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ISBN : 2742792120
Éditeur : Actes Sud (2010)


Note moyenne : 3.32/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Passé sous silence" est le récit, en forme de conte historique, d'un événement réel de la seconde moitié du XXe siècle. Les dates, lieux, noms de personnes ont été effacés, mais les choses dites l'ont été et les faits sont authentiques : dans un moment décisif de notre... > Voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 11 août 2012

    litolff
    Dans "Passé sous silence", Alice Ferney nous livre un conte sur la tragédie du pouvoir, l'opposition entre responsabilité et conviction, réalisme et idéalisme.
    Ce livre a soulevé beaucoup d'objections, déchaîné des passions, fait ricaner... bref il divise autant sur le fond que sur la forme !
    En ce qui me concerne, j'ai été profondément gênée par le procédé d'écriture de ce livre. L'auteur nous présente un "roman" qui nous raconte des faits et des personnages historiques réels, ayant existé, à peine déguisés sous des pseudonymes (Donnadieu et Grandberger) et des lieux "imaginaires" (le Vieux Pays et la Terre du Sud), ce qui rend la lecture tout bonnement exaspérante. J'ai vraiment eu une lecture laborieuse, non à cause du fond, que je trouve passionnant, mais à cause de la forme : pourquoi ne pas assumer pleinement le récit d'évènements historiques puisque d'après l'éditeur, toute la documentation est méticuleuse et authentique ? D'autre part, le procédé consistant à parler de Donnadieu-Bastien-Thiry en s'adressant à lui ("tu")
    m'a aussi constamment agacée.
    Si bien que j'ai lu ce livre avec intérêt mais sans plaisir si ce n'est pour la plume toujours magnifique d'Alice Ferney.
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  • Par cedratier, le 19 juin 2015

    cedratier
    « PASSE SOUS SILENCE » Alice Ferney (Babel-Actes Sud, 200 pages).
    C'est le récit de la vraie tentative ratée d'attentat du Petit-Clamart en août 1962 contre De Gaulle (renommé ici Jean de Grandberger), par un commando OAS dirigé par Bastien-Thiry (rebaptisé Paul Donadieu), tentative qui se terminera par un procès d'exception bâclé, la condamnation à mort, le refus de grâce et l'exécution du seul chef des conjurés, alors qu'aucune victime n'était à déplorer. Les descriptions de l'attentat et du procès se veulent un décalque rigoureux de la réalité historique.
    Que de talent dans cette écriture, que de finesse dans les observations et les descriptions. Un sens de la formule-choc immédiatement parlante, mais pas de dialogue, pas de suspense puisqu'on connait la chute, un texte construit au passé (et le plus souvent à l'imparfait), tout nous conduit vers l'implacable de la fin annoncée. Un texte qui travaille le lecteur sur l'émotion (et peut-être que les dernières pages sont de ce point de vue un peu forcées, touchant au mélo). Bref, une grande plume… mais au service de quoi ?
    Pour entrer dans ce roman, il m'a fallu un gros effort ; tenter de mettre de côté mes convictions, pour essayer de n'accéder qu'à la valeur « littéraire » du livre eu égard à un auteur dont j'admire par ailleurs tant le style. Pari impossible ; le roman (ainsi s'intitule-t-il), commence par un prologue où Alice Ferney justifie son projet : rendre son honneur « à un homme (…) mort qui faisait honneur à son pays ». Sauf que ce n'est ni un honneur (une éthique) que je partage, ni un pays qui est le mien (quand je parle de pays, je ne parle bien sûr pas d'hexagone, avec ou sans ses excroissances coloniales, je parle de ce que j'habite et de ce qui m'habite, moi, citoyen du monde). Il y a donc un parti-pris de l'auteur, un angle de vue qui, malgré une rigueur historique qui ne s'exerce qu'autour des faits de l'attentat et du procès ou des portraits des protagonistes, est aussi un profond déni de l'Histoire. D'emblée, si Alice Ferney évoque le chef d'état par un « il » distant (et le portrait qu'elle fait de De Gaulle / de Grandberger est d'ailleurs une réussite impressionnante), elle s'adresse par un « tu » chaleureux et solidaire à Bastien-Thiry / Paul Donadieu, évoquant « nos enfants », « nos maris ». Ainsi les descriptions des atrocités du FLN (incontestables) contre nombre de harkis sont-elles détaillées dans toute leur horreur (« ils leur arrachaient les yeux, ils leur arrachaient le sexe, ils les éventraient… » etc… ), mais l'armée française (dont se revendiquent avec tant de fierté et Donadieu et l'auteur) « réprime », « interroge », au pire « exécute », mais pas la moindre évocation sur ses exactions, le mot « torture » n'est même seulement écrit une fois. Ici ou là, presque maternante avec son héros (car c'est bien un héros qu'elle nous propose en modèle, dont elle voudrait faire une sorte d'Antigone moderne), Alice Ferney pointe bien quelques-unes de ses faiblesses, (sa naïveté, sa rigidité), mais c'est pour mieux justifier son trop-plein de « droiture », de « fierté ».
    C'est donc l'hagiographie d'un homme qui se transforme en légitimation de la cause qu'il a épousée, collant à son argumentaire. Une cause, celle de l'Algérie française portée par les fanatiques de l'OAS et de l'extrême-droite, qui s'est construite sur le déni et le massacre d'un peuple, une cause qui a généré tant de haines qu'on en paie encore aujourd'hui le prix.
    Un livre insoutenable, au sens premier du mot.
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    • Livres 3.00/5
    Par Annette55, le 13 janvier 2014

