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ISBN : 2070138879
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 3.52/5 (sur 242 notes)
Résumé :
« Jean… Qu’est-ce que tu dirais si j’avais fait quelque chose de grave ? » J’avoue que cette question ne m’avait pas alarmé. Peut-être à cause du ton détaché qu’elle avait pris, comme on cite les paroles d’une chanson ou les vers d’un poème.

Et à cause de ce : « Jean… Qu’est ce que tu dirais… » c’était justement un vers qui m’était revenu à la mémoire : « … Dis, Blaise, sommes-nous bien loin de Montmartre ? » « Qu’est-ce que tu dirais si j’avais tué ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (64) Voir plus Ajouter une critique
Macha_Loubrun
Macha_Loubrun13 février 2013
  • Livres 5.00/5
Patrick Modiano cite souvent cette phrase de René Char «Vivre, c'est achever un souvenir.». Jean dans « L'herbe des nuits », incarne parfaitement cette quête.
Il est écrivain et il arpente les rues de Paris qu'il fréquentait, jeune étudiant effacé, en compagnie de Dannie dans les années 60. Tout a tellement changé depuis, les façades, les cafés... Des silhouettes aux contours mal définis défilent devant ses yeux comme un film amateur que lui seul pourrait voir par-dessus les maisons et les jardins. Tout est flou et en même temps des détails lui reviennent peut-être plus révélateurs que les faits eux-mêmes. Comme toujours chez Patrick Modiano la cartographie des souvenirs se superpose à celles des sentiments et des rues de Paris.
« Il n'y a jamais eu pour moi ni présent ni passé. Tout se confond, comme dans cette chambre vide où brille une lampe, toutes les nuits. »
Alors Jean se penche sur les notes prises dans son carnet noir durant cette période. Qui était Dannie ? S'appelait-elle vraiment ainsi ? On retrouve dans ce roman, la quête d'identité chère à l'auteur…
« Qu'est-ce que tu dirais si j'avais tué quelqu'un ? » demande un jour la jeune femme qui vit dans des hôtels et fréquente des personnes aux activités assez troubles. Jean retrouve par hasard le commissaire Langlais qui l'avait interrogé à l'époque des faits…. Il n'avait rien oublié lui non plus.
Mais pour Jean « la seule chose qui comptait, c'était que nous marchions le long des quais sans demander l'autorisation de personne et sans rien laisser derrière nous. Et nous pouvions même traverser la Seine et nous perdre dans d'autres quartiers, et même quitter Paris pour d'autres villes et une autre vie ».
Patrick Modiano est au sommet de son talent, « L'herbe des nuits » est un livre magnifique jusqu'à la dernière phrase, boulversante. Il suffit de se laisser porter par la sublime petite musique Modiano...
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Cath36
Cath3623 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
Petite musique récurrente et debussyste, Modiano nous revient, égal à lui-même. A la fois subjugant (par son style envoûtant, proche de l'impressionisme) et exaspérant (par cette façon qu'il a de toujours nous laisser sur notre faim) il reste ici plus proustien que jamais, en quête du Temps perdu et des amitiés égarées. A travers l'enquête et le thème -assez récurrent chez lui- de l'interrogatoire par un commissaire, c'est le passé qui est interrogé : comment comprendre ce qui nous a échappé, par quelle lumière la vérité de notre vie peut-elle nous être révélée et prendre un sens. Plus que la trame policière, c'est la quête de cette vérité qui prime, comme toujours chez Modiano.
Lire Modiano, c'est longer des murs, frôler des passants, être à la recherche de son ombre comme Peter Schlemihl, dans cet anonymat libérateur que confère Paris. Les personnages ont leurs secrets derrière lesquels l'auteur se cache. On en sait un peu, pas trop, juste ce qu'il faut pour demeurer nostalgiques et silencieux.
Faux roman faux polar, faux noms, fausses identités, fausse méditation philosophique sur le temps qui passe et ne revient pas mais vraie rêverie sur le présent relié au passé et aux souvenirs, cette balade dans le temps jadis est un régal pour les adeptes du genre. Dont je fais partie, ayant découvert Patrick Modiano alors que j'étais jeune étudiante à Paris, il y a bien longtemps de cela.... Ah nostalgie... Modiano est ma petite madeleine de Proust à moi.
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Kittiwake
Kittiwake05 avril 2013
  • Livres 3.00/5
Ce roman est une aquarelle, qui se dessine à petites touches, rectifiées au fur et à mesure qu'avance le récit. L'auteur fait ainsi naître peu à peu au fil des lignes une histoire dont la cohérence se manifeste graduellement, à partir des bribes de souvenirs, confrontés à la réalité actuelle. L'intrigue naît d'un petit carnet, noirci de données éclectiques, des noms, des adresses, quelques menus faits, auxquels la mémoire tente de restituer un contexte et une authenticité. Les personnages se construisent ainsi peu à peu, mouvants, et ballotés au gré des réminiscences, inquiétants, car complexes et nimbés d'un voile d'oubli et du manque de clairvoyance du narrateur qui les a cotoyés
Les temps se mêlent, entre un passé des années 60 et un aujourd'hui qui se découvre à l'aune des réflexions introspectives.
