Ici
Sylvie Germain, sans sacrifier à la beauté et à la magie de son écriture qui se déploie depuis
Le livre des nuits (1984), nous conte « l'histoire en patchwork d' [une] vie de paria ».
Dans ce roman, long poème en prose, on pénètre dans le royaume de
Sylvie Germain, original et envoûtant où évoluent des figures moitié anges (ou moitié monstres) moitié humains. L'âme humaine est ici montrée dans toute sa complexité, sans concession.
« Sitôt née, j'ai été confiée au hasard. Certes, ce n'est pas la meilleure des nourrices, le hasard mais ce n'est pas la pire. Père et mère, d'un commun désaccord en temps décalé, n'ont pas voulu de moi. » C'est ainsi que débute la vie de Laude-Marie Neigedaoût, baptisée ainsi par les sœurs du convent devant lequel elle a été abandonnée dans un cageot de framboises. La narratrice nous livre sa vie, elle vagabondera d'une place à l'autre à travers la France. C'est comme si elle n'avait pas de vie propre mais elle participe toujours plus profondément à celles des autres et aux drames dont elle est le témoin.
La chanson des mal aimants, c'est le chant d'amour de la tragédie des vies ordinaires, la destinée peu commune d'une albinos servie par une écriture poétique aux charmes envoûtants