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ISBN : 2742745572
Éditeur : Actes Sud (2003)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Publié en 1860, à Amsterdam, le roman de Multatuli, en dénonçant l'oppression exercée sur les Javanais par l'administration néerlandaise, eut un retentissement énorme. On a d'ailleurs souvent comparé les réformes q... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 3.00/5
    Par Nastasia-B, le 21 octobre 2013

    Nastasia-B
    Je suis assez déconcertée par ce livre et éprouve bien des difficultés à émettre un jugement car il tire dans deux directions contradictoires sur le plan critique.
    Je vais d'abord commencer par l'aspect négatif, à savoir, la forme.
    Stylistiquement, on pourrait reprocher une foule de maladresses à ce livre, comme l'insertion d'un narrateur (Droogstoppel) qui est un bourgeois cupide mais bien pensant de la métropole qui s'engraisse sur le dos des colonies et que l'auteur dépeint avec la plus grande ironie en forgeant une caricature grasse qui se veut probablement comique mais qui ne l'est pas spécialement.
    L'histoire, à proprement parler, ne débute qu'au chapitre 5 après cette sorte de long prologue pas vraiment captivant et surtout, complètement inutile.
    Lorsque l'action véritable débute réellement et que l'on fait enfin connaissance avec Max Havelaar, fonctionnaire administrateur de la colonie des Indes Orientales Néerlandaises, c'est-à-dire de l'actuelle Indonésie, le texte est constellé de mots malais ou javanais qui obligent à se rendre aux notes en fin de volume, ce qui hache considérablement la lecture et n'est pas particulièrement agréable d'un simple point de vue littéraire, même si d'un point de vue documentaire, c'est très intéressant (NB: les notes et la traduction de Philippe Noble sont excellentes).
    Enfin, l'auteur Multatuli (littéralement "j'ai beaucoup enduré", alias Edouard Douwes Dekker) nous plonge directement dans certains courriers administratifs, comme s'il était dans un tribunal en train de justifier chacun de ses dires, ce qui n'est pas sans présenter des lourdeurs certaines.
    Le ressenti général n'est donc pas extrêmement positif, d'où mes 3 étoiles seulement.
    Néanmoins, concernant le fond, c'est sans hésitation aucune que je m'élève à 5 étoiles, d'une part parce que les accusations que porte l'auteur sont tout à fait justifiées, portent le sceau du vécu, qu'elles sont destinées à éveiller l'opinion publique sur les conditions de vie des populations indigènes, notamment en raison des exactions des chefs indigènes eux-mêmes dont la couronne des Pays-Bas a besoin pour asseoir son autorité et vis-à-vis desquels elle n'ose pas sévir de peur de les voir retourner les populations contre l'occupation européenne.
    On ne peut qu'être admiratif devant le courage de l'auteur à dénoncer un système entièrement corrompu (malheureusement, je crois que de nos jours, rien n'a vraiment changé, il suffit de creuser un peu la situation dans l'actuelle Guyane française pour s'en convaincre) et qui va finalement s'en prendre à lui plutôt qu'aux exactions qu'il dénonce, devant l'érudition et l'humanisme dont il fait preuve.
    On comprend aisément, et l'on approuve que son nom littéraire Max Havelaar (ce livre est éminemment autobiographique) ait été choisi pour désigner un organisme de commerce équitable visant à protéger les producteurs locaux du joug de l'économie boursière qui impose les cours et assure les plus grands revenus aux intermédiaires plutôt qu'à ceux qui exécutent réellement le travail pénible.
    Je conseille donc des deux mains ce vibrant plaidoyer résolument CONTRE l'administration coloniale et POUR les populations indigènes quant au fond, mais suis plus réservée quant à la forme.
    Autre précision, le sous-titre "ou ventes de café par la compagnie commerciale des Pays-Bas" ne fait référence qu'à son faux narrateur négociant en café car on n'y apprend rien sur le négoce du café en Indonésie à l'époque, je pense qu'il y aurait eu également beaucoup à dire et à dénoncer sur ce point mais le livre ne traite pas de cela, sachez-le, je pensais en apprendre sur les filières et leurs exactions et ai donc fait chou blanc sur ce point.
    Mais ce n'est là que mon avis, pas garanti équitable, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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    • Livres 2.00/5
    Par Charybde7, le 26 avril 2013

