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> Antoine Blondin (Préfacier, etc.)
> Victor Liona (Traducteur)
> Bernard Frank (Préfacier, etc.)
> Jean-François Revel (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253007900
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1976)


Note moyenne : 3.87/5 (sur 292 notes) Ajouter à mes livres
Dans le Long Island des années vingt, la fête est bruyante et la boisson abondante. Surtout chez Jay Gatsby. Aventurier au passé obscur, artiste remarquable par sa capacité à se créer un personnage de toute pièce, Gatsby, figure solair... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Great Gatsby
    Traduction : Jacques Tournier
    Personnellement, j'ai toujours trouvé que la littérature américaine du XXème siècle marquait une véritable fascination envers la Tragédie. C'est Faulkner qu'on cite bien sûr en premier en ces occasions mais il ne faudrait pas oublier John Steinbeck (qui joua sur les deux tableaux, celui de la Tragédie échevelée, avec "A l'est d'eden" comme celui de la Tragédie sobre avec ce chef-d'oeuvre qui s'appelle "Des souris et des hommes"), Norman Mailer, Truman Capote (Si "De sang-froid" n'est pas une tragédie, qu'est-ce que c'est ?) ou, au théâtre, le baroque et flamboyant Tennessee Williams.
    S'y ajoute pour moi désormais un auteur dont j'avais évidemment entendu parler mais dont, je l'avoue à ma grande honte, je n'avais jamais lu un seul écrit jusqu'ici, à l'exception d'une nouvelle fantastique publiée dans l'un des volumes "Alfred Hitchock présente ..." au Livre de Poche. (Je l'ai encore, cette nouvelle et je vais d'ailleurs la relire.)
    Cet auteur, c'est Francis Scott Fitzgerald qui mourut d'une crise cardiaque en 1940 après avoir menée la vie excentrique et rongée par l'alcool d'un suicidaire-né.
    On l'oppose souvent à Hemingway - que je n'ai jamais pu lire tant son style (ou son absence de style ???) me rebute - mais, pour l'un comme pour l'autre, le procédé est injuste. Tous deux cherchaient à se détruire en éblouissant au maximum leur entourage, voire la terre entière, tous deux voyaient en la Mort le feu d'artifice suprême destiné à sceller leur légende.
    "Gatsby le magnifique" marque l'apogée de Fitzgerald qui, plus jamais, ne retrouvera pareil éclat aux yeux du monde. L'intrigue en est supérieurement simple mais cette simplicité justement est si diabolique et l'agencement en est si rigoureux que ce roman atteint avec un naturel parfait aux plus hauts sommets de la Tragédie antique.
    Nous sommes pourtant en 1922, à East Egg, l'un des faubourgs de New York où le narrateur, Nick Carraway, vient tout juste d'emménager. En cette époque où la Prohibition est reine et où rien ne laisse présager qu'un certain jeudi de novembre 1929, la chute de Wall Street entraînera dans la mort nombre de fortunes aussi conséquentes que récemment acquises, Carraway a pris un poste dans une banque. Côté sentimental, il entretient une petite correspondance avec une jeune fille dont il est vaguement amoureux et qui est demeurée dans le Middle West dont il est originaire.
    Un jour, par curiosité autant que par ennui, Carraway traverse la baie pour se rendre à West Egg, banlieue nettement plus riche et plus snob qu'East Egg, pour y déjeuner chez sa cousine, Daisy. Celle-ci s'est mariée avec l'un de ses pairs, Tom Buchanan, fils de famille aisée en qui Fitzgerald nous dépeint, non sans cruauté, le WASP-type.
    C'est au cours de ce déjeuner que Nick fait la connaissance de Jordan Baker, joueuse de golf professionnelle, dont il tombe amoureux. C'est aussi au cours de ce déjeuner qu'il entend pour la première fois évoquer le nom de son plus proche voisin à East Egg, Jay Gatsby.
