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ISBN : 2072497841
Éditeur : Gallimard (2013)


Note moyenne : 4/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

« Entre la beauté que vous, Pierre Bonnard, m'avez jetée dans les bras, sans le savoir, et celle que vous avez aimée au long de quarante-neuf années, il y a un monde, ou ce n'est pas de la peinture. Il y a un monde et c'est l'aventur... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par sandrine57, le 14 juillet 2013

    sandrine57
    Elle a tout juste 20 ans, la petite Marie, quand elle manque de se faire renverser par un tramway un jour de décembre 1893. Sauvée in extremis par un homme un peu plus âgé qu'elle, elle lui dit s'appeler Marthe de Méligny. C'est le nom qu'elle s'est choisi pour sa nouvelle vie à Paris, loin de son enfance berrichonne. Lui, c'est Pierre Bonnard, il est peintre et elle sera sa muse, son amie, sa maîtresse son épouse pour les prochaines 49 années. Un amour est né qui connaîtra des hauts et des bas, des coups de canif dans le contrat, la tendresse, la complicité, et qui fera ménage à trois avec la peinture, éternelle passion de Bonnard.

    C'est une rencontre avec Marthe, nue, à sa toilette, au détour d'une allée d'un musée d'une ville du Nord qui a inspiré à Guy GOFFETTE cette biographie de Pierre BONNARD. Tel le peintre et son pinceau, il a pris sa plume pour brosser un portrait tout en finesse de l'artiste et de ses deux passions, la peinture et Marthe. On y découvre un homme entier, voué à son art, faisant fi de l'opinion de sa famille, des critiques ou de ses confrères. Et puis il y a Marthe bien sûr. Peinte nue, le visage souvent caché, dissimulant ses secrets. Jalouse, possessive, de santé fragile, Marthe a inspiré, soutenu, aimé celui qui lui a sauvé la vie lors de leur première rencontre.
    Découverte d'un artiste trop peu connu et évocation d'un amour hors du temps, Elle, par bonheur, et toujours nue est une biographie romancée délicate et poétique, pleine de couleurs, de passion et de douceur. A découvrir.
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    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 15 juin 2012

    sylvaine
    Décembre 1893 , bd Haussmann une jolie jeune femme essaie de traverser à l'heure de pointe .Se jetant imprudemment au milieu des fiacres calèches ...elle ne doit la vie sauve qu'à un beau jeune homme , Pierre Bonnard
    Une histoire d'amour vient de commencer , elle durera près de 50 ans !
    Guy Goffette nous retrace la vie de Bonnard et de Marthe (Marie?) avec une talent fou.Une biographie courte ,légère comme une plume mais quelle écriture ouahhh....
    Même si comme moi , vous ne connaissez rien à la peinture , laissez vous guider par la plume talentueuse de G Goffette et vous n'aurez qu'une envie , j'en suis sûre , partir à la découverte de Bonnard et des Nabis.A découvrir sans attendre
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    • Livres 5.00/5
    Par Lali, le 30 octobre 2011

    Lali
    Quel magnifique récit que celui signé Guy Goffette, écrivain belge né l'année du décès de Pierre Bonnard à qui il rend hommage dans Elle, par bonheur et toujours nue. Celui qui avait écrit que l'invraisemblable est souvent le vrai même est devenu le temps d'un récit poétique aux phrases lumineuses qui vous enveloppent et vous séduisent le héros d'un univers inspiré par Marthe qu'il épousera au bout de 32 ans.
    Pierre Bonnard, artiste postimpressionniste, peintre, mais aussi graveur et illustrateur, a d'abord accepté de faire son droit pour faire plaisir à son père. Mais l'attirance pour les arts a été plus forte que tout et admis à l'École des Beaux-Arts de Paris, après des cours à l'Académie Jullian, il rencontre Vuillard, qui deviendra son plus proche ami et avec qui il adhérera aux Nabis en compagnie entre autres de Maurice Denis et de Félix Vallotton.
    Homme simple, préférant la peinture et sa vie toute simple et pourtant bien remplie auprès de Marthe aux mondanités dont étaient friands nombre de ses contemporains, Pierre Bonnard, connu et reconnu pour ses nus et notamment de nombreuses toiles mettant en scène Marthe faisant sa toilette (le visage toujours dissimulé mais le corps en évidence) est dans le livre de Guy Goffette presque peint. À petites touches, à coups de détails, comme le peintre l'aurait fait, l'écrivain brosse le portrait d'un artiste qui a toute son admiration.
    Le résultat est un magnifique portrait. Celui d'un peintre, celui de sa muse, celui d'une époque, dont il dira : La gloire de Bonnard, sa raison d'être, c'est de peindre ce qui lui plaît, comme il lui plaît, quand il lui plaît et tant pris si ça défrise le goût du jour.