    Charybde7
    Comme nous pauvres mortels, la littérature peut vieillir. Max Havelaar en est malheureusement l'illustration.
    Edouard Douwes Dekker, écrivant sous le pseudonyme de Multatuli, publia ce roman en 1860 pour dénoncer la colonisation néerlandaise en Indonésie, roman qui est autant un combat qu'un récit.
    150 années se sont écoulées depuis cette publication et la dénonciation de la pingrerie et de l'étroitesse d'esprit de Droogstoppel, archétype du négociant en café, a sans doute beaucoup perdu de son ironie et de son mordant.
    Le personnage de Max Havelaar, le héros, fonctionnaire de l'administration néerlandaise aux Indes, qui tente désespérément de faire cesser la corruption et d'améliorer les conditions de vie des Javanais, conserve lui une partie de sa superbe, et son intransigeance reste séduisante.
    Mais, hélas, que ce roman est long et que les tournures et atermoiements de l'écrivain couchés sur le papier sont pesants !
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    • Livres 4.00/5
    Par paulotlet, le 08 janvier 2012

    paulotlet
    Ecrit à Bruxelles en 1860 par un fonctionnaire néerlandais longtemps en poste en Indonésie, Max Havelaar dénonce les procédés de l'administration coloniale et la mise en coupe réglée d'un pays continent considéré uniquement comme un réservoir de richesses pour la métropole. le roman est écrit dans une langue assez moderne, parfois drôle. L'auteur se distancie de son héros en imaginant que le texte est trouvé dans une vieille malle par un négociant d'Amsterdam. le caractère autobiographique de l'oeuvre n'en est pas moins évident. Max Havelaar aura un grand retentissement lors de sa parution et conduira une partie de la population néerlandaise à prendre conscience du drame qui se jouait à l'autre bout du monde.
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    • Livres 5.00/5
    Par CharlieWGT, le 01 mai 2014

    CharlieWGT
    Pour un livre publié il y a 150ans, c'est terriblement précis, et semble même parfois actuel. Avec ce récit étant considéré comme le premier à être ouvertement anti-colonialiste, Multatuli prend résolument parti avec passion (non sans finesse) usant d'un style original. Contrairement à ce que j'ai pu lire, je ne trouve pas que cette œuvre ait prit la moindre ride! Qui d'autre a su vous tenir en halène tout au long d'un chapitre annonçant l'importance de celui à venir?
    Au final: tout simplement poignant!
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    • Livres 5.00/5
    Par AnthofromWorld, le 22 octobre 2013

    AnthofromWorld
    Didn't think that a 150-years-old book could be that inventive in style... This book is both funny, captivating and humane... Wow.

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Citations et extraits

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  • Par Nastasia-B, le 22 octobre 2013

    Le contrôleur Verbrugge pénétra dans le bureau de Havelaar. Celui-ci demanda d'un ton cassant :
    - De quoi est mort M. Slotering ?
    - Je l'ignore.
    - A-t-il été empoisonné ?
    - Je ne sais pas, mais...
    - Soyez clair, Verbrugge !
    - Mais il cherchait à réprimer les abus, comme vous, monsieur Havelaar, et... et...
    - Eh bien ? Continuez !
    - Je suis persuadé qu'il... aurait été empoisonné s'il était resté ici plus longtemps.
    - Écrivez ce que vous venez de dire !
    [...]
    - Autre chose. Est-il vrai, ou non, que la population de Lebak est pressurée et exploitée ?
    Verbrugge ne répondit pas.
    - Répondez, Verbrugge !
    - Je n'ose pas.
    - Écrivez-le, que vous n'osez pas !
    [...]
    - Bon ! Encore un mot : vous n'osez pas répondre à ma dernière question, mais vous m'avez dit récemment, quand nous parlions d'empoisonnement, que que vous étiez le seul soutien de vos deux sœurs qui vivent à Batavia, n'est-ce pas ? Devrais-je y voir l'origine de vos craintes, la raison de ce que j'ai toujours appelé votre goût des " demi-mesures " ?
    - Oui !
    - Notez-le.
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  • Par paulotlet, le 15 avril 2012

