ISBN : 2917157143
Éditeur : La Volte (2011)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres

Arizona, été 1965. Fredric Brown, cinquante-huit ans. Écrivain. Myope, asthmatique, cacochyme. Aime les privés en imper, la gaudriole et les aliens narquois. N'a pas tapé une ligne depuis des mois. Alcoolique. RogerVadim, trente-sept ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par lependu, le 06 septembre 2011

    lependu
    Je créditais Noir Désir d'un talent unique : savoir rencontrer dans leur musique les époques que je vivais. Un accord avec l'air du temps, avec la peur, l'ironie, la violence des jours.
    Rouge gueule de bois (RGdB) m'a fait la même impression. Si notre époque part en vrille, si l'amitié veut dire quelque chose, s'il faut vivre aujourd'hui parce que tout part à la mort, alors ce livre est vrai. RGdB a raconté mes joies et mes inquiétudes, sur un rythme festif qui ne tient qu'à lui. Je n'ai de jouissance ni des voitures ni de la vitesse, mais j'ai foncé avec Brown dans la Ferrari de Roger Vadim sur les routes de l'Ouest américain, celles d'un monde précipité en hurlant vers le néant.

    OK, de quoi est-il question là-dedans ? Fredric Brown, écrivain fantaisiste et alcoolique, se retrouve à errer sur les routes américaines avec le dit Vadim, celui qui découvrit Big Initials B.B.. Je craignais le roman pour initiés du genre (SF), je ne prenais Vadim pour un cinéaste très mineur, surtout préoccupé de dénuder sagement des jolies filles en surfant sur le scandale. Je n'ai pas revu mes préjugés mais j'ai rencontré deux beaux personnages romanesques, qui doivent sans doute une partie de leur mojo à avoir été inspirés de personnes réelles, et qui portent leur propre impulsion littéraire. le roman, genre road-movie, enchaîne les scènes de beuverie et de fusillades, dans un onirisme très sixties avec quelques références imbibées de LSD. Ça pourrait être n'importe quoi. Ça pourrait être inconséquent.
    Et non.
    Le livre tient la route, par la force de l'écriture, par le souci de vérité de cette dernière. Elle swingue, elle tranche, elle jouit et tient ensemble les deux-cent cinquante pages de ce petit roman (le reste du volume étant occupé par un index hilarant, dispensable et essentiel à l'amateur de cocktails - et par quelques notes floues de l'auteur).
    Ai-je dit que c'était très bon ? Pas assez clairement ? Alors oui, voilà : rouge gueule de bois est un très bon livre. Léo Henry est très fort.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par TwiTwi, le 26 janvier 2012

    TwiTwi
    Ce livre est l'histoire de la rencontre improbable entre l'écrivain américain de science-fiction, Fredric Brown et le réalisateur français Roger Vadim. Tous deux mettent au point lors d'une soirée particulièrement arrosée un plan pour réaliser le crime parfait, plan que Fredric Brown se met en tête de réaliser. Il est dérangée dans son élan par ... la fin du monde. S'ensuit un road trip infernal en compagnie de Roger Vadim.
    " Il resta sans bouger, mimant la mort, espérant faire refluer la nausée jusqu'à ses orteils et, de là, l'amener à couler dans le lit pour s'éponger dans le matelas. "
    Les deux compères, toujours fortement alcoolisés, vont vivre des aventures burlesques tout au long de leur voyage : entre la communauté cannibale ma intentionnée à leur encontre, les poursuites avec Durand Durand qui traque la femme de Vadim et les arrêts pour remplir le coffre de la Ferrari d'alcools divers et variés, ils seront bien occupés.
    "Aux crocs, la tête en bas, surplombant des baquets plastique, des agents d'assurance, des sténodactylographes et des pensionnés de guerre finissaient de se vider par le cou, plus ou moins dénudés, plus ou moins ouverts. Derrière, on désossait dénervait apprêtait, on hachait menu des chairs grises et roses, écorchés ou pelées, on mettait à dégorger. On laissait à macérer, brisait des os pour en racler la moelle, on faisait sauter dans la graisse et revenir au beurre noir, on mettait au stock pour que ça faisande".
    Sachez-le, ce bouquin est complètement déjanté et bourré de références inexplicables. Ce qui le rend parfois difficile à suivre. Encore que ... C'est le genre de bouquin où la lecture est plus agréable en se laissant porter par les évènements. Cela reste néanmoins ma petite déception avec ce livre, de ne pas avoir reconnu davantage les clins d'œil (bon en même temps, ils se réfèrent à une époque où je n'étais même pas née ...). J'ai l'impression du coup d'avoir manqué un truc qui m'aurait permis de mieux profiter de l'histoire.
    "Les balles tombaient de partout à la fois et, pendant cinq interminables secondes, ce sont les portes des enfers qui s'ouvrirent devant eux, dégueulant désespoir et compromission et ferraille sur le cœur d'un monde à l'agonie. "
    Pour les références, l'index en fin de volume peut s'avérer utile. Notez qu'il comporte aussi un certain nombre de recettes de cocktails. Avis aux amateurs. A la suite de cet index, un vade-mecum recensant des citations, et des notes de l'auteur. On y trouve entre autre une note, page 310, qui explique certainement pourquoi le roman s'appelle Rouge gueule de bois.
    "Manhattan [70, 169]
    Au verre à mélange :
    - 2 onces de rye
    - 0.75 once de Vermouth doux
    - 1 trait d'Angostura
    Servir dans un verre à Martini avec une cerise au Marasquin."
    Rouge Gueule de Bois est un rêve éthylique destiné aux fans de pulps et de nanars (et de Fredric Brown, bien sûr). Il est néanmoins tout à fait abordable pour les autres, si vous n'avez pas peur de murmurer "what the fuck" toutes les trois pages. Lecteurs trop sérieux s'abstenir.

