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ISBN : 2226036377
Éditeur : Albin Michel (01/09/1989)

Note moyenne : 4.33/5 (sur 6 notes)
Résumé :
« Adrienne Monnier était comme un jardinier, et dans la serre de la rue de l'Odéon où s'épanouissaient, s'échangeaient, se dispersaient ou se formaient les idées en toute liberté, en toute hostilité, en toute promiscuité, en toute complexité, souriante, émue et véhémente, elle parlait de ce qu'elle aimait : la littérature. »

Jacques Prévert évoquait ainsi la fondatrice de « La Maison des amis des livres ». Inaugurée en 1915 au 7, rue de l'Odéon, cette... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Bookycooky
18 décembre 2016
★★★★★
★★★★★
" Je suis devenue libraire pendant l'autre guerre, en novembre 1915 ",
C'est l'histoire d'une femme qui aimait les livres, et qui avec le métier de libraire aspirait à plonger dans l'océan de la connaissance. Voilà comment vit le jour "La Maison des Amis des Livres", rue de l'Odéon à Paris et y survécut trente-six ans.
Elle s'appelait Adrienne Monnier, elle idolâtrait Maeterlinck et aimait la peinture préraphaélite.
Sa librairie- bibliothèque de prêt fût un temple de la littérature, que fréquentèrent Erik Satie,Paul Valery,Jules Romains,Paul Claudel, Léon-Paul Fargue, Guillaume Apollinaire,Blaise Cendars, Ezra Pound, Louis Aragon, André Breton,......bref quasi le tout Paris littéraire de l'époque, mais aussi....James Joyce dont elle publiera la traduction d'Ulysse, Samuel Beckett, Ernest Hemingway.....que des grands noms, impressionnant !
Un lieu où l'écrit était roi, lu, échangé, prêté ,interprété, discuté, publié.....un des lieux majeurs de la création littéraire de l'entre-deux-guerres -Satie y inaugura "Socrate", Cocteau y brilla avec ses séances de lecture,...et tous les nouveaux courants littéraires y passèrent ( dada, surréalisme ....)-.