Sous une apparente désinvolture, l'écriture cache un travail en profondeur, seule garant d'un ensemble harmonieux pour le lecteur lorsque se tourne la dernière page.
Premier contact avec cet univers, qui me donne l'envie d'en poursuivre l'exploration

Lien : http://kittylamouette.blogspot.fr/2013/04/lherbe..
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Laurence64
Laurence6416 octobre 2012
  • Livres 4.00/5
Chez Modiano, de livre en livre, j'arpente un Paris que je n'ai jamais connu, que jamais je ne connaitrai. Des silhouettes fantomatiques errent en quête d'une improbable vérité dans des rues qui ne cessent de se défaire.
Derrière des façades vouées à disparaître, dissimulés par des volets clos, abrités dans des halls d'hôtels qui fermeront un jour, assis dans des cafés parfois surveillés, les personnages de Modiano se croisent, se rassemblent en une société interlope vaguement menaçante, confusément dangereuse. Mais toujours éphémère.
L'herbe des nuits (que ce titre est beau!) voit la rencontre de Jean et Dannie alias Dominique alias Mireille, lequel la perdra de vue, ne la retrouvera jamais. Un manuscrit oublié, deux balles perdues, un inspecteur en retraite, une enquête officielle bâclée, le Maroc, et surtout Aghamouri - Paul Chastagnier- Duwelz- Gérard Marciano - Georges, litanie patronymique irréductible à toute connaissance.
Dans ce Paris faiblement éclairé où les lumières restent parfois allumées malgré le départ des occupants (de passage; toujours de passage) se dessine celui d'hier, celui de Jeanne Duval, réincarnée peut-être. Et en contrepoint de la maîtresse du poète, un poète réel, plein de vie, croise notre route; un prénom: Jacques, deux vers: "Si je meurs qu'aille ma veuve / A javel près de Citron" . Sans carnet noir, j'ai interrompu ma lecture pour enquêter. Jacques Audiberti. Hommage. Et j'ai repris mes pérégrinations, chaque mot dans chaque pas de Jean.
L'écriture est un art. Patrick Modiano, un enchanteur. Je suis prête à parier que si tout tourne rond dans l'univers littéraire, la première phrase de L'herbe des nuits passera à la postérité à côté des couchers avancés (longtemps je me suis couché de bonne heure) ou des commencements annoncés (ça a débuté comme ça): "Pourtant je n'ai pas rêvé".
Moi, si. J'ai rêvé le temps d'une lecture sans comprendre, une fois de plus, comment, sans ficelle visible, l'écriture de cet écrivain-là crée magnifiquement un univers à la marge. Peut-être parce que Modiano est le romancier des temps. Les temps passés, rêvés, fantasmés, cherchés, oubliés.
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Ambages
Ambages14 septembre 2015
  • Livres 4.00/5
Jean. Jean et ton petit carnet noir. Tu m'as donné du fil à retordre pour rentrer dans ton histoire. J'ai relu plusieurs fois les premières pages. Et puis après un effort de mémorisation du nom des acolytes fort louches, qui gravitaient autour de vous deux, j'ai commencé à vous suivre dans les rues, Dannie à ton bras. Je fus récompensée.
Tu es un doux rêveur Jean ! Tu vis au-delà du temps, ou plus exactement le temps se dilate dans tes songes. Et c'est ce qui m'a plu car je pouvais, moi aussi, entendre les fers des sabots des chevaux tirant une calèche alors que nous attendions que le feu passe au vert et que les scooters se faufilent entre les voitures.
J'ai cherché qui était Dannie et ce qu'elle avait bien pu faire de criminel. Car je sentais les frissons du polar à travers tes questions. Parfois j'ai même pensé que Dannie t'avait embarqué dans une sombre affaire, voire une sordide affaire. J'ai cherché dans tous les sens : les crimes crapuleux, les crimes passionnels et même politiques... Les pistes ne manquaient pas.
Enfin, à un moment j'ai su : je rêvais, comme toi, avec toi. Et j'ai adoré ton histoire, enfin surtout la manière dont tu me l'as contée.
Mais Jean ! Je ne sais presque rien de toi.
Je crois que je vais aller faire un tour dans les petites rues parisiennes, dans les squares où tu aimes prendre des notes, et qui sait, peut-être vais-je trouver, au fond d'une boutique obscure la lettre que tu as adressée à Dannie. Je suis certaine que tu lui as laissé un message, non pas pour lui dire au revoir, juste pour lui dire : « Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier », si tu reviens... A tout bientôt Jean


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Les critiques presse (5)
Lexpress04 juillet 2014
Au flou des personnages répond la précision des lieux. Le piéton de Paris fait des miracles, le sondeur des âmes, des prouesses. Et l'on referme ce livre au délicieux parfum.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaPresse21 janvier 2013
L'écriture de Modiano est unique, enveloppante, voire envoûtante. Si vous n'avez jamais lu un de ses romans, ce sera une belle découverte. Quant aux amateurs de l'auteur, ils seront ravis de replonger dans son univers.
