ISBN : 207036304X
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.68/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Elle courut vers le coffre-fort, tourna la clef dans la serrure et tira la lourde porte bordée de cuivre... Elle regarda à l'intérieur, poussa un soupir de soulagement : il y avait juste assez de place, juste assez... - Cache-toi là, vite ! Je vais les éloigner... Mais ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par OhOceane, le 27 mai 2011

    OhOceane
    Cher Romain,
    Permets-moi de t'appeler Romain, depuis le temps que l'on se fréquente, toi et moi, l'intimité qui s'est creusée entre nous autorise cette liberté.
    Romain, quand je t'ai connu, tu me disais t'appeler Émile, et la jeune collégienne que j'étais est tombée sous le charme de ta plume. Longtemps, j'ai regardé les squelettes de parapluies abandonnés sous L'orage, en pensant à Momo et à Madame Rosa. Tu avais déjà tracé un sillon dans mon cœur, Romain, un sillon que je suivais à pas mesurés, tout doucement. Plus que tout je voulais faire durer la promenade sur ce chemin. Tu es mort avant que je n'atteigne l'âge de raison, c'est peut-être ce qui fait de moi la lectrice la plus déraisonnable qui soit. Savoir qu'un auteur que l'on aime n'écrira plus que ce qui existe déjà, rend plus précieux chacun de ses ouvrages.
    A chaque fois que j'ouvrais un de tes écrits, dès la page de garde j'étais partagée entre deux sentiments : la joie de te lire à nouveau, de te découvrir, et une certaine tristesse à penser que c'était un livre de plus qui m'amenait au bout du chemin. Ce chemin à l'issue duquel il n'y aurait plus de »nouveaux » livre de toi à lire… Mais il reste la joie aujourd'hui, des années après notre première rencontre, la joie de te redécouvrir, de te relire autrement. La lecture de mes 10 ans, de mes 15 ans, ou de mes 20 ans, m'a fait comprendre que chaque relecture offre au regard un nouveau récit. Et aujourd'hui, où l'adulte que je suis admire l'homme total que tu as été, je sais que le chemin ne se termine jamais vraiment. Tu as raison, tu es incapable de vieillir. le Pacte que tu as passé avec le Ciel s'est étendu à toute ton œuvre.
    Alors te relire reste encore ce que je préfère au monde. Je fais le bilan des choses que j'aime, et au détour d'un souvenir, je me rappelle d'une vieille anglaise au ton malicieux. Je me rappelle de Lady l.
    J'ai repris la semaine dernière mon exemplaire. le même exemplaire que j'ai ouvert pour la première fois dans ma chambre au pensionnat, avec pour toute lumière, une lampe de chevet tamisée, pour ne pas attirer les foudres de la responsable de l'étage. Je me revois déchiffrer avec émerveillement les premières pages de cette histoire. J'ai suivi Annette dans ce Paris d'un autre temps, jusqu'à sa glorieuse vie, derrière ce masque de Lady l. On en revient toujours là avec toi : les déguisements que la vie nous oblige à porter. D'autres noms, d'autres discours, d'autres agissements... Et derrière Annette, comme derrière toi peut-être, il reste ce cynisme amer.
    Mais j'ai adoré à 16 ans, et aujourd'hui, cette histoire fabuleuse de la construction d'un monde nouveau, à travers les yeux brillants d'une sorte de folie d'Armand Denis. J'ai aimé retrouver la belle histoire d'amour et de combats qui liera Armand et Annette. Voir leurs ambitions respectives se frotter à la complexité de l'Histoire avec un grand H, même fictive, c'est réjouissant ! Les amours d'un jeune anarchiste poète, poseur de bombes un peu raté, et d'une jeune pauvresse qui arrivera aux plus grands sommets, c'est le tour de force littéraire que tu nous offres.
    J'aime écouter cette vieille dame qui confie à un jeune admirateur les méandres de sa vie, ses amours, ses indignités, la beauté et la laideur d'une vie riche et tumultueuse.
    L'humour, la drôlerie, le cynisme, la tendresse, et les grandes espérances de pauvres êtres humains ballotés par la folie de l'Histoire, Lady l. garde pour moi la même force qu'à la première lecture.
    Cher Romain, merci pour Annette, Armand et les autres. Je te quitte pour ce jour, en te rappelant ces vers que tu prêtes à la taquinerie enthousiaste d'Armand Denis :
    Ode à l'humanité,
    Ah fallait-il que je vous visse,
    Fallait-il que vous me plussiez
    Qu'ingénument je vous le disse,
    Que fièrement vous vous tussiez
    Fallait-il que je vous aimasse,
    Que vous me désespérassiez
    Et que je vous idolâtrasse
    Pour que vous m'assassinassiez.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    Lybertaire
    Lady l., roman politique et passionnel, confronte deux visions de la société idéale. D'un côté le duc de Glendale, nihiliste, croit entraîner la révolution du peuple en faisant un étalage indécent de ses richesses et de ses privilèges ; de l'autre, le terroriste anarchiste Armand Denis perpétue les attentats pour troubler les gouvernements, les forcer à réduire les libertés individuelles jusqu'au moment intolérable où le peuple se révoltera contre un régime dictatorial…
    Entre les deux, il y a l'humanité, une grande dame qui met les hommes à genoux, prêts à la servir jusqu'à la mort, et Lady l., une vieille noble qui raconte sa vie à Sir Percy, l'incarnation de l'Angleterre conservatrice, flegmatique et puritaine.
    Lady l., caustique et sophistiquée, est réputée à travers l'Angleterre pour ses extravagances et ses caprices. Volontiers provocatrice et cynique, elle se moque de la société qui la tolère, de sa vie fastueuse et des protocoles royaux.
    Le jour de ses quatre-vingts ans, elle apprend que son pavillon d'été a été réquisitionné par le gouvernement. Or, ce palais ne renferme pas seulement ses trésors d'excentricités, tels que des objets d'art hétéroclites et des portraits familiaux customisés par les traits de ses animaux chéris ; il renferme aussi un secret. Et Sir Percy devra l'aider à le mettre en sûreté, mais il faudra lui raconter sa vie, la vie d'Annette Boudin, une Française des bas-fonds, prostituée à seize ans et proche des milieux anarchistes… Sir Percy, poète de l'amour platonique, se fige de surprise en surprise.
    Riche de surprises et de détails historiques au point de confondre la réalité et la fiction, Lady l. n'est pourtant pas le meilleur roman de Gary. S'il a souvent mêlé le message politique à la fiction, cette fois Gary semble avoir habillé les idées par des personnages qui n'ont pas autant de consistance que dans les autres romans.
    La critique sur mon blog :
    http://bibliolingus.over-blog.fr/article-lady-l-romain-gary-105337645.html

