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> Claude Poncet (Traducteur)

ISBN : 2070361845
Éditeur : Gallimard (1972)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Je pouvais maintenant la voir grimper la pente du coteau, vers l'aire sur laquelle surgissait la masse arrondie des meules. Elle s'agrippait aux buissons, penchée en avant, glissant et trébuchant, et dans son visage tendu et avide, aux yeux dilatés, dans les gestes de s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (4)

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    • Livres 3.00/5
    Par ygounin, le 12 juin 2012

    ygounin
    Ce court roman, au style élégant, est plein de faux-semblants.
    Un narrateur, Silvio, y raconte à la première personne un épisode de sa vie conjugale : sa tentative d'écrire un roman, intitulé "L'Amour conjugal". Avec une jubilation sadique, Alberto Moravia va critiquer ce roman avorté en lui adressant les critiques mêmes que son œuvre pourrait parfois recevoir.
    Roman sur la création littéraire, "L'Amour conjugal" est avant tout un roman sur l'amour, le couple, la trahison, la vérité.
    Silvio est confit dans ses convictions. Sa philosophie de l'amour est celle d'une bourgeoisie que Moravia, sa vie durant, n'aura cessé de railler et de combattre. Silvio s'imagine que l'amour est acquis pour toujours, protégé de l'atteinte du temps par la sacralité de l'union conjugale. Comme dans l'amour courtois, cet amour là est séparé de la sexualité : Silvio décide, d'un commun accord avec Léda, de rester chaste le temps que durera la rédaction de son livre. Il découvrira à ses dépens que la sexualité ne se laisse pas si facilement réprimer : sa femme, si belle, si distinguée, est irrépressiblement attirée par Antonio, le barbier, un coureur de jupons, veule et laid.
    Alberto Moravia est né en 1907. Il épousa Elsa Morante (née en 1912), la quitta en 1962 - mais n'en divorça jamais - pour vivre avec Dacia Maraini (née en 1937) puis avec Carmen Llera (née en 1953).
    Dans ses romans, les hommes sont des benêts et les femmes des idiotes lascives dominées par leurs instincts.
    Pas sûr qu'un tel personnage s'attire les louanges des associations féministes.
    Il n'en reste pas moins un diablement bon écrivain !
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    • Livres 4.00/5
    Par Madamedub, le 28 novembre 2011

    Madamedub
    Alors que l'automne tire ses dernières cartouches avant que l'hiver ne nous achève, partons faire un tour du côté de la Toscane, en 1949, date à laquelle Alberto Moravia publie “L'amour conjugal”, dissection en parallèle du couple et de la création littéraire. Silvio, le narrateur, a épousé Léda et nourrit de sérieuses ambitions littéraires : simple critique, il se rêve auteur. Silvio se persuadant que la création doit s'affranchir de son attachement physique à Léda, un pacte sera donc noué : bien que retirés tous deux dans une grande bâtisse de Toscane, Silvio et Léda feront chambre à part le temps que le premier finisse son œuvre. Laquelle semble avancer à grand pas. Soudainement, Léda s'en prend à Silvio : son barbier, Antonio, aurait profité d'une coupe de cheveux pour tenter d'abuser d'elle. La suite… lors de votre lecture, bien entendu..
    L'amour conjugal” ou l'histoire d'un couple imparfait : une passion qui cède parfois la place à une “bonne volonté” blessant l'ego ; deux personnages friables, faillibles, malgré l'apparente force liée à leur position sociale ou à la dureté potentielle de leur regard. Une rencontre et une destinée tracés pour l'un, une intermittence des comportements pour l'autre ; une sincérité jamais (ou presque) démentie pour les deux. On ne peut dire, et c'est une des forces du roman, que le casting de départ était idyllique ; on ne peut dire pour autant, et c'est également une force, que le ver était, dès l'origine, dans le fruit. Non plus. Tant mieux.
    L'œuvre se construit, peu à peu, entre littérature et sentiments, entre aveuglement et révélation, comme si finalement, L'amour conjugal, radeau frêle ou salvateur ballotté par les contextes, était une question de perception. Tordant avec bonheur le cou aux figures imposées de l'amour-passion ou de l'amour-soutien, Moravia met le doigt (et l'enfonce) sur un amour égoïste tributaire de l'amour-propre de chacune de ses parties. Tordant le cou à une bourgeoisie sûre d'elle-même (Silvio serait-il une relique d'une bourgeoisie comtienne de l'avant 1914 aux prétentions artistiques ?) et incapable, même dans l'intimité de la vie conjugale, d'accepter que cette dernière soit bel et bien un organisme vivant et non une nature morte.
    Pour autant, on ne saurait tresser des lauriers à l'auteur sans critiquer une certaine complaisance envers sa propre intelligence. Délaissant de manière coupable sa dramaturgie en plein milieu du roman, il le laisse faire du surplace et néglige d'incarner les atermoiements de son personnage principal dans des actes. Il préfère alors se réfugier dans un registre didactique au risque de la répétition : ces chapitres parfois brillants, parfois patauds semblent ne contenter qu'un auteur soucieux de bien faire comprendre son propos, quitte à le désenchanter et/ou ôter une partie du plaisir de la lecture. Alors oui, on peut également (une fois la lecture achevée) voir dans ces incartades le reflet de l'enfermement de Silvio dans son rôle du “Silvio qui peut (et veut) tout comprendre et rationaliser”. Mais il n'empêche que cela nuit à la fluidité de l'œuvre ; du moins est-ce l'avis de l'humble auteur de cette chronique.
    Ce n'est qu'après le deuxième tiers que le récit retrouve de son allant et que les qualités de conteur de Moravia s'épanchent à nouveau dans un terrain d'expression qui leur est plus favorable. Reprenant les rênes de l'action, on y voit que l'ego littéraire déçu et déchu de Silvio se double de la déconstruction de l'image d'une Léda évanescente, ailleurs ; la déconstruction de la “Léda selon Silvio” pour enfin voir émerger Léda, la femme qui agit et qui n'est plus expliquée. Car c'est en réalité la montée en vitalité, en incarnation de Léda qui est l'élément majeur de l'œuvre ; de simple objet littéraire dépeint comme une nature morte par son (wanna-be ?)auteur de mari (et l'auteur du roman), de sorte de muse aux humeurs changeantes, elle devient sujet d'action, être humain de chair, de boue et de sang. La mise en abyme devient défavorable au créateur que se veut Silvio alors qu'émerge la suprématie de l'humain, du vécu sur la machinerie rationnelle : Silvio serait-il une sorte de Jean de Florette qui aurait troqué ses théories sur les lapins pour celles sur les êtres, les hommes, les femmes et le couple ? Il reste donc beaucoup à apprendre.
    C'est donc sur cette critique de la connaissance a priori que s'achève cette œuvre, qui, sans être la meilleure de son auteur, constitue néanmoins une excellente introduction – à la fois courte, facile d'accès et élégante – à son univers ainsi qu'une critique solide d'une bourgeoisie compassée.
    T.M.

