> Evelyne Lesigne-Audoly (Traducteur)

ISBN : 2916209646
Éditeur : Editions Yago (2009)


Note moyenne : 4.56/5 (sur 9 notes) Ajouter à mes livres
"Le Bateau-usine", grand classique de la littérature prolétarienne nippone, paru en 1929, écrit par Kobayashi Takiji qui mourra 4 ans plus tard sous la torture policière. Depuis 2008, le livre connait une recrudescence populaire au Japon. On comprend aisément pourquoi ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 05 mai 2010

    chocobogirl
    Nous sommes au Japon, dans les années 20. Un bateau-usine est affrété au beau milieu du pacifique, près de la frontière russe, pour pêcher le maximum de crabes possible.
    Ces navires gigantesques étaient de véritables usines flottantes et on y trouve à bord des marins, des pêcheurs et même des ouvriers pour mettre en boite les fameux crabes.
    Nous allons suivre ici le quotidien de l'équipage du Hakkô-maru. Un quotidien qui est loin d'être rose....
    Les conditions de travail et de vie sont catastrophiques. Les hommes sont soumis à des cadences inhumaines. le sommeil passe après le profit et on les oblige à écourter ou sauter leur nuit si le crabe se présente. L'hygiène est déplorable et les hommes blessés ou malades sont forcés de travailler ou se meurent à petit feu sans aucun soin.
    Les chefs sont écoeurants d'égoisme et de méchanceté, s'offrant ce quils refusent à leurs hommes. Ils n'hésitent pas à donner de mauvais traitement en cas de contestation et vont jusqu'à ignorer un autre navire en détresse ( qui coulera avec ses 500 hommes...) pour ne pas faire baisser leur quota de pêche.
    Les bateaux-usines sont d'ailleurs des épaves ambulantes : de vieux batiments russes gagnés à la guerre vaguement repeints feront l'affaire...
    Bref la révolte gronde chez ces hommes qui n'en peuvent plus d'être considérés comme du bétail etqui sont à deux doigts d'y laisser leur vie.
    Nous assisterons à la prise de conscience collective des travailleurs qui apprendront à s'unir pour lutter contre l'exploitation et le capitalisme.
    Le bateau-usine est un texte majeur de la littérature dite prolétarienne. Ecrite en 1929, ce texte est frappant de réalisme. L'auteur s'est appuyé sur de véritables faits pour construire son roman. le capitalisme et le développement industriel sont en plein essor mais au détriment des populations ouvrières et paysannes dont les conditions de vie s'aggravent.
    Dans ce texte (et ses précédents écrits), Kobayashi veut dénoncer ce capitalisme à outrance qui conduit à la déshumanisation des travailleurs. Un engagement qui lui valut de connaitre plusieurs fois la prison. Vivant dans la clandestinité, il est une nouvelle fois arrêté et passe un an enfermé. Il meurt alors brusquement, officiellement d'un arrêt cardiaque.... officieusement de tortures.... Il avait 29 ans.
    Ce roman met donc en avant la prise de conscience des travailleurs qui apprendront que l'union fait la force, dans le processus de contestation et de grèves. Un parfait exemple pour les membres de la classe ouvrière qu'il enjoint à faire de même.
    Vous trouverez à la fin de l'ouvrage plusieurs postfaces très intéressantes sur la biographie de l'auteur, le contexte historique et politique ainsi que sur la redécouverte récente (2008) de ce texte majeur.
    A noter : ce roman a bénéficié de 2 adaptations cinématographiques (1959 et 2009...si quelqu'un sait me trouver... ) et même d'une série manga !
    Un roman passionnant pour qui s'intéresse au Japon, à l'histoire ou à toute forme d'engagement politique !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-le-bateau-usine-487741..
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    • Livres 5.00/5
    Par purplevelvet, le 26 janvier 2012

    purplevelvet
    On suit le quotidien désespérant de une équipe de marins et de pêcheurs, embarqués sur un rafiot déglingué, vestige de la guerre Russo-japonaise qui avait eu lieu 10 ans plus tôt. Tous sont constamment brimés, surmenés, affamés par l'intendant sadique et malhonnête, seul maître à bord qui tyrannise tout le monde et dirige même le capitaine. Un passage marquant: l'intendant refuse que le capitaine aille porter secours à un autre navire de la même compagnie en perdition, au motif que le temps c'est de L'Argent et qu'il est là pour défendre l'intérêt financier des capitalistes qui le payent, contre lequel la vie de 300 marins n'a aucune importance. (...)
    L'auteur, venu des classes aisées, a découvert le syndicalisme un peu par hasard et pris fait et cause pour les sans grades dont il se fait porte-parole. Son roman est basé sur des faits réels: les rafiots complètement rouillés, les traitements inhumains faits aux travailleurs, les vols entre navires pour augmenter artificiellement sa productivité auprès de l'armateur, les pots-de-vins aux militaires, tout cela n'a pas été inventé mais sort d'une enquête minutieuse menée auprès des prolétaires de Hokkaïdo. On y trouve également quelques informations très intéressantes sur les suites de la guerre Russo-Japonaise, bref, c'est passionnant - même si Zola parait optimiste à côté.
    Un détail intéressant à signaler: le livre a été publié initialement en 1929, donc en pleine période de crise économique, et est ressorti au Japon en 2008, donc en pleine période de crise, avec un succès tel que le terme "kanikôsen" ( le titre n japonais), est devenu synonyme de "travail pénible et /ou précaire et/ou mal payé", signe que les classes défavorisées du Japon actuel, celles dont comme par hasard on ne parle jamais car ça ferait désordre de reconnaître que le chômage et les baitô vont croissant ( petit travail d'appoint réservé en théorie aux étudiants mais de plus en plus occupé par des travailleurs précaires). Bref, passionnant.

    Lien : http://chezpurple.blogspot.com/2011/12/le-bateau-usine-takiji-kobaya..
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    • Livres 5.00/5
    Par Emma-saru, le 10 septembre 2010

    Emma-saru
    A lire absolument. Une plongée rude, parfois trop rude, dans le monde des bateaux usine pêcheurs de crabe en mer d'Okhost, au large du Kamchatka. La vie précaire, la violence de ce monde et la révolte. Un récit bouleversant et dont on ne sort pas indemne de ce grand écrivain mort trop jeune, sous la torture par le gouvernement japonais.
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    • Livres 5.00/5
    Par nikokroko, le 14 mai 2011

    nikokroko
    A lire absolument. La vie de marins japonais exploités dans les années 20. On alterne entre rage et la joie de voir ces gars se soulever. Tout y est de la nature humaine, force, faiblesse, sacrifice.
    Bref j'ai adoré ce livre qui reste très actuel.
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    • Livres 5.00/5
    Par Mouna, le 07 mars 2010

    Mouna
    Il y a plusieurs éléments de qualité dans cet ouvrage édité chez Yago. D'une part sa traduction par Evelyne Lesigne-Audoly, qui rend hommage au style visuel et réaliste de l'auteur. Ce dernier qui nous emporte littéralement à bord du bateau, ses odeurs infectes, ses poux, ses maladies, les tempêtes, la sueur mêlée aux odeurs rances d'entrailles de crabes. De ses hommes que l'on imagine aisément, auxquels on s'identifie, pour leurs forces et leurs faiblesses ; et puis à la fin du livre, une postface explicative réalisée par la traductrice, assez bien foutue ma foi, qui remet les choses en contexte, depuis l'oeuvre et la vie de Kobayashi Takiji jusqu'à son impact dans le Japon contemporain.

    Lien : http://ranatoad.blogspot.com/
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