> France Camus-Pichon (Traducteur)

ISBN : 2070396967
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.56/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Manhattan, début 2001. Trois jeunes trentenaires, amis depuis l'université, se retrouvent déchirés entre leurs rêves et les exigences du réel : Marina, apprentie journaliste, écrasée par son père Murray, qui règne en maître sur l'intelligentsia new-yorkaise ; Danielle, ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Titine75, le 02 mars 2009

    Titine75
    « Les enfants de l'empereur » de Claire Messud prend place à New York en 2001 et fait le portrait de trois trentenaires en quête d'identité.
    Danielle Monkoff est documentariste, on la découvre en Australie où elle prépare un reportage sur les aborigènes. Elle est provinciale mais se sent « new yorkaise dans l'âme. » Elle possède un petit appartement, rempli de livres, qu'elle entretient avec maniaquerie car « la seule façon de ne pas devenir folle dans ce minuscule studio était de le maintenir parfaitement en ordre. » Danielle est également célibataire et elle rencontre en Australie Ludovic Seeley qui semble s'intéresser à elle. De retour à New York, elle doit revoir ses ambitions professionnelles à la baisse puisque son reportage sur les aborigènes est refusé. Elle doit le remplacer par un reportage sur la chirurgie esthétique, reportage qui se trouve être beaucoup plus symptomatique de notre société narcissique. Ses projets sentimentaux sont également modifiés avec l'arrivée de Ludovic Seeley à New York puisque celui-ci se détournera d'elle pour une autre conquête plus intéressante socialement. Danielle a conservé de ses années à l'université deux amis : Julius Clarke et Marina Twaite.
    Julius Clarke se voudrait journaliste, il a connu quelques succès avec ses premiers articles. Mais depuis il est resté pigiste. Il a beaucoup profité de sa jeunesse : « Toujours est-il qu'entre 20 et 30 ans il avait mené une vie de débauche et d'insouciance digne d'Oscar Wilde. » Julius est d'ailleurs lui aussi gay et il passe d'aventures en aventures. Arrivé à l'âge de 30 ans, il aspire à plus de stabilité dans sa vie professionnelle et personnelle.
    Marina Twaite se veut elle aussi journaliste ou écrivain. Elle tente depuis plusieurs années d'écrire un livre sur la mode enfantine sans en voir la fin. Après cinq ans, son petit ami al la laisse tomber ce qui oblige Marina à retourner vivre chez ses parents.
    Son père, Murray, est l'empereur du titre du roman. C'est un homme éminent, un journaliste engagé reconnu par l'intelligentsia new yorkaise. « Il prétendait se battre contre l'injustice, avoir consacré sa vie à ce qu'il appelait un « journalisme moral ». Il prétendait ne vivre que par et pour son indépendance d'esprit, ses talents d'écrivain. » Sa stature de commandeur s'élève au-dessus de ce petit monde.
    Deux personnages vont troubler cet ordre établi, vont chercher à déboulonner la statue du commandeur. Ludovic Seeley arrive à New York pour lancer un nouveau journal censé révolutionner le monde. Ludovic est extrêmement ambitieux, il ne supporte pas l'influence intellectuelle de Murray Twaite. Pour s'en rapprocher, il séduit Marina, se marie avec elle et tente de lui montrer, ainsi qu'aux restes du monde, que Murray « (…) n'est pas une sorte de Dieu mythique, rien qu'un journaliste médiocre avec un ego incroyablement surdimensionné. »
    Le deuxième personnage est le propre neveu de Murray, Bootie. Celui ambitionne également de devenir écrivain. Il vient à New York car il admire son oncle. Murray le prend comme secrétaire particulier. Bootie découvre alors certains secrets de son oncle. Murray s'est en effet entiché de Danielle qui devient sa maîtresse. Bootie, déçu de la fausseté de son oncle, écrit un article dévastateur sur Murray qui le chasse de chez lui.
    Un évènement va confirmer le passage à l'âge adulte de ces personnages et va marquer la fin de l'innocence : les attentas du 11 septembre. Danielle assiste à toute la scène de son appartement : « (…) elle voyait toujours des gens hagards, couverts de poussière, certains en larmes, qui tous remontaient l'avenue, une foule immense, comme des réfugiés de guerre, se dit Danielle (…) ; à la télé derrière elle, on parlait des avions, imaginez leur taille, tout ça était trop énorme, trop inouï, elle n'avait qu'une envie à présent, éteindre la télé, tout éteindre. » le 11 septembre va bouleverser les vies de Danielle, Julius et Marina pour les pousser à grandir, à voir le monde tel qu'il est.
    Ce roman nous parle des travers de notre époque. Nous vivons dans un monde tourné vers l'intérieur uniquement, chacun se préoccupant avant tout de lui-même. Les personnages n'ont qu'un but dans la vie qui leur semble être la clef du bonheur : « Devenir soi-même, trouver son style : ces quêtes typiques de l'adolescence et du début de l'âge adulte se prolongeaient, dans une civilisation obsédée par la jeunesse, au moins jusqu'à la quarantaine. » Danielle, Julius et Marina vivent dans un monde doré, privilégié, sans s'en rendre compte, sans en être satisfaits. Chacun n'est préoccupé que de sa réussite professionnelle et personnelle. Ce monde égoïste devrait cesser avec le 11 septembre mais ce bouleversement ne déclenche pas de réelle prise de conscience chez les personnages. On ne voit aucun d'entre eux aller sur groundzero pour aider les secouristes comme Jay Mc Inerney le décrivait dans « La Fin de tout » où il parlait également de l'impact du 11 septembre sur les New Yorkais. Les différents personnages ne s'inquiètent que d'eux-mêmes et de leurs proches. Il ne s'interrogent que sur leur avenir, que sur leurs vies post 11 septembre. Claire Messud décrit un monde narcissique et égoïste incapable de se remettre en cause, ce monde où l'individualisme forcené est la panacée. Ce monde, malheureusement, est le nôtre.