    Lien : http://lalitoutsimplement.com/?p=45890
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    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 02 mars 2011

    saphoo
    La couverture déjà vous séduit, puis vous ouvrez ce petit livre, et lisez : “Entre la beauté que vous, Pierre Bonnard, m'avez jetée dans les bras, sans le savoir, et celle que vous avez aimée au long de quarante-neuf années, il y un monde, ou ce n'est pas de la peinture. Il y a un monde et c'est l'aventure du regard, avec ses ombres, ses lumières, ses accidents et ses bonheurs. Un monde en apparence ouvert et pourtant fermé comme une vie d'homme. Les clés pour y pénétrer ne sont pas dans les livres, pas dans la nature, mais très loin derrière vos yeux, dans ce jardin où l'enfance s'est un jour assise, le cœur battant, pour attendre la mer. C'est là qu'il faut aller. C'est là que Marthe m'a rejoint dans le musée à colonnade et m'a sauvé de la solitude et de l'ennui où je mourrais.” GG

    Comment ne pas être sous le charme, de vouloir soulever le voile de ce mystérieux personnage, de cette femme se faisant appeler Marthe qui cache une Marie. Ce fleuve de poésie est pourtant une biographie, celle du peintre Pierre Bonnard, au parcours silencieux, sans mondanités, restant lui-même, gardant sa passion première comme point de mire sans se soucier de ses congénères ni des tendances de son époque.
    Le livre commence par un semblant de préface, de Guy à Pierre, et de là on se demande si parfois les deux personnages ne se dessinent pas en ombre portée, j'entends par là, est-ce que l'auteur n'aurait pas trouvé des similudes de parcours bien qu'écrivain dans celle de ce peintre.
    "on ne sait pas ce qu'on peint, ce qu'on écrit. On n'en connaît pas le secret d'avance. On se fie aux couleurs, aux lignes, aux mots, mais ce qu'on veut faire reste caché. Ce n'est que bien plus tard que le sens tout à coup apparaît."
    J'ai souvent constaté que les poètes avaient une réelle attirance pour la peinture, s'y adonnaient également, le contraire sans doute moins. Peindre les mots en couleur, ou écrire les couleurs de la vie me semble identique, le support et la matière divergent, mais ce besoin de mettre sur papier ou sur toile de la poésie est leur lumière commune pour ces arts qui se confondent parfois, se croisent et s'admirent
    Cette plume enchanteresse vous prend dans ce tourbillon passionnant, ce n'est plus une biographie, mais une longue poésie, l'histoire de ce peintre qui se prit de passion pour cette femme, qui fut son unique modèle ou presque pour tous les nus qu'il a peints, Marthe toujours belle, toujours jeune, même quand l'âge impitoyable œuvra avec naturel sur le corps de cette nymphe, les pinceaux de Pierre Bonnard, l'ont ignoré, sachant passer outre et peindre par amour cette beauté immortalisé dans son cœur, son âme et sur ses toiles.