    Annette55
    Je connaissais :L'élégance des veuves,Grâce et dénuement .......mais pas cet ouvrage d'Alice Ferney.
    Elle nous livre un point de vue original à propos du récit de la guerre d'Algérie:sont évoqués :la terre du sud, le vieux pays,tous les noms et les dates sont effacés. La terre du sud tente d'obtenir son indépendance face au vieux pays. le lecteur est un peu dérouté mais tous les indices sont cependant là pour comprendre qu'il s'agit de la reconstitution de l'attentat du Petit Clamart. le général De Gaulle se transforme en Jean de Grandberger et Jean - Marie BastienThiry en Donadieu. Dés la premiére de couverture, la photographie permet de connaître certains éléments du roman, la ds étant la voiture fétiche du Général de Gaulle.
    L'auteur dépasse le cadre historique de la guerre d'indépendance pour se concentrer sur les deux protagonistes de l'affaire, elle tente de comprendre leurs motivations.
    Comment un homme peut - il décider de donner sa vie pour une cause,et comment un autre peut- il condamner à mort, être victime et juge?
    En se plaçant du côté de Donnadieu, Alice Ferney nous donne sa propre vision historique en mettant en avant la psychologie et la réflexion des personnages.
    Sa volonté est de rétablir un personnage de l'histoire passé sous silence.
    Mais elle dresse aussi un très beau portrait du Général sans cacher son admiration.
    Elle est beaucoup aidée par une très belle plume, une lecture dynamique, des chapitres courts.
    C'est un roman bien construit qui nous émeut et que l'on ne lâche pas jusqu'à la fin. C'est aussi un ouvrage qui nous informe dans les détails d'une grande page historique.

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    • Livres 2.00/5
    Par IzaBzh, le 21 septembre 2010

    IzaBzh
    Ce livre est la version romancée de l'attentat du Petit Clamart contre le général De Gaulle avec des noms différents (De Gaulle/De Grandberger, Bastien-Thierry/Donadieu, Vieux Pays/France, Terre du Sud/Algérie). Alice Ferney y fait alterner les visions des deux personnages principaux.
    Dans plusieurs critiques, j'ai constaté que ce roman était plutôt bien reçu et qu'on félicitait Alice Ferney d'être sortie de son créneau habituel ("les histoires de bonnes femmes" !) pour s'attaquer à l'histoire récente et à des personnage connus.
    Justement, c'est ce qui m'a freinée. J'aime ses histoires de bonnes femmes, non mais ! Entre le général, ex-héros de la guerre de 40, dévoré d'ambition et d'action et qui supporte difficilement sa retraite, et ce militaire catholique de bonne famille plutôt fanatique qui fait passer son honneur avant sa vie, ce roman m'a paru étranger. Impossible de m'attacher aux personnages, même si les passages sur De Gaulle laissent deviner une certaine admiration pour le personnage. Toute cette obsession de l'honneur, la patrie, cet homme qui fait passer cela avant sa propre famille et, en plus, pour garder une colonie, ça me dépasse complètement ! On dirait des stéréotypes (limite macho) plutôt que des êtres humains.
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    • Livres 4.00/5
    Par AquinER, le 07 janvier 2013

    AquinER
    Le ton est soutenue presque militaire. le style marche droit. Sur le fond d'une guerre d'indépendance qui perdure, l'auteure fait le tour de deux acteurs majeurs dans le cadre d'une tentative de putsch. La tentative ratée, comment l'un peut condamner l'autre à mourir ?
    Passé sous silence... j'aurais envie de dire Passées sous silence ! Car voici le roman des circonstances atténuantes du condamné qui n'ont pas alors été entendues lors de son procès.
    La plume d'Alice Ferney agit comme un véritable devoir de mémoire. Brillant !
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Citations et extraits