    Lien : http://plaisirsacultiver.unblog.fr/2008/06/08/les-enfants-de-lempere..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par uncoindeblog, le 16 novembre 2009

    uncoindeblog
    Je reste un peu sur ma faim en refermant ce livre, ne comprenant pas vraiment en quoi réside ce manque d'équilibre une fois la dernière page tournée. Après avoir survolé le billet d'Ardok, sa conclusion et mes impressions me semblent beaucoup plus limpides. Je vous laisse le lire si vous le souhaitez et vais essayer de vous donner mon ressenti.
    Je crois que ce livre parlera à beaucoup de ceux qui étaient trentenaires en cette veille de 11 septembre 2001. Deux différences essentielles entre moi et ces trois neww-yorkais :
    - Leur lieu de vie tout d'abord car si cette date reste en mémoire de chacun, seuls ceux qui ont vécu dans leur chair cet événement peuvent sans doute exprimer les changements que cette date a entraîné.
    - Mon style de vie à l'opposé de la leur en 2001. Ma vie professionnelle était sans aucune mesure beaucoup plus harmonieuse que la leur :)
    Cet ouvrage retrace les espérances de 3 amis, dont la rencontre universitaire a plus tenu du hasard qu'autre chose, tant leurs univers étaient différents. Ici ou là quelques points communs qui les ont fait se rapprocher sans doute, et en cette année 2001, l'espoir professionnel prédomine, même si la quête amoureuse n'est jamais loin. Mais ils semblent avant tout vivre par et pour leurs illusions. Manipulations, faux semblants... chacun est pourtant certain qu'il est maître de son destin, qu'il détient la (sa) part de vérité, qu'il sait ce qu'il veut. Les regards amicales ne semblent plus suffire à Marina, Danielle et Julius, leurs chemins prennent des routes distinctes et devant le temps qui s'écoule chacun décide d'agir autrement.
    Oui l'histoire de ces personnages se lit, mais nul attachement à leur égard. On n'espère rien pour eux. J'ai eu l'impression que chacun avait eu à un moment ou à un autre sa chance, et qu'ils l'avaient laissé filer volontairement, involontairement je ne sais pas. Et ce 11 septembre, même s'il va les bousculer, les bouleverser, ne semble pas propice à une réelle remise en question des uns ou des autres. Cette date ne les rend pas meilleurs ou pires qu'ils ne le furent avant.
    Consciemment ou pas Claire Messud ne souhaite pas que l'on s'attache à ses personnages principaux, elle ne m'offre pas l'envie de faire d'eux mes amis. Nul envie de m'apitoyer sur le sort de cette pauvre petite fille riche, Marina, de son amie Danielle qui se cherche encore amoureusement comme professionnellement tout comme Julius dont les qualités semblent sans contexte mais qui ne parvient pas pour autant à trouver un équilibre. Aucune pitié pour Bootie qui semble bien parti pour prendre le même chemin qu'eux : sûr de son fait avec une grande ambition mais trop perclus d'idéalismes et d'illusions sans doute. Ludovic semble être la tête à claques par excellence, avide de pouvoir et prêt à tout pour réussir, mais l'auteur ne nous donne pas assez d'éléments, ne nous permet pas assez de pénétrer dans ses pensées pour que je puisse réellement en parler. Il est juste plus qu'antipathique.
    Celui, non pas le plus attachant, mais qui dégage "une réelle carrure" est sans contexte Murray : au moins j'ai eu de la matière pour ne pas l'aimer jusqu'à la dernière page tant son égoïsme est fort bien mis en avant. Il donne réellement envie de le détester tant il est perclu de sa vision des choses, de sa pensée et de son savoir.
    Un immense coup de chapeau à l'auteur pour avoir su habilement utiliser les attentats du 11 septembre, non pas pour nous arracher des larmes mais en en faisant un intervenant extérieur et en montrant son impact dans la vie de cette génération. Remise en question de notre univers, même si pour d'autres le krach économique puis l'affaire Madoff laissera un autre impact.

