ISBN : 2070378063
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.42/5 (sur 45 notes) Ajouter à mes livres
Parti des confins de la terre et de l'eau, Victor-Flandrin Péniel, portant au cou les larmes de son père dont le visage fut sabré en 1870 par un uhlan, et toujours accompagné d'une mystérieuse ombre blonde, viendra s'établir dans un hameau perdu au bout du territoire et... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par ATOS, le 16 mai 2012

    ATOS
    Il est des livres que nous avons l'impression de retrouver. Les retrouver alors que c'est la première fois que nous les lisons.
    Le livre des nuits est un de ceux là.
    De ces rares instants de lecture qui nous appartiennent.
    Alors évidement ,il y a l'écriture de Sylvie Germain, Il y a cette sève, cette tourbe, ces odeurs qu'elle sait extraordinairement nous offrir, il y a ces personnages forts, énormes, et toutes ces vies qui s'écoulent, qui saignent, qui s'écaillent, qui se mélangent de page en page : les Livres, les livres de toutes nos vies.
    Faut il aimer follement les hommes pour en parler avec autant de douceur et de poésie. Les hommes sont beaux dans les livres de Sylvie Germain. Terriblement beaux, cruellement beaux enchevêtrés comme des lierres, emportés par leur destin, recouverts de cendres. Faut il avoir conscience de la puissance de la vie pour nous donner, parmi ces nuits, envie d'y croire encore, y croire toujours.
    Croire que la vie est plus forte que tout. Il y a du Albert Cohen dans cet élan.
    Un livre important.
    Astrid SHRIQUI GARAIN
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
  • Par TyJecyka, le 12 mars 2012

    TyJecyka
    Il est des régions géographiquement malchanceuses car situées à des frontières stratégiques que seuls les généraux convoitent. Victor-Flandrin, issu d'une famille de bateliers depuis des générations, quitte le fleuve pour la terre après la mort de son père, rescapé de la guerre menée contre la Prusse, où il fut dévisagé par le sabre d'un uhlan.Victor-Flandrin Péniel fuit l'eau et la mine où il n'a plus d'avenir. Une longue marche le mène au hasard de ses pas dans la région de Sedan où il passera le reste de sa vie.
    Et c'est cette vie que Sylvie Germain nous fait partager. Une vie rythmée par les épouses qui ne survivent pas aux grossesses, aux enfants tous jumeaux qui naissent et meurent. Quatre épouses se succéderont sur la Ferme-Haute pour 15 enfants mis au monde, un seul survivra.
    Voilà encore un livre qui n'offre aucun répit, on voudrait arrêter de lire pour reprendre son souffle et se dire que le glauque n'est qu'imaginaire mais on continue à lire, fasciné par l'horrible, avide de savoir comment Les Personnages vont mener leur résilience.
    L'auteure nous emmène dans les méandres de 60 ans d'une terre en proie aux occupants successifs, toujours annexée, dévastée. Une terre qui a payé son tribut du sang de ses enfants, une terre sans concession, rude, et cruelle mais où finalement, à chaque fois, la vie sait renaître après chaque malheur. Une terre nourrie de roses, nourrie de sang, nourrie de cendres puis de nuits. Une terre nourrie de passions, de violences, d'illusions et d'espoir. L'histoire d'une famille que L Histoire n'a pas épargnée, histoire pleine de réalités qui claquent si fort qu'elle nous assomme et nous emmène aux marges du fantastique.
    Dire que j'ai aimé ce livre, OUI...dire que je l'ai fermé en poussant un profond soupir de soulagement, OUI. Soulagée d'avoir soutenu la lecture parfois difficile de certains passages, soulagée d'être arrivée, avec Les Personnages, au bout de cette histoire familiale tragique.
    Mais, je trouve que l'on peut facilement se perdre dans l'anamnèse. La généalogie est dense, si bien qu'on peut vite ne plus savoir qui est le fils de qui si on ne maintient pas sa vigilance. Ce serait peut-être la seule remarque négative que je ferai au roman. Je remercie l'auteure d'avoir accéléré le rythme d'écriture lors de l'avant-dernier chapitre, il a été suffisamment dur ainsi, plus long aurait été rédhibitoire.
    Qu'on ne se méprenne pas sur mes propos, il ne s'agit pas d'un roman du genre horreur, il s'agit d'un roman historique sans fioriture, émaillé d'incursions fantastiques que j'attribue aux légendes régionales. Il a suscité en moi les mêmes émotions et plaisirs de lecture ressentis avec "Le Livre de Dina" de Herbjorg Wassmo.
    C'est un excellent roman.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 24 octobre 2009