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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    A la manière d’un chef d’orchestre, il baisse ses bras de haut en bas, comme s’il plaquait des accords sur un piano invisible, comme s’il saupoudrait de silence l’immense place euphorique à laquelle il réclame de s’apaiser. Le silence vient. Attention ! Jean de Grandberger va parler !
    Il s’élance dans le discours qu’il a écrit et répété. Mais l’inspiration l’envahit et le transporte : le premier mot d’une phrase qu’il n’avait pas préparée se propose. C’est la récompense de cette effusion de la foule et de sa communion. Je… A peine a-t-il proféré ce petit pronom que les acclamations démesurées recouvrent sa voix. Il s’interrompt. Il sait qu’il devra danser sur cette musique, glisser ses mots entre leurs cris, s’appuyer sur leur élan pour propulser se loi dans ce pays. Et c’est ce qu’il fait, une phrase après une autre, suscitant des vivats, sous le brasier du soleil, soulevant les gens massés les uns contre les autres, caressant leur émotion, en répétant toute la compréhension du monde, je sais, je vois, je comprends, puis toute la volonté de servir, je déclare, je veux. Je veux que nous soyons frères égaux pour rebâtir demain la Terre du Sud. L’appel à la fraternité bouleverse. Les applaudissements et les cris crépitent dans l’air chaud. Personne ne réfléchit. Chaque membre de la foule est traversé par un courant d’humanité : équité, bonté, partage, ces choses qui ont manqué sont offertes à chacun, sur la grande place remplie d’hommes, de femmes, d’enfants et de jeunes militaires. Tous sont témoins de cet instant sans haine et sans brimades. Les milliers de bouches entonnent le grand chat du peuple vainqueur. Ca parle de sang et de patrie, tout ce qui fait frémir ces gens depuis quatre ans. Les regards embués se croisent dans des sourires, les mains se touchent, les sourires se sourient. C’est un rêve réalisé. Jean de Grandberger boit la joie, le peuple a bu ses paroles.
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  • Par michelekastner, le 09 février 2015

    Les nouveaux maîtres se chargeaient aussi bien de torturer les indigènes autrefois ralliés à l'Empire. Une culture s'effondrait dans l'enchantement violent de la victoire. Tout un passé était nié. Les vainqueurs dénonçaient les traîtres à la cause. Ils leur arrachaient les yeux. Ils leur arrachaient le sexe. Ils les éventraient, leur coupaient les oreilles, les brûlaient à l'huile bouillante, ils les faisaient griller. Ou bien ils les enfermaient dans des cages, les enchaînaient, les empalaient, les promenaient ainsi martyrisés, en les regardant mourir. Ils les écoutaient crier. Ils les faisaient marcher, comme les troupeaux de moutons, sur le sable des plages qu'il fallait bien déminer. Où étaient passés les officiers du Vieux Pays qui pouvaient les défendre ? Aux ordres du Général de Grandberger, ces anciens compagnons d'armes étaient au cantonnement. Aucun repentir ni aucun pardon n'effacerait la morsure de leur honte.
    Qui d'autre que Jean de Grandberger portait la responsabilité morale de ces ignobles moments ? demandais-tu. Dans les casernes, le frisson d'une impuissance outrée vait pris les soldats. L'interdiction d'intervenir était formelle. Les officiers téléphonaient en métropole. Les ordres étaient maintenus, l'infamie confirmée : interdiction d'agir. A ce moment précis, l'armée obéissante se sentit déshonorée. Victorieuse par les armes, dépossédée de sa victoire, humiliée et contrainte à trahir par la politique ! C'était pourtant la guerre qui faisait naître et mourir les Etats !
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  • Par Elisanne, le 08 novembre 2010

    Il est plus aisé de consigner la guerre en général que la guerre d’un seul soldat…

    …Duel singulier et fatal où se mêlèrent le courage passionné d’un homme et la raison d’Etat, la conviction obstinée d’un accusé et la rancune d’un chef, la droiture d’un jeune officier et le machiavélisme d’un meneur politique, la pureté d’un conjuré et l’intransigeance d’une personne couronnée par son passé. Deux caractères d’exception, l’un idéaliste et l’autre réaliste se toisent avec la même rigueur (et une non moindre vigueur) d’un bord à l’autre d’un évènement tragique, dans une tourmente qui semble ne pouvoir trouver qu’une fin sanglante et partielle… »
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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    Il fallait à tout prix justifier ta mort : on fit comme si on te l’accordait. Jean de Grandberger le comprenait bien ainsi : Paul Donadieu était un martyr volontaire à qui laisser la vie serait prendre l’honneur. Pauvre garçon ! On ne va pas lui faire une chose pareille, tuons-le au plus vite, c’est ce qu’il veut ! D’ailleurs le Vieux Pays adore les martyrs, il lui en faut de temps en temps, celui-là fera très bien l’affaire. Ces contorsions abstraites se disaient, s’écrivaient, se répétaient de ministère en ministère, dans le halo de gloire qui émanait du général. Ces raisonnements faussement subtils cachaient dans le nid de tes valeurs, qu’on avait perverties, l’œuf de vengeance que couvait Jean de Grandberger. L’œuf qui réclamait ton silence éternel.
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  • Par Morgouille, le 02 octobre 2010

    La politique désormais remplaçait l’héroïsme et la grandeur. Grandberger ne siégeait plus aux responsabilités suprêmes. Il s’était retiré des affaires et des luttes, furieux et empressé de se soustraire à leur médiocrité. Il avait quitté précipitamment la baraque. A ses alliés, il conseillait d’en faire de même. Il disait : L’essentiel en politique est de se retirer à temps. Il avait toujours appliqué ce principe. Claquer la porte quand il n’y avait plus rien à faire, voilà quel était son tempérament. Vous n’entendez rien ? Vous ne voulez rien savoir ? Eh bien, débrouillez-vous sans moi, je m’en vais ! Et je vous salue bien ! Ce fut un plaisir de vous connaître ! Les formules polies devenaient chez lui des missiles.
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