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ISBN : 2290335355
Éditeur : Ud-Union Distribution, (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.56/5 (sur 459 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Je me souviens d'avoir eu des battements de cœur, d'avoir ressenti un plaisir violant en contemplant un mur de l'Acropole, un mur tout nu (celui qui est à gauche quand on monte aux Propylées). Eh bien ! je me demande si un livre, indépendamment de ce qu'il dit, ne peut... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 16 juin 2011

    chartel
    Il y a un plaisir particulier à lire Flaubert. Chaque œuvre, bien que marquée par la beauté de son style, est source de nouveautés et de surprises. le recueil "Trois Contes" en est un bon exemple. Certes, on pourrait rapprocher chaque récit aux romans de Flaubert, comme l'exprime bien Colinette26 (voir les autres critiques du recueil), mais il s'agit dans le cas présent d'histoires courtes, composées d'une manière toute différente des longs romans antérieurs. Flaubert montre ainsi tout son génie dans la nouvelle. Peut-être s'essaya-t-il à ce genre pour se délasser de ses impasses dans l'écriture de "Bouvard et Pécuchet" ?
    Le plaisir vient du rapprochement de trois récits d'apparences bien distinctes, entre une nouvelle réaliste ancrée dans la contemporanéité de l'auteur, une légende médiévale merveilleuse et un récit biblique. Rien ne semble les réunir. On pourrait penser que ce recueil ne répond qu'aux envies et aux idées successives de l'auteur. Pourtant il y a bien une sorte de fil conducteur. C'est le drame de l'excès, l'inévitable danger d'un engagement total. Que ce soit vers la voie de la bonté ou, à son opposé, vers la cruauté, chaque personnage exprime ce travers : Félicité (quelle ironie !) victime de sa bêtise et de sa simplicité, saint Julien de son obsession pour la chasse et la mort, enfin, Hérode et saint Jean-Baptiste, le premier victime de ses promesses emportées, le second de son fanatisme. Ces excès, tels des chemins vers la folie, ne devaient pas être étrangers à Flaubert, connaissant ses insurmontables exigences en matière de création artistique.
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    • Livres 5.00/5
    Par Colinette26, le 09 septembre 2010

    Colinette26
    Ces Trois contes sont la dernière oeuvre que Flaubert ait écrit. C'est la raison pour laquelle ils sont une des meilleures introductions à l'oeuvre de l'écrivain normand. Dans «Un coeur simple» on retrouve le réalisme de Madame bovary. Dans «Saint Julien l'Hospitalier» il y a des échos de «La Tentation de Saint Antoine». Dans «Hérodias», se retrouve le climat de Salammbô.
    Il y a un grand plaisir esthétique à lire ces contes. La narration est ramassée, le style est parfait, et je trouve que c'est du très grand Flaubert. Je reste toutefois sur une certaine impression de tristesse. Est-ce la couleur du ciel normand qui déteint sur l'oeuvre ? Est-ce le XIXe siècle qui nous laisse cette impression de grisaille ?
    Avec Flaubert on ne sait jamais s'il se moque, s'il est amer ou s'il est bienveillant. Comment interpréter 'histoire de Félicité qui est prise de crises de mysticisme face à son perroquet l'amour de sa vie ? Faut-il le prendre sur le mode humoristique ? sur le mode dramatique ? Sur le mode de la tendresse ? La distance à la fois éloignée/descriptive, et proche/psychologique fait qu'on ne peut se déterminer...
    Il est manifeste qu'il devait éprouver une certaine tendresse pour Félicité, mais jusqu'à quel point ? Il avait tellement pris l'habitude de se moquer des gens de son siècle que l'on peut se poser des questions... N'est-ce pas là le génie ultime de ces trois histoires courtes : nous laisser avec des questions plutôt qu'avec des réponses toutes résolues ?
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    • Livres 4.00/5
    Par ibon, le 06 février 2013

