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ISBN : 2351781422
Éditeur : Gallmeister (03/01/2017)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 140 notes)
Résumé :
Rien n’est plus comme avant : le monde tel qu’on le connaît semble avoir vacillé, plus d’éléctricité ni d’essence, les trains et les avions ne circulent plus. Des rumeurs courent, les gens fuient. Nell et Eva, dix-sept et dix-huit ans, vivent depuis toujours dans leur maison familiale, au cœur de la forêt. Quand la civilisation s’effondre et que leurs parents disparaissent, elles demeurent seules, bien décidées à survivre. Il leur reste, toujours vivantes, leurs pas... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (73) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
22 février 2017
★★★★★
★★★★★
Sous des airs de science fiction, c'est plutôt une robinsonade que nous propose avec beaucoup de talent Jean Hegland. Certes, il n'y a pas la mer, mais l'environnement hostile et l'isolement total du reste des humains (s'il en reste) recrée les conditions d'une vie insulaire.
On sait que des événements graves se sont produits peu à peu, (épidémies ?, catastrophe économique, on en sait trop rien et ce n'est pas le sujet) , ruinant l'organisation, qui après coup apparaît bien précaire, de nos institutions. Fin de la distribution d'électricité, fin des communications, des sources d'énergies fossiles, fin de toute activité commerciale, Nell, Eva et leurs parents sont contraints de vivre en autarcie à l'orée d'une forêt. Quatre, trois puis deux, c'est bientôt seules qu'Eva et Nell vont gérer leur existence, pour assurer leur survie.
Frugalité, utilisation des moindres objets qu'avait amassés leur père (au cas où….), jardinage, les deux jeunes filles ne renoncent cependant pas à leurs rêves, la danse ou Harvard. Malgré les contrainte de plus en plus exigeantes, l'une étudie et l'autre s'exerce à la barre.
Le moindre objet récupéré devient une ressource, et c'est grâce à un carnet vierge que Nell utilise pour noter ses états d'âme et ses projets , autant que ses souvenirs que nous sommes conviés à partager son intimité.
C'est avec beaucoup de pudeur que l'auteur analyse la relation fusionnelle et sensuelle qui se construit entre les deux soeurs. le désir a ses exigences et s'accommode avec la réalité.
La qualité de la narration est excellente, le ton est juste, et permet une communion sans réserve avec les propos de la jeune narratrice.
Un petit bémol pour la fin (que je tais, bien sûr). Certes il n'est pas simple de se sortir de se genre de récit mais ici on sombre un peu trop dans la métaphore
Enfin, ce roman aux allures post-apocalyptique ne doit pas rebuter les anti-science-fiction. Les circonstances qui sont à l'origine de ce huis-clos tragique ne constituent qu'un prétexte, pour un magnifique récit, qui ne tombe pas dans le piège d'un message moralisateur, tout en pointant bien du doigt la précarité des artifices qui nous permettent aujourd'hui de profiter d'un environnement confortable sans effort.
Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Souri7
10 février 2017
★★★★★
★★★★★
Enfin ! Enfin un roman réaliste et saisissant sur la fin de notre civilisation de consommation où l'essence, l'électricité viennent à manquer… Enfin un roman ne nous proposant pas une fin du monde suite à une invasion extra-terrestre, une infection, une attaque de mutants, une météorite (ou que sais-je encore) le tout dans une époque lointaine et futuriste où le personnage central aurait pour mission de sauver le monde. Bref, une fin du monde souvent décrite comme un aléa venant de l'extérieur où l'homme serait une victime et non un acteur. Non, rien de tout cela. Un roman simple, reprenant le vécu de Nell à travers son journal. Cela parle immédiatement au lecteur qui peut de suite s'identifier à cette jeune fille et sa soeur qui au départ restent dans l'expectative en espérant un retour à la « normale » puis qui prennent leur destin en main lorsqu'elles comprennent que ce qu'elles ont connu est du passé et qu'une nouvelle ère plus proche de la nature, moins dépendante de tout ce qui est matériel s'ouvre devant elles.

