par s'ennuyer. C'est bien dommage car l'idée principale est intéressante et d'actualité, la recherche désespérée d'une alternative est légitime et captivante mais à mon avis c'est au niveau des Cendres et de Joad qu'il y a un souci de longueurs.
Heureusement le dénouement tient ses promesses.
Par ailleurs, je reprocherai aussi un problème d'impression de beaucoup de pages paires, les lettres a et A sont trop noircies, à la longue c'est franchement regrettable.
Commenter  J’apprécie          30
Un livre très irrégulier dans l'intérêt que je lui ai porté.
La 1ère partie n'a pas réussi à me captiver et j'en étais très frustrée car on sent un bon potentiel dans l'écriture et l'intrigue, mais tout est long à démarrer. Pourtant le cadre est posé, les personnages présentés, mais j'ai ressenti comme un "manque". Il y a beaucoup de combats dans cette partie mais au bout du compte on ne sait pas bien où l'auteur veut en venir. Qui donc est cette Marie, est-elle du côté du Bien ou du Mal? Doit-elle sauver le monde ou l'anéantir?
Bref, l'histoire ne démarre pas de manière fulgurante mais on continue quand même car on veut savoir, comprendre le pourquoi du comment.
La 2ème partie m'a davantage plu. le personnage de Joad y est pour beaucoup! Enfin un personnage que l'on peut cerner, dont on comprend les motivations!
Quant à la 3ème partie, je déplore les trop nombreuses ellipses, comme si subitement il fallait en finir. On saute d'abord 7ans, puis chaque chapitre voit son lot de sauts dans le temps: 3mois par ici, quelques semaines par là...les personnages sont néanmoins attachants même si j'ai eu du mal avec Marie, trop complexe, trop inhumaine.
Pour terminer, je dirai que ce livre est riche en bonnes idées, mais il manque de profondeur.

Je terminerai avec un mot de remerciements pour le site Babelio et les éditions le Pré aux clercs pour m'avoir proposé ce livre en échange d'une critique!
Bonne continuation aussi à Estelle Faye qui, j'en suis certaine, a un large potentiel à exploiter.

Commenter  J’apprécie          140
J'ai laissé ce livre un long moment en attente dans ma PAL, un peu parce que le lire c'était dire définitivement adieu à une collection que j'aimais tant… Mais il était temps de sauter le pas et c'est avec une certaine curiosité que j'ai découvert cet auteur et ce roman. Si je n'ai pas été complètement séduite, j'ai eu le plaisir de découvrir une plume passionnante et très agréable à lire, de quoi me donner envie de lire d'autres oeuvres de cet auteur et de plonger dans d'autres de ses récits.

L'univers dans lequel elle nous emporte ici est passionnant et original. J'ai adoré plonger dans cette histoire et découvrir cette mythologie. le seul souci à mon goût, c'est que le tout n'est pas assez développé et aurait mérité bien plus qu'un oneshot, tellement il y avait à dire et à découvrir. de ce fait, j'ai eu un peu la sensation de survoler le tout et de ne pas bien comprendre tous les tenants et les aboutissants de ce récit si complexe, que ce soit au niveau des événements que nous suivons, que de l'apparition et de l'évolution de la Crue où des énigmes subsistent. C'est vraiment dommage car il y avait un tel potentiel !

Si ce côté-là m'a un peu frustrée, j'ai eu le même sentiment avec les personnages. S'ils sont charismatiques et l'un des points forts du livre, j'ai trouvé que leur psychologie était peu développée. du coup, leurs réactions paraissent parfois étranges voire disproportionnées et il est bien compliqué de réussir à les cerner et à bien se les représenter. C'est valable aussi pour leurs origines, leurs pouvoirs, leurs entités, qui restent, somme toute, assez flous, nous empêchant de nous attacher réellement à eux.

Donc oui, ce roman se lit d'une traite et très rapidement, ce qui nous permet de passer un bon moment de lecture, mais j'en attendais davantage à la vue de la qualité des idées présentées. Cela ne m'empêchera pas de découvrir les autres romans de l'auteur, bien au contraire, afin de voir comment sa plume a évolué avec le temps.

