ISBN : 2253045918
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1988)


Note moyenne : 3/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
À travers un commentaire stimulant du texte le plus étrange que contient la Bible, René Girard nous convie à une formidable méditation sur le fonctionnement social. La violence, l'innocence, le religieux, le sacrifice... Autant de problèmes qui jalonnent "La Route antiq... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, le 20 avril 2010

    Piling
    "Dans notre univers, face à l'opinion publique, la position la plus avantageuse est presque toujours celle de la victime et tout le monde s'efforce de l'occuper, souvent sans justification réelle. Mais cette possibilité dont nous usons et abusons tous, nous la devons à la Bible. Les textes que nous lisons ont puissamment contribué à l'engendrer."
    Le Dieu des victimes apparaît assez tôt, avec le non-sacrifice d'Isaac, par exemple, mais il est souvent noyé dans les imprécations furibardes de Yahwé contre cette putain d'Israël. Dans Job voilà soudain qu'Il apparaît et en même temps revient l'Irrascible, comme si deux divinités se superposaient ou alternaient, dans un chevauchement théologique, celle de deux religions finalement opposées que l'on essaie de concilier dans un seul livre. René Girard rigole bien au passage de ce Dieu montreur d'ours, qui ne répond pas aux questions de Job sur la justice et l'injustice du malheur humain, mais lui déroule le catalogue de la Création. Et voilà le Dieu des victimes qui se fait aussi menaçant, et semonce Job, finalement, un peu comme Jankélévitch s'amuse à le faire :


    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2010/04/job-le-ciron-mecontent.html#links
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    • Livres 4.00/5
    Par Piling, le 21 avril 2010

    Piling
    Et donc voilà qu'arrive en bout d'histoire le champion des victimes, celui qui en même temps répond enfin à Job, sur cette question du juste châtiment, en disant qu'il n'y a pas de réponse appropriée à une question mal posée :

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2010/04/le-dieu-des-victimes-le-paracle..
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 22 avril 2010

    Dans un monde violent, le divin pur de toute violence se manifeste obligatoirement par l'intermédiaire de l'événement qui fournit déjà au sacré violent son mécanisme générateur. L'épiphanie du Dieu des victimes suit la même "route antique" et passe par les mêmes phases exactement que toutes les épiphanies du sacré persécuteur. En conséquence de quoi, pour le regard violent, le Dieu des victimes ne se distingue absolument pas du Dieu des persécuteurs. Notre pseudo-sciences des religions repose toute entière sur la conviction qu'il n'y a pas de différence essentielle entre les diverses religions.
    Cette confusion affecte le christianisme historique, le détermine jusqu'à un certain point. De nos jours, l'antichristianisme s'efforce de la perpétuer. Il s'accroche désespérément à la théologie la plus sacrificielle pour ne pas perdre ce qui le nourrit, pour se croire toujours habilité à dire : le christianisme n'est qu'une religion de la violence parmi d'autres, voire même la pire de toutes.

    Le Logos du Dieu des victimes est à peu près invisible aux yeux du monde. Quand les hommes réfléchissent à la façon dont Jésus mène son entreprise, ils ne voient guère que son échec, ils le voient même de mieux en mieux et, forcément, ils le voient comme définitif, sans appel.
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  • Par Piling, le 19 avril 2010

    Nos savants s'imaginent "ne pas croire au mythe" parce qu'ils le tiennent tout entier pour fictif, mais le fait de prendre le parricide et l'inceste pour une donnée imprescriptible est une croyance qui perpétue l'illusion persécutrice, c'est-à-dire l'essentiel de l'illusion mythique.

    Les classicistes pieux en reviennent toujours à la fameuse fatalité qui escamote toute enquête sur les accusations mythologiques et fait du héros tragique un criminel à son insu, un criminel dûment authentifié bien que dépourvu de toute conscience dans le crime. Comme les amis de Job, les critiques se penchent sempiternellement sur le cas d'Œdipe et hochent la tête sentencieusement.
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  • Par Piling, le 22 avril 2010

    Dans les Evangiles, l'enseignement de Jésus et la Passion constituent donc le développement rigoureux d'une logique paradoxale. Tout ce qui rend un être divin aux yeux des hommes, le pouvoir de séduire ou de contraindre, l'aptitude à s'imposer irrésistiblement, Jésus n'en veut pas.

    On dirait qu'il veut tout le contraire. En réalité, il ne désire pas l'échec mais ne s'y dérobera pas si seul ce moyen lui permet de rester fidèle au Logos du Dieu des victimes. Ce n'est pas le goût de l'échec qui secrètement le motive, mais la logique du Dieu des victimes qui le conduit infailliblement à la mort.
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  • Par Piling, le 19 avril 2010

    Job est tout autre chose. Job est impensable chez les Grecs et leurs modernes héritiers. Imaginons un Œdipe irréductible et qui se moquerait de la fatalité, et surtout du parricide et de l'inceste ; un Œdipe qui persisterait à traiter les oracles de sinistres pièges à boucs émissaires. Ce qu'ils sont, indubitablement. Il aurait tout le monde contre lui, les hellénistes, Heidegger, Freud et derrière eux toute l'université. Il faudrait le tuer sur place ou l'enfermer dans un hôpital psychiatrique pour refoulement insurmontable
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  • Par Piling, le 22 avril 2010

    Plus elle s'enfonçait dans le confort intellectuel et matériel, plus la chrétienté oubliait les rapports mimétiques entre les hommes et les processus qui en résultent. D'où la tendance des anciens exégètes chrétiens à fabriquer un Job imaginaire qui passe pour préfigurer le Christ par sa sainteté morale, par ses vertus, notamment par sa patience, alors qu'en réalité Job est l'impatience même.
    Il est facile de se moquer de la conception chrétienne du prophétique. Et pourtant, comme toutes les idées authentiquement chrétiennes, la figura Christi recèle une grande vérité, mais une vérité peu à peu discréditée et de nos jours complètement rejetée par les chrétiens eux-mêmes, seuls responsables pourtant de sa stérilité relative. Ils n'ont pas su s'emparer concrètement de cette idée, la rendre vraiment utilisable. Sur ce point comme sur tant d'autres, l'impuissance à maintenir le Logos du Dieu des victimes dans toute sa pureté paralyse la révélation. Elle contamine de violence la non-violence du Logos et fait de celui-ci une lettre morte.
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"René Girard, la violence et le sacré" (Collection Regards)











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