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ISBN : 2742792120
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.3/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Passé sous silence" est le récit, en forme de conte historique, d'un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l'ont été et les faits sont authentiques : dans un moment décisif de notre... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 11 août 2012

    litolff
    Dans "Passé sous silence", Alice Ferney nous livre un conte sur la tragédie du pouvoir, l'opposition entre responsabilité et conviction, réalisme et idéalisme.
    Ce livre a soulevé beaucoup d'objections, déchaîné des passions, fait ricaner... bref il divise autant sur le fond que sur la forme !
    En ce qui me concerne, j'ai été profondément gênée par le procédé d'écriture de ce livre. L'auteur nous présente un "roman" qui nous raconte des faits et des personnages historiques réels, ayant existé, à peine déguisés sous des pseudonymes (Donnadieu et Grandberger) et des lieux "imaginaires" (le Vieux Pays et la Terre du Sud), ce qui rend la lecture tout bonnement exaspérante. J'ai vraiment eu une lecture laborieuse, non à cause du fond, que je trouve passionnant, mais à cause de la forme : pourquoi ne pas assumer pleinement le récit d'évènements historiques puisque d'après l'éditeur, toute la documentation est méticuleuse et authentique ? D'autre part, le procédé consistant à parler de Donnadieu-Bastien-Thiry en s'adressant à lui ("tu")
    m'a aussi constamment agacée.
    Si bien que j'ai lu ce livre avec intérêt mais sans plaisir si ce n'est pour la plume toujours magnifique d'Alice Ferney.
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    • Livres 3.00/5
    Par Annette55, le 13 janvier 2014

    Annette55
    Je connaissais :L'élégance des veuves,Grâce et dénuement .......mais pas cet ouvrage d'Alice Ferney.
    Elle nous livre un point de vue original à propos du récit de la guerre d'Algérie:sont évoqués :la terre du sud, le vieux pays,tous les noms et les dates sont effacés. La terre du sud tente d'obtenir son indépendance face au vieux pays. le lecteur est un peu dérouté mais tous les indices sont cependant là pour comprendre qu'il s'agit de la reconstitution de l'attentat du Petit Clamart. le général De Gaulle se transforme en Jean de Grandberger et Jean - Marie BastienThiry en Donadieu. Dés la premiére de couverture, la photographie permet de connaître certains éléments du roman, la ds étant la voiture fétiche du Général De Gaulle.
    L'auteur dépasse le cadre historique de la guerre d'indépendance pour se concentrer sur les deux protagonistes de l'affaire, elle tente de comprendre leurs motivations.
    Comment un homme peut - il décider de donner sa vie pour une cause,et comment un autre peut- il condamner à mort, être victime et juge?
    En se plaçant du côté de Donnadieu, Alice Ferney nous donne sa propre vision historique en mettant en avant la psychologie et la réflexion des personnages.
    Sa volonté est de rétablir un personnage de l'histoire Passé sous silence.
    Mais elle dresse aussi un très beau portrait du Général sans cacher son admiration.
    Elle est beaucoup aidée par une très belle plume, une lecture dynamique, des chapitres courts.
    C'est un roman bien construit qui nous émeut et que l'on ne lâche pas jusqu'à la fin. C'est aussi un ouvrage qui nous informe dans les détails d'une grande page historique.

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    • Livres 2.00/5
    Par IzaBzh, le 21 septembre 2010

    IzaBzh
    Ce livre est la version romancée de l'attentat du Petit Clamart contre le général de Gaulle avec des noms différents (De Gaulle/De Grandberger, Bastien-Thierry/Donadieu, Vieux Pays/France, Terre du Sud/Algérie). Alice Ferney y fait alterner les visions des deux personnages principaux.
    Dans plusieurs critiques, j'ai constaté que ce roman était plutôt bien reçu et qu'on félicitait Alice Ferney d'être sortie de son créneau habituel ("les histoires de bonnes femmes" !) pour s'attaquer à l'histoire récente et à des personnage connus.
    Justement, c'est ce qui m'a freinée. J'aime ses histoires de bonnes femmes, non mais ! Entre le général, ex-héros de la guerre de 40, dévoré d'ambition et d'action et qui supporte difficilement sa retraite, et ce militaire catholique de bonne famille plutôt fanatique qui fait passer son honneur avant sa vie, ce roman m'a paru étranger. Impossible de m'attacher aux personnages, même si les passages sur De Gaulle laissent deviner une certaine admiration pour le personnage. Toute cette obsession de l'honneur, la patrie, cet homme qui fait passer cela avant sa propre famille et, en plus, pour garder une colonie, ça me dépasse complètement ! On dirait des stéréotypes (limite macho) plutôt que des êtres humains.
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    • Livres 4.00/5
    Par AquinER, le 07 janvier 2013

    AquinER
    Le ton est soutenue presque militaire. le style marche droit. Sur le fond d'une guerre d'indépendance qui perdure, l'auteure fait le tour de deux acteurs majeurs dans le cadre d'une tentative de putsch. La tentative ratée, comment l'un peut condamner l'autre à mourir ?
    Passé sous silence... j'aurais envie de dire Passées sous silence ! Car voici le roman des circonstances atténuantes du condamné qui n'ont pas alors été entendues lors de son procès.
    La plume d'Alice Ferney agit comme un véritable devoir de mémoire. Brillant !
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    • Livres 5.00/5
    Par Pachy, le 16 mai 2011