Adrienne , femme passionnée, passionnante, très portée à l'exercice des sciences dite occultes, entretiendra des relations au-delà du sociale avec la plupart de ces figures emblématiques de la littérature de l'époque. Mélangeant à des anecdotes, elle nous en dressent des beaux portraits, aux détails croustillants, et à l'esprit critique très prononcé,
Cendars,qui "apportait avec lui une atmosphère de film d'aventure",
Breton, le "porte-glaive", que la violence faisait statue,
Paul Valéry qui regardait en homme qui a bien "tué la marionnette",
Fargue au léger strabisme, signe de diablerie,.....
"Trente ans de vie littéraire, c'est un monde.Vous n'en avez aujourd'hui qu'un aperçu."
( 1946). Un aperçu que je conseille à tous les amoureuses et amoureux de la Littérature , véritable caverne d'Ali Baba regorgeant de références littéraires et artistiques -vous suggère de regarder sur internet "The Hope" de Watts, et " The Swing" de Fragonard, magnifiques tableaux qui enchantèrent Adrienne -.
C'est Un Régal !
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lanard
03 septembre 2010
Adrienne Monnier ; je l'imaginais une sorte de bigote de la littérature. Cette lecture conforte cette vision tout en la tempérant. Bigotte, sans aucun doute, mais grande catéchèse érudite, Adrienne Monnier fut certainement une grande libraire et je comprend pourquoi elle figure en belle place dans l'Éloge de la librairie de Baptiste-Marey. En témoigne la troisième partie de l'ouvrage qui recueille les écrits où elle expose sa conception de la librairie (qui était en même temps une bibliothèque de prêt, un cabinet de lecture) et sa défense du livre pauvre (nous dirions aujourd'hui du livre de poche) comme vulgarisateur des textes classiques).
Passons le côté bonne soeur de la littérature et ses façons quasi-mystiques ; droguée de bonne heure au symbolisme, inconditionnelle de Maeterlinck (elle vit Pelléas et Mélisande à l'âge de 10 ans et ce souvenir émerveillé lui donna envie, adolescente de lire ses livres) ; elle lit dans les lignes de la main (de ses grands auteurs, qu'elle rencontre dans sa librairie) ; voici son jugement sur la Théorie plastique de l'androgyne de Péladan : "Encore un écrit ravageur, qui n'a peut-être pas cessé ses ravages. J'en fut personnellement impressionnée au suprême degré, au degré qui me fit mépriser ma forme féminine et comprimer mes seins, comme une religieuse ou comme une amazone." (p. 46 in le Mercure vu par un enfant, 1946).
Une galerie de Portraits d'écrivains : Alfred Valette le directeur du Mercure de France, Léon Paul Fargue, Gide, André Breton, Léautaud, Paul Valéry, Apollinaire, Walter Benjamin, Valéry Larbaud, Becket, Joyce (curieusement, pas grand chose sur Joyce, malgré un long passage sur l'histoire de la traduction d'Ulysses), Hemingway en coup de vent. Enfin, on jubile en découvrant cet étonnant personnage de la scène littéraire que fut, Raymonde Linossier, morte trop tôt sans doute, auteur de Bibi-la-bibiste.
J'allais oublier Sylvia Beach, fondatrice de la librairie Shakespeare and Co.
Un point intéressant : les différentes accusations de copinage, les haines qu'elle s'attira; sa librairie semblait donner le ton de ce que devait être la littérature. Des haines et des rancunes littéraires se sont focalisées sur cette libraire aimée de quelques unes des gloires montantes de la littérature. Tantôt, on attribue son succès à ses amitiés avec des écrivains qui jouent dans la cour des grands (Cf. p. 38) : "Beaucoup de gens croient que, lorsque je me suis établie, j'avais déjà autour de moi un groupe d'amis, groupe qui m'aurait influencée à prendre telle direction plutôt qu'une autre, qui aurait fait de ma maison, par exemple, une petite chapelle attenant à la Nouvelle revue française. Ce genre d'accusation m'a souvent été adressé (Oui, pour certains, c'était une accusation)". Tantôt, on l'accuse d'avoir été le "véritable guide" de René Lalou auteur d'une Histoire de la littérature française contemporaine et d'avoir contribué à dévoyer la question du littéraire en affaire de copinage (voir sa réponse à son accusateur Edouard Dujardin, p. 239).
Une dernière précision, Adrienne Monnier n'était pas une bourgeoise ; originaire d'un milieu humble mais plein de bonne volonté culturelle, la libraire de la rue de l'Odéon s'est taillée une place originale dans le champ littéraire. Osons cette comparaison; cette grande dévote des lettres fût en quelque sorte la Madame Guyon de la littérature du XXème siècle.
On peut lire en introduction de ce livre des textes de Paul Claudel, Saint-John Perse, Jacques Prévert, S.M. Einsenstein, Michel Cournot, Pascal Pia, Yves Bonnefoy.
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paullilas
25 mars 2015
★★★★★
★★★★★
Quelle femme! En ouvrant ce livre je me sens chez moi sans doute parce que j'ai été libraire et maintenant bouquiniste je prend conseil même si mes petites boîtes vertes au bord de la Seine sont loin de la prestigieuse librairie qu'Adrienne Monnier a su faire vivre et cela commence par "un rangement sérieux instruit mieux que la plupart des traités de sagesse; les petits problèmes éclairent les grands. On comprend l'aspiration à l'espace vital" et puis leçon sur la vie aussi: "la foi ne gagne rien à être fanatique". Bref à lire par tout libraire débutant ou non et amoureux des femmes "dangereuses"(celles qui lisent, bien sûr!)
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Citations & extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
BookycookyBookycooky15 décembre 2016
L'esprit nouveau....mais l'esprit est toujours nouveau.Ceux sont les formes dans lesquelles il s'incarne et qu'il laisse derrière lui qui vieillissent. L'invention sans répit entasse les défroques et ne donne même pas à la surprise le temps d'être une surprise. p.93
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BookycookyBookycooky12 décembre 2016
À partir de ce moment, je compris Claudel, ou plutôt je le saisis.Je vis qu'il n'y avait d'ailleurs rien à comprendre: c'était un monde qui vous était ouvert ou fermé, et la façon d'y entrer était justement de ne pas raisonner et de se laisser être réceptif. p.55
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SophiePatchouliSophiePatchouli02 décembre 2010
Peu de libraire sont entré dans la légende, Adrienne Monnier oui.
Ouvrant sa boutique à Jacques Prévert, Hemingway ou Saint John Perse, elle a aimé les livres et les littérateurs. Elle conversait aisément avec Breton ou Satie et participant à la folle vie de Saint Germain des prés est parvenue à créer un univers singulier, livresque et ... romanesque !
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BookycookyBookycooky11 décembre 2016
Il y avait de curieux êtres qui s'étaient fait une image d'eux-mêmes et qui vivaient dedans, contraints et magnifiques : Marie Huot, Valentine de Saint-Point, et d'autres dont je n'ai jamais su le nom ( chez Mercure de France -1913) p.34
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fanfanouche24fanfanouche2429 mai 2013
Mais si tout homme conscient peut s'exalter sur son métier et saisir les rapports admirables qui le lient à la société, quels ne seront pas nos sentiments à nous, libraires, qui, avant toute pensée de gain et de travail basée sur les livres, les avons aimés avec transport et avons cru à la puissance infinie des plus beaux! (p. 220-221)
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