Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : 2070760952
Éditeur : Gallimard


Note moyenne : 3.23/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Un premier roman livré par un poète chevronné. Un roman qui ne devrait pas passer inaperçu. Les raisons (les bonnes bien sûr) ne manquent pas. À commencer par le sujet. Un été autour du cou relate l'histoire d'un petit garçon... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (8)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Christw, le 28 décembre 2012

    Christw
    Si je ne recevais pas le bimestriel "Le carnet et les instants" (1), j'ignorerais probablement l'existence de cet auteur gaumais dont on on y rappelle régulièrement l'existence. À force de zapper son patronyme dans le magazine, il se logea dans quelque circonvolution neuronale et finit par se manifester, il y a peu, quand ce nom de friandise wallonne tomba sous mon œil en quête, dans le dédale de la bibliothèque provinciale, dont une main solidaire avait astucieusement placé un roman dudit poète sur présentoir.

    Je confesse ma négligence coupable: Guy Goffette s'est fait une place dans le territoire littéraire et il n'y a pas tant de belges qui en tiennent une aussi méritoire. Son œuvre poétique a été reconnue par l'Académie française et le Goncourt, par d'autres prix aussi, et à défaut de l'avoir encore bien découverte, j'ai englouti son premier roman, édité chez Gallimard en 2001.

    Il y a en tout lecteur cette part intime, un peu limbique, qui le pousse à regarder par le trou des serrures, à devenir voyeur. C'est sans doute celui-là qui lui fera courir ces pages pour refermer le livre avec un brin de confusion pour abus d'intimité. Guy Goffette ne manifeste aucune gêne et il écume : "...j'enrage, j'enrage encore de voir ce qu'une éducation approximative et brutale fait d'un enfant gauche, timoré, précocement pubère et d'une curiosité crasse,..." À douze ans Simon perd ses illusions dans les doigts d'une femme instable et perverse. Il ne rencontrera pas la jeune fille aux jambes nues, la douce qui l'accompagnera; celle-là l'a mal initié. Il dit ses faiblesses (sont-ce des torts ?), la naïveté, l'attirance précoce pour les sens. le récit est sans nul doute une peu de l'enfance de Guy Goffette, qui d'autre pourrait si bien raconter cela, de si secret, sans l'avoir un peu vu ? "... ; si seulement elle me les avait montrés avec un brin de retenue, de la délicatesse, que sais-je, en rougissant un peu, au lieu de me les enfourner comme un paquet de linge sale dans la gorge ;...."

    La distance est prise grâce à la troisième personne, vrai-faux double, ce gamin Simon. "Et s'il existe une autre façon de récupérer son enfance, de la replacer dans sa vie comme la pièce manquante du puzzle, que de se la raconter sans cesse, sans cesse, qu'on me le dise,...." La narration oscille entre je et ce gamin que, pathétiquement, il voudrait autre que lui. L'enfant vit sous la colère d'un père autoritaire, buveur, le "roi-tabac", et la tendresse maladroite d'une mère, Tili, un nom de chat ou d'oiseau, qui connaît les désillusions et le manque d'argent des gens d'en bas.

    L'essayiste et poète Yves Leclair, dans son récent Guy Goffette, sans légende(2), écrit avec empathie: "....écrivain public des gens de peu, le Rom du langage, un cycliste du vers,... (...) ...un poète commun des mortels, mendiant d'amour, rose à jamais amoureux de la femme,..." Une opportunité d'approcher les obsessions, les ancrages et la rhétorique lyrique de l'ancien instituteur.
    Voilà un livre attachant et sincère, où les soldats de plombs sous la table s'émeuvent de blancheurs troublantes de salle de bain. La confession, la complainte d'un exilé de l'amour. Goffette a l'image forte — c'est un poète —, rien que le titre déjà, cet été comme un bas noir de femme autour du cou.

    (1) L'abonnement à ce magazine bimestriel des lettres belges est gratuit sur demande écrite. Toutes les informations sur
    http://www.promotiondeslettres.cfwb.be/index.php?id=1588
    (2) Éditions Luce Wilquin, collection "L'œuvre en lumière", 2012



    Lien : http://marque-pages.over-blog.net/article-un-ete-autour-du-cou-guy-g..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 19 janvier 2013

    isabellelemest
    Dans ce premier roman autobiographique, le poète Guy Gofette se remémore un épisode de sa pré-adolescence qui l'a profondément marqué et orienté – sans doute à vie – sa sexualité et son équilibre d'adulte. Au cours de l'été de ses douze ans, il se livre aux attouchements entre enfants et fantasmes sexuels qui révèlent sa relative précocité, ignorée par un père tyrannique et une mère affectueuse mais effacée. Mais une femme mûre, aux tendances nymphomanes, l'attire peu à peu chez elle et, captant ses désirs de pré-adolescent, le transforme en un jouet sexuel qu'elle attire ou repousse avec violence au gré de ses humeurs changeantes, le faisant osciller entre rêve, excitation, dégoût, humiliation et rage. le roman, d'une grande lucidité et d'une parfaite justesse, évoque ce qu'a de monstrueux la tant décriée pédophilie : une relation inégale mettant en rapport physique des êtres d'une maturité et d'une force si différente, au risque de briser à jamais le plus faible.
    Un excellent roman, violent, cru, douloureux, qui pourra faire réfléchir sur une question d'actualité, mais dépasse par sa qualité littéraire la dimension anecdotique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Tomie, le 10 juin 2014