Un roman magnifique qui au départ peu dérouter par sa simplicité. Effectivement, les raisons du changement sont évoquées brièvement, aucune information n'est donnée au lecteur qui se retrouve plongé dans une sorte de huis clos au milieu d'une forêt avec deux jeunes filles loin de tout, attendant et vivotant. le lecteur a envie d'en savoir plus sur les raisons, les conséquences d'un point de vue terrestre mais les seules informations sont celles que donne Nell. Très rapidement, le lecteur comprend justement que dans une situation identique, le commun des mortels serait dans la même situation ; à savoir peu informé, dépendant des rumeurs, des on-dit qui courent et se préoccupant surtout de survivre en attendant des jours meilleurs.

Un roman réaliste puisque l'auteur ne se permet pas d'édulcorer la situation et le récit ne tombe à aucun moment dans le pathos. Les deux jeunes filles se retrouvent livrées à elle-même sans mère, puis sans père. La société qu'elles ont connue se désagrège à vue d'oeil, l'homme devient égocentrique, cherchant à survivre au détriment des autres, et ce par le vol, le viol. Voir les espérances futiles (entrée à Harvard, devenir danseuse) de Nell et Eva petit à petit disparaître au profit d'une prise de conscience de la réalité et de problèmes essentiels (faim, soin, danger) et les voir réagir en faisant appel à leur instinct primal (inné) et non à leurs acquis scolaires est passionnant. Leur découverte que la forêt n'est pas seulement un lieu mais une source de richesse et pourvoyeuse de besoin est magnifiquement décrite dans ce livre.

Un roman écrit il y a plus de vingt ans et qui pourtant reste d'actualité, abordant des problématiques réalistes comme la fin des énergies fossiles, une société basée et dépendante de l'électricité, des machines, des ordinateurs où l'homme n'a qu'une place de consommateur. La perte de cet acquis permet à l'homme de se retrouver avec lui-même mais également de redécouvrir la nature qui l'entoure. Cela redonne sa véritable place à l'homme qui a tendance à se croire supérieur, invulnérable et autonome. Comme l'auteur le dit si bien dans son récit au travers d'un échange entre les deux soeurs, notre civilisation « électricité » n'existe que depuis à peine deux cents ans alors que l'homme, lui était là bien avant et sans en avoir besoin.

Comme le démontre l'histoire, des civilisations se sont créées et ont été détruites… pour permettre à l'homme à chaque fois de rebondir. Ce livre n'est pas seulement un roman « apocalyptique » mais un beau message d'espoir concernant l'homme et un retour à l'humilité de celui-ci. Un livre qui ne laissera pas indifférent dans tous les cas. 👍
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Allantvers
20 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Un très joli roman sur la reconnexion au monde, dans lequel, après que les écrans se soient éteints et les moteurs arrêtés, on réentend les arbres pousser, on réapprend la symbiose avec la Nature, on redécouvre par l'expérience les réflexes des ancêtres indiens sur cette terre d'Amérique du Nord, on ressent comment ils disparurent et pourquoi il faut continuer de vivre.
L'après-consumérisme est un thème qui ne peut qu'intéresser de plus en plus d'écrivains qui en sortent autre chose qu'un classique récit post-apo. Je pense notamment à l'excellent Station Eleven d'Emily St John Mandel sorti en 2016, qui interroge le devenir de la culture dans un univers « dé-technologisé » mais pas encore ré-enchanté.
L'originalité de celui-ci, outre le fait d'être précurseur dans cette approche car écrit il y a déjà vingt ans, est d'avoir construit un roman statique là où l'on s'attend à une fuite devant la tourmente d'un monde ravagé, et de l'avoir ancré dans la persistance de la passion, celle qui continue à animer ces deux soeurs orphelines isolées dans leur maison dans la forêt, l'une continuant de danser sans musique, l'autre de lire le dernier livre, l'encyclopédie de A à Z.
Et la magie opère au fil du temps qui s'étire lentement et des ressources qui s'amenuisent inexorablement, car la vie continue de bouillir en elles jusqu'à trouver de nouveaux chemins d'épanouissement.
Un livre qui berce et murmure, qui nourrit et ramène à l'essentiel.