    L'auteur semble tout aussi subjugué par cette femme que le peintre lui-même, ou lui rappelle-t-il, un amour perdu, impossible ou espéré que sais-je ?
    Puis la biographie commence par “un conte de noël” à Paris en 1893, le hasard s'invite, alors que Pierre comme de coutume arpente les rues de Paris, capturant ici et là des instants de vie pour ses croquis : “ Car Paris est son chevalet. Les ombres et les lumières, son fusain ou sa mine de plomb sur le papier qui tremble : et les jambes des femmes qui font bouger la terre sous les froufrous sont ses pinceaux de rêve” , Marie manque de se faire faucher par le tramway, Pierre accourt à son secours. S'en suit une histoire d'amour passion entre le peintre et Marie qui deviendra son modèle.
    L'histoire se déroule comme un roman, entre la vie précaire de peintre et le secret de Marie, l'auteur nous peint avec délicatesse et élégance la vie de ce couple, ou l'harmonie règne malgré les hauts et les bas comme dans toute vie de couple.
    J'ai lu ce sublime livre d'une seule traite, avec l'impossibilité de relever la tête, tellement prise par la beauté de ce récit transpirant de poésie, de couleur, plein de lumière et de chaleur, d'amour et de passion. Complètement subjuguée moi aussi par ce charme que dégage cette plume, cette vie de peintre, cet amour entre Pierre et Marthe…
    Avec ce petit livre, j'ai découvert un peintre, un auteur dont j'ai l'envie pressante de découvrir plus amplement.


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2011/01/03/20029487.h..
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    • Livres 4.00/5
    Par Yuko, le 30 septembre 2013

    Yuko
    A travers un récit tendre et poétique, Guy Goffette nous offre un magnifique hommage au peintre Pierre Bonnard, à ses oeuvres et à celle qui fut sa muse pendant plus de 49 ans. Un univers poétique porté par des phrases lumineuses qui font des personnages de ce récit des êtres doux et attachants. Car c'est bien d'une écriture d'or et de lumière que Guy Goffette pare ses phrases pour en faire des perles de littérature... Un hommage intime et sincère à un artiste oublié de ses pairs et du monde contemporain.
    Entre beauté, couleurs et passion, l'auteur nous ouvre les portes d'un monde poétique et incroyablement humain. Un moment de grâce, sublime instant de littérature.

    Lien : http://art-enciel.over-blog.com/elle-par-bonheur-et-toujours-nue-de-..
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Citations et extraits

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  • Par saphoo, le 02 mars 2011

    Pardonnez-moi, Pierre, mais Marthe fut à moi tout de suite. Comme un champ de blé mûr quand l’orage menace, et je me suis jeté dedans, roulé, vautré, pareil à un jeune chien.

    Comprenez bien, j’étais seul et désœuvré entre deux trains dans une ville du Nord, écrasée de soleil cet été-là. Entré par aventure et besoin de fraîcheur dans ce musée à colonnade et fronton impérieux qui domine la place, à deux pas de la gare, je me disais que cette sorte de temple devait bien recéler certain coin d’ombre et de silence propice aux tourments du cœur.

    C’est au détour d’une des salles où la chaleur me poursuivait -et je n’arrêtais pas de m’éponger le cou, le visage, les mains- que je la vis. Disons, pour être juste, que je vis une jeune femme venir à moi dont j’ignorais tout, sinon qu’elle était nue, sinon qu’elle était belle, et son éclat, d’un coup me rafraîchit jusqu’au ventre. Elle tourna tout son corps lentement vers la lumière d’une grande baie où tombait la neige d’un rideau de mousseline et, dans ce mouvement, toute cambrée à contre-jour, elle m’aspergea, comme une brassée de fougères mouillées, du parfum de sa chair et me fit défaillir. Je dus m’asseoir, l’air hagard et comme frappé d’insolation. D’un coup, l’eau de Cologne emplit toute la pièce et se mit à ruisseler sur mon cou.

    A cet instant-là, Pierre, avant même que j’aie pu esquisser un geste, tendre la main, soulever l’écran de fine poussière qui me séparait d’elle, Marthe fut à moi.

    J’en oubliai le canapé rose, et le miroir, et le tub que vous aviez soigneusement disposés autour d’elle comme l’hommage d’un roi ; j’oubliai que ce n’était là qu’un décor, et que cette Eve déhanchée en ballerines noires, croupe frémissante et mamelon tendu, n’était qu’un morceau de toile peinte, 124 x 108 cm, un tableau de musée. J’oubliai tout, l’heure, les murs, la ville et son étuve, ma vie boiteuse, ce que j’étais venu chercher ici.Tout.