    LiliGalipette
    Victor-Flandrin Pléniel, que l'on appelle aussi Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup, quitte la péniche qui l'a vue grandir, s'éloigne de l'eau à laquelle sa famille était attachée depuis des générations pour s'enfoncer dans les terres. Il porte au coup les sept larmes de son père, dont le visage a été marqué par le sabre d'un uhlan en 1870. Il avance accompagné de l'ombre blonde de sa grand-mère qu'il porte comme une protection. C'est à Terre-Noire, un lieu reculé, qu'il établit son existence, qu'il prend femme, quatre fois, et qu'il engendre une descendance nombreuse, sous le sceau de la géméllité et de la tache d'or qu'il transmet à l'oeil de tous ses enfants. Traversant les conflits qui agitent le reste du monde, incapable de soustraire les siens aux remous de l'histoire et des passions, Victor-Flandrin dure longtemps alors que sa famille meurt et se réduit.
    Nuit-d'Or-Gueule-de-Loup est un personnage comme j'aimerais en croiser plus souvent dans mes lectures: "Nul ne savait vraiment d'où il venait, ni pourquoi ni comment il était arrivé là. Les légendes et les ragots les plus fantasques couraient au sujet de son teint noirci par la poussière de charbon, des taches d'or de son oeil qu'il se mettait maintenant à distribuer à sa progéniture, de son ombre blonde qui hantait toute seule les chemins, de son accointance avec les loups, de sa voix dont l'accent différait de celui de la région, de son regard capable d'éteindre les miroirs et de sa main mutilée." (p. 94)
    Et tous les autres personnages sont aussi bien construits. La question de l'identité est au coeur de tout le roman. Il y a impossibilité pour tous d'être unique. Il n'y a que double et dédoublement, soit par la géméllité, soit par un double prénom, soit par un surnom qui parachève la personne, qui valide l'existence.
    Il n'est pas toujours facile de s'y retrouver dans la progéniture de Victor-Flandrin. J'y ai vu une famille fantastique, aux ramifications infinies, un peu comme l'immense tribu des personnages de Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez. A la fois bien réels et totalement chimériques, les êtres traversent le texte et lui confèrent une valeur merveilleuse, aux limites du fantastique. Il y a celui qui parle aux loups, celui qui porte en lui son frère, celles qui sentent et vivent les malheurs de demain, celui qui chante mieux que les oiseaux, etc.
    Le texte, à la fois récit familial, récit initiatique pour chaque personnage, apologue, conte philosophique, légende, se décompose en strates qui ne peuvent aller les unes sans les autres. C'est très bien écrit, puissant et entraînant. C'est la meilleure lecture de mon mois d'octobre.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par CFONS, le 24 mai 2012

    CFONS
    J'aime beaucoup l'écriture de Sylvie Germain, c'est un conte mais bien souvent cruel. Ces récits me font penser aux grands auteurs d'amérique du sud, il y a du fantastique dans ces familles du terroirs français. Vraiment très bien!!!
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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 07 mai 2011

    Malaura
    De la fin du 19ème siècle aux lendemains de la seconde guerre mondiale, le sombre destin de la famille Péniel. Victor Flandrin dit "Nuit d'Or Gueule de Loup" a quitté les bords du fleuve et s'est installé dans le hameau de Terre-Noire où il a engendré une nombreuse descendance marquée de gémellité et de tempéraments fougueux. Générations après générations, c'est le récit tragique de cette famille broyée par les guerres et l'histoire qui nous est magistralement conté.
    Magnifique roman, salué par la presse lors de sa sortie et couronné de nombreux prix littéraires. Sombre et envoûtante, une saga familiale transcendée par un style admirable plein de poésie et de lyrisme. Tragique et dur, passionné et ombrageux à l'image des protagonistes portant tous la marque de la gémellité, ce récit d'une destinée familiale est un pur chef d'oeuvre d'émotions brutes.
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Citations et extraits

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  • Par LiliGalipette, le 03 août 2011

    "Nul ne savait vraiment d'où il venait, ni pourquoi ni comment il était arrivé là. Les légendes et les ragots les plus fantasques couraient au sujet de son teint noirci par la poussière de charbon, des taches d'or de son oeil qu'il se mettait maintenant à distribuer à sa progéniture, de son ombre blonde qui hantait toute seule les chemins, de son accointance avec les loups, de sa voix dont l'accent différait de celui de la région, de son regard capable d'éteindre les miroirs et de sa main mutilée." (p. 94)
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  • Par paulotlet, le 20 avril 2012

    Pour la deuxième fois Violette-Honorine sentit du sang transpirer à sa tempe gauche et couler lentement le long de sa joue. Cette fois-ci, elle ne dit rien. Elle savait maintenant que ce sang n'était pas le sien, qu'il s'écoulait de la blessure d'un autre corps, de la douleur d'un autre coeur. Et cette fois encore, Jean-François-Tige-de-Fer fut le seul à remarquer la pitié éperdue de l'enfant, la folie de son regard. Il s'approcha d'elle et posa timidement sa main sur son épaule.
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  • Par mireille.lefustec, le 01 novembre 2011

    Et encore n'approchaient -ils la parole que par d'infinis détours comme s'ils craignaient de buter sur quelque mot interdit qui eût rendu aussitôt toute discussion impossible.
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Vidéo de Sylvie Germain

Rendez-vous nomades de Sylvie Germain .
Voir l'émission : http://www.web-tv-culture.com/rendez-vous-nomades-de-sylvie-germain-368.htmlComment et pourquoi devient-on ce que l'on est ? Croyant ou non, quelle est la place de Dieu dans nos vies ? Et quel rôle peut jouer le livre, l'écrit dans nos existences. Autant de réflexions que nous livre Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades ».Après « Le livre des nuits », « Magnus » ou « L'inaperçu », retrouvez la poésie d'écriture de Sylvie Germain dans « Rendez-vous nomades », un essai publié chez Albin Michel.Sylvie Germain est sur WTC.








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