Ce livre nous relate les 10 dernières années de la vie de
Ravel.
Echenoz ne nous parle pas de ses techniques musicales, ni de « sa vie son œuvre » mais de sa vie tout court. Nous partons avec lui en Amérique à bord du France (pas celui-là, mais l'autre d'avant !!!). Nous apprenons tout de ses goûts vestimentaires, de sa si petite maison tout en hauteur. Nous découvrons
Ravel dans sa vie de tous les jours : L'homme élégant et raffiné, insomniaque, avec une petite santé. Ce qui m'a sauté aux yeux, bien décrit par
Echenoz, c'est sa grande solitude, surtout à la fin de sa vie où il souffre d'une maladie dégénérative qui petit à petit, lui ôtera ses facultés (perte de mémoire, impossibilité d'écrire….) ainsi que sa tristesse et l'ennui qu'il traîne tout au long de ses journées.
Cela peut, décrit comme cela, paraître morne et sans intérêt. Oui, mais c'est sans compter le génie de
Echenoz. Vous connaissez le Boléro, cette musique répétitive mais envoûtante et bien,
Echenoz a fait de même avec ce livre apparemment si banal, mais si plein de
Ravel.
Voici d'ailleurs ce qu'en écrit
Echenoz à propos de ce Boléro : Il y a en tout cas une fabrique qu'en ce moment
Ravel aime bien regarder, sur le chemin du Vésinet, juste après le pont de Rueil, elle lui donne des idées. Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne " et ce qu'en a dit
Ravel : A ceux qui s'aventurent à lui demande ce qu'il tient pour son chef d'œuvre : c'est le Boléro, voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.
Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre lu pour la seconde fois.
Echenoz est un très grand écrivain, ce que je savais déjà !!!