    Enfin, nouvelle qui le sidère, il apprend également que Buchanan a une maîtresse, que ce n'est pas la première fois, que Daisy n'ignore rien de la chose et que tout cela crée beaucoup de tensions dans le couple de ses cousins.
    Plus tard, Tom le mènera presque de force chez sa maîtresse, Myrtle Wilson, à qui il a loué un petit pied-à-terre à New-York dans une résidence luxueuse. Nick ne saisit pas très bien ce que son cousin trouve en cette femme somme toute vulgaire, qui n'est autre que l'épouse d'un gérant de station-service avec qui, bien entendu, Tom a fait ami-ami. Comme il est homme, il ferme néanmoins les yeux sur une situation qu'il juge malhonnête et malsaine mais tout au fond de lui prend racine le mépris qu'il laissera éclater à la fin du roman envers Buchanan.
    En parallèle, Nick se rend à l'une des somptueuses réceptions que donne Gatsby, son voisin. Il a la surprise d'y croiser Jordan Baker, laquelle est venue là comme tant d'autres, amenée par l'ami d'un ami de ... qui avait entendu dire qu'on s'amuserait bien. De papotages en ragots de mondains quasi professionnels, venus là pour manger et surtout boire victuailles et alcools de qualité sans débourser un seul centime, Carraway saisit les plus invraisemblables histoires sur Gatsby et surtout sur les origines de sa fortune. Si certains soutiennent qu'il est bel et bien l'ancien étudiant d'Oxford et le fils de famille qu'il affirme être, la majorité ne relève en lui que le bootleger sans scrupules, l'associé d'individus dont il est préférable de ne pas citer les noms.
    Pourtant, Gatsby est un homme charmant. Plus il le fréquente et plus Carraway s'en persuade même si, à certains moments, un doute subtil s'en vient l'effleurer. C'est donc de fort bonne grâce qu'il finit bientôt par favoriser les retrouvailles de Gatsby avec Daisy. Les deux jeunes gens s'étaient en effet rencontrés cinq ans auparavant et avaient eu une brève liaison. Puis Gatsby avait rejoint l'armée américaine en Europe où il s'était d'ailleurs comporté en héros. Hélas ! en le rendant à la vie civile, l'armée l'avait aussi rendu à son statut minable de fils de fermier dans l'impossibilité absolue de prétendre à la main d'une jeune fille telle que Daisy. Au reste, celle-ci, lasse d'attendre, avait épousé Tom Buchanan et sa fortune.
    A partir de là, nous entrons dans la véritable tragédie, l'une de celle qui eût séduit les Anciens Grecs et l'on reste ébloui par l'incroyable naturel avec lequel Scott Fitzgerald noue et dénoue les fils de la trame qu'il a tissée.
    Sous une autre plume, l'histoire aurait été pesante, voire invraisemblable. Avec la sienne, elle irradie d'éblouissants éclairs de poésie sans porter atteinte un seul instant à la rigueur toute mathématique du découpage. La magie qui s'opère, à la fois aérienne et profonde, participe de cette antique fascination qui saisit encore les modernes lorsqu'ils prêtent l'oreille à ces mythes impitoyables où des mortels qu'attirait trop l'Olympe se voient rejetés, foudroyés, sur la terre. Ou plutôt, comme l'écrit Scott Fitzgerald au final :
    "Gatsby croyait en la lumière verte, l'extatique avenir qui, d'année en année, recule devant nous. Il nous a échappé ? Qu'importe ! Demain, nous courrons plus vite, nos bras s'étendront plus loin ... Et un beau matin ...
    C'est ainsi que nous avançons, barques luttant contre un courant qui vous rejette sans cesse vers le passé." ;o)
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Eric75019, le 28 septembre 2011

