Guide alternatif de la Thaïlande, Chiens fous offre une plongée dans ses années de flower power. Une bande de copains au seuil de l'âge adulte mène une vie de bohème, faite de soirées sur la plage et de bourlingue, et tente ... > voir plus
Chart Korbjitti est le premier auteur thaïlandais auquel je m'essaye, et globalement l'expérience est plutôt probante, malgré quelques petits défauts. Chiens fous nous fait suivre une bande de potes qui se retrouvent pour fumer et boire presque tous les soirs, et qui se racontent leur vie, prennent des nouvelles de leurs potes perdus de vue et dilapident ainsi le maigre pécule qu'ils ont accumulé pendant la haute saison. En résumé, cette joyeuse troupe brûle la chandelle par les deux bouts, vivotent au jour le jour, sans souci du lendemain (ou de leur santé). le récit oscille entre des séances où tout le monde se chambre « gentiment », des anecdotes abracadabrantes sur qui est tombé du train ou du premier étage (!), et des chapitres entiers qui se consacrent plus spécifiquement sur la vie d'un personnage (ses relations avec ses parents, le travail, etc.) de manière beaucoup plus sérieuse.
« C’était chouette quand on était à Pattaya. On faisait rien de la journée, mais on vivait comme des lords, à faire les cons, mais juste entre nous. Le Vieux, c’est une légende vivante… » Otto se prépare un autre verre. « Un jour, on était tous complètement dans les vapes. Notre boutique, c’était le meilleur endroit où se saouler et fumer de l’herbe pour les Thaïs comme pour les farangs. Je veux dire : tout le monde était le bienvenu. Quand il y avait foule, on se transbahutait sur la plage et on continuait. S’il y avait personne, on se réunissait dans la boutique et on se pintait jusqu’à ce qu’on tombe de sommeil. Mais, en général, y’avait du monde tous les jours. On commençait en fin de journée, on formait un cercle et on picolait sur la plage. Quand il faisait nuit, on faisait du feu. À l’époque, Pattaya n’était pas bondé comme aujourd’hui, bien sûr. »
« Certains riaient, d'autres fulminaient. Quelques-uns, debout, fumaient une clope ou tétaient une bouteille de jus de fruit; d'autres, barquette de riz sur les genoux, mangeaient en attendant leur tour; d'autres encore patientaient assis sur les bancs le long des murs, et certains d'entre eux jetaient des coups d'œil déprimés au tableau des scores. La plupart circulaient entre les tables, insensibles à la fatigue, queue de billard à la main, comme une excroissance corporelle. »