> Marc Saporta (Traducteur)

ISBN : 2070364658
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 62 notes) Ajouter à mes livres
« Miss Stein et moi étions encore bons amis lorsqu'elle fit sa remarque sur la génération perdue. Elle avait eu des ennuis avec l'allumage de la vieille Ford T qu'elle conduisait, et le jeune homme qui travaillait au garage et s'occupait de sa voiture - un conscrit de 1... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (16)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par manu17, le 31 décembre 2011

    manu17
    Comme beaucoup, c'est le film de Woody Allen, Midnight in Paris, qui m'a donné envie de me plonger dans ce livre d'Hemingway mais aussi le livre Alabama Song, version romancé de la vie de Zelda Fitzgerald par Gilles Leroy, que j'avais littéralement dévoré et adoré.
    Hemingway nous parle ici de sa vie, de son travail d'écrivain et de ses rencontres dans la capitale française dans les années vingt, de 1921 à 1926 pour être précis. Les chapitres les plus intéressants sont bien sûr ceux concernant ses rencontres avec des personnalités telles que Gertrude Stein, Ezra Pound, Sylvia Beach et bien sûr Scott Fitzgerald.
    Les portraits qu'il brosse sont sans doute proche du réel, son souhait, mais rarement flatteur pour les intéressés. Quand Gertrude Stein, connue pour partager sa vie avec une femme, lui explique la différence entre les homosexuelles hommes et femmes, accrochez-vous, on est bien loin du politiquement correct « Ce qui importe, c'est que l'acte commis par les homosexuels mâles est laid et répugnant ; et après ils se dégoûtent eux-mêmes. Ils boivent ou se droguent pour y remédier, mais l'acte les dégoûte et ils changent tout le temps de partenaire et ne peuvent jamais être vraiment heureux. […] Pour les femmes, c'est le contraire. Elles ne font rien qui puisse les dégoûter, rien qui soit répugnant ; et après elles sont heureuses et peuvent vivre ensemble. »
    Certains passages particulièrement intéressants nous permettent de découvrir la façon dont Hemingway travaille et perçoit le processus de création « Quand j'écrivais quelque chose, j'avais besoin de lire après avoir posé la plume. Si vous continuez à penser à ce que vous écrivez, en dehors des heures de travail, vous perdez le fil et vous ne pouvez le ressaisir le lendemain. Il vous faut faire de l'exercice, fatiguer votre cops, et il vous est recommandé de faire l'amour avec qui vous aimez. C'est même ce qu'il y a de meilleur. Mais ensuite, quand vous vous sentez vide, il vous faut lire afin de ne pas penser à votre œuvre et de ne pas vous en préoccuper jusqu'au moment où vous vous remettez à écrire. J'avais déjà appris à ne jamais assécher le puits de mon inspiration, mais à arrêter alors qu'il y avait encore quelque chose au fond pour laisser la source remplir le réservoir pendant la nuit. » On découvre les doutes qui le tenaillent «Je savais qu'il me fallait écrire un roman. Mais cela me semblait une entreprise impossible, quand j'avais tant de difficultés à écrire des paragraphes […]. Il fallait d'abord écrire des récits plus longs, comme on s'entraine pour des courses plus longues. »
    Ecrivain désargenté après avoir renoncé au journalisme pour se consacrer à son travail de romancier, il nous montre que la faim peut modifier sa perception des choses « J'ai appris à comprendre bien mieux Cézanne et à saisir vraiment comment il peignait ses paysages, quand j'étais affamé. Je me demandais s'il avait faim lui aussi lorsqu'il peignait […] ». On apprend aussi que Sylvia Beach, propriétaire de la célèbre librairie Shakespeare & Co, lui permet de se faire prêter les livres à moindre frais et d'approfondir sa connaissance des auteurs russes en particulier.