    Lien : http://bibliolingus.over-blog.fr
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par OhOceane, le 19 avril 2011

    OhOceane
    Lady L'est un roman que Gary a rédigé directement en anglais, une particularité à signaler je suppose, quoique j'avoue apprécier indifféremment l'ouvrage en français ou en anglais.
    C'est l'histoire d'une aristocrate fantasque et incroyable, qui vit sa passion de l'aventure et de l'amour sur fond d'anarchisme et de révolution socialiste. Romain Gary nous fait le portrait d'une Europe des années 30, amusante et agitée, avec des odeurs de révolution dans l'air, des personnages attachants, forts, hauts en couleurs et complètement déjantés !
    Lady L'navigue de l'aristocratie la plus classieuse aux bas-fonds du peuple qui voient émerger les révolutionnaires de l'époque. A travers les yeux de Lady L'on assiste aux exploits et aux desseins d'Armand Denis, un fougueux chantre de la Révolution armée. D'attentas en aventures rocambolesque, on suit ce couple improbable mais réellement attachant avec un réel plaisir. J'ai adoré cette femme, sure d'elle, sereine mais qui ose l'Aventure et l'Amour. Elle est drôle, amusante, émouvante et le regard qu'elle porte sur son époque, à travers elle Gary, c'est un regard acide et sans complaisance, mais aimant.
    Le film est pareillement gai et enlevé, une joie ! Si vous voulez passer un bon moment, n'hésitez pas !!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 26 juillet 2010