En bref, c'est un livre de fantasy qui se lit vite et qui présente un univers complexe et passionnant mais pas assez développé. Il vaut malgré tout le détour car l'histoire est excellente et sort des récits plus classiques.
Commenter  J’apprécie          100


critiques presse (1)
Elbakin.net
19 décembre 2012
L’univers sombre et intrigant développé au cours des premiers chapitres finit par manquer de consistance, la faute à un récit qui peine donc à choisir sa voie de bout en bout.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
Des amazones... L'enfant barbare se redressa. Des vraies amazones, l'élite guerrière des clans... (…) Elles évoquaient les banshees, ces hurleuses de légendes, femmes blêmes qui erraient le long des rivages, les yeux injectés de sang. Leur cri annonçait les morts prochaines et elles pouvaient, rien qu'avec leur voix, lacérer les entrailles des hommes. C'étaient les messagères du Sidh, de l'Autre Monde.
Commenter  J’apprécie          70
Debout à sa fenêtre, Annelise Von Goneland soupira. Au-dehors, Vorastburg empestait l’iode, la pourriture aussi, et ce relent de sueur âcre qui s’attarde même en hiver sur les villes surpeuplées. Au fond, vers l’ouest, les vapeurs des teintureries ajoutaient une touche bleue à l’orange du crépuscule. Annelise frissonna, remonta la couverture en fourrure qui glissait sur ses épaules. Le vent marin jouait dans ses cheveux fins, secouait quelques boucles folles échappées à sa natte. A quarante ans passés, la bourgmestre conservait cette blondeur dorée qui l’avait rendue célèbre.
-La neige me manque, remarqua-t-elle en contemplant sa cité. Le parfum du gel. Les hivers d’autrefois. Le grand silence blanc sous les sapins. Les loups qui hurlaient aux portes de Vorastburg.
Commenter  J’apprécie          20
Erys. Un nom qui hantait les légendes dans les huit directions de la Rose des Vents. (…) Au commencement, le monde n'était qu'une mer. Puis Erys, le principe du Chaos, avait émergé hors des flots, et dans son sillage s'étaient créés les terres, les plantes, les animaux. La vie, en somme. Erys, une bénédiction pour certains, un mal nécessaire pour d'autres. La mort et la renaissance.
Commenter  J’apprécie          50
Dans les restes de son échoppe, les deux limules, dont l'aquarium s'était brisé, se dirigeaient à un rythme lent vers la mer. A l'intérieur de leurs petits corps obstinés, une joie antédiluvienne, secrète et obscure, propre à leur espèce au sang couleur de ciel.
Commenter  J’apprécie          70
Écoutez... Marie, il y a longtemps que je la connais. Je l'ai vue grandir au castel de Kendroc'h, se détruire à Vorastburg. (…) J'ai toujours su l'amener où je voulais. Certains schémas sont voués à se répéter.
Commenter  J’apprécie          70

Videos de Estelle Faye (43) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Estelle Faye
Reprendre corps
Réécrire l'Histoire et les histoires, se réapproprier le corps du texte. Si le langage forme notre façon de penser, les légendes et mythes fondateurs façonnent notre perception du monde. Et si nous avons les mythes en commun, c'est bien pour les questionner, les interpréter et faire un lieu où l'imaginaire peut influencer le réel.
Animé par Willy Richert.
Avec les auteur·rice·s Estelle Faye (La Dernière Amazone, Rageot), Murielle Szac (L'Odyssée des femmes, L'Iconoclaste et L'Odyssée d'Homère, RMN), Stéphane Bientz (Le Goût du sel, Espaces 34) et Nicolas Jaillet (Frater, In8).
Avec la participation de Faustine Aynié-Yvinec et des élèves de 3eA du collège Valmy - Paris (75). Un grand merci à Eva Mouillaud, professeure.
Et la voix de Cécile Ribault Caillol pour Kibookin.fr
+ Lire la suite
autres livres classés : apocalypseVoir plus
Les plus populaires : Imaginaire Voir plus



Lecteurs (101) Voir plus



Quiz Voir plus

L'île au manoir (Lou)

Où est enfermée la fille?

dans un hôtel
dans un manoir
dans une maison

9 questions
26 lecteurs ont répondu
Thème : L'île au manoir de Estelle FayeCréer un quiz sur ce livre

{* *}