    Sa réponse à quelqu'un qui lui fait part de sa difficulté à écrire nous donne une idée de ce qu'il peut penser des critiques en général : « Ecoute, si tu ne peux pas écrire, pourquoi ne pas te faire critique littéraire ? » de là, à penser qu'il considère les critiques comme des écrivains ratés, il n'y a qu'un pas…
    A propos de Fitzgerald, je dirai que leur relation tient de l'attraction-répulsion, un mélange d'admiration et de rejet face à ce que représente l'auteur de Gatsby le magnifique. On le sent tantôt admiratif de son talent, tantôt jaloux de son succès, le tout assaisonné d'une bonne dose de mépris. Il le décrit de manière équivoque, presque séduit « un visage mi-beau mi-joli […] cette bouche si troublante pour qui ne connaissait pas Scott et plus troublante encore pour qui le connaissait. » mais conclut en le décrivant un peu court sur pattes. Il ne le ménage pas non plus quant à la façon dont il recycle certaines de ces nouvelles entre autre « Il m'avait raconté à la Closerie des Lilas comment il écrivait des nouvelles qu'il croyait bonnes, et qui l'étaient effectivement, pour le Post, et comment ensuite il les modifiait avant de les soumettre à des magazines, sachant exactement par quels trucs transformer ses nouvelles en textes publiables dans tel ou tel périodique. J'avais été scandalisé et l'avais traité de putain. » Pendant le fameux périple à Lyon, il nous dépeint un Fitzgerald, hypocondriaque, puéril, en un mot un boulet qui de plus ne tient pas l'alcool…
    Quant à Zelda, la femme de Scott, qu'il considérait comme étant nuisible au talent de son mari, il lui consacre un chapitre. Et dès la fin du précédent chapitre, on sent que son portrait va être particulièrement relevé à la façon dont il termine en apothéose comme pour annoncer la descente en règle qui va suivre «Je ne connaissais pas encore Zelda et ne savais point, par conséquent, quels terribles atouts Scott avait contre lui. Mais nous ne tarderions pas à le savoir. » Il la compare physiquement à un rapace, le faucon. On constate que la haine qui les opposait n'est pas une légende. Il nous dépeint une sorte de harpie castratrice ravi que son mari ne soit plus en état d'écrire «Zelda sourit […] quand elle le vit boire du vin. J'ai appris à très bien connaitre ce sourire. Il signifiait qu'elle savait que Scott ne pourrait pas écrire ». Il la décrit insatisfaite de la taille du sexe de Fitzgerald. Selon lui, c'est encore une façon pour elle de démolir Fitzgerald « -Mais pourquoi a-t-elle dit ça ? -Pour te rendre incapable d'initiative. » Il rassure son ami mais s'y attardera un chapitre entier, rien de moins. Un ami n'aurait-il pas plutôt passé cet épisode sous silence ? L'histoire a démontré par la suite que Zelda, qui écrivait aussi, a sans doute été plus victime que bourreau, son mari ne s'étant pas gêné pour piller ses écrits.
    Au final, l'écriture d'Hemingway m'a beaucoup plu. Son regard sur le couple Fitzgerald m'a particulièrement intéressé. Les portraits sont sans concession. Il nous rend familiers tous ces personnages qu'il a croisé durant son séjour parisien et nous fait découvrir et partager leur mode de vie. Mais même s'il fait aussi parfois preuve d'autocritique, on ne peut pas dire que son regard acéré sur eux le rende très sympathique.



