> Pierre-Marc de Biasi (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253160490
Éditeur : Le Livre de Poche (1999)


Note moyenne : 3.8/5 (sur 117 notes) Ajouter à mes livres
Bouvard et Pécuchet est une Odyssée. La littérature (profane - c'est-à-dire la vraie) commence avec Homère (déjà grand sceptique) et toute grande œuvre est soit une Iliade, soit une Odyssée, les odyssées étant beaucoup plus nombreuses que les iliades : le Satiricon, La ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (9)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 27 août 2008

    Woland
    Si, au lieu de brader "Mme bovary" à des élèves de 3ème ou de Seconde qui n'y comprennent que peu de choses tant leur expérience personnelle se trouve à dix mille lieues des tourments d'une provinciale mal mariée du XIXème siècle, on leur offrait des "Morceaux choisis" de "Bouvard & Pécuchet", peut-être le malentendu qui s'établit en général très vite entre les élèves et Gustave Flaubert n'existerait-il pas. (Il faudrait, notez bien, que les enseignants y mettent aussi du leur, et voilà qui est plus hasardeux ... )
    Car l'oeuvre inachevée de Flaubert est un monument pince-sans-rire dressé à la bêtise monomaniaque élevée au rang de l'art par deux anti-héros dont on se demande bien souvent si leurs excentricités ne vont pas finir par les faire sombrer dans la folie pure et simple.
    Pourtant, à bien regarder ce livre extraordinaire, c'est autour de Bouvard et pécuchet plus que dans leurs agissements personnels que se déploie, dans toute sa gloire, la beaufitude bourgeoise et bien-pensante. Au sein de la province normande où ils sont allés chercher repos et plénitude, nos deux personnages principaux ne sont entourés que d'aigris et d'envieux qui, lorsqu'ils s'aperçoivent de l'originalité des deux compères, s'empressent d'unir leurs efforts pour les blâmer, les décrier et les moquer de toutes les façons possibles et imaginables. Une certaine Mme Brodin ira même jusqu'à attiser la nature très charnelle de Bouvard afin d'obtenir de lui un prix risible pour l'une de ses propriétés qu'elle convoite.
    Le monde paysan et ouvrier n'est pas mieux traité par un Flaubert qui, bien que né à Rouen, ne se faisait visiblement aucune illusion quant à l'avidité naturelle de ses compatriotes. Les événements de 1848, les petites et grandes lâchetés des notables sont passés au crible. Avec une lucidité rare et à l'opposé absolu du Hugo des "Misérables", Flaubert campe enfin des enfants de forçat absolument irrécupérables que Bouvard & Pécuchet, en philanthropes aussi émus que naïfs, tentent en vain d'élever hors de la fange où ils sont nés.
    Bref, ce livre est d'une cruauté inouïe envers la Nature humaine à laquelle il ne laisse aucune rémission possible. Et malgré tout, devant ce défilé écrit de silhouettes à la Daumier, le lecteur s'amuse de bout en bout, partagé entre les rires que lui inspirent les déconfitures successives des pauvres Bouvard et pécuchet et la tendresse que, peu à peu, l'originalité foncière de ces deux caractères finit par lui inspirer.
    Certes, on ne rit pas aux éclats - quoique, parfois ... Et l'on est ici bien plus proche de l'humour anglais que des éclats rabelaisiens. N'empêche : ce roman se lit sans efforts en une seule journée et, quand on le referme, on se demande si, finalement, dans sa jeunesse, on n'est pas passé à côté du vrai Gustave Flaubert.
    A lire absolument. ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par monito, le 17 septembre 2009

    monito
    Dernier ouvrage, inachevé, de Gustave Flaubert, ce roman comme le dit Guy de Maupassant est un véritable conte philosophique. D'un point de départ insignifiant, deux hommes approchant la cinquantaine ayant chacun Une vie parfaitement inintéressante, partent grâce aux caprices de L'Héritage, s'installer en Normandie, pour n'y rien faire…sauf toucher à toutes les formes de savoir.
    Le jardinage, l'agriculture, la chimie, la médecine, l'astronomie, l'archéologie, l'histoire, le magnétisme, la sorcellerie, la philosophie, la religion, l'éducation, ces savoirs, ces besoins de savoir se succèdent. Nos deux petits bourgeois guère éduqués apprennent, découvrent, confrontent et partage des savoirs qui se contredisent les uns les autres. Un autre savoir vient alors comme un moyen de contourner ou détourner ces contradictions…ils s'y plongent et retrouvent les mêmes abîmes.
    Leurs pérégrinations, les ouvertures au monde, auxquelles ils adhèrent parfois, sont bien évidemment en pleine contradiction avec la morale bien pensante de cette Normandie profonde : occasion de jeter un œil sévère et caustique sur ce milieu du XIXème siècle, les évolutions politiques et les immanences sociales.
    Tout Flaubert est là ; un style, des phrases courtes où tous les mots font sens. Une recherche poussée à l'extrême : des références à faire peur…
    Pas si peur que cela finalement quand on voit le devenir de nos deux amis, Bouvard et Pécuchet.
    Un livre qui nous invite au scepticisme, à la relativité de tout ce que l'on sait ou croit savoir. Un livre aussi qui invite au savoir, tout simplement pour essayer de comprendre ce qui au final reste toujours incompréhensible : comment en sommes-nous arrivés là ?
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par philcoba78, le 15 décembre 2010