    Eric75019
    Même si l'on n'a pas vu le film tiré du livre et réalisé par Jack Clayton en 1974 (c'est mon cas), on a tous en tête l'affiche montrant sous une grande casquette blanche la bouille réjouie de Robert Redford, planté derrière une Mia Farrow absolument divine ; ils sont riches, souriants, extrêmement élégants, confiants dans l'avenir, et regardent dans la même direction. Mais qu'en est-il exactement ?
    Avec le roman Francis Scott Fitzgerald, le lecteur est d'emblée plongé dans l'Amérique des années 20, chez les nantis des faubourgs chics new-yorkais. le narrateur lui-même fait partie de la classe dominante, même s'il s'en défend, Nick Carraway travaille dans la finance et fréquente les milieux huppés. La richissime cousine de Nick, Daisy (Mia Farrow dans le film), est mariée à Tom Buchanan, un camarade de promotion de Nick à Yale. Nick fait la connaissance d'une amie de Daisy, la championne de golf Jordan Baker. Jordan évoque le mystérieux voisin de Nick, Jay Gatsby (Robert Redford), qui bientôt invitera Nick à l'une de ses fastueuses soirées, dans le but de revoir et de reconquérir Daisy, qu'il considère comme l'amour de sa vie. Par ailleurs Tom, dont le couple bat de l'aile, présente à Nick sa maîtresse, Myrtle Wilson, une femme vulgaire qui est également l'épouse de son garagiste, un minable. Une fois le décor planté et les acteurs en place, le scénario du roman peut se dérouler tranquillement mais inexorablement jusqu'au drame final.
    En début de roman, Scott Fitzgerald peint la vie de ses personnages par petites touches, à la manière des impressionnistes : des bribes de conversation, dont le contexte nous échappe, des ellipses dans la narration, des zones d'ombre et des angles morts, des répliques incomplètes au téléphone, des personnages secondaires furtifs et un peu flous… Il faut un peu de recul pour que le tableau dévoile sa cohérence. Gatsby le magnifique dépense sans compter pour parvenir à ses fins et cherche à en mettre plein la vue en organisant des soirées somptueuses pour ses voisins, le who's who new-yorkais (dont la liste des noms ne nous est pas épargnée !). Mais Gatsby n'est pas, contrairement aux autres personnages, un héritier de la classe dominante, on finit par apprendre qu'il est un parvenu d'origine modeste, et qui plus est, l'origine de sa fortune reste un mystère un peu louche… mais nul n'y prête attention tant que dure la fête et que tout le monde peut en profiter !
    Peu à peu, le flou mondain et un peu ennuyeux des premiers chapitres fait place à des scènes plus précises et plus violentes. Les sentiments et les calculs sont dévoilés, les masques tombent, et l'histoire se referme, dénonçant avec une lumière crue l'hypocrisie et le cynisme des nantis, prêts à tout pour protéger leur monde. Il faudra attendre les derniers chapitres pour que Nick, témoin jusqu'alors étrangement extérieur au drame qu'il raconte, entre en action, prenne parti et juge la conduite de ses semblables (mais sans remords excessifs).
    Quelques petits problèmes de traduction nuisent un peu à la crédibilité du récit de cette nouvelle version sortie en poche (Gatsby appelle sans arrêt Nick « cher vieux » au lieu de « mon vieux » ou « vieux frère ») mais il paraît qu'il y a eu encore pire dans une traduction récente, versant carrément dans le jeunisme anachronique, j'ai heureusement échappé à celle-ci. Décidément, traduire des classiques américains ne semble pas être une chose si facile !
    Par ailleurs, le roman est complété pas une annexe retraçant la correspondance entre Francis Scott Fitzgerald et son éditeur avant la publication du livre (qui fut un échec commercial à sa sortie), ces documents en disent long sur l'état d'esprit de l'auteur, et apportent un témoignage sur la fabrication du livre, à la façon des bonus sur les DVD.
    Au final, ce roman n'est ni nécessaire ni indispensable (la satire sociale n'est tout de même pas très prononcée), sauf pour ceux qui aiment étudier les riches entre eux (une minorité en voie de disparition, mais on ne le savait pas encore à l'époque).
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    • Livres 4.00/5
    Par MissG, le 19 novembre 2011

