ISBN : 2847421297
Éditeur : Le Passage (2009)


Note moyenne : 3.47/5 (sur 99 notes) Ajouter à mes livres
Lors d'un voyage scolaire en Allemagne, un jeune professeur découvre au camp de concentration de Buchenwald la photographie d'un détenu dont la ressemblance avec son propre père, Adrien, le stupéfie.

Rentré en France, il retrouve son père, sa famille, mai... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par Seraphita, le 28 janvier 2010

    Seraphita
    Un jeune professeur de lettres en poste dans un lycée franco-allemand se rend au camp de concentration de Buchenwald lors d'un voyage scolaire. Là, il y découvre avec stupeur la photo d'un détenu qui ressemble étrangement à son père, Adrien Fabre. Quelle est l'identité de ce mystérieux inconnu photographié aux côtés d'Erich Wagner, le médecin tortionnaire du camp ? C'est une lente plongée dans son passé qui attend notre professeur, à la rencontre des secrets et mensonges de sa famille, une remontée vers « L'origine de la violence ».
    Une idée de départ intéressante qui n'est pas sans rappeler « Les Disparus » de Daniel Mendelsohn : dans cet ouvrage, le narrateur est en quête de l'histoire des membres de sa famille disparus dans les camps lors de la seconde guerre mondiale ; ici, le professeur découvre fortuitement l'existence cachée d'un membre de sa famille dont il cherche à retracer l'histoire. On touche là aux secrets de famille, aux vérités dérangeantes qu'on passe sous silence. J'ai apprécié la première partie (mais le début m'a semblé trop abscons, signant une entrée en matière dans le livre difficile), celle qui expose l'histoire passée de David Wagner, un juif qui a été déporté au camp de Buchenwald et qui y a perdu la vie. Cette partie est émouvante, poignante : certains passages font vivre au lecteur une extrême tension, à travers l'exposé de situations violentes. Mais j'ai trouvé la deuxième partie, celle du retour vers le présent, beaucoup trop longue voire superflue : trop de digressions apparaissent qui, au final m'ont lassée, me faisant perdre le fil de l'intrigue. Même si l'ouvrage est extrêmement documenté et témoigne d'une réflexion certaine sur l'histoire familiale (l'Histoire de l'Allemagne et de la France également), les secrets, les mensonges, l'amour, les choix de l'existence, je n'ai guère accroché. Je pense que les lecteurs qui ont apprécié « Les Disparus » de Daniel Mendelsohn se retrouveront dans ce roman.
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par lillou, le 22 mars 2011

    lillou
    Pas évident de donner mes impressions sur ce livre : des critiques quasi unanimes, un ressenti mitigé et une histoire pourtant pleine de sens.
    Lors d'une visite de Buchenwald avec ses élèves, le narrateur, jeune professeur de littérature, est comme happé par une photographie représentant le médecin du camp : à l'arrière-plan, un prisonnier ressemble étonnamment à son propre père, Adrien Fabre.
    La ressemblance est trop frappante, l'impression d'étrangeté est trop forte, et Adrien élude un peu trop le sujet quelques semaines plus tard…
    De là, commence un travail de reconstitution et d'enquête grâce auquel le narrateur découvre un pan inattendu de son histoire familiale. Il trace peu à peu le portrait de David Wagner – un détenu juif parmi tant d'autres, tailleur parisien rêvant de réussite, jeune homme charmeur et opportuniste, victime des camps de la mort… Son véritable grand-père.
    Inlassablement, notre héros poursuit sa quête, cherche des explications : en Allemagne où il s'installe et tente de reconstituer à la fois les événements autour de la mort de David et le destin des protagonistes, en Normandie où sa grande famille bourgeoise se réunit ponctuellement, à l'hôpital où son grand-père Marcel – l'autre, celui de toujours – accepte enfin de lever le voile.
    Si on ne se débarrasse pas aisément d'une telle révélation, on ne tourne pas davantage le dos à une filiation, une appartenance : Adrien est bien plus le fils de Marcel Fabre que de David Wagner, et le narrateur son petit-fils. Fabrice Humbert explore avec finesse la filiation, le poids des origines « véritables », celui de l'éducation et bien entendu la force du secret de famille.
    Une trame intéressante, une écriture fine et percutante : tout est là pour faire un grand roman. Et pourtant, L'origine de la violence ne m'a pas réellement plu. Il m'a malheureusement fait enfin comprendre ce qui me déplaît souvent dans les textes teintés d'autofiction : l'autopsychanalyse. Certes, le héros veut comprendre « l'origine de sa violence » mais le décorticage méthodique des uns et des autres est l'occasion de développements parfois très longs, voire ennuyeux.
    Une partie importante du récit est consacrée aux camps : et, c'est terrible à dire mais, pour qui a lu ne serait-ce que Primo Levi et Jorge Semprun, ce n'est pas toujours passionnant. Ici, l'auteur aurait dû selon moi se concentrer sur le factuel, et moins se précipiter dans les considérations plus générales sur une thématique explorée déjà si finement.
    Une impression étrangement mitigée donc : L'origine de la violence est une histoire intéressante, traitée avec subtilité, les réflexions sont pertinentes… mais des longueurs, des développements peut intéressants et un certain narcissisme m'ont déçue.