    Tout parce qu’une femme soudain, à corps et à cri dans le silence, venait d’effacer d’un trait de lumière toutes les femmes de ma vie ; parce qu’une femme d’un seul mouvement devant moi me découvrait la femme, celle qui précède la mémoire et lui donne forme et couleurs dans le désir insatiable -et la mort souvent nous a saisis avant que nous l’ayons tenue tout entière entre nos yeux
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  • Par seshat123, le 31 août 2012

    Tous les jardins vont à la mer, il suffit de leur lâcher la bride et hop, ni une ni deux, comme les galopins qu'ils n'ont cessé d'être sous leurs airs sages, ils sautent la clôture, les hauts murs du temps, prestes malgré les pommes et les prunes qui leur gonflent les poches. Tous les jardins, tous, vous dis-je, à condition de les laisser faire, d'arrêter de les fixer avec l'air d'une tondeuse à gazon, un rictus de sécateur ou le sourcil froncé de l'architecte planté dans la verdure comme un compas sur une carte de géographie.
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  • Par tamara29, le 31 mai 2014

    Quelque chose à présent lui manque pour aller de l'avant, quelque chose qu'il ne parvient pas à définir et qui le laisse désert. [...] C'est un printemps qu'on n'attend pas et qui ouvrirait les volets un matin sans crier gare, quelque chose comme l'inconnu soudain qui vous met le coeur à l'envers, et l'âme trébuche tout à coup et les larmes viennent.

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  • Par nadejda, le 27 novembre 2010

    S'ils savaient voir, ils sauraient vivre. Dépasser le corps empêtré dans sa boue. Dépasser le présent de toutes parts qui les assaille et qui n'est que Maya, l'Illusion. Dépasser le sujet de la toile, sa forme et ses couleurs, pour entrer dans le tableau, rejoindre le peintre et continuer sa vision avec leurs moyens propres.
    S'ils savaient voir, ils ne diraient pas que le bonheur existe ou Dieu ; ils emploieraient des mots corrects. Ils connaîtraient que tout est au-delà du visible et que rien de ce qui vit ne meurt. Que la mer est toujours derrière la mer, infinie, éternelle. Comme l'amour.
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  • Par Elisanne, le 30 octobre 2011

    Il y a une fenêtre dans l’œuvre de Bonnard qui se distingue de toutes les autres, de celles qu’il a peintes et qu’il peindra encore. Une fenêtre qui laisse entendre que le mensonge de Marthe l’a touché profondément. Ce tableau date de l’année de leur mariage.

    A première vue, rien que de banal : une fenêtre fermée, de biais dans son cadre de bois brun, et qui coupe la toile en diagonale. D’un côté l’extérieur, le paysage du Cannet, façades blanches et toits rouges parmi les arbres sous un ciel qui menace l’Estérel.
    Penchée à son balcon de bois vert pomme, la tête de moitié et les avant-bras nus : Marthe.
    De l’autre côté, l’intérieur : une table poussée contre la fenêtre, avec, sur la toile cirée à carreaux, le nécessaire pour écrire, la bouteille d’encre noire, le porte-plume, un feuillet vierge, et sur un épais dossier à couverture de cuir, un livre rose dont le titre en capitales bien lisibles se détache : MARIE.
    Le nom de l’auteur est effacé. Il importe peu. Sans doute est-ce Peter Nansen, cet écrivain danois, dont Pierre, en 1887, avait illustré le roman Marie en prenant Marthe pour modèle. L’histoire d’une midinette abandonnée par son riche amant qui lui revient quand elle tombe malade. Rien de bien original.
    Ce qui l’est davantage, c’est la position du livre par rapport à celle de Marthe dans le champ du tableau. Le montant de la fenêtre les sépare et les oppose. Au dehors, dans la familiarité, Marthe. Au-dedans, dans l’intimité Marie. Marthe pour tous, Marie pour lui seul, Marthe révélée, Marie refermée.
    Il n’y a pas de fenêtre innocente.
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Guy Goffette - Géronimo a mal au dos .
Guy Goffette vous présente son ouvrage "Géronimo a mal au dos" aux éditions Gallimard. Rentrée littéraire janvier 2013.http://www.mollat.com/livres/guy-goffette-geronimo-mal-dos-9782070139996.htmlNotes de Musique : Terje Rypdal - Chaser - 7 - Transition











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