    Lien : http://uncoindeblog.over-blog.com/article-les-enfants-de-l-empereur-..
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 02 février 2012

    carre
    Marina, Danielle et Julius sont amis depuis l'université. L'arrivée de Ludovic et celle de Bootie dans le trio d'amis va entrainer une succession de chassés-croisés amoureux ou chacun tente malgré tout de prendre le dessus sur l'autre dans un jeu ou l'amitié est mis à mal. Claire Messud dissèque les sentiments de cette classe privilégiée d'intellectuels New-yorkais, habituée aux soirées mondaines et superficielles. Elle nous donne une photographie de trentenaires intelligents et attachants, égoistes et immatures, dont les attentats contre le World Trate Center viendront accentuer leur questionnements et leurs peurs et révèleront leurs vrais personnalités. Un grand roman sur une génération occidentale dorée mais tout aussi perdue. A petit pas, Messud déroule son histoire entre légèreté et profondeur pour nous emporter par un récit diablement efficace.
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    • Livres 3.00/5
    Par monito, le 18 septembre 2009

    monito
    Trois trentenaires, trois rencontres, trois vies révélées et bouleversées : Marina, Danielle et Julius ont 30 ans et se connaissent depuis l'Université. Marina est la fille d'un journaliste new yorkais très célèbre dont elle ne se détache pas et qu'elle admire dans l'attente d'être payée de retour.
    Danielle et Julius quant à eux, issus de bleds américains, sont new yorkais d'adoption. Jamais complètement adoptés par la ville ils sont critique culturel pigiste et assistant dans une boîte de production télévisuelle.
    Murray, Ludovic, David et pour tous Bootie vont croiser leur route et profondément modifier leur vie et leur rapport au monde.
    Bien écrit, avec des références inattendues mais satisfaisantes, étonnantes et orientant à l'indulgence (Musil et Rothko), ce roman n'a rien de bouleversant. Il interroge, comme chacun de nous s'interroge, il pose avec simplicité la complexité des rapports humains et souligne la faiblesse de chacun dans l'image qu'il construit des autres et celle qu'il donne de lui-même.
    Un roman de vacances où le 11 septembre s'invite on ne sait trop pourquoi, sauf à vouloir dire la fragilité des personnages, comme celle des tours…
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    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 10 juin 2010

    MarianneDesroziers
    La vie de quelques personnages à New York les mois précédents les attentats du 11 septembre. Une pauvre petite fille riche et belle qui adore son papa et qui n'en finit pas d'écrire son bouquin sur la mode enfantine (trés énervante), sa meilleure amie moins jolie mais plus intelligente (et qui finit par être la maîtresse de son père), le père donc un journaliste de la gauche bien pensante trés médiatique, mais aussi l'ami homo des deux filles et surtout Bootie, le cousin un peu plouc qui s'incruste (le personnage le plus attachant )et Ludovic, l'arriviste qui veut créer une revue et qui admire Napoléon (très bien campé, j'adore ce genre de personnage à la fois fascinant, inquiétant, mystérieux: génie ou imposteur? sincère ou manipulateur?).
    C'est peut-être le roman sur le 11 septembre le plus malin dans sa narration (on découvre les personnages en mars 2001 et on les suit presque mois par mois jusqu'au 11 septembre), le plus sobre (on ne verse jamais dans le pathos même quand description des avions fonçant dans les tours, des décombres, des annonces accrochées par les gens cherchant leurs familles, etc.). Qui plus est, il ménage un retournement final étonnant. Mais surtout, sa principale qualité est que l'auteur évite toute leçon de morale sur les conséquences individuelles des attentats du 11/09.
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Citations et extraits

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  • Par anyasmith, le 09 août 2011

    Les actes comptent plus que les paroles.
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