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ISBN : 207045696X
Éditeur : Gallimard (2014)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 126 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« Jean… Qu’est-ce que tu dirais si j’avais fait quelque chose de grave ? » J’avoue que cette question ne m’avait pas alarmé. Peut-être à cause du ton détaché qu’elle avait pris, comme on cite les paroles d’une chanson ou les vers d’un poème.

Et à cause d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par MachaLoubrun, le 13 février 2013

    MachaLoubrun
    Patrick Modiano cite souvent cette phrase de René Char «Vivre, c'est achever un souvenir.». Jean dans « L'herbe des nuits », incarne parfaitement cette quête.
    Il est écrivain et il arpente les rues de Paris qu'il fréquentait, jeune étudiant effacé, en compagnie de Dannie dans les années 60. Tout a tellement changé depuis, les façades, les cafés... Des silhouettes aux contours mal définis défilent devant ses yeux comme un film amateur que lui seul pourrait voir par-dessus les maisons et les jardins. Tout est flou et en même temps des détails lui reviennent peut-être plus révélateurs que les faits eux-mêmes. Comme toujours chez Patrick Modiano la cartographie des souvenirs se superpose à celles des sentiments et des rues de Paris.
    « Il n'y a jamais eu pour moi ni présent ni passé. Tout se confond, comme dans cette chambre vide où brille une lampe, toutes les nuits. »
    Alors Jean se penche sur les notes prises dans son carnet noir durant cette période. Qui était Dannie ? S'appelait-elle vraiment ainsi ? On retrouve dans ce roman, la quête d'identité chère à l'auteur…
    « Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un ? » demande un jour la jeune femme qui vit dans des hôtels et fréquente des personnes aux activités assez troubles. Jean retrouve par hasard le commissaire Langlais qui l'avait interrogé à l'époque des faits…. Il n'avait rien oublié lui non plus.
    Mais pour Jean « la seule chose qui comptait, c'était que nous marchions le long des quais sans demander l'autorisation de personne et sans rien laisser derrière nous. Et nous pouvions même traverser la Seine et nous perdre dans d'autres quartiers, et même quitter Paris pour d'autres villes et une autre vie ».
    Patrick Modiano est au sommet de son talent, « L'herbe des nuits » est un livre magnifique jusqu'à la dernière phrase, boulversante. Il suffit de se laisser porter par la sublime petite musique Modiano...
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 23 janvier 2013

    Cath36
    Petite musique récurrente et debussyste, Modiano nous revient, égal à lui-même. A la fois subjugant (par son style envoûtant, proche de l'impressionisme) et exaspérant (par cette façon qu'il a de toujours nous laisser sur notre faim) il reste ici plus proustien que jamais, en quête du Temps perdu et des amitiés égarées. A travers l'enquête et le thème -assez récurrent chez lui- de l'interrogatoire par un commissaire, c'est le passé qui est interrogé : comment comprendre ce qui nous a échappé, par quelle lumière la vérité de notre vie peut-elle nous être révélée et prendre un sens. Plus que la trame policière, c'est la quête de cette vérité qui prime, comme toujours chez Modiano.
    Lire Modiano, c'est longer des murs, frôler des passants, être à la recherche de son ombre comme Peter Schlemihl, dans cet anonymat libérateur que confère Paris. Les personnages ont leurs secrets derrière lesquels l'auteur se cache. On en sait un peu, pas trop, juste ce qu'il faut pour demeurer nostalgiques et silencieux.
    Faux roman faux polar, faux noms, fausses identités, fausse méditation philosophique sur le temps qui passe et ne revient pas mais vraie rêverie sur le présent relié au passé et aux souvenirs, cette balade dans le temps jadis est un régal pour les adeptes du genre. Dont je fais partie, ayant découvert Patrick Modiano alors que j'étais jeune étudiante à Paris, il y a bien longtemps de cela.... Ah nostalgie... Modiano est ma petite madeleine de Proust à moi.
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    • Livres 4.00/5
    Par Laurence64, le 16 octobre 2012

