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ISBN : 2330072104
Éditeur : Actes Sud (24/08/2016)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.99/5 (sur 321 notes)
Résumé :
" Le spectacle se donne sans fin. Car l'instinct fait germer la chair, le désir la pousse, la harcèle quand elle s'y refuse, jusqu'à tant qu'elle cède, s'affale, se colle à une autre, et que s'assure la pérennité des lignées amoureuses. "
Cela se produit de multiples fois, sans relâche, cela s'enchaîne avec beaucoup de naturel et de grâce. Un cycle sans fin pousse les femmes à se marier, à enfanter, puis à mourir. Ainsi va le temps, secoué par le rythme des ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
16 décembre 2013
★★★★★
★★★★★
Petit par la taille, grand par le talent…
Dans la collection « Un endroit où aller » aux éditions Actes Sud, le roman d'Alice Ferney tutoie effectivement les sommets de la littérature. Comme on le devine en lisant le titre « L'élégance des veuves », certains personnages masculins du roman empruntent une voie trop directe menant tout là-haut vers le repos éternel, laissant sur le bord du chemin des femmes sans repère seules avec leurs enfants.
Ne connaissant pas cette auteure, je dois avouer que durant la première partie du roman, j'ai été plus subjugué par l'élégance de l'écriture d'Alice Ferney que par le récit de la vie de cette élégante femme nommée Valentine. Autant l'écriture travaillée et subtile me fascinait, autant l'histoire de cette femme qui perd son mari et d'autres êtres chers m'a laissée de marbre. Un marbre vraiment très froid, glacial…
Et puis, comme par miracle, la magie a opéré … non, non, le mari n'a pas ressuscité ! Non, je parle d'un effet sur ma personne. Dès que l'on a abordé le destin des nombreux enfants de Valentine et surtout de son fils Henri avec la belle Mathilde, j'ai savouré chaque phrase, chaque mot du récit jusqu'à la toute fin du roman. Un véritable bonheur de lecture malgré la dureté des propos et des vies endurées.
Loin de mes lectures habituelles, j'ai retrouvé l'émotion suscitée par ces sagas familiales bouleversantes comme le splendide « Soleil des Scorta» de Laurent Gaudé ou dans une moindre mesure le poétique «Contre l'art » de Tomas Espedal.
Pour terminer, au-delà de l'histoire émouvante de cette famille, ce roman m'a fait imaginer, comme par procuration d'une certaine manière, la vie incroyable qu'a pu endurer ma grand-mère qui a enfanté douze fois en une vie, douze combats pour donner la vie, perdant malheureusement son mari par la suite, tout cela avec des revenus beaucoup moins confortables que pour la famille bourgeoise du roman.
Rien que pour ce voyage (personnel) émouvant dans le passé, je dis merci à Alice Ferney pour ce court mais sublime roman. A découvrir absolument…

PS : Un petit coucou à ma grand-mère qui me lit peut-être là haut, qui sait !
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Eric76
18 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
Valentine, Mathilde, Gabrielle, Clotilde et la petite dernière, la timide arrière-petite-fille de Valentine, qui se rapproche à petits pas de notre époque… Tout le vingtième siècle à travers le regard de ces cinq femmes… Tout change, tout bouge, les technologies, les paysages, les bruits, les moeurs, mais une chose demeure immuable : ce désir inébranlable, opiniâtre de donner la vie, de transmettre avant de tirer sa révérence.
« L'élégance des veuves » est un « livre de filles » qui parle de la magie vitale des enfants, de ce lien charnel, de ce fil invisible qui unit les mères à leurs enfants et qui parfois rend les pères jaloux ; un livre qui parle de ces hommes et de ces maris si forts, si résolus, si énergiques, qu'elles observent amusées, aimantes, vaguement désabusées… « Que les hommes peuvent être bêtes, parfois ! […] les femmes n'ont pas cette inconscience stupide, ou cet égoïsme. Elles savent que l'on a besoin d'elles ». D'ailleurs, les histoires d'hommes sont rarement évoquées. La guerre, par exemple, qui éloigne et tue les enfants, apparaît au détour d'un évènement.
