ISBN : 2707319309
Éditeur : Editions de Minuit (2006)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 84 notes) Ajouter à mes livres
Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner. Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par isalune, le 23 décembre 2007

    isalune
    Quand un livre commence par un alexandrin, on peut imaginer que le reste sera musical. Et c'est le cas tout au long du livre, on se laisse bercer par l'écriture superbe d'Echenoz. Il rend ainsi parfaitement hommage au musicien dont il parle : Ravel.
    Ce n'est pas à proprement parler une biographie, c'est plutôt quelques instantanés des dix dernières années de sa vie. Ravel, un génie, ni sympathique ni sociable (sauf quand il fait la noce), juste lui, nonchalant et désinvolte, dandy, précieux, solitaire, insomniaque. Facétieux quand il compose "l'accompagnement de Ronsard à son âme pour la seule main gauche, lui-même ayant prévu de fumer avec la droite".
    Ce livre est à déguster.
    extrait :
    "Allongé, il s'efforce de somnoler un moment mais, comme sa nervosité se bat contre sa faiblesse, ce conflit n'aboutit qu'à amplifier, exaspérer l'une et l'autre jusqu'à produire un malaise tiers, physique et moral et supérieur à la somme de ses composants."
    et un très joli passage sur les signatures:
    "La plupart des autres (ndlr : signatures) consistent en stylisations plus ou moins heureuses et compliquées d'un patronyme, leurs auteurs s'en donnant à coeur joie comme s'ils voyaient là, pour une fois dans leur vie, une occasion enfin donnée de faire l'artiste. le plus souvent dissuasives de tout espoir de lisibilité, elles consistent en interminables paraphes ornés de boucles, arabesques, spirales, allers-retours, virages en tous sens comme des patineurs sur glace ivres morts, relevés de mystérieux points et traits, à ce point sophistiqués qu'il est non seulement impossible de décrypter les noms qu'elles sont supposées incarner, mais parfois même d'établir dans quels sens elles ont été tracées, dans quel mouvement l'auteur a commencé sa petite oeuvre pour la mener à son terme..."
    Lire un Echenoz, c'est toujours un vrai plaisir.
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Marcelline, le 12 février 2012

    Marcelline
    "On s'en veut quelquefois de sortir de son bain".
    Je regrette mais, si je ne l'avais pas lu dans les critiques qui m'ont précédée, je serais passée (à ma grande honte!) à côté de cet alexandrin, qui ouvre le livre, sans m'en rendre compte!...
    Et j'avoue que, si je suis allée au bout de ma lecture, c'est parce que ces mêmes critiques m'en avaient donné très envie... mais j'ai eu du mal, cela m'a demandé une grande concentration, mon esprit avait du mal à se concentrer sur ce texte qui est une biographie sans en être une, qui parle d'un homme tout en restant assez "extérieur", je trouve.

    Je n'ai pas éprouvé d'empathie pour Ravel jusqu'à ce qu'on aborde le passage sur la composition du Boléro, que, pour le coup, j'ai trouvé vraiment intéressant, puis sur sa maladie, pour ne pas dire sa déchéance. Alors, j'étais rentrée dans le texte et je n'aurais plus voulu le lâcher...
    Bref, le livre étant assez court, le bilan est finalement relativement positif pour moi car il me fait découvrir un auteur et certains passages me laissent augurer que je pourrais apprécier de le retrouver dans de futures autres lectures...
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
  • Par liberlibri, le 01 décembre 2008

    liberlibri
    Ravel a de quoi enchanter. Merveilleusement bien écrit, il offre une peinture du quotidien d'une rare pudeur. A la fois précis, concis et juste, le style d'Echenoz se fait mélodique. C'est là un bel hommage au compositeur. Les concerts, les honneurs sont toujours croqués avec espièglerie. Les années de la maladie, enfin, sont traitées avec une retenue qui n'empêche pas l'émotion. Roman très court, cent-vignt pages, mais pur bonheur de lecture. Echenoz est digne d'un Flaubert. La première phrase est un alexandrin et celles qui suivent de petits bijoux ciselés avec un art maîtrisé à la perfection. Echenoz, assurément l'un des plus grands romanciers de ce siècle.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par mimienco, le 23 juin 2009

    mimienco
    4ème de couverture: Ravel fut grand comme un jockey, donc comme Faulkner.
    Son corps était si léger qu'en 1914, désireux de s'engager, il tenta de persuader les autorités militaires qu'un pareil poids serait justement idéal pour l'aviation. Cette incorporation lui fut refusée, d'ailleurs on l'exempta de toute obligation mais, comme il insistait, on l'affecta sans rire à la conduite des poids lourds. C'est ainsi qu'on put voir un jour, descendant les Champs-Élysées, un énorme camion militaire contenant une petite forme en capote bleue trop grande agrippée tant bien que mal à un volant trop gros.
    Ce roman retrace les dix dernières années de la vie du compositeur français Maurice Ravel (1875-1937).
    Mon opinion: A travers ce petit roman qui retrace les dix dernières années du compositeur français, Jean Echenoz nous dévoile un portrait intime et sensible de cet homme, des morceaux de vie de cet artiste. On y découvre sa relation à la musique, ses gouts, ses habitudes, ses derniers voyages avant sa mort, suite à une terrible maladie. Cette maladie qui fait perdre au fur et à mesure la mémoire à ce compositeur de talent, ne sachant plus réaliser les gestes quotidiens comme le simple fait de manger.
    Avec une écriure élégante et fine, Echenoz nous raconte avec beaucoup de sensibilité la fin de vie de l'homme et de l'artiste. Vraiment intéressant!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par zazy, le 25 juillet 2011