    Il était une fois un homme qui taillait des pierres dans le rocher. Son labeur était très dur, et il peinait beaucoup, mais son salaire était maigre et il n'était pas satisfait. Il soupirait parce que son labeur était dur. Et il s'écriait : "Ah, si seulement j'étais riche pour pouvoir reposer sur un baleh-baleh au klambu de soie rouge."
    Or voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit : "Qu'il vous advienne ce que vous avez dit."
    Aussitôt dit, aussitôt fait : il était riche. Et il reposait sur un baleh-baleh, et son klambu était en soie rouge.

    Or le roi du pays vint à passer, des cavaliers précédant sa voiture. Et derrière la voiture il y avait d'autres cavaliers, et l'on tenait le payong d'or au-dessus de la tête du roi. Et lorsque l'homme riche vit cela, il fut chagriné qu'on ne tînt pas de payong d'or au-dessus de sa tête. Il n'était pas satisfait. Il soupirait, et s'écriait : "Je voudrais être roi."
    Et voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit : "Qu'il vous advienne ce que vous avez dit."
    Aussitôt dit, aussitôt fait : il était roi. Et devant sa voiture galopaient de nombreux cavaliers, et d'autres venaient derrière sa voiture, et au-dessus de sa tête on tenait le payong d'or.

    Et le soleil brillait de ses rayons brûlants et roussissait la terre, et le brin d'herbe se desséchait. Et le roi se plaignait que le soleil lui brûlait le visage, et était plus puissant que lui. Et il n'était pas satisfait. Il soupirait, et s'écriait : "Je voudrais être le soleil."
    Et voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit : "Qu'il vous advienne ce que vous avez dit."
    Aussitôt dit, aussitôt fait : il était le soleil. Et il envoyait ses rayons vers le haut et vers le bas, vers la droite et vers la gauche, et de toutes parts. Et il roussissait le brin d'herbe à la surface de la terre, et le visage des princes qui y vivaient.

    Et un nuage s'interposa entre la terre et lui, et il repoussa les rayons du soleil. Et il fut courroucé de voir qu'on résistait à sa puissance, et se plaignit que ce nuage était plus puissant que lui. Et il n'était pas satisfait. Il voulait être le nuage, qui était si puissant.
    Et voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit : "Qu'il vous advienne ce que vous avez dit."
    Et il devint nuage et se plaça entre le soleil et la terre et arrêta les rayons, en sorte que l'herbe verdit. Et le nuage pleuvait à grosses gouttes à la surface de la terre, et faisait s'enfler les rivières et des banjirs emportaient les troupeaux.
    Et il dévastait les campagne par la masse de ses eaux.

    Et il tomba sur un rocher, qui ne céda pas. Et il cascadait en larges torrents, mais le rocher ne cédait pas. Et il fut courroucé parce que le rocher ne voulait pas céder, et parce que la puissance de ses torrents était vaine. Et il n'était pas satisfait. Il s'écria : "Ce rocher a reçu une puissance supérieure à la mienne. Je voudrais être ce rocher."
    Et voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit :"Qu'il vous advienne comme vous avez dit."
    Et il devint rocher, et il ne bougeait pas quand le soleil brillait, ni quand il pleuvait.

    Or voici qu'arriva un homme avec une pique, et un ciseau pointu, et un lourd marteau, qui taillait des pierres dans le rocher. Et le rocher dit : "Qu'est-ce donc, cet homme est plus puissant que moi, et il taille des pierres dans mon sein ?" Et il n'était pas satisfait. Il s'écria : "Je suis plus faible que celui-là. Je voudrais être cet homme."
    Et voici qu'un ange descendit du ciel, qui lui dit : "Qu'il vous advienne ce que vous avez dit."

    Et il fut tailleur de pierre.
    Et il taillait des pierres dans le rocher, au prix d'un dur labeur, et il peinait beaucoup pour un maigre salaire, et il était satisfait
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La vie de E. Douwes Dekker en diaporama de photos, cartes et dessins. Le commentaire est en langue néerlandaise.








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