Lire la critique sur le site : LaPresse
LeSoir09 octobre 2012
Les enquêtes de Modiano sont destinées à nous égarer plus qu’à nous éclairer. L’herbe des nuits ressemble bien à ses livres précédents où une démarche peu assurée conduit avec beaucoup de réticences vers la résolution d’une énigme dont on n’a, au fond, pas plus envie que le narrateur de connaître tous les ressorts.
Lire la critique sur le site : LeSoir
LaLibreBelgique09 octobre 2012
Dans cette recherche d’on ne sait trop quoi, menée sans solution à chacun de ses romans, [l'auteur] nous renvoie à nos quêtes personnelles parmi les chaos et dérives de la vie ainsi qu’aux interrogations sans réponse satisfaisante qui ne cessent de nous hanter.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Telerama26 septembre 2012
Quête immatérielle et inlassable, éternellement recommencée — car à l'évidence le nouveau roman de Patrick Modiano prend place comme un chapitre supplémentaire, ou une nouvelle variation, dans cet admirable poème dont il a entrepris la composition il y a plus de quarante ans.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner17 octobre 2012
Depuis que j'écris ces pages, je me dis qu'il y a un moyen, justement, de lutter contre l'oubli. C'est d'aller dans certaines zones de Paris où vous n'êtes pas retourné depuis trente, quarante ans et d'y rester un après-midi, comme si vous faisiez le guet. Peut-être celles et ceux dont vous vous demandez ce qu'ils sont devenus surgiront au coin d'une rue, ou dans l'allée d'un parc, ou sortiront de l'un des immeubles qui bordent ces impasses désertes que l'on nomme "square" ou "villa". Ils vivent de leur vie secrète, et cela n'est possible pour eux que dans des endroits silencieux, loin du centre.
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Cath36Cath3623 janvier 2013
On dirait que les lampes se sont usées avec le temps. Mais quelquefois un déclic se produit. Hier, j'étais seul dans la rue et un voile se déchirait. Plus de passé, plus de présent, un temps immobile. Tout avait retrouvé sa vraie lumière.
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michelekastnermichelekastner17 octobre 2012
C'était une manie de vouloir connaître tout ce qui avait occupé, au fil du temps et par couches successives, tel endroit de Paris. Cette fois-ci, il me semblait respirer l'odeur écoeurante des peaux et des cuirs verts. Le titre d'un documentaire que j'avais vu trop jeune et qui m'avait marqué pour la vie me revenait à la mémoire : "Le sang des bêtes". On tuait les animaux à Vaugirard, à la Villette, et on ramenait leurs peaux jusqu'ici pour en faire le commerce. Des milliers et des milliers d'animaux anonymes. Et de tout cela il ne restait qu'un terrain vague, et pour très peu de temps encore, les noms de quelques charognards et assassins sur des murs à moitié écroulés. Et je les avais notés ce soir-là dans mon carnet. A quoi bon ? J'aurais plutôt aimé savoir les noms des cent filles de l'hôpital qui s'étendait sur ce terrain bien avant la halle aux cuirs.
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liratouva2liratouva213 mars 2013
Il m'aura fallu presque une vie entière pour revenir à mon point de départ.
Pourtant je n'ai pas rêvé . ...Sur les pages du carnet se succèdent des noms, des numéros de téléphone, des dates de rendez-vous, et aussi des textes courts qui ont peut-être quelque chose à voir avec la littérature. Mais dans quelle catégorie les placer? journal intime? fragments de mémoire?
Bien sûr de nombreux signaux se sont brouillés, et vous avez beau tendre l'oreille, ils se perdent pour toujours. Mais quelques noms se détachent avec netteté dans le silence et sur la page blanche...Dannie, Paul Chastagnier, Aghamouri, Duwelz, Gérard Marciano, "Georges", l'Unic Hôtel, rue du Montparnasse. Si je me souviens bien, j'étais toujours sur le qui-vive dans ce quartier.
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TrissotinTrissotin28 octobre 2012
En feuilletant le carnet noir, j'éprouve deux sentiments contradictoires. Si ces pages manquent de détails précis, je me dis qu'à cette époque-là je ne m'étonnais de rien. L'insouciance de la jeunesse ? Mais je relis certaines phrases, certains noms, certaines indications et il me semble que je lançais des appels de morse pour plus tard. Oui, c’était comme si je voulais laisser, noir sur blanc, des indices qui me permettraient, dans un avenir lointain, d'éclaircir ce que j'avais vécu sur le moment sans bien le comprendre.
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Videos de Patrick Modiano (56) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Patrick Modiano
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L'herbe des nuits de Patrick Modiano avec : Interprètes - Emilie David, Charlotte Robb, Nawel Auteurs - Charlotte Robb & Nawal Stouli Réalisation / Montage - Charlotte Robb Lumière / Cadre - Martin Besnard Musique - Julien Agazar Voix - Alexandre Runtz
Et un grand merci à Solène !
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