    MissG
    "Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé."
    Ce sont sur ces mots que se termine "Gatsby le magnifique", roman emblématique des années folles à New-York.
    C'est une histoire qui ne laisse pas de marbre, c'est gloire et décadence dans le New-York des années 1920, avec toute une population superficielle qui ne pense qu'à s'amuser et à profiter sans s'intéresser aucunement aux êtres humains qu'ils côtoient, à leurs sentiments, à ce qu'ils peuvent éprouver.
    Et l'on s'y perd facilement dans ce tourbillon d'alcool, de musique, de fête, on y perd facilement son âme. C'est d'ailleurs ce qui est arrivé à beaucoup des personnages du livre, je me suis même demandée si l'auteur n'en parlait pas en connaissance de cause, il semblerait que oui.
    Au milieu de tout ce tourbillon il y a Nick Carraway, le narrateur.
    Quelle heureuse idée de la part de l'auteur de raconter cette histoire par un oeil extérieur et par la personne qui a le plus le sens des réalités.
    Cela permet au lecteur d'avoir une vue à 360° de l'histoire et de tous les personnages.
    J'ai eu un peu de mal à rentrer dans les premiers chapitres, c'est un monde de fête avec beaucoup de bruit et de gens qui papillonnent, je me demandais où l'auteur voulait en venir.
    Et puis finalement j'ai été à mon tour happée dans le tourbillon et je me suis mise à suivre les aventures d'abord de Daisy et de son mari Tom, puis de Gatsby.
    Ce dernier personnage donne son nom au titre mais n'apparaît pas tout de suite.
    C'est un personnage qui restera auréolé de mystère pendant un bon moment et puis qui finira par se dévoiler au fur et à mesure à Nick Carraway.
    Mais pas complètement.
    Il gardera avec lui dans la mort une part de mystère, ce qui fait partie du charme de ce roman.
    C'est un personnage sensible qui n'aurait jamais dû évoluer dans ce monde de requins.
    Il s'est construit dans un seul but : reconquérir Daisy. C'est dramatiquement beau, mais inutile au final, car il y aura toujours une personne remplie de mauvaises intentions à son égard qui saura le lui rappeler. Il a un côté pur et naïf que j'ai trouvé attendrissant.
    Les chapitres s'enchaînent de façon fluide et toute l'intensité dramatique de l'histoire se met en place.
    Nick Carraway est sans doute le personnage le plus sensé, celui qui fait le plus attention aux autres, qui ne feint ni ne ment sur ses sentiments.
    Pour preuve cette phrase assez dure qui conclut son dernier échange avec Jordan Baker : "Désolé et furieux, encore amoureux d'elle, j'ai tourné le dos". Il me semble que c'est l'unique fois dans ce livre où un personnage exprime réellement ses sentiments, dans tous les autres cas ils sont dits par une tierce personne.
    C'est une histoire assez dure finalement, car elle met en avant l'inconséquence et la légèreté des sentiments de la plupart des gens à cette époque.
    Ainsi Tom Buchanan est un mari infidèle mais qui ne supporte pas que sa femme fasse de même, il entretient une maîtresse au vu et au su de tout le monde, il se croit supérieur car il a hérité de sa fortune et n'a jamais eu à travailler de sa vie.
    C'est un personnage fort, il est l'un des personnages clés de ce roman.
    Daisy apparaît comme une jolie écervelée qui va blesser profondément Gatsby sans même s'en rendre compte. Elle aime, ou croit aimer, mais finalement n'ose jamais franchir le pas de se séparer de son mari, elle oublie les gens très facilement, elle se laisse porter par l'opulence du monde dans lequel elle évolue. Si elle semble de premier abord être un personnage secondaire il n'en est rien, elle a au final une place importante dans la trame dramatique de l'histoire.
    L'autre personnage féminin est Jordan Baker, qui synthétise à elle seule tous les défauts reprochés aux deux premiers personnages.
    J'ai lu à la fin de ce roman l'échange de lettres "Dear Scott/Dear Max" entre l'auteur et son éditeur. J'ai beaucoup apprécié car cela apporte un autre éclairage à la lecture.
    J'ai été également surprise de constater que les chapitres mentionnés dans ces lettres comme les plus faibles ou qui en tout cas font douter l'auteur sont ceux qui pour moi sont les plus forts et les plus réussis.
    Il y a une réelle dynamique du drame qui se met en place à partir du chapitre 5.
    Tout s'accélère : les sentiments, les évènements, les drames.
    L'auteur a également eu recours aux ellipses narratives, aux zones d'ombre, afin de ne pas trop en dire mais de laisser des clés de compréhension aux lecteurs.
    J'ai beaucoup apprécié cette lecture, c'est un livre un peu magique, qui permet de remonter le temps et de retourner dans les années 20.
    L'auteur y décrit merveilleusement la société, le cadre de vie, les attitudes et les pensées des personnes à cette époque-là.
    Il place son histoire dans le cadre enchanteur de New-York, il narre une histoire implacable servie par des personnages insouciants qui brisent tout et tout le monde sur leur passage, et son style d'écriture ne m'a pas laissé indifférente.
    C'est un beau roman violent du point de vue des sentiments qui m'a beaucoup plu.
    Ce livre a été lu dans le cadre du challenge New-York en littérature 2012