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Stelphique
19 mars 2017
★★★★★
★★★★★
C'est avec une grande joie, que notre reporter elfique, Stelphique nous expose du haut de son grand sequoia, ses points lumineux sur cette forêt mystérieuse…Ses ailes sont aises de vibrer au grand air américain, et dans un parfait Nature Writing, on sent comme une vraie reconnexion avec l'essence même de la vie…
Résultat de recherche d'images pour "soeurs jumelles dessin"
La fratrie… ou comment deux soeurs s'apprivoisent…
Il est parfois difficile de se différencier de sa soeur, surtout quand elles sont si proches en âge, qu'on pourrait presque les prendre pour des jumelles… Vaste question que cette forme de fratrie, entre amour et déchirement pour la quête du soi. Nell et Eva ont cette relation de répulsion/attraction qui ne se fait pas, sans quelques fractures de ce lien, unique et fort, du sang…En se noyant dans leurs passions et leurs ambitions dévorantes, elles se construisent une identité, à force de renoncement à l'autre, et pourtant l'amour qui les unit parait indéfectible. le roman tourne autour de ce cercle familial, entre souvenirs passés et avenir à reconsidérer, et cette micro-cellule de liens humains est une onde de choc et d'émotions qui nous est donné de lire dans ce journal intime, dernier vestige laissé au monde comme la preuve de leurs passages sur Terre…
Résultat de recherche d'images pour "dessin post apocalyptique"
Le post-apocalyptique… ou comment la solitude envahit le quotidien…
Un recul désiré, puis forcé dans cette maison…La fin du monde poursuit sa course folle de manque et de cécité, pendant que cette famille vit au gré des saisons, proche de la Nature…En fait, le post-apocalyptique se ressent dans ces privations, dans ces coupures, dans ces absences…C'est plus, la solitude, et l'étiolement des liens sociaux qui frappe dans ce livre, que les réelles raisons de ce nouveau monde…Petit à petit, les commodités et les ressources s'amenuisent, seule la survie compte, mais la vie se charge toujours d'infliger mille dangers et heurts, qui reconditionnent la vision de cette fratrie. S'il n'est pas forcé d'entendre de la musique pour danser, ou de concentration pour apprendre, il faut que ses jeunes filles trouvent assez de force en elles pour affronter cette nouvelle vie sans but, et c'est dans ce néant qu'elles devront apprendre à vivre…C'est là, que le post-apocalyptique prend tout son sens et que la force de ce roman vous atteint en plein coeur…
Résultat de recherche d'images pour "dessin foret"
La forêt… ou comment cet environnement devient lieu de vie…
De tout temps, la forêt a généré peur et fascination. On a juste oublié qu'autrefois, elle a été lieu de vie pour les peuples, avant qu'on ne s'en éloigne pour lui préférer les villes…La forêt est source de légendes, génératrice de vie, domaine des plus étranges créatures…Elle est à la fois bienfaitrice et cruelle, car il se cache dans ses arbres, des formes de dangers soudains, autant que de mauvaises rencontres, mais aussi mille merveilles…Eva et Nell l'apprendront, souvent à leur dépend, que la nature donne autant qu'elle reprend, distribue autant qu'elle inflige…La beauté de cette lecture tient à cette rencontre avec ce lieu majestueux, la connexion avec l'essentiel, l'abondance du don…
En conclusion, cette lecture parle de dépouillement, de violence, et de lâcher prise…Elle se veut intime et c'est presque dans un murmure qu'elle nous souffle que Dans la forêt, se trouve sans doute, notre salut…
Je vous invite à passer voir sur le blog, la chronique complète du WRC ( cf, les copinettes Belette2911 et NathalieAtom).
Lien : https://fairystelphique.word..
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Titania
10 février 2017
★★★★★
★★★★★
J'ai lu toute la nuit .
C'était un roman fascinant, plus fascinant que cet auteur américain misanthrope de mes cours de littérature il y a fort longtemps, dont je craignais une forme de parenté avec ce roman. Or là, point de prêchi-prêcha pompeux mais une Histoire de survie et d'espoir racontée sous la forme d'un journal intime magnifiquement rédigé.
L'apocalypse est en train de se produire de façon insidieuse et progressive, un peu ce qui pourrait nous arriver à vrai dire, une sorte de tiers-mondisation rampante.. Plus d'électricité, puis plus d'essence, des maladies infectieuses qui se propagent. Rien de spectaculaire, pas de Martiens, de zombies, pas de cataclysme, juste le dénuement progressif des gens, et le monde qui devient menaçant. C'est tout simplement à contre courant de ce qui se fait dans le post apocalyptique hollywoodien.
Deux jeunes filles, des soeurs , l'une danseuse classique, l'autre brillante intellectuelle, organisent leur existence à la lisière d'une grande forêt de Californie, dans la maison de leurs parents un peu bohèmes, loin de tout et découvrent dans l'adversité comment survivre dans la nature.
