Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

ISBN : B009DMMCSO
Éditeur : Editions de Minuit (2012)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 148 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (22)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 31 mai 2012

    carre
    L'excellent Jean Echenoz (Goncourt pour "je m'en vais" ) continue son parcours singulier. En contant les dix dernières années du compositeur, Echenoz suit avec une foule de détails, la vie quotidienne du grand compositeur. On découvre un homme solitaire, en proie à des névroses, une fatigue récurrente qui prend de plus en plus de place, Ravel s'isole peu à peu vivant mal sa régression. le charme de l'écriture, les descriptions précises voir méticuleuses d'Echenoz font merveilles, il redonne vie à une époque, la maison de Montfort l'Amaury, les voyages, les réceptions, et l'on découvre un homme seul qui s'emmerde prodigieusement. On peut d'ailleurs se poser la question si ce portrait ne serait pas un reflet de l'auteur. Un roman qui se lit d'une traite, et confirme un écrivain exigeant, inclassable, vraiment à part. Ce n'est pas pour rien qu'il est édité par "Les éditions de minuit" réputée pour sortir des sentiers battus.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 27         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 06 février 2013

    brigittelascombe
    "Quelque chose ne colle plus" constate avec effroi le célèbre compositeur Maurice Ravel, pourtant au faite de sa gloire, dont les neurones se déconnectent peu à peu.
    Comme Jean d'Ormesson dans La conversation, qui analyse le moment clef où Bonaparte décide de devenir empereur, Jean Echenoz accomplit le trajet en sens inverse et étudie l'impact déstabilisant un grand homme (Ravel en l' occurrence, compositeur de génie) le poussant un jour à dire "c'est vraiment tragique ce qui m'arrive" alors que le cerveau embrumé, il ne peut plus écrire, ni composer, oublie tout et s'enlise dans un ennui neurasthénique.
    1927. Plus que (ou encore!) dix ans à vivre. Ravel l'ignore. Il embarque sur le France (ce géant mis en parallèle qui dans 9 ans chutera) via l'Amérique du nord pour une tournée mondiale sous un délire d'applaudissements (en particulier à New-York)où le public l'ovationne debout durant une demi-heure!
    Jean Echenoz, au style brillant et concis, comme dans 14, campe peu à peu le décor de cette tragédie. Un portrait d'homme obsessionnel "sec,mais chic", de quincagénaire célibataire, asocial,"tiré à quatre épingles vingt-quatre heures sur vingt-quatre",humiliant, dont le cadre de vie précis supporte mal les arrangements surtout lorsqu'ils viennent d'un interprète aux rajouts (pour lui) incongrus.
    De paresse en désinvolture, de dédain en je-m'en-foutisme, est-ce à ce moment précis que la chute commence? Où était-elle déjà là à l'état larvaire lorsqu'il composa son Boléro, captant son inspiration dans l'usine du Vésinet dont la "phrase ressassée sans espoir" dit le travail à la chaine mais dont les adaptations successives ne lui plaisent Pas car elles déforment sa pensée, à savoir que son fameux Boléro "est vide de musique". Vide, vide à combler de notes....ses notes.
    Ce point de vue intéressant pose le problème de l'adaptation d'une oeuvre dont a d'ailleurs parlé dernièrement Douglas Kennedy lors d'une soirée littéraire à la librairie Charlemagne de Toulon.Plus philosophe que Ravel, ou moins rigide, il a conclu à propos d'une adaptation cinématographique de l'un de ses romans: "c'est mon livre, c'est son film".
    Pour en revenir à l'excellent Ravel de Jean Echenoz, les dix dernières années de vie de Ravel permettent également au lecteur de voir une période charnière (années 1930) de bouillonnement culturel et de progrés (jazz, nouvelle salle Pleyel, goûts littéraires pour du Faulkner,arrivée des Surréalistes....)
    Bref, Jean Echenoz, Ici encore (puisqu'il a reçu le prix Goncourt général 1999 pour Je m'en vais, le MédIcis général 1983 pour Cherokee), ne faillit Pas à sa réputation d'écrivain hors normes.
    Ravel est édité par Les éditions de Minuit, actuellement à l'honneur au Théâtre dans Nouveau Roman, car n'est-ce Pas cette maison d'édition qui a lancé Nathalie Sarraute, Samuel Beckett....et tant d'autres écrivains intellectuels dits modernes).
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 18         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Aaliz, le 07 décembre 2012