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.com/2011/11/gatsby-le-magnifique-de-f..
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par lolo71, le 13 février 2010

    lolo71
    Voilà une nouvelle relecture très bénéfique. Après avoir vu il y a quelque temps le splendide film de Jack Clayton (1974) avec Robert Redford dans le rôle-titre, j'ai eu immédiatement envie de me replonger dans le livre de Francis Scott Fitzgerald qui m'avait laissé de marbre lorsque je l'ai découvert il y a une vingtaine d'années. Et j'ai bien fait, car j'étais alors totalement passé à côté de ce chef-d'œuvre.
    La magie de « Gatsby le magnifique » - l'écriture de Fitzgerald agit en effet comme un charme, un envoûtement sur le lecteur – tient avant tout au personnage éponyme, sorte de dandy, jeune millionnaire dont le passé mystérieux suscite les interrogations : a-t-il hérité sa fortune ? est-il un bootlegger, un parvenu ? dans quelles affaires trempe-t-il ? ne dit-on pas qu'il a tué un homme ? a-t-il vraiment, comme il le prétend, été un héros de la Grande Guerre, et fréquenté Oxford ? Il habite depuis peu une gigantesque demeure avec piscine en marbre et vingt hectares de pelouses et jardins, au bord d'une baie à Long Island. Il y donne de somptueuses fêtes auxquelles se presse la bonne société riche de New-York, insouciante, avide de plaisirs et d'aventures. Nous sommes au début des années 20, les « années folles », les « années jazz », les années de la prohibition et du capitalisme débridé.
    Gatsby est au faîte de sa renommée. Mais derrière le clinquant du personnage perce une âme solitaire et mélancolique. S'il est venu s'installer à Long Island, c'est pour se rapprocher de Daisy, jeune femme qu'il a rencontrée avant de partir à la guerre, et qui vit de l'autre côté de la baie. Les deux jeunes gens se sont aimés pendant un mois, cinq ans auparavant, avant d'être séparés. Puis Daisy s'est mariée avec le riche Tom Buchanan, homme lourdaud et infidèle. Mais Gatsby n'a rien oublié de son amour et compte bien ressusciter le passé…
    Le narrateur est Nick Carraway, un jeune homme venu du Midwest pour travailler comme agent de change à New-York. Il habite un modeste cottage à côté de la propriété de Gatsby. Il est aussi le cousin de Daisy, c'est pourquoi Gatsby sollicitera son aide afin de reconquérir cette dernière. Réticent à l'égard de Gatsby « qui représente tout ce qu'[il] méprise le plus sincèrement », il découvre peu à peu les failles du personnage, le rendant finalement touchant, à ses propres yeux comme à ceux du lecteur. Et il s'avèrera en fin de compte son seul ami.
    On se rend compte que Gatsby n'a tant voulu s'élever et étaler sa réussite que pour attirer l'attention d'une seule personne, Daisy. Elle est le moteur de sa volonté, et son point faible. Il appartient à ces personnages au destin aussi brillant que fugace. Il apparaît aussi en décalage avec ses contemporains, à une époque où l'on cherche avant tout à oublier le passé (la guerre) tandis que lui n'a de cesse de le rappeler. le roman est saturé de nostalgie (telle qu'en éprouvait sans doute Fitzgerald lui-même, alors qu'il n'avait que 28 ans lorsqu'il l'écrivit !) et touche le lecteur par sa poésie. « le visage clair de Daisy se levait lentement vers lui, et il sentait son cœur battre de plus en plus vite. Il savait qu'au moment où il embrasserait cette jeune fille, au moment où ses rêves sublimes épouseraient ce souffle fragile, son esprit perdrait à jamais l'agilité miraculeuse de l'esprit de Dieu. Il avait alors attendu, écouté encore un moment la vibration du diapason qui venait de heurter une étoile, puis il l'avait embrassée, et à l'instant précis où ses lèvres touchaient les siennes, il avait senti qu'elle s'épanouissait comme une fleur à son contact, et l'incarnation s ‘était achevée ». Laissez-vous porter par la musique de Fitzgerald.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 29 décembre 2011