    ibon
    Le perroquet de Félicité, le périple meurtrier de Julien le chasseur, avant de devenir l'Hospitalier, et enfin Hérodias, la femme fatale, sont les images fortes que j'ai retenues de ces Trois Contes.
    L'introduction de 50 pages dans l'édition Garnier renseigne le lecteur sur les problèmes de santé, d'argent et d'inspiration (avec Bouvard et pécuchet) de Flaubert au moment où il entreprend ces 2 puis 3 contes. On y apprend aussi les endroits qu'il a visités (à Concarneau il s'inspire de l'entrée de la Ville Close pour décrire le château des parents de Julien).
    De plus, toutes ses notes depuis 20 ans qu'il exhume ou toute la documentation qu'il consulte et la rage ou le découragement puis la satisfaction du travail accompli sont bien restitués en introduction.
    Pas de prosélytisme.
    La portée religieuse de ces contes n'engage pas les croyances du lecteur, tout cela est volontairement mis à distance. Par contre les rapports entre les personnages principaux sont la véritable matière et interrogent: l'ironie et /ou l'innocence de Flaubert au sujet de Félicité et de sa patronne.
    30 pages chacun. Pourtant la multitude de personnages m'a posé problème si bien que j'avoue avoir compté les pages pour "Un coeur simple".
    Mais les 2 autres m'ont vraiment emballé par leurs côtés historique et cruel.

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    • Livres 3.00/5
    Par Bunee, le 08 octobre 2009

    Bunee
    Ha!
    Quel plaisir à l'idée de lire à nouveau Flaubert, ce compagnon des lectures d'enfance à l'écriture si dynamique et si vivante ! Qui n'a pas vibré au fur et à mesure des soupirs d'Emma Bovary? Qui n'a pas nourri de somptueux tableaux épiques en lisant Salammbô?
    Bref, Flaubert, cet amour de jeunesse idéalisé par la tendresse naïve de mes souvenirs, et dans les bras duquel je brûlais de revenir ...

    Très honnêtement j'avoue que sur ces Trois contes ("Un coeur simple", "La légende de St Julien L'Hospitalier", et "Hérodias", un seul m'a vraiment retenue en haleine: Un coeur simple.
    C'est une nouvelle touchante, réaliste, ancrée dans les brumes normandes qui peuplent la mémoire de l'Auteur. Une jeune fille un peu simple entre au service d'une maisonnée, au sein de laquelle ne subsiste plus qu'une veuve vieillie. le Mari et les enfants sont partis (au sens propre comme au sens figuré), elle-même a perdu au long de l'histoire les maigres attaches qu'il lui restait...
    C'est quasiment un Huis clos entre deux femmes, dont la relation est complexe, nourrie de paradoxes (hierarchie sociale / amitié et affection, tendresse refoulée / froideur apparente) et de silences qu'ont imagine aussi pénétrants que la fraîcheur matinale du jardin.
    J'ai trouvé ce conte touchant, tendre et cruel, comme le sait si bien l'être parfois l'oeuvre de Flaubert.
    Les deux autres contes m'ont parus plus lointains... Pas seulement dans le temps ou dans l'espace, mais dans la lecture, ils demandent moins d'investissement affectif de la part du lecteur, on est plus proche de la balade moyenageuse (Légende de St Julien L'hospitalier) ou du récit biblique (Hérodias) sagement dispensés (mais de façon là encore très vivante) en cours de catéchisme.
    Mais quoiqu'il en soit, celà reste un plaisir de renouer avec ce cher Gustave !
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  • Par PiertyM, le 25 janvier 2014

    PiertyM
    Un joli recueil de contes. D'un cœur simple à Hérodias, les choses semblent déjà écrites pour les personnages de Trois contes, ils se prédisposent simplement à les accomplit..
    L'écriture respire du bon génie, celui qui transforme et transmet avec simplicité et une cohérence dans les situations.
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 25 septembre 2010