En ce début du vingtième siècle, les gens bien nés (ceux qui le sont moins aussi d'ailleurs), ne se mariaient pas par amour, mais par devoir. le fameux coup de foudre n'était pas de mise… Valentine, Mathilde, Gabrielle et leurs maris apprirent à se connaître, à s'apprivoiser chaque jour un peu plus. On était alors marié « jusqu'à ce que la mort nous sépare ». L'omniprésent Dieu accompagnait le foyer dans la joie ou dans l'affliction.
Les femmes avaient cette triste habitude de finir leurs vies seules : le mari parti trop tôt, les enfants morts ou ceux qui ont pris un chemin qu'elles ne parviendront jamais à comprendre... Toutes chargées de chagrin et de regrets, mais avec encore tant d'amour à donner, elles continuaient malgré tout, vaille que vaille, leur route. Avec élégance. Beaucoup d'élégance.
Un livre sensuel, plein de respect et de pudeur pour nos aïeules dont les photos couleur sépia traînent encore dans nos tiroirs ou sur nos coins d'étagères.
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latina
13 août 2012
★★★★★
★★★★★
"Les pensées les plus délicates ne trouvent pas facilement la configuration de mots pour se dire avec délicatesse"...
Et pourtant, Alice Ferney a tout à fait réussi, elle, à décrire ce monde féminin du début du 20e siècle, ce monde où les femmes enfantent, aiment et assistent impuissantes à la mort de ceux qu'elles aiment, mari ou enfants, pour ensuite mourir dans la douleur des couches innombrables ou dans la solitude de la vieillesse.
Quelle humanité chez cette auteure ! Quelle symbiose avec cette vie dévouée entièrement aux autres qu'ont connue les mères de cette époque !
Moi-même suis incapable de trouver cette configuration de mots pour dire la délicatesse inscrite à chaque page; je ne peux que balbutier mon admiration, ma compassion, mon bouleversement face à cette chronique de femmes courageuses qui m'ont profondément marquée. Les trop nombreux enfants qu'elles mettaient au monde, les maris et les fils qui partaient à la guerre (les 2 guerres), les filles qui allaient s'enterrer au Carmel...Quel courage ont-elle dû avoir pour subir toutes ces épreuves !
Et je pense à mes ancêtres, à nos ancêtres féminines qui ont porté sur leur épaule, qui ont tenu dans le creux de leur coeur notre monde.
Pour cette écriture ciselée, pour cet écrin de douceur niché dans la Vie, je remercie Alice Ferney qui me donne la fierté d'être une femme.
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domisylzen
15 juin 2016
★★★★★
★★★★★
Ils vivent encore en nous, nos ancêtres trépassés.
Parfois au détour d'un miroir,
je crois percevoir la lumière de leurs regards.
Mais c'est souvent sur le papier,
que jaillit cette autre écriture faite de tendresse et de nervosité.
Pour beaucoup d'entre nous ce sont des tics ou des manies,
qui nous raccrochent à notre lignée,
dans notre famille, ce sont des doigts de pieds
en forme de champignons de Paris.
Il fut un temps pas si lointain,
un temps à l'avenir incertain,
ou quelquefois l'amour se découvrait,
bien longtemps après les baisers.
De parfaits inconnus se retrouvaient mariés
mis en avant par des familles aisées.
Alors mille gosses, une tribu infernale,
prenait forme dans le corps des Femmes.
Propulsée comme mère, elles épuisaient leur Féminité.
Elles n'ont de cesse que de materner, de cajoler,
brandissant pour étendard, le dévouement et la sollicitude,
pour faire oublier aux hommes leur haine et leur habitude
de pourrir la vie à tout de qui peux les entourer.
Il va s'en dire que les Femmes sont,
le plus bel aboutissement de la création.
Sans cet amour inconditionnel, cet agapè,
l'humanité toute entière ne serait
qu'un chaos, une monstruosité.
Alice Ferney l'a bien compris,
son livre est un hymne à la Féminité,
qui de mères en filles se transmettent,
les bases solides de notre société.
Au travers de quelques personnages,
elle nous en dresse un tableau plein de poésie et d'humilité.
Un livre bien court, mais c'est un concentré,
qui sera vite lu mais en aucun cas oublié.