    philcoba78
    Un critique des idées reçues de la société de son temps. On ne se lasse pas du dictionnaires des idées reçues à la fin.
    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par olivberne, le 12 mars 2012

    olivberne
    C'est un livre surprenant, un peu répétitif mais savoureux d'ironie, d'humour et de moquerie envers ces deux hommes qui veulent tout apprendre mais vont de désillusion en désillusion. Flaubert donne une leçon à tous les lecteurs que nous sommes, surtout quand on affiche son savoir et ses lectures, comme sur ce site (moi le premier!). J'ai compris que j'étais un Bouvard ou Pécuchet lorsque je me suis vu apprendre des connaissances sur les matières visitées par les deux hommes. Mais ce n'est pas l'envie d'apprendre qui est moquée, c'est celle qui est faite sans discernement.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Sarah_DD, le 06 août 2008

    Sarah_DD
    C'est inhabituel, j'ai bien aimé. le livre suit un peu l'idée du roman à tiroirs, ou du roman feuilleton, on peut toujours rajouter une série d'aventures: chaque chapitre exploite un nouveau centre d'intérêt des protagonistes. Les personnages sont attachants et la langue délicieuse.
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par brigetoun, le 07 février 2011

    Il n'y a de vrai que les phénomènes. Ils copièrent… tout ce qui leur tomba sous la main, … longue énumération… les notes des auteurs précédemment lus, – vieux papiers achetés au poids à la manufacture de papiers voisine.
    Mais ils éprouvent le besoin de faire un classement… alors ils recopient sur un grand registre de commerce. Plaisir qu'il y a dans l'acte matériel de recopier.
    Spécimens de tous les styles. agricole, médical, théologique, classique, romantique, périphrases.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par les_penchants_du_roseau, le 11 novembre 2010

    La science est faite suivant les données fournies par un coin de
    l'étendue. Peut-être ne convient-elle pas à tout le reste qu'on ignore,
    qui est beaucoup plus grand et qu'on ne peut découvrir.
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 07 février 2011

    Des habitudes qu’ils avaient tolérées les faisaient souffrir. Pécuchet devenait incommode avec sa manie de poser sur la nappe son mouchoir. Bouvard ne quittait plus la pipe, et causait en se dandinant. Des contestations s’élevaient, à propos des plats ou de la qualité du beurre. Dans leur tête-à-tête ils pensaient à des choses différentes.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 07 février 2011

    Pécuchet fit creuser devant la cuisine, un large trou, et le disposa en trois compartiments, où il fabriquerait des composts qui feraient pousser un tas de choses dont les détritus amèneraient d’autres récoltes, procurant d’autres engrais, tout cela indéfiniment ; – et il rêvait au bord de la fosse, apercevant dans l’avenir, des montagnes de fruits, des débordements de fleurs, des avalanches de légumes. Mais le fumier de cheval si utile pour les couches lui manquait.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par brigetoun, le 07 février 2011

    Quelquefois dans un vertige, ils démontaient complètement le cadavre, puis se trouvaient embarrassés pour remettre en place les morceaux.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

> voir toutes (55)

Videos de Gustave Flaubert

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Gustave Flaubert

Bouvard et Pécuchet film (1989) -- 1/16
Par une chaude journée d'été, à Paris, deux hommes, Bouvard et Pécuchet, se rencontrent et font connaissance. Ils découvrent que, non seulement ils exercent le même métier (copiste), mais qu'en plus ils ont les mêmes centres d'intérêts.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Bouvard et Pécuchet par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (284)

> voir plus

Quiz

    L'Éducation Sentimentale

    Fumichon, concernant la propriété, évoque les arguments d'un homme politique dont Flaubert parle en ces terme dans une lettre à George Sand: "Peut-on voir un plus triomphant imbécile, un croûtard plus abject, un plus étroniforme bourgeois! Non! Rien ne peut donner l'idée du vomissement que m'inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa bêtise sur le fumier de la Bourgeoisie!". De qui s'agit-il?

    •   Benjamin Constant
    •   Adolphe Thiers
    •   Proudhon
    •   Frédéric Bastiat
    •   Turgot

    8 questions - 51 lecteurs ont répondu
    Thème : L'Education sentimentale de Gustave Flaubert

    Créer un quiz sur ce livre.