    Lien : http://monbaratin.blogspot.com/
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    • Livres 2.00/5
    Par folivier, le 18 mars 2011

    folivier
    Attiré par le titre, j'ai été déçu par le roman. Structuré en deux parties, Humbert décrit dans un premier temps l'enquête qu'il réalise suite à sa visite du camp de Buchenwald et de la découverte d'une photo sur laquelle il lui semble reconnaître un visage connu, David Wagner. Puis dans une seconde partie il nous présente sa relation avec Sophie, sa compagne allemande dont le grand-père était un dignitaire nazi au camp de Buchenwald mais également proche des officiers ayant tenté d'assassiner Hitler, son rapprochement avec son grand-père Marcel Fabre qui lui révèle l'histoire de David Wagner et des liens avec la famille Fabre et finalement la re-découverte de son père Adrien, "le bâtard". J'ai été touché par la description de la relation fils-père et sensible aux différents personnages du roman et de leur complexité. Cependant je reste sur ma faim concernant une réflexion sur la violence que laisse suggéré le titre du livre. La mise en relation d'une violence que l'auteur ressent depuis son enfance (le secret de famille entretenu par son père), la violence vécue comme jeune enseignant dans une zone de banlieue, la violence engendrée par la guerre, l'intolérance, la peur de l'autre, la défense de sa famille et la violence ultime de Buchenwald ne m'ont pas convaincu.
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    • Livres 4.00/5
    Par Benoit_C, le 21 février 2011

    Benoit_C
    Un beau livre profond qui vient mêler à dessein des quêtes sur les origines : celle d'un grand-père inconnu retrouvé sur une photo exposée à la vue de tous , celle du mal absolu qui enferme le cadre de cette photo et qui entraina la perte de cet aïeul et de de milliers d'êtres: le camp de concentration de Buchenwald.
    Rien n'est laissé au hasard : la narration autobiographique qui rend si proche le personnage principal dans sa progression, les témoignages de tous les survivants de cette époque recomposant les faits et les parcours, enfin l'exigence de la réflexion et les références qui l'alimentent (Levi, Semprun, Goethe, ...)
    Un roman actuel, intelligent et touchant destiné à percer non seulement des secrets, mais, les carapaces de l'oubli alors que s'estompent peu à peu les ombres des horreurs du nazisme.
    Un petit point d'agacement, mais, qui reste un détail :
    j'ai trouvé incongrue la liaison du personnage principal avec une fille canon dont le grand-père fut ancien du NSDAP, et aussi un proche de Stauffenberg (un des principaux organisateurs de l'attentat raté contre Hitler en juillet 44).
    Il me semble que la comparaison intéressante qui suit avec Haffner, auteur du journal d'un allemand : http://www.babelio.com/livres/Haffner-Histoire-dun-Allemand--Souvenirs-1914-1933/14813
    , aurait pu être amené sans cet artifice où je suis juste venu me dire : "Cela fait beaucoup!"
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    • Livres 4.00/5
    Par jmfhcb, le 12 mars 2009