    Lien : http://bouquins-de-poches-en-poches.blogspot.com/2012/01/paris-est-u..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine, le 17 novembre 2011

    sylvaine
    1921 Ernest Hemingway jeune journaliste débarque à Paris avec sa jeune épouse Hadley .Imaginez les au 6ème ou 7ème étage no 74 rue du Cardinall Lemoine .On est au début du printemps ,un matin très tôt un troupeau de chèvres remonte la rue au son du pipeau....
    J'étais sous le charme de l'écriture d'Hémingway .Avec lui j'ai fait la connaissance de Gertrude Stein ,de Sylvia Beach libraire ,d'Ezra Pound poète et de Scott et Zelda Fitzgerald. et de bien d'autres
    Un texte publié à titre posthume .A lire pour le plaisir ,rien que pour le plaisir!
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Cath36, le 27 juillet 2011

    Cath36
    Mieux vaut souvent le texte mineur d'un grand écrivain que le grand texte d'un écrivain mineur... Je me suis lancé dans ce livre après avoir vu "Minuit à Paris" de Woody Allen, histoire de compléter l'ambiance rétro des années folles. Et je n'ai pas été déçue : il y a dans ce livre émouvant ( ce sont les débuts d'écrivain du jeune Hemingway à Paris) des souvenirs qui ont valeur de témoignages et en même temps on les vit comme si on y était : les personnages évoqués sont vivants, proches de nous et on se prend à rêver d'un Paris où on peut être heureux malgré la pauvreté. Les descriptions succèdent aux réflexions pertinentes avec la précision sans égale qui est celle d'Hemingway. Et le fait qu'il ait écrit ce texte des années après contribue à faire de Paris une ville immortelle, notamment dans toutes ces réflexions faites au présent qui relie la mémoire du passé à son expérience actuelle dans une sorte d'a-temporalité magnifique. Oui, j'ai beaucoup aimé, et je recommande ce livre aux nostalgiques d'une époque où on pouvait se faire un nom de par son seul talent, et non par un tapage médiatique à faire fuir le diable lui-même.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par austen, le 08 septembre 2011

    austen
    J'aime les livres qui racontent une histoire: les biographies m'ennuient et je n'aime que les récits de voyages de Bruce Chatwin. En plus Paris commence à me stresser (signe certain de l'âge qui monte).
    En plus 671587dd479a53e3f8298ba2b1bd52bPGEgaHJlZj0iL2xpdnJlcy9DaGF0d2luLVV0ei8zMjMzMSIgY2xhc3M9InRpdHJlMSI+VXR6PC9hPg== et Fiesta m'avaient laissé l'impression d'une écriture un peu brutale voire machiste.
    C'est donc sans enthousiasme excessif que j'ai abordé Paris est une fête.
    Et là, la superbe surprise: au 1er récit j'étais prise. J'ai mis exactement 2 jours à le lire.
    C'est vrai, l'écriture est un peu...brute. Il n'y a aucune affèterie dans le style qui est simple. Et ce que j'avais pris dans ma prime jeunesse pour un excès de testostérone n'est que de la sincérité un peu brutale.
    Hemingway raconte dans ces récits son premier séjour parisien avec Hadley, sa 1ere épouse. Dans " ...le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux".
    J'ai adoré circuler avec lui dans Paris: le Luxembourg, le quartier Mouffetard, St Germain...
    Et puis, il faut l'avouer, Ernest Hemingway est un portraitiste hors pair, et, avec surprise, j'ai constaté que sa langue était très acérée. Il décrit ses amis avec beaucoup d'affection, mais il ne passe aucun défaut sous silence. Et il n'a pas de mots assez durs pour ceux qu'il n'aime pas.
    En tous cas j'ai bien ri en lisant certains récits (son voyage à Lyon avec Scott Fitzgerald par exemple) et j'espère n'avoir aucun ami qui fasse pareils récits de nos périples...
    C'est également un livre à conseiller à ceux qui voudraient se mettre à écrire: Ernest Hemingway explique ses méthodes d'écriture et les conseils qu'on lui a donnés à l'époque. C'est clair, sans prétention, et ça m'a presque donné envie de m'y mettre.
    Alors que tous les récits sont plutôt joyeux et en tous cas pleins de vie, la fin est un peu abrupte et on comprend à demi mot (un art chez Hemingway, ces demi-mots) que bientôt, la vie va changer, et sera probablement moins insouciante, moins joyeuse.
    Du coup on comprend le titre: Hemingway et sa femme ont vécu à Paris dans ces années là un bonheur simple et intense. C'est à Paris qu'ils ont eu leurs meilleurs moments. Ce bonheur là, a maintenant disparu, mais il subsiste, comme une petite musique, dans ses souvenirs.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 04 octobre 2011

    vincentf
    Lecture en écho du dernier Woody Allen: Paris dans les années 20, la dèche, quelques génies de l'écriture qui tentent de sortir de l'ombre, des beuveries,des aventures un peu rocambolesques, les courses de chevaux et de vélos, les vacances en montagne, bref un âge d'or, une errance heureuse dans les rues d'une ville qu'on souhaiterait ressusciter, un bref retour au temps béni de la jeunesse. le fusil qui tuera Hem' n'est pourtant pas loin. Son écriture ne laisse rien présager. Elle est toute de simplicité, centrée sur la justesse de la description de petits instants et de dialogues qui font que l'on sent, si longtemps après, si ailleurs, un petit vent agréable de ce Paris de rêve venir nous caresser l'esprit. Et ça fait du bien.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)

Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 27 juillet 2011
    Mieux qu'une simple réédition, Paris est une fête d'Ernest Hemingway paraît aujourd'hui dans une version augmentée, plus fidèle à l'esprit de l'auteur et commentée par ses descendants. Un must.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 27 juin 2011
    Oui, une fête perpétuelle, un hymne à la joie, une quête quasi mystique de "la vraie vie". Et un livre culte qui n'a pas pris une seule ride.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LePoint , le 16 juin 2011
    Ah ! ce titre ! Il dit tout. Il dit, surtout, que quand on a vécu à Paris ce que lui, Hemingway, y a vécu en ce temps-là, quand tout le monde avait du talent et que le cours du dollar transformait en nabab n'importe quel exilé
    Lire la critique sur le site : LePoint

> voir toutes (18)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Cath36, le 27 juillet 2011

    Ce fut la fin de notre première période parisienne. Paris ne fut plus jamais le même. C'était pourtant toujours Partis, et s'il changeait vous changiez en même temps que lui.... Il n'y a jamais de fin à Paris et le souvenir qu'en gardent tous ceux qui y ont vécu diffère d'une personne à l'autre. Nous y sommes toujours revenus, et peu importait quio nous étions, chaque fois, ou comment il avait changé, ou avec quelles difficultés -ou quelles commodités- nous pouvions nous y rendre. Paris valait toujours la peine, et vous receviez toujours quelque chose en retour de ce que vous lui donniez. Mais tel était le Paris de notre jeunesse, au temps où nous étions très pauvres et très heureux.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Kro, le 08 août 2011

    Zelda était très belle et son hâle avait de jolis tonalités dorées, et ses cheveux étaient d'un merveilleux or sombre, et elle se montrait très cordiale. Ses yeux de faucons étaient clairs et paisibles. Je compris que tout allait bien et irait bien, quand, vers la fin de la soirée, elle se pencha en avant pour me parler et me confier son grand secret: "Ernest, ne pensez-vous pas qu'Al Jolson est plus grand que Jésus?"
    Personne n'en pensait rien alors. C'était seulement le secret de Zelda, qu'elle partagea avec moi, comme un faucon partagerait quelque chose avec un homme. Mais les faucons ne partagent pas. Scott n'écrivit plus rien de bon jusqu'au moment où il sut qu'elle était folle.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Austral, le 30 août 2011

    J’avais rencontré Miss Stein au Luxembourg. Je ne me rappelle plus si elle promenait son chien ou non, ni si elle avait un chien en ce temps-là. Je sais que je me promenais moi-même, car nous ne pouvions pas nous payer un chien, alors, ni même un chat, et les seuls chats que je connaissais étaient ceux des cafés ou des petits restaurants, ou les gros chats que j’admirais à la fenêtre des loges de concierge.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Cath36, le 27 juillet 2011

    Au cours des trois ou quatre années de notre bonne amitié, et autant que je m'en souvienne, Gertrude Stein ne dit jamais le moindre bien d'un auteur qui n'eût pas pris son parti, ou ne se fût efforcé de l'aider dans la carrière des lettres, exception faite de Ronald Firbank et, plus tard de Scott Fitzgerald.... Quiconque mentionnait Joyce deux fois devant elle se trouvait désormais banni. C'était comme faire l'éloge d'un général devant un autre général.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Cath36, le 27 juillet 2011

    On dit que les germes de nos actions futures sont en nous, mais je crois que pour ceux qui plaisantent dans la vie, les germes sont enfouis dans un meilleur terreau, sous une couche plus épaisse d'engrais.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Paris est une fête par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (151)

> voir plus

Quiz