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araucaria
20 juin 2014
★★★★★
★★★★★
Un auteur que je viens de découvrir avec bonheur. Un très beau livre. Des portraits émouvants de femmes. Un retour sur le passé, sur la vie des femmes à la fin du 19 ème siècle et dans la première moitié du 20 ème. Un roman triste, sérieux, rempli de nostalgie. Un livre que je conseille. Un auteur dont je veux découvrir d'autres oeuvres.
Lien : http://araucaria20six.fr/
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Citations & extraits (56) Voir plus Ajouter une citation
Eric76Eric7613 décembre 2016
Il disait les mots immémoriaux, ceux qui ouvrent aux hommes le cœur des femmes. Il disait vous êtes belle ma Valentine et je vous aime. Alors elle lui pardonnait. Car ça elle le croyait. Cet amour, il en était plein, et parfois vulnérable, et d’autres fois aveuglé. Elle y croyait si fort que jamais elle ne songeait qu’il pourrait venir à manquer. Jules avait quarante-six-ans. De lui on disait c’est un titan, une force de la nature, un caractère inflexible. A côté Valentine était si petite que, pour la souffrance et pour la mort, elle passerait forcément avant lui.
+ Lire la suite
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latinalatina12 août 2012
Le septième enfant ne vécut qu'une journée, le temps de sourire aux anges et de partir les rejoindre.
Valentine pleura l'attente vaine, les longs mois de lrêve, cette idée que l'on a de l'enfant caché. Elle pleura d'épuisement, des larmes d'eau qui noyaient son visage, des larmes de lait comme remontées de ses seins lourds et vains. Il lui semblait avoir un creux dans les bras, un poids qui manquait, un trou de chaleur absente. (...)
Lorsqu'ils restaient seuls après le coucher des petits, Jules prenait Valentine sur ses genoux. (...) Elle ne parlait pas. Elle n'avait pas besoin des mots pour sentir qu'il l'aimait mais qu'en cet instant il ne la comprenait pas. qu'il n'était pas comme elle une chair capable de s'emplir et de créer, une chair volée de son fruit, ravagée de sang perdu.
+ Lire la suite
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Eric76Eric7616 décembre 2016
Il tomba comme tombent les animaux sauvages terrassés par un tir invisible : une chute brutale et silencieuse. Mais le coup venait de l'intérieur, la mort avait pris le cœur dans son filet glacé. Alors le sang se figea sur les chemins qu'il avait parcouru inlassablement. Gabrielle lui ferma les yeux. C'était la fin du regard pâle derrière les lunettes, dont les verres d'ailleurs étaient brisés. Agenouillée, elle ramassa les débris et elle ne pleura pas.
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araucariaaraucaria20 juin 2014
Bien sûr Gabrielle ne parla jamais à Henri des enfants que Mathilde ne devait plus avoir. En quoi pouvait-elle se le permettre? Catholiques! ils l'étaient avec ferveur. Gabrielle n'avait quant à elle plus de mari, mais qui sait, si Dieu le lui avait laissé, combien d'enfants elle aurait portés. Ils s'en remettaient toujours à Dieu. Qu'un enfant fût conçu, qu'il arrivât à terme, que la mère ne mourût pas en couches, que l'enfant fût bien portant, ils priaient, récitaient des chapelets et des chapelets de Notre-Père, procédaient à des baptêmes précoces, des jeûnes et des célébrations.
+ Lire la suite
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latinalatina13 août 2012
La mort de Jules transforma Valentine. (…) Elle s’enroula autour de ce passé comme un lierre, elle en fit la source de sa chaleur. Et diffusa cette chaleur à ses enfants, qu’elle avait pris soin de ne pas endeuiller(…)
Elle poursuivit comme si personne ne manquait. Comme si le calme était revenu dans son âme et, qu’au moment de se coucher, elle n’avait pas ce pincement au cœur, cette envie soudaine d’éclater en sanglots, de parler à un homme.
Elle vécut dans ces relations particulières que l’on a avec ceux que l’on protège. Refusant de songer que le sort est injuste, qu’il ne rend rien, qu’aux hommes il prend tout et ricane et continue de détruire leurs belles cathédrales, les œuvres de leurs vies, les dentelles précieuses qu’ils tissent avec leurs larmes.
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