    jmfhcb
    Au début, je me suis dit "Cela doit être un peu comme Les Disparus ou comme Une histoire familiale de la peur". J'ai donc pris L'origine de la violence à la librairie car j'avais apprécié ces deux livres ; en plus, il y avait une banderole qui disait que la libraire avait aimé et que nous avons souvent les mêmes goûts.
    Ce que j'avais oublié c'est qu'ici c'est un roman et pas un essai que j'allais lire. L'auteur peut donc se permettre plus de choses. le livre mélange secret de famille et enquête sur le véritable grand-père déporté à Buchenwald. le narrateur explore à la fois le passé et le présent de la France et de l'Allemagne. Il ne cherche pas à voir un seul côté ; pour lui, il n'y a pas les bons et les méchants. Il ne glorifie pas son ancêtre disparu. Il veut juste le voir tel qu'il était. C'est ce que j'ai trouvé très intéressant dans ce roman ; est-ce que cela aurait été possible si ça n'avait pas été un roman, je ne sais pas ... Quelques fois, il y a des passages un peu psychologiques que j'ai trouvé pas forcément intéressants mais dans l'ensemble, le style de l'auteur sert positivement l'histoire : il décrit son enquête, ses états d'âme, sa vie passée et présente et fait parler sa famille et les témoins.
    Je vais essayer de lire ces deux autres ouvrages pour me faire une opinion plus éclairée sur cet auteur. En résumé, une bonne impression à confirmer !
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Citations et extraits

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  • Par missmolko1, le 08 janvier 2011

    Ce que me montrèrent ces images, c'est que je m'étais trompé sur Hitler. Et si je me focaliser sur sa personne, c'est que le IIIème Reich n'aurait pas existé sans lui. Beaucoup de grands événements de l'Histoire ignorent les individus : la Révolution française aurait eu lieu sans Robespierre ou Danton, c'est une évidence de le dire. Mais je suis certain que le IIIème Reich dépend de Hitler. Même si une quelconque dictature, vu les conditions économiques et idéologiques de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres, aurait probablement émergé, la sanglante et délirante folie du IIIème Reich est la conséquence du parcours ahurissant d'un individu rencontrant son époque,dans une déflagration sans égale.
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  • Par missmolko1, le 07 janvier 2011

    Toutes les capitales européennes m'ont toujours fasciné : elles sont les visages de pierres de l'Histoire. Londres, Prague, Paris, Rome, Athènes, Bucarest, Sofia, Madrid... Toutes, sans exception. Errer dans la littérature, c'est errer également dans les capitales et les grandes villes : le Paris de Balzac, de Hugo ou de Baudelaire, le Londres de Dickens, le Dublin de Joyce, la Rome de du Bellay, la Florence de Dante, la Venise de Thomas Mann, le Berlin de Döblin...
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  • Par missmolko1, le 08 janvier 2011

    Autrefois j'avais écrit que ce qui me frappait, chez Hitler, c'était sa vulgarité, son allure absolument ordinaire. Loin d'être un génie du Mal, selon les terminologie courante, c'était au contraire, disais-je, l'homme médiocre par excellence, séduisant justement par cette médiocrité et cette vulgarité. [...] Et je n'avais que partiellement tort : les témoins de l'époque, les meilleurs historiens reviennent à l'envi sur ce qu'ils appellent "le mystère Hitler", c'est-a-dire l'accès au pouvoir d'un homme d'une infinie bassesse, promis au parfait anonymat depuis son enfance, un être transparent pendant trente ans, artiste raté, paresseux, vivant aux crochets de sa famille, sombrant en 1909-1910 dans la plus totale déchéance, dormant dans la rue ou dans des asiles de nuit.
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  • Par kathel, le 20 mars 2011

    Je n’éprouve pas d’amour pour cet homme que je n’ai jamais connu et qui n’en méritait peut-être aucun. Passé disparu, poussière dissipée, il ne restera, malgré les témoignages, qu’une ombre. Mais je suis engagé aux côtés de la mémoire de David Wagner, notion plus abstraite et plus nuancée que l’amour. J’ai voulu savoir ce que les coupables sont devenus pare que la mémoire des morts a deux visages : celui de l’homme tombé à terre et celui de l’homme qui l’a fait tomber. Autour vit le système qui a permis le crime. C’est à ses trois termes de la mémoire que je me suis intéressé.
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  • Par Chouchane, le 06 août 2010

    Il m'arrive de me méfier des mots. Alors je vais parler en chiffres. Tout le monde croit connaître les camps alors qu'au fond, on ne peut même pas les imaginer. Plus de huit millions de personnes passèrent par les camps de concentration et d'extermination. Pourtant, il n'y eut jamais plus d'un million de personne en même temps dans tous les camps réunis(...). La différence entre ces deux nombres n'a qu'une explication : au moins six millions de déportés sont morts en camps et notamment à Auschwitz, qui est le plus grand cauchemar de l'humanité.
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