    Lien : http://madamedub.com/WordPresse3/
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    • Livres 3.00/5
    Par isabellelemest, le 03 janvier 2013

    isabellelemest
    Le narrateur se trouve au comble du bonheur, il a épousé la femme qu'il aime et vit avec elle une existence harmonieuse et paisible. C'est compter sans la jalousie qui va s'insinuer dans le couple et transformer ces moments de tranquillité en un enfer de plus en plus intolérable pour le mari... Évidemment à force de craindre l'infidélité, on la mérite, et cette découverte, superbement décrite dans une scène quasi surréaliste, plonge le narrateur dans un désespoir amer. le bonheur peut-il exister sur cette terre ? Ne le détruisons-nous pas nous même à force d'en douter ? Moravia ou l'impossible paix de l'âme.
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    • Livres 4.00/5
    Par Henilougas, le 30 août 2013

    Henilougas
    Lire Alberto Moravia c'est lire un mélange de délicatesse et de brutalité, de sensualité et de langueur.
    Ici, l'histoire d'un couple, qui, en décidant de s'installer pour un temps à la campagne, se retrouve confronté à sa propre intimité jusqu'alors cachée, maquillée par le caractère illusoire des soirées mondaines.
    Il m'arrive souvent de repenser à cette histoire et de la croiser avec celle de Gatsby le Magnifique de Fitzgerald...
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Citations et extraits

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  • Par ygounin, le 13 juin 2012

    Je pouvais maintenant la voir grimper la pente du coteau, vers l’aire sur laquelle surgissait la masse arrondie des meules. Elle s’agrippait aux buissons, penchée en avant, glissant et trébuchant, et dans son visage tendu et avide, aux yeux dilatés, dans les gestes de son corps, je reconnus de nouveau sa ressemblance avec une chèvre qui grimpe pour brouter. Et puis, comme elle arrivait en haut de la montée, une silhouette d’homme sortit de l’ombre, se pencha, la prit par le bras et la tira presque de tout son poids... Cette fois je compris tout.
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  • Par Novodvorov, le 18 octobre 2014

    - Tu as voulu nous représenter, toi et moi, n'est-ce pas?
    - Oui, d'une certaine façon...
    - Eh bien ! tu l'as fait d'après des conceptions erronées ; je veux dire qu'on sent que lorsque tu as écrit le roman, tu ne nous connaissais pas assez bien, ni moi, ni toi-même. Peut-être pour parler de nous deux et de nos rapports était-ce trop tôt... moi surtout, tu m'as représentée comme je ne suis pas, trop idéalisée...
    - Et alors?
    - alors, rien... je pense que dans quelque temps, quand nous nous connaîtrons mieux, il faudra comme tu le disais hier soir, que tu reprennes ce roman... et je suis sûre que tu feras une belle chose !...
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  • Par Novodvorov, le 19 octobre 2014

    La lune éclairait son visage et je vis alors qu'il était convulsé par cette grimace que j'avais remarquée d'autres fois : la bouche entrouverte en un rictus moitié de dégoût, moitié de désir, les yeux exorbités, le menton en avant. Et tout son corps confirmait la grimace en une contorsion violente qui ressemblait à une sorte de danse.

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  • Par ygounin, le 13 juin 2012

    Il faut tout d’abord que je parle de ma femme. Aimer, cela veut dire, entre bien d’autres choses, trouver du charme à regarder et à considérer la personne aimée. Et trouver du charme non seulement à la contemplation de sa beauté mais encore de ses défauts, qu’ils soient rares ou non. Dès les premiers jours de mon mariage, j’éprouvai un inexprimable plaisir à regarder Léda (c’est ainsi qu’elle se nomme)...
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