    Aaliz

    Ma toute première lecture d'Echenoz s'avère être une réussite.
    J'avais au départ jeté mon dévolu sur Des éclairs ayant pour sujet Nicolas Tesla mais, étant indisponible à la bibliothèque, j'ai du me rabattre sur Ravel, que je connais très peu en dehors du fait qu'il soit le célèbre compositeur auquel on doit le tout aussi célèbre Boléro. Et finalement le hasard a bien fait les choses.
    Pourtant là encore, j'ai eu un peu de difficultés au début de ma lecture. Je trouvais le style assez froid bien que fluide et agréable à lire mais les nombreuses considérations vestimentaires et les descriptions détaillées des lieux commençaient à m'agacer.
    Et puis la magie a fini par opérer, la curiosité et la facilité de lecture ont fait que je tournais les pages sans même m'en rendre compte au point de me faire regretter que le récit soit aussi court.
    Le récit n'est pas, comme on pourrait le croire, une biographie romancée complète de Ravel. Jean Echenoz ne s'attarde que sur les dix dernières années de sa vie. J'ai été un peu déçue en constatant ce fait mais Jean Echenoz a réussi, sur la base de ces dix années, à brosser le portrait de son personnage en faisant entrer le lecteur dans son intimité. On découvre alors un homme assez maniaque et désinvolte. Gare à ceux qui, à l'instar de Toscanini ou Wittgenstein, osent dénaturer ses œuvres.
    On assiste alors à la naissance du Boléro, on est témoin du quotidien de Ravel dans son travail, ses tournées, Ravel qui ne peut se passer de ses chaussures fétiches mais qui pourtant les oublie sans cesse, part en voyage avec plus d'une cinquantaine de chemises et tout autant de cravates. Mais malgré ses airs de dandy à la limite de l'égocentrisme, on ne peut que s'attacher à lui. La progressive détérioration de sa santé, bien que Echenoz ne fasse pas dans le sentimentalisme, le rend finalement quand même très touchant.
    Finalement, le style de l'auteur s'accorde bien au tempérament du personnage. Ça me rappelle beaucoup le Peste & Choléra de Patrick Deville, ce dernier ayant un style un peu plus poétique mais plus ciselé ce qui le rend plus « difficile » à lire. Néanmoins, un autre point commun aux deux auteurs est cette petite touche d'humour qu'ils insèrent avec parcimonie dans leurs textes.
    J'ai donc beaucoup apprécié ma lecture, j'en aurais voulu plus encore mais pour cela il me faudra passer aux autres romans d'Echenoz, ce que je compte bien faire !


    Lien : http://booksandfruits.over-blog.com/article-ravel---jean-echenoz-113..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 15         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par isalune, le 23 décembre 2007

    isalune
    Quand un livre commence par un alexandrin, on peut imaginer que le reste sera musical. Et c'est le cas tout au long du livre, on se laisse bercer par l'écriture superbe d'Echenoz. Il rend ainsi parfaitement hommage au musicien dont il parle : Ravel.
    Ce n'est pas à proprement parler une biographie, c'est plutôt quelques instantanés des dix dernières années de sa vie. Ravel, un génie, ni sympathique ni sociable (sauf quand il fait la noce), juste lui, nonchalant et désinvolte, dandy, précieux, solitaire, insomniaque. Facétieux quand il compose "l'accompagnement de Ronsard à son âme pour la seule main gauche, lui-même ayant prévu de fumer avec la droite".
    Ce livre est à déguster.
    extrait :
    "Allongé, il s'efforce de somnoler un moment mais, comme sa nervosité se bat contre sa faiblesse, ce conflit n'aboutit qu'à amplifier, exaspérer l'une et l'autre jusqu'à produire un malaise tiers, physique et moral et supérieur à la somme de ses composants."
    et un très joli passage sur les signatures:
    "La plupart des autres (ndlr : signatures) consistent en stylisations plus ou moins heureuses et compliquées d'un patronyme, leurs auteurs s'en donnant à coeur joie comme s'ils voyaient là, pour une fois dans leur vie, une occasion enfin donnée de faire l'artiste. le plus souvent dissuasives de tout espoir de lisibilité, elles consistent en interminables paraphes ornés de boucles, arabesques, spirales, allers-retours, virages en tous sens comme des patineurs sur glace ivres morts, relevés de mystérieux points et traits, à ce point sophistiqués qu'il est non seulement impossible de décrypter les noms qu'elles sont supposées incarner, mais parfois même d'établir dans quels sens elles ont été tracées, dans quel mouvement l'auteur a commencé sa petite oeuvre pour la mener à son terme..."
    Lire un Echenoz, c'est toujours un vrai plaisir.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par Marcelline, le 12 février 2012

    Marcelline
    "On s'en veut quelquefois de sortir de son bain".
    Je regrette mais, si je ne l'avais pas lu dans les critiques qui m'ont précédée, je serais passée (à ma grande honte!) à côté de cet alexandrin, qui ouvre le livre, sans m'en rendre compte!...
    Et j'avoue que, si je suis allée au bout de ma lecture, c'est parce que ces mêmes critiques m'en avaient donné très envie... mais j'ai eu du mal, cela m'a demandé une grande concentration, mon esprit avait du mal à se concentrer sur ce texte qui est une biographie sans en être une, qui parle d'un homme tout en restant assez "extérieur", je trouve.

