Beaucoup d'éléments m'ont plu dans ce premier volume, et j'y reviendrais, mais je veux commencer par me débarrasser des quelques éléments qui m'ont empêché de faire de cette lecture, un coup de cœur.
En réalité, je ne peux pas réellement parler de défaut puisque tout ce que j'ai à reprocher à ce bouquin est d'être trop jeunesse. Or il ne prétend à rien d'autre et c'est moi qui suis trop exigeante sur ce point. L'intrigue est ultra-simple et se met rapidement en place ; quant aux personnages ils sont également assez basiques dans leur comportement ou dans les sentiments qu'ils éveillent chez le lecteur. On se prend aussi rapidement d'affection pour les deux héros, partageant leur soif de justice et de vengeance, qu'on déteste les « méchants ». Mais ça n'est finalement pas un problème. On se laisse porter gentiment par l'histoire et c'est plutôt bien agréable.
Les deux persos principaux sont donc forts sympathiques bien que Natalia me semble un peu trop libérée pour l'époque et son rang et que Stepan (Rhaaaa Stepan, il est encore un peu lisse, jeune, mais il y a du potentiel chez ce jeune homme…) m'ait parfois un peu agacée par son impulsivité. Mais là encore, rien de vraiment dérangeant.
Ce qui m'a gênée en revanche, c'est l'évolution de leurs sentiments que j'ai jugée beaucoup trop rapide, trop simple. Leur prise de conscience arrive bien tôt et sans réel cheminement. Même s'il était évident dès les premières lignes que cela se produirait, j'attendais quelque chose de plus lent, progressif. Là, ça tombe un peu comme les cheveux sur la soupe et du coup, ça perd aussi un peu en puissance, en capacité à émouvoir le lecteur. J'aurais aimé que l'auteur prenne son temps pour faire évoluer ses deux personnages.
Voilà donc, le seul véritable point négatif que je retiens de ce roman, mais qui est finalement surtout dû à l'âge auquel j'ai découvert ce récit. J'imagine que le jeune lecteur auquel e roman est destiné n'aurait pas envie de se farcir des pages et des pages d'hésitations et réflexions sur l'autre.
Du côté des points positifs, j'ai beaucoup aimé le format, rappelant celui de Dracula : extraits croisés de journaux intimes et divers autres documents. Cela offre une bonne alternance des points de vue et puis j'ai bien aimé la référence, même si elle n'existe que dans ma tête, parce que j'imagine que bien d'autres romans ont été ainsi écrits.
Le cadre, ensuite, m'a beaucoup plu évidemment. Déjà parce que l'on se situe au XIXème siècle et puis pour le dépaysement offert par l'auteur. Je n'ai jamais lu de roman russe ou se déroulant dans ces contrées, et pour une première expérience c'est plutôt réussi.
Michel Honaker rend ces lieux très vivants, ancrant dans le récit plein d'éléments tirés du réel, et reprenant certains codes de la littérature russe, comme affubler ses personnages de divers surnoms, par exemple. J'ai d'ailleurs aimé les quelques notes en bas de page, qui sans être envahissantes, nous expliquent certaines de ces coutumes, ainsi que les points historiques ayant un rôle à jouer dans l'intrigue.
Et puis tout simplement, comme évoqué plus haut, malgré sa simplicité, je me suis laissée prendre au jeu de l'intrigue et je tournais les pages sans me forcer, avec un plaisir non dissimulé. Cela fait du bien, parfois, de s'offrir une petite lecture tout en légèreté.
Bref, un ouvrage fort charmant qui me donne bien envie de connaitre la suite.
Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2011/06/08/honaker-michel-terr..