    Lien : http://ledragongalactique.blogspot.com/2012/01/rouge-gueule-de-bois-..
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

Critiques presse (2)


  • Telerama , le 27 juillet 2011
    Ce livre est un ovni rafraîchissant, à la gloire des pulps et de la science-fiction en carton-pâte.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • SciFiUniverse , le 15 juin 2011
    Et si Barbarella, Fredric Brown, Roger Vadim et Luz se rencontraient ?
    Rouge gueule de bois est le roman qui rend possible cette réunion contre nature dans un road movie éthylique complètement barré. Un bon moment de lecture et un hommage appuyé à l'auteur de Martiens, go home!.
    Lire la critique sur le site : SciFiUniverse

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Citations et extraits

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  • Par TwiTwi, le 03 janvier 2012

    Aux crocs, la tête en bas, surplombant des baquets plastique, des agents d'assurance, des sténodactylographes et des pensionnés de guerre finissaient de se vider par le cou, plus ou moins dénudés, plus ou moins ouverts. Derrière, on désossait dénervait apprêtait, on hachait menu des chairs grises et roses, écorchés ou pelées, on mettait à dégorger. On laissait à macérer, brisait des os pour en racler la moelle, on faisait sauter dans la graisse et revenir au beurre noir, on mettait au stock pour que ça faisande.
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    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par TwiTwi, le 03 janvier 2012

    Mais, surtout, il se voyait avec un plaisir divin en train de dépiauter, découper, chiffonner, broyer, dissoudre, pulvériser ces ramettes de feuilles qu'Elizabeth avait maculées de signes pour composer le manuscrit complet de son autobiographie, le roman-fleuve d'une vie d'épouse d'écrivain, cette interminable logorrhée à la gloire du mari, hagiographie insoutenable, rapport permanent sur son inappétence, son impuissance à poursuivre quelque œuvre que ce fût, sa mort en tant qu'artiste.
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  • Par TwiTwi, le 03 janvier 2012

    Les balles tombaient de partout à la fois et, pendant cinq interminables secondes, ce sont les portes des enfers qui s'ouvrirent devant eux, dégueulant désespoir et compromission et ferraille sur le cœur d'un monde à l'agonie.
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  • Par TwiTwi, le 03 janvier 2012

    Il resta sans bouger, mimant la mort, espérant faire refluer la nausée jusqu'à ses orteils et, de là, l'amener à couler dans le lit pour s'éponger dans le matelas.
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  • Par TwiTwi, le 03 janvier 2012

    La police ne comprend pas grand chose aux histoires d'amour. Je veux dire : l'amour est une forme de duperie, de don, de maladie.
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