    Je n'ai pas éprouvé d'empathie pour Ravel jusqu'à ce qu'on aborde le passage sur la composition du Boléro, que, pour le coup, j'ai trouvé vraiment intéressant, puis sur sa maladie, pour ne pas dire sa déchéance. Alors, j'étais rentrée dans le texte et je n'aurais plus voulu le lâcher...
    Bref, le livre étant assez court, le bilan est finalement relativement positif pour moi car il me fait découvrir un auteur et certains passages me laissent augurer que je pourrais apprécier de le retrouver dans de futures autres lectures...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 9         Page de la critique

> voir toutes (9)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par lanard, le 07 octobre 2010

    p. 107
    Tout va peut-être un peu mieux mais il voit bien aussi que la forme de son écriture se dégrade de plus en plus, qu'elle perd son élégance pour devenir hésitante, maladroite, en route vers l'illisible. Comme ces temps-ci les surréalistes s'évertuent à s'agiter, ils ont l'idée d'inviter du beau monde au siège du Minotaure pour se livrer à l'une de leurs solennelles facéties: prendre cette fois des empreintes de mains célèbres et les faire commenter par un expert. Il y a là des personnalités assez diverses, de Duchamp à Huxley et de Gide à Saint Exupéry. Bien que Breton se méfie pas mal de la musique, à moins sans doute qu'il n'y entende rien, il a tenu à ce que Ravel participe à cet examen, seul compositeur sélectionné. Ravel, qui a l'air rétabli, est très content de participer à ce phénomène. Il arrive en souriant, toujours très bien coiffé, costume anthracite croisé, l'oeil alerte et le pas vif, assez ému de se retrouver devant les surréalistes qui l’intéressent peut-être plus qu'il ne le laisse paraître et se prête volontiers à l'opération: l'expert pose les mains de Ravel sur une plaque de noir de fumée puis sur du papier blanc et le tour est joué.
    Cependant ce n'est pas tout à fait terminé, chaque sujet doit ensuite signer sa propre empreinte, or quand vient le tour de Ravel et qu'on lui tend un porte-plume il a un mouvement de recul. Je ne peux pas, dit-il simplement, je ne peux pas signer. Mon frère vous enverra ma signature demain. Puis se tournant vers Valentine Hugo qui l'accompagne: Allons-nous en, Valentine, partons vite. Sorti en silence sous une pluie battante, Ravel monte à la hâte dans le taxi qui s'éloigne. Valentine reste sur le trottoir. Les surréalistes se regardent. Quant à l'expert, c'est une experte, Mme le Dr Lotte Wolff. On a gardé son commentaire. Il est complètement idiot.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par Eloah, le 09 mai 2010

    Cet objet sans espoir [le Boléro] connaît un triomphe qui stupéfie tout le monde à commencer par son auteur. Il est vrai qu'à la fin d'une des premières exécutions, une vieille dame dans la salle crie au fou, mais Ravel hoche la tête : En voilà au moins une qui a compris, dit-il juste à son frère. De cette réussite, il finira par s'inquiéter. Qu'un projet si pessimiste recueille un accueil populaire, bientôt universel et pour longtemps, au point de devenir un des refrains du monde, il y a de quoi se poser des questions, mais surtout de mettre les choses au point. A ceux qui s'aventurent à lui demander ce qu'il tient pour son chef d'œuvre : C'est le Boléro, voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 7         Page de la citation

  • Par micky05, le 12 juin 2012

    Il grimpe l’escalier de sa petite maison compliquée : côté jardin c’est trois étages mais de l’extérieur on n’en voit qu’un. Au troisième, qui est donc de plain-pied avec la rue, il examine celle-ci par une fenêtre du couloir pour estimer le nombre d’épaisseurs couvrant les passants, histoire de se faire une idée de ce qu’il doit se mettre. Mais il est bien trop tôt pour Montfort-l’Amaury, il n’y a rien ni personne qu’une petite Peugeot 201 toute grise et plus très jeune, déjà garée devant chez lui avec Hélène à l’intérieur. Il n’y a rien d’autre au monde à voir, le ciel couvert contient un soleil pâle.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par brigittelascombe, le 06 février 2013

    Quand Wittgenstein,vexé,lui écrit en retour que les interprètes ne doivent pas être des esclaves,Ravel lui répond en cinq mots.Les interprètes sont des esclaves.

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la citation

  • Par brigittelascombe, le 06 février 2013

    ...à la fin d'une de ses premières exécutions, une vieille dame dans la salle crie au fou,mais Ravel hoche la tête:En voilà une qui a compris dit-il juste à son frère.De cette réussite,il finirait par s'inquiéter.Qu'un projet si pessimiste recueille un accueil populaire,bientôt,bientôt et pour longtemps,au point de devenir un des refrains du monde,il y a de quoi se poser des questions et surtout mettre les choses au point.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

> voir toutes (22)

Videos de Jean Echenoz

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Jean Echenoz

Jean Echenoz - 14 .
Jean Echenoz vous présente son ouvrage "14". Parution le 4 octobre 2012 aux éditions de Minuit. Rentrée littéraire automne 2012.http://www.mollat.com/livres/jean-echenoz-14-9782707322579.htmlNotes de Musique : Ravel - Samson Franc?ois - 4 - Piano Concerto for the left hand








Sur Amazon
à partir de :
11,04 € (neuf)
4,86 € (occasion)

   

Faire découvrir Ravel par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (235)

> voir plus

Quiz