    Laurence64
    Chez Modiano, de livre en livre, j'arpente un Paris que je n'ai jamais connu, que jamais je ne connaitrai. Des silhouettes fantomatiques errent en quête d'une improbable vérité dans des rues qui ne cessent de se défaire.
    Derrière des façades vouées à disparaître, dissimulés par des volets clos, abrités dans des halls d'hôtels qui fermeront un jour, assis dans des cafés parfois surveillés, les personnages de Modiano se croisent, se rassemblent en une société interlope vaguement menaçante, confusément dangereuse. Mais toujours éphémère.
    L'herbe des nuits (que ce titre est beau!) voit la rencontre de Jean et Dannie alias Dominique alias Mireille, lequel la perdra de vue, ne la retrouvera jamais. Un manuscrit oublié, deux balles perdues, un inspecteur en retraite, une enquête officielle bâclée, le Maroc, et surtout Aghamouri - Paul Chastagnier- Duwelz- Gérard Marciano - Georges, litanie patronymique irréductible à toute connaissance.
    Dans ce Paris faiblement éclairé où les lumières restent parfois allumées malgré le départ des occupants (de passage; toujours de passage) se dessine celui d'hier, celui de Jeanne Duval, réincarnée peut-être. Et en contrepoint de la maîtresse du poète, un poète réel, plein de vie, croise notre route; un prénom: Jacques, deux vers: "Si je meurs qu'aille ma veuve / A javel près de Citron" . Sans carnet noir, j'ai interrompu ma lecture pour enquêter. Jacques Audiberti. Hommage. Et j'ai repris mes pérégrinations, chaque mot dans chaque pas de Jean.
    L'écriture est un art. Patrick Modiano, un enchanteur. Je suis prête à parier que si tout tourne rond dans l'univers littéraire, la première phrase de L'herbe des nuits passera à la postérité à côté des couchers avancés (longtemps je me suis couché de bonne heure) ou des commencements annoncés (ça a débuté comme ça): "Pourtant je n'ai pas rêvé".
    Moi, si. J'ai rêvé le temps d'une lecture sans comprendre, une fois de plus, comment, sans ficelle visible, l'écriture de cet écrivain-là crée magnifiquement un univers à la marge. Peut-être parce que Modiano est le romancier des temps. Les temps passés, rêvés, fantasmés, cherchés, oubliés.
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    • Livres 3.00/5
    Par Kittiwake, le 05 avril 2013

    Kittiwake
    Ce roman est une aquarelle, qui se dessine à petites touches, rectifiées au fur et à mesure qu'avance le récit. L'auteur fait ainsi naître peu à peu au fil des lignes une histoire dont la cohérence se manifeste graduellement, à partir des bribes de souvenirs, confrontés à la réalité actuelle. L'intrigue naît d'un petit carnet, noirci de données éclectiques, des noms, des adresses, quelques menus faits, auxquels la mémoire tente de restituer un contexte et une authenticité. Les personnages se construisent ainsi peu à peu, mouvants, et ballotés au gré des réminiscences, inquiétants, car complexes et nimbés d'un voile d'oubli et du manque de clairvoyance du narrateur qui les a cotoyés
    Les temps se mêlent, entre un passé des années 60 et un aujourd'hui qui se découvre à l'aune des réflexions introspectives.
    Sous une apparente désinvolture, l'écriture cache un travail en profondeur, seule garant d'un ensemble harmonieux pour le lecteur lorsque se tourne la dernière page.
    Premier contact avec cet univers, qui me donne l'envie d'en poursuivre l'exploration


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2013/04/lherbe-des-nuits.html
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    • Livres 5.00/5
    Par Shool, le 07 octobre 2012

    Shool
    Le nouveau Modiano, et mon premier Modiano !
    C'est un auteur à l'écriture assez troublante, qui touche toujours même s'il ne paraît pas.
    J'ai pris ce livre un peu par hasard, pour le lire avant de regarder l'emission de la Grande Librairie et surtout parce que je ne connaissais pas, même s'il est connu !
    Et j'ai cependant entendu certaines résonances dans l'écriture avec l'existence commune des êtres vivants.
    Jean, le narrateur de L'Herbe de Nuits, va nous parler aujourd'hui de son passé. le tout grâce à certains souvenirs et surtout... Son petit carnet noir dans lequel il notait tout. Jusqu'aux bancs qui habitaient Paris afin de ne pas les oubliés une fois enlevés pour créer un Paris du XXe siècle. Un Paris plein d'immeubles et de grattes ciels.
    Nous suivons les déambulations du personnage à travers les rues de Paris, notamment Montparnasse et le quartier Latin. A l'époque, Jean était plutôt vacant, libre, et sans réels objectifs. Il a rencontré au détour d'un hasard Dannie, qui cache bien des secrets. Son but ultime est de la retrouvé des années après. Après qu'il sache qu'elle a commis un meurtre. A moins que ce ne soit un accident ?
    Dannie a de mauvaises fréquentations, dont le narrateur ne cessera de répéter les noms afin de ne jamais les oublier.
    Un roman plein de nostalgie, avec un narrateur qui vit dans une époque qui n'est pas la sienne, lui qui est un homme de lettre, de poésie qui aime Tristan CORBIERE et Jeanne DUVAL. On suit à ses côtés l'ascension du mystére autour de Dannie et ses compères. le tout dans une ambiance d'immeubles, avec des personnages dont on ne sait absolument rien, et un bon vieux commissaire Langlais qui suivra le narrateur partout.
    Nous visitons Paris en plein été, lorsque Paris est mort. Nous passons d'une île à une autre, nous fréquentons le Maroc et ses espion, nous longeons la Seine sans répit, et toujours avec plaisir. Et évidement, nous irons passer des soirées bizarres dans des bistrots que nous nommerons "Le 66".
    Si vous ne connaissez pas Modiano, n'hésitez pas une seconde, vous pouvez commencer avec celui-ci. Si vous avez déjà lu Modiano, n'hésitez pas une seconde, continuez !
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Critiques presse (5)