    Lencreuse
    Au crépuscule de sa vie, la vieille Lady l. entreprend de raconter à son ami Sir Percy, son étonnante ascension dans la noblesse britannique. Car si on lui prête d'illustres ascendants, celle que l'on prénomme Diane a, en fait, des origines bien moins reluisantes. Fille d'un anarchiste alcoolique, la future Lady l. a passé son enfance à rêver de luxe. Maîtresse d'une figure de proue du mouvement libertaire, elle a manœuvré par dévouement à la cause. Mais ce dévouement n'a jamais été le sien, elle l'a épousé pour mieux le combattre et pour tenter de lui enlever son plus fidèle serviteur, le bel Armand Denis. Bien plus que le récit d'une arriviste ou d'une chanceuse, c'est celui d'une amoureuse éperdue qu'elle relate. Lorsque la jeune Annette Boudin – alors femme de petite vertu – rencontre l'anarchiste Armand Denis, c'est toute sa vie qui bascule. La fille de joie se transforme en courtisane, fréquentant les meilleurs salons et les plus grandes fortunes pour servir la cause d'Armand et de ses compagnons. Mais si c'est son amour pour Armand qui anime Annette, le jeune homme lui n'a qu'une obsession : sa chère cause, l'humanité. Une rivale de taille pour Lady l. qui la mènera à commettre l'acte le plus douloureux de sa vie.
    Tout ce que j'aime se trouve dans ce roman : la grande et belle impossible passion (eh non, je ne suis pas vraiment fan de happy end !), un personnage de femme volontaire et une langue délectable ! Quel plaisir de plonger dans la prose élégante de Gary à la découverte de cette héroïne blessée devenue une grande dame à qui l'on pardonne ses excentricités – après tout, elle est Française et en Angleterre, ceci suffit à expliquer cela. Sous ses airs de Lady, elle pose sur le petit monde qui l'entoure un regard presque froid, comme si la mort de son amour de jeunesse lui avait retiré à elle aussi un peu de vie et de chaleur, en tout cas un peu de sa capacité à aimer.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par jfsimonjx, le 13 mars 2012

    jfsimonjx
    Un petit chef d'oeuvre d'humour noir. Une française plutôt libertine et une digne lady doublées d'une narratrice hors pair...quelle Trinité!
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Citations et extraits

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  • Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    J’ai une conception infiniment plus élevée des masses populaires. On ne les mène pas à la révolte comme du bétail, en les piquant au fer rouge. La révolution est aussi une notion culturelle, elle n’est ni purement économique ni uniquement policière. Le moment est proche où, après une génération passée à observer ma façon de vivre dont je fais à dessein grand étalage, l’idée viendra tout naturellement aux foules de vouloir partager mes plaisirs, ou, tout au moins, de m’en priver. Je joue un rôle révolutionnaire dont vous avez tort de sous-estimer l’importance. Je suis un merveilleux agent provocateur et je sers le progrès d’une manière humble, peut-être, mais nécessaire. J’ajoute que lorsque je verrai les masses résolument déterminées à profiter enfin vraiment de tout ce qe la vie et l’art peuvent leur offrir, je disparaîtrai avec le sentiment très satisfaisant d’avoir bien tenu mon rôle historique. Rien ne me ferait plus plaisir que des voir des millions de jouisseurs me succéder. J’aime le plaisir.
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  • Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    En assassinant les chefs d’État, en harcelant la police, en effrayant les gouvernements, nous poursuivons un but fort pratique et très précis : nous voulons forcer les dirigeants à devenir de plus en plus bêtement cruels dans leur défense de l’ "ordre". Ils finiront ainsi par supprimer les libertés illusoires dont ils peuvent actuellement s’offrir le luxe ; lorsque l’existence des masses de plus en plus opprimées deviendra intolérable, ce qui ne saurait tarder, elles se dresseront enfin dans la révolte contre tout le système capitaliste. Notre but est de forcer le pouvoir à resserrer son étau au point de provoquer lui-même le sursaut populaire qui le balaiera. Nos excès visent à provoquer de sa part des réactions excessives. La réaction est la meilleure alliée de la révolution. À chaque acte de terreur que nous commettrons répondra une terreur encore plus grande et encore plus aveugle. Alors, quand il ne lui restera plus une once de liberté, le peuple tout entier se joindra à nous.
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  • Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    Les anarchistes sont trop timides. Ils n’osent pas aller jusqu’au bout. Dans la passion, dans l’extrémisme, il faut toujours aller au bout, et même un peu plus loin encore. Sans cela, on trouve toujours plus extrémiste que soi.
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  • Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    L’artiste a toujours été le complice des classes dirigeantes, et il le devient de plus en plus : on veut envoyer les masses fumer le nouvel opium dans les musées, à la sortie de l’église, et pour les mêmes raisons. Je ne puis entendre dans la bouche d’un bourgeois le mot « culture » sans avoir envie de saisir mon pistolet. Nos poètes et nos musiciens sont payés pour chanter des berceuses au peuple, afin de l’aider à dormir. Les peintres exécrables de ce temps sont payés pour jeter un joli voile sur nos réalités sociales. Il ne saurait y avoir de beauté sans justice, d’art sans une réalité humaine digne d’être exaltée.
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  • Par Lybertaire, le 17 mai 2012

    Si les hommes cédaient toujours à ce qu’il y a en eux de plus humain, il y a longtemps qu’ils ne seraient plus des hommes.
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Vidéo de Romain Gary

Lecture de textes de Romain Gary et de Eric Moreau à l'occasion d'une soirée hommage de l'écrivain Romain Gary. Filmé à l'hôtel de ville de Paris.








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