    Un coeur simple

    A cause des cigares, elle imaginait La Havane un pays où l'on ne fait pas autre chose que de fumer, et Victor circulait parmi les nègres dans un nuage de tabac. Pouvait-on "en cas de besoin" s'en retourner par terre ? A quelle distance était-ce de Pont-l'Évêque ? Pour le savoir, elle interrogea M. Bourais.
    Il atteignit son atlas, puis commença des explications sur le longitudes ; et il avait un beau sourire de cuistre devant l'ahurissement de Félicité. Enfin, avec son porte-crayon, il indiqua dans les découpures d'une tache ovale un point noir, imperceptible, en ajoutant : "Voici." Elle se pencha sur la carte ; ce réseau de lignes coloriées fatiguait sa vue, sans rien lui apprendre ; et Bourais l'invitant à dire ce qui l'embarrassait, elle le pria de lui montrer la maison où demeurait Victor. Bourais leva les bras, il éternua, rit énormément ; une candeur pareille excitait sa joie ; et Félicité qui s'attendait peut-être à voir jusqu'au portrait de son neveu, tant son intelligence était bornée !
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  • Par Orphea, le 25 septembre 2010

    Un coeur simple

    A l'église, elle contemplait toujours le Saint-Esprit, et observa qu'il avait quelque chose du perroquet. Sa ressemblance lui parut encore plus manifeste sur une image d'Épinal, représentant le baptême de Notre-Seigneur. Avec ses ailes de pourpre et son corps d'émeraude, c'était vraiment le portrait de Loulou.
    L'ayant acheté, elle le suspendit à la place du comte d'Artois, -- de sorte que, du même coup d'œil, elle les voyait ensemble. Ils s'associèrent dans sa pensée, le perroquet se trouvant sanctifié par ce rapport avec le Saint-Esprit, qui devenait plus vivant à ses yeux et intelligible. Le Père, pour s'énoncer, n'avait pu choisir une colombe, puisque ce bêtes-là n'ont pas de voix, mais plutôt un des ancêtres de Loulou. Et Félicité priait en regardant l'image, mais de temps à autre se tournait un peu vers l'oiseau.
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  • Par chartel, le 16 juin 2011

    Puis ce fut l’emportement de l’Amour qui veut être assouvi. Elle dansa comme les prêtresses des Indes, comme les Nubiennes des Cataractes, comme les Bacchantes de Lydie. Elle se renversait de tous les côtés, pareille à une fleur que la tempête agite. Les brillants de ses oreilles sautaient, l’étoffe de son dos chatoyait ; de ses bras, de ses pieds, de ses vêtements jaillissaient d’invisibles étincelles qui enflammaient les hommes. Une harpe chanta, et la multitude y répondit par des acclamations. Sans fléchir ses genoux en écartant les jambes, elle se courba si bien que son menton frôlait le plancher, - et les nomades habitués à l’abstinence, les soldats de Rome experts en débauches, les avares publicains, les vieux prêtres aigris par les disputes – tous – dilatant leurs narines, palpitaient de convoitise. [Hérodias]
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  • Par Orphea, le 25 septembre 2010

    Un coeur simple

    Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Évêque envièrent à Mme Aubin sa servante Félicité.
    Pour cent francs par an, elle faisait la cuisine et le ménage, cousait, lavait, repassait, savait brider un cheval, engraisser les volailles, battre le beurre, et resta fidèle à sa maîtresse, -- qui pourtant n'était pas une personne agréable.
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  • Par grisette, le 27 octobre 2010

    L'histoire d'un coeur simple est tout bonnement le récit d'une vie obscure, celle d'une pauvre fille de campagne, dévote mais mystique, dévouée sans exaltation et tendre comme du pain frais. Elle aime successivement un homme, les enfants de sa maîtresse, un neveu, un vieillard qu'elle soigne, puis son perroquet ; quand le perroquet est mort, elle le fait empailler et, en mourant à son tour, elle confond le perroquet avec le Saint-Esprit. Cela n'est nullement ironique comme vous le supposez, mais au contraire très sérieux et très triste.
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