    zazy
    Ce livre nous relate les 10 dernières années de la vie de Ravel. Echenoz ne nous parle pas de ses techniques musicales, ni de « sa vie son œuvre » mais de sa vie tout court. Nous partons avec lui en Amérique à bord du France (pas celui-là, mais l'autre d'avant !!!). Nous apprenons tout de ses goûts vestimentaires, de sa si petite maison tout en hauteur. Nous découvrons Ravel dans sa vie de tous les jours : L'homme élégant et raffiné, insomniaque, avec une petite santé. Ce qui m'a sauté aux yeux, bien décrit par Echenoz, c'est sa grande solitude, surtout à la fin de sa vie où il souffre d'une maladie dégénérative qui petit à petit, lui ôtera ses facultés (perte de mémoire, impossibilité d'écrire….) ainsi que sa tristesse et l'ennui qu'il traîne tout au long de ses journées.
    Cela peut, décrit comme cela, paraître morne et sans intérêt. Oui, mais c'est sans compter le génie de Echenoz. Vous connaissez le Boléro, cette musique répétitive mais envoûtante et bien, Echenoz a fait de même avec ce livre apparemment si banal, mais si plein de Ravel.
    Voici d'ailleurs ce qu'en écrit Echenoz à propos de ce Boléro : Il y a en tout cas une fabrique qu'en ce moment Ravel aime bien regarder, sur le chemin du Vésinet, juste après le pont de Rueil, elle lui donne des idées. Voilà : il est en train de composer quelque chose qui relève du travail à la chaîne " et ce qu'en a dit Ravel : A ceux qui s'aventurent à lui demande ce qu'il tient pour son chef d'œuvre : c'est le Boléro, voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.
    Vous l'avez compris, j'ai adoré ce livre lu pour la seconde fois. Echenoz est un très grand écrivain, ce que je savais déjà !!!
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Citations et extraits

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  • Par lanard, le 07 octobre 2010

    p. 107
    Tout va peut-être un peu mieux mais il voit bien aussi que la forme de son écriture se dégrade de plus en plus, qu'elle perd son élégance pour devenir hésitante, maladroite, en route vers l'illisible. Comme ces temps-ci les surréalistes s'évertuent à s'agiter, ils ont l'idée d'inviter du beau monde au siège du Minotaure pour se livrer à l'une de leurs solennelles facéties: prendre cette fois des empreintes de mains célèbres et les faire commenter par un expert. Il y a là des personnalités assez diverses, de Duchamp à Huxley et de Gide à Saint Exupéry. Bien que Breton se méfie pas mal de la musique, à moins sans doute qu'il n'y entende rien, il a tenu à ce que Ravel participe à cet examen, seul compositeur sélectionné. Ravel, qui a l'air rétabli, est très content de participer à ce phénomène. Il arrive en souriant, toujours très bien coiffé, costume anthracite croisé, l'oeil alerte et le pas vif, assez ému de se retrouver devant les surréalistes qui l’intéressent peut-être plus qu'il ne le laisse paraître et se prête volontiers à l'opération: l'expert pose les mains de Ravel sur une plaque de noir de fumée puis sur du papier blanc et le tour est joué.
    Cependant ce n'est pas tout à fait terminé, chaque sujet doit ensuite signer sa propre empreinte, or quand vient le tour de Ravel et qu'on lui tend un porte-plume il a un mouvement de recul. Je ne peux pas, dit-il simplement, je ne peux pas signer. Mon frère vous enverra ma signature demain. Puis se tournant vers Valentine Hugo qui l'accompagne: Allons-nous en, Valentine, partons vite. Sorti en silence sous une pluie battante, Ravel monte à la hâte dans le taxi qui s'éloigne. Valentine reste sur le trottoir. Les surréalistes se regardent. Quant à l'expert, c'est une experte, Mme le Dr Lotte Wolff. On a gardé son commentaire. Il est complètement idiot.
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  • Par Eloah, le 09 mai 2010

    Cet objet sans espoir [le Boléro] connaît un triomphe qui stupéfie tout le monde à commencer par son auteur. Il est vrai qu'à la fin d'une des premières exécutions, une vieille dame dans la salle crie au fou, mais Ravel hoche la tête : En voilà au moins une qui a compris, dit-il juste à son frère. De cette réussite, il finira par s'inquiéter. Qu'un projet si pessimiste recueille un accueil populaire, bientôt universel et pour longtemps, au point de devenir un des refrains du monde, il y a de quoi se poser des questions, mais surtout de mettre les choses au point. A ceux qui s'aventurent à lui demander ce qu'il tient pour son chef d'œuvre : C'est le Boléro, voyons, répond-il aussitôt, malheureusement il est vide de musique.
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Interlignes - lecture Jean Echenoz .
Jean Echenoz lit, pour Interlignes, un extrait de son roman "Des Eclairs"








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