Des conflits, des drames, du découragement, de la jalousie, des moments émouvants pour passer de l'idée qu'on viendrait les sauver à la détermination de s'adapter à ce nouveau monde comme l'ont fait avant elles les Indiens Nomos de Californie, un peuple de chasseurs cueilleurs . Nos Robinsonnes des grands espaces ne sont pas des gosses si fragiles que ça .
C'est plein de rebondissements, de rencontres, d'émotions, une écriture magnifique, incontestablement le meilleur roman que j'ai lu depuis longtemps.

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Les critiques presse (4)
LaPresse23 mars 2017
Un roman superbement écrit qui alterne intensité et lenteur, mais aussi une oeuvre bouleversante et terriblement oppressante.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Actualitte14 mars 2017
Il immerge le lecteur dans une ambiance presque irréelle et terriblement attirante, absorbe totalement son attention, libère une ardente émotion. Epanouit et rend heureux.
Lire la critique sur le site : Actualitte
LeJournaldeQuebec27 février 2017
Un roman-choc qu’on recommande à l’impératif. Parce qu’en plus d’être un coup de cœur, il nous incite vraiment à ­regarder l’avenir d’un ­autre œil.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Telerama08 février 2017
Il faut se laisser happer par ce livre-refuge aussi dévorant que régénérant, qui montre qu'on peut toujours se fabriquer un nid douillet avec des broussailles.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (98) Voir plus Ajouter une citation
AllantversAllantvers19 mars 2017
Mais j'ai appris quelque chose que l'encyclopédie ne sait pas - quand la lune est croissante on peut l'atteindre et tenir délicatement sa courbe externe dans la paume de la main droite. Quand elle est décroissante, elle remplit la paume de la main gauche.
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AllantversAllantvers18 mars 2017
Aujourd'hui, j'ai lu: "Quand Beethoven a composé sa Neuvième Symphonie, que beaucoup considèrent comme son chef d'œuvre, il était presque totalement sourd" et j'ai pensé à Eva, dansant seule sur la musique qu'elle entend dans sa tête.
Commenter  J’apprécie          110
sarahdu91sarahdu9115 mars 2017
Tout l'automne nous l'avons passé affligées, incapables de penser ni à hier ni à demain tandis que les quelques érables éparpillés au milieu des arbres à feuillages persistants qui bordaient notre clairière sont devenus dorés, ont chanté contre le vert permanent du reste de la forêt, puis ont perdu leurs feuilles.
Commenter  J’apprécie          60
AifelleAifelle14 mars 2017
Une fois que Père a arrêté d'aller travailler, nous étions si coupés de tout, même de Redwood, qu'il était parfois difficile de se rappeler qu'il se passait quelque chose d'inhabituel dans le monde, loin de notre forêt. C'était comme si notre isolement nous protégeait. En juin dernier, quand la lune a brillé toute rouge à cause des incendies d'Oakland, on aurait dit un avertissement nous enjoignant de ne pas nous éloigner de la maison, et les nouvelles que nous avions les samedis soirs ont confirmé ce message.
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Souri7Souri710 février 2017
— Quand l’homme est-il apparu ?
— Quoi ?
— Quand a-t-il évolué ?
— Homo sapiens sapiens est apparu à la fin du Pléistocène moyen, ai-je répondu, citant l’encyclopédie.
— C’est-à-dire ?
— L’homme est apparu il y a au moins cent mille ans. Peut-être même deux ou trois fois ça.
— L’homme est apparu il y a au moins cent mille ans. Et depuis quand l’électricité existe ?
— Eh bien, Edison a inventé la lampe incandescente en 1879.
— Tu vois ? Tout ça… (et d’un ample mouvement du bras, elle a désigné les pièces de la seule maison que j’avais toujours connue) n’était que… comment l’as-tu appelé ? Une fugue dissociative.
Elle a montré ensuite l’obscurité qu’encadrait la porte ouverte.
— Nos vraies vies sont là-bas.
— Mais que se passera-t-il si on a n’a plus à manger, ou si on tombe malade ? On pourrait mourir.
— On peut se retrouver sans plus rien à manger ou tomber malade ici. (Elle a éclaté de rire). Nellie, l’homme meurt depuis au moins cent mille ans. Ce n’est pas important de mourir. Bien sûr qu’on va mourir.
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