    Tomie
    Ce livre plein de poésie raconte l'enfance de Simon, presque 12 ans. Une enfance innocente, un enfant sensible qui connaît de son père surtout la violence et dont la mère ne manifeste pas trop de tendresse. Pauline, la petite copine, satisfait volontiers aux curiosités de Simon, derrière l'église.
    Puis une rencontre : la Monette : nymphomane et perverse, qui trouble Simon, en profite et le détruit. On a envie de le protéger ce petit garçon. Il ne pourra jamais raconter ce qui a arrêter trop tôt son enfance.
    Si seulement il n'avait pas rencontré cette adulte inconsciente et folle…
    Je n'avais jamais lu un récit d'homme victime de pédophile féminin. Quel malaise !
    Une très belle écriture, et qui monte en crescendo
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par rolandm1, le 12 août 2014

    rolandm1
    Les premières expériences sexuelles, d'un gamin de douze ans sont racontées dans ce roman. L'innocence d'un jeune adolescent pris comme une mouche dans une toile, pa rLa Monette, l'araignée, une femme de trente ans de plus que lui. Poésie, fraicheurs d'enfants, l'ambiance d'un village, l'autorité d'un père sévère, un beau retour au temps jadis de la bonne littérature
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la critique

    • Livres 1.00/5
    Par Tombetoile, le 19 juillet 2014

    Tombetoile
    La description de l'apprentissage du sexe par un petit garçon ou d'un simili viol aurait pu être intéressante. C'est rarement traité en littérature à ma connaissance. Mais les émotions du garçon et de la femme sont peu approfondies surtout la femme. Je suis restée en surface. Dommage j'avais pourtant beaucoup aimé le dernier livre lu de Guy Goffette : Géronimo a mal au dos.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la critique

> voir toutes (6)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Christw, le 29 décembre 2012




    Le soleil pouvait bien se rouler dans le blé comme un perdu, le ciel filer un bleu sans couture, le vieux tambour de la terre résonner comme un neuf: pour moi, le fond de l'air était triste. Triste comme un proviseur, une cour de collège et le tilleul au milieu dans son collier de fer, qui s'en va feuille à feuille; comme le village qu'on quitte, l'odeur du café, les cris des joueurs de cartes quand Julos par Dieu sait quel tour de passe-passe d'une seule main gagne pour la troisième fois la partie; triste comme les soldats de plomb pêle-mêle dans la boîte à chaussures au-dessus de l'armoire et le lapin replet au fond de son clapier obscur, d'avance résigné au four dominical; triste comme tout, rien, cet été au bord de la route parce que le cœur tout à coup clapote dans les larmes.

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par rolandm1, le 11 août 2014

    C'est à ce moment-là seulement que Simon s'aperçut qu'elle portait des bas, de couleur chair. Parce qu'elle a enlevé une de ses mules en parlant, et que ses doigts de pied gigotent dans la fente plus foncée du fourreau. Simon est prêt à tout, pourvu que Monette le garde contre elle, en le serrant très fort et en le laissant voir son ventre et ses seins, et délacer la bride des escarpins rouges sur la fine cheville.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par OlivierH77, le 17 mai 2014

    C'est ainsi qu'un jour on a onze ans. Qu'on se nomme Simon ou Simsi, comme m'appelaient mes copains, ne change rien à l'affaire. On a grandi trop seul pour pouvoir distinguer la mauvaise herbe de la bonne, et la gifle qui calme du baiser distrait qu'on efface pareillement d'un revers de manche une fois la porte fermée. On est un animal bien sage sous la table du salon, qui gagne ses galons d'homme au milieu des soldats de plomb et dans des batailles sans merci, sans cadavre.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 4         Page de la citation

  • Par rolandm1, le 08 août 2014

    La porte s'ouvre à ce moment-là: la Monette, cheveux plaqués, enveloppée dans une grande serviette de bain blanche où ses seins, comme de gros melons dans un sac, dodelinent en marchant.
    -Tu viens ? c'est prêt. et comme tu vois je n'ai pas pu résister, j'ai trempé un pied, et le reste a suivi. Plouf !
    Elle a des pieds minuscules, mais pleins, appétissants comme des petits pains chauds, et des chevilles d'une finesse que la rondeur du mollet affine davantage encore, et une chair crémeuse et si blanche qu'on a tout de suite l'eau à la bouche.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par OlivierH77, le 17 mai 2014

    J'ai cru, je croyais, je voulais croire que la Monette me prendrait dans ses bras pour me confesser et m'absoudre à sa manière virevoltante, avec des effusions dans le cou, des écartements de cuisses et des crissements de bas qui me feraient monter plus vite dans mon short. J'avais des ailes toutes neuves et je ne demandais qu'une chose : que la Monette m'apprenne à naviguer, en douceur, car mon plan de vol se réduisait pour l'heure à un brumeux quoique troublant aperçu de ses dessous, au champ de sa peau légèrement brouillé par mes larmes et à une idée fort mouvante de ses reliefs. Quant à la pratique proprement dite, mes heures de vol se limitaient à une manipulation effrénée de mon propre manche, comme elle me l'avait montré dans l'eau bleue, comme je l'avais ensuite répété, seul, de façon compulsive et dans des endroits autrement moins confortables, réserve, cabinet, taillis.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

> voir toutes (5)

Videos de Guy Goffette

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Guy Goffette

Guy Goffette - Géronimo a mal au dos .
Guy Goffette vous présente son ouvrage "Géronimo a mal au dos" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire janvier 2013.http://www.mollat.com/livres/guy-goffette-geronimo-mal-dos-9782070139996.htmlNotes de Musique : Terje Rypdal - Chaser - 7 - Transition








Sur Amazon
à partir de :
10,02 € (neuf)
0,01 € (occasion)

   

Faire découvrir Un été autour du cou par :

  • Mail
  • Blog

Découvrez la collection Folio

> voir plus

Quiz