    carre
    Un des grands classiques du XXème siécle.1920 Long Island le beau et charismatique Jay Gatsby donne de somptueuses soirées dans son immense propriété. On y côtoie la Jet Set mais aussi des gens moins honorables. Avec que les rumeurs ne cessent de se propager sur la richesse de Jay et les zones d'ombres de celle-ci, Gatsby n'a qu'une idée en tête, récupérer la belle Daisy mariée à Buchanan, lui aussi richissime mais par héritage. Sous le regard amusé mais lucide de Nick Carraway. A travers le portrait de cette haute bourgeoisie désoeuvrée, juste à l'après guerre, au début de la prohibition, Fitzgérald décrit magnifiquement le désenchantement d'une jeunesse qui vit dans l'opulence et la superficialité, bien loin des préoccupations des petites gens. le roman d'une génération, fort et sublimement écrit. Un très grand livre, immortalisé au cinéma par Robert Redford dans le rôle de Gastby.
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Citations et extraits

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  • Par Lostinmypal, le 27 janvier 2012

    Gatsby believed in the green light, the orgastic future that year by year recedes before us. It eluded us then, but that's no matter - tomorrow we will run faster, stretch out our arms further... And one fine morning -

    So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly into the past.
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  • Par Meduzantic, le 22 octobre 2011

    A mesure que la lune montait sans le ciel, toutes ces maisons prétentieuses se perdaient en ombres confuses, et j'ai eu l'impression de voir lentement ressurgir l'île ancienne, telle qu'elle s'était offerte un jour aux yeux des marins hollandais - le coeur intact, verdoyant, d'un monde neuf. Le murmure des arbres aujourd'hui disparus, ceux qu'il avait fallu abattre pour construire la demeure de Gastby, avait alors encouragé le dernier et le plus important de tous les rêves humains. Pendant un instant fugitif et miraculeux, l'homme avait retenu son souffle en découvrant ce continent, envahi par un sentiment de beauté harmonieuse qu'il ne comprenait pas et qu'il n'attendait pas, confronté pour la dernière fois de son histoire à quelque chose qui pouvait être à la mesure de son émerveillement.
    Et [...] j'étais assis là, rêvant à cet ancien monde inconnu (...).
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  • Par 270778, le 13 juillet 2010

    Gatsby avait foi en cette lumière verte, en cet avenir orgastique qui chaque année recule devant nous. Pour le moment, il nous échappe. Mais c'est sans importance. Demain, nous courrons plus vite, nous tendrons les bras plus avant...Et, un beau matin...Et nous luttons ainsi, barques à contre-courant, refoulés sans fin vers notre passé.
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  • Par Eric75019, le 28 septembre 2011

    - Toute ma famille est morte, et j'ai hérité d'une grande fortune.
    Sa voix était devenue solennelle, comme si le rappel de cette hécatombe le bouleversait encore. Je crus qu'il se payait ma tête, mais un coup d’œil suffit à me détromper.
    - J'ai vécu ensuite comme un jeune radjah, dans les plus fastueuses métropoles d'Europe - Paris, Rome, Venise - collectionnant les pierres précieuses, les rubis en priorité, chassant le gros gibier, peignant un peu, de petites toiles pour mon plaisir, et cherchant à oublier quelque chose d'infiniment triste qui m'était arrivé auparavant.
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  • Par sentinelle, le 05 juillet 2010

    Tom et Daisy étaient deux êtres parfaitement insouciants - ils cassaient les objets, ils cassaient les humains, puis ils s'abritaient derrière leur argent, ou leur extrême insouciance, ou je-ne-sais-quoi qui les tenait ensemble, et ils laissaient à d'autres le soin de nettoyer et de balayer les débris.
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From Hemingway's Paris memoir "A Moveable Feast," this excerpt offers a window into the system of decadence built and inhabited between F. Scott and Zelda Fitzgerald.
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Anglais non sous-titré








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