  • Lexpress , le 04 juillet 2014
    Au flou des personnages répond la précision des lieux. Le piéton de Paris fait des miracles, le sondeur des âmes, des prouesses. Et l'on referme ce livre au délicieux parfum.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LaPresse , le 21 janvier 2013
    L'écriture de Modiano est unique, enveloppante, voire envoûtante. Si vous n'avez jamais lu un de ses romans, ce sera une belle découverte. Quant aux amateurs de l'auteur, ils seront ravis de replonger dans son univers.
    Lire la critique sur le site : LaPresse
  • LeSoir , le 09 octobre 2012
    Les enquêtes de Modiano sont destinées à nous égarer plus qu’à nous éclairer. L’herbe des nuits ressemble bien à ses livres précédents où une démarche peu assurée conduit avec beaucoup de réticences vers la résolution d’une énigme dont on n’a, au fond, pas plus envie que le narrateur de connaître tous les ressorts.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LaLibreBelgique , le 09 octobre 2012
    Dans cette recherche d’on ne sait trop quoi, menée sans solution à chacun de ses romans, [l'auteur] nous renvoie à nos quêtes personnelles parmi les chaos et dérives de la vie ainsi qu’aux interrogations sans réponse satisfaisante qui ne cessent de nous hanter.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Telerama , le 26 septembre 2012
    Quête immatérielle et inlassable, éternellement recommencée — car à l'évidence le nouveau roman de Patrick Modiano prend place comme un chapitre supplémentaire, ou une nouvelle variation, dans cet admirable poème dont il a entrepris la composition il y a plus de quarante ans.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par michelekastner, le 17 octobre 2012

    Depuis que j'écris ces pages, je me dis qu'il y a un moyen, justement, de lutter contre l'oubli. C'est d'aller dans certaines zones de Paris où vous n'êtes pas retourné depuis trente, quarante ans et d'y rester un après-midi, comme si vous faisiez le guet. Peut-être celles et ceux dont vous vous demandez ce qu'ils sont devenus surgiront au coin d'une rue, ou dans l'allée d'un parc, ou sortiront de l'un des immeubles qui bordent ces impasses désertes que l'on nomme "square" ou "villa". Ils vivent de leur vie secrète, et cela n'est possible pour eux que dans des endroits silencieux, loin du centre.
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  • Par Cath36, le 23 janvier 2013

    On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.

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  • Par michelekastner, le 17 octobre 2012

    C'était une manie de vouloir connaître tout ce qui avait occupé, au fil du temps et par couches successives, tel endroit de Paris. Cette fois-ci, il me semblait respirer l'odeur écoeurante des peaux et des cuirs verts. Le titre d'un documentaire que j'avais vu trop jeune et qui m'avait marqué pour la vie me revenait à la mémoire : "Le sang des bêtes". On tuait les animaux à Vaugirard, à la Villette, et on ramenait leurs peaux jusqu'ici pour en faire le commerce. Des milliers et des milliers d'animaux anonymes. Et de tout cela il ne restait qu'un terrain vague, et pour très peu de temps encore, les noms de quelques charognards et assassins sur des murs à moitié écroulés. Et je les avais notés ce soir-là dans mon carnet. A quoi bon ? J'aurais plutôt aimé savoir les noms des cent filles de l'hôpital qui s'étendait sur ce terrain bien avant la halle aux cuirs.
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  • Par liratouva2, le 13 mars 2013

    Il m'aura fallu presque une vie entière pour revenir à mon point de départ.
    Pourtant je n'ai pas rêvé . ...Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature. Mais dans quelle catégorie les placer? journal intime? fragments de mémoire?
    Bien sûr de nombreux signaux se sont brouillés, et vous avez beau tendre l'oreille, ils se perdent pour toujours. Mais quelques noms se détachent avec netteté dans le silence et sur la page blanche...Dannie, Paul Chastagnier, Aghamouri, Duwelz, Gérard Marciano, "Georges", l'Unic Hôtel, rue du Montparnasse. Si je me souviens bien, j'étais toujours sur le qui-vive dans ce quartier.
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  • Par mireille.lefustec, le 05 mai 2013

    certains rêves_ou plutôt certains cauchemars _que vous avez faits la nuit précédente,vous les traînez pendant toute la journée. Ils se mêlent à vos gestes les plus quotidiens,vous avez beau vous trouver avec des amis,au soleil,à la terrasse d'un café,ils vous poursuivent par bribes et se collent à votre vie réelle,comme une sorte d'écho ou de brouillage dont vous ne pouvez plus vous débarrasser.

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Vidéo de Patrick Modiano

Le Cercle littéraire de la BnF - Entretien du 6 novembre 2012 .
Le Cercle litteraire de la BnF, 6 novembre 2012, avec Patrick Modiano. Présenté par Laure Adler et Bruno Racine








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