    Pachy
    Alice Ferney vient de créer un genre tout à fait nouveau : le conte historique
    Très controversé à sa sortie.
    Ce ‘Passé sous silence c'est celui des quatre années qui ont précédé l'attentat du Petit Clamart et la condamnation à mort de son protagoniste Jean-Marie Bastien-Thiry (Paul Donadieu)
    Car oui, ici les lieux et les personnages sont fictifs : Charles de Gaulle est Jean de Grandberger – l'OAS est le CMC – la France, le Vieux Pays et l'Algérie française, la Terre du Sud.
    La substance historique, elle, est rigoureusement fidèle à l'Histoire.
    Voilà pourquoi l'idée est brillante. L'auteure peut se faire à la fois romancière de fiction et historienne. Je pense à nos ados, qui, après avoir lu ce livre sauront tout de ce fait historique dont le pourquoi et le comment sont si mal connus du grand public.
    Vraiment voilà un très bon livre que je recommande aux adultes mais aussi aux ados. Je rencontre Mme Ferney la semaine prochaine et j'ai déjà mille questions à lui poser. La première « d'où lui est venue cette géniale idée du conte historique.
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    A la manière d’un chef d’orchestre, il baisse ses bras de haut en bas, comme s’il plaquait des accords sur un piano invisible, comme s’il saupoudrait de silence l’immense place euphorique à laquelle il réclame de s’apaiser. Le silence vient. Attention ! Jean de Grandberger va parler !
    Il s’élance dans le discours qu’il a écrit et répété. Mais l’inspiration l’envahit et le transporte : le premier mot d’une phrase qu’il n’avait pas préparée se propose. C’est la récompense de cette effusion de la foule et de sa communion. Je… A peine a-t-il proféré ce petit pronom que les acclamations démesurées recouvrent sa voix. Il s’interrompt. Il sait qu’il devra danser sur cette musique, glisser ses mots entre leurs cris, s’appuyer sur leur élan pour propulser se loi dans ce pays. Et c’est ce qu’il fait, une phrase après une autre, suscitant des vivats, sous le brasier du soleil, soulevant les gens massés les uns contre les autres, caressant leur émotion, en répétant toute la compréhension du monde, je sais, je vois, je comprends, puis toute la volonté de servir, je déclare, je veux. Je veux que nous soyons frères égaux pour rebâtir demain la Terre du Sud. L’appel à la fraternité bouleverse. Les applaudissements et les cris crépitent dans l’air chaud. Personne ne réfléchit. Chaque membre de la foule est traversé par un courant d’humanité : équité, bonté, partage, ces choses qui ont manqué sont offertes à chacun, sur la grande place remplie d’hommes, de femmes, d’enfants et de jeunes militaires. Tous sont témoins de cet instant sans haine et sans brimades. Les milliers de bouches entonnent le grand chat du peuple vainqueur. Ca parle de sang et de patrie, tout ce qui fait frémir ces gens depuis quatre ans. Les regards embués se croisent dans des sourires, les mains se touchent, les sourires se sourient. C’est un rêve réalisé. Jean de Grandberger boit la joie, le peuple a bu ses paroles.
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  • Par Elisanne, le 08 novembre 2010

    Il est plus aisé de consigner la guerre en général que la guerre d’un seul soldat…

    …Duel singulier et fatal où se mêlèrent le courage passionné d’un homme et la raison d’Etat, la conviction obstinée d’un accusé et la rancune d’un chef, la droiture d’un jeune officier et le machiavélisme d’un meneur politique, la pureté d’un conjuré et l’intransigeance d’une personne couronnée par son passé. Deux caractères d’exception, l’un idéaliste et l’autre réaliste se toisent avec la même rigueur (et une non moindre vigueur) d’un bord à l’autre d’un évènement tragique, dans une tourmente qui semble ne pouvoir trouver qu’une fin sanglante et partielle… »
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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    Il fallait à tout prix justifier ta mort : on fit comme si on te l’accordait. Jean de Grandberger le comprenait bien ainsi : Paul Donadieu était un martyr volontaire à qui laisser la vie serait prendre l’honneur. Pauvre garçon ! On ne va pas lui faire une chose pareille, tuons-le au plus vite, c’est ce qu’il veut ! D’ailleurs le Vieux Pays adore les martyrs, il lui en faut de temps en temps, celui-là fera très bien l’affaire. Ces contorsions abstraites se disaient, s’écrivaient, se répétaient de ministère en ministère, dans le halo de gloire qui émanait du général. Ces raisonnements faussement subtils cachaient dans le nid de tes valeurs, qu’on avait perverties, l’œuf de vengeance que couvait Jean de Grandberger. L’œuf qui réclamait ton silence éternel.
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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    La politique désormais remplaçait l’héroïsme et la grandeur. Grandberger ne siégeait plus aux responsabilités suprêmes. Il s’était retiré des affaires et des luttes, furieux et empressé de se soustraire à leur médiocrité. Il avait quitté précipitamment la baraque. A ses alliés, il conseillait d’en faire de même. Il disait : L’essentiel en politique est de se retirer à temps. Il avait toujours appliqué ce principe. Claquer la porte quand il n’y avait plus rien à faire, voilà quel était son tempérament. Vous n’entendez rien ? Vous ne voulez rien savoir ? Eh bien, débrouillez-vous sans moi, je m’en vais ! Et je vous salue bien ! Ce fut un plaisir de vous connaître ! Les formules polies devenaient chez lui des missiles.
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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    Car tu n’étais pas le seul à désirer la mort politique du chef. Certains voulaient même sa mort tout court (pas toi, si tu pouvais l’épargner). La haine battait comme un cœur blessé dans le pays disloqué. Les derniers sursauts des partisans de l’Empire, autant que les actions terroristes simulées par les services secrets pour discréditer cette cause et la rendre impopulaire, désunissaient le pays.

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