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ISBN : 2070302180
Éditeur : Gallimard (03/09/2009)

Note moyenne : 3.47/5 (sur 53 notes)
Résumé :
Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille, Kitty, et par sa petite-fille, Malika. Ces deux femmes le haïssent. Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des éléments du passé, des souvenirs, des reproches, et surtout la figure mystérieuse de la mère de Kitty, l'épouse du " Dokter-Dieu ". La jeune femme du mourant a disparu dans des circonstances terribles. M... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
31 mars 2015
★★★★★
★★★★★
Sur l'île Maurice, dans une maison de Cure-pipe, un vieux médecin à l'agonie dit "Dokter Dieu", auréolé d'une grande lumiére par ses patients, lui qui possédait toutes les réponses .....est veillé par sa fille Kitty et sa petite fille Malika. Elles le haïssent. .Pourquoi ?Entre lui et elles se tisse un dialogue d'une violence extrême, oú affleurent progressivement, souvenirs, éléments du passé, reproches et surtout, le destin et la figure mystérieuse de la mére de Kitty, disparue en des circonstances effrayantes, terribles. " Violence? ". "C'était finalement de l'amour dit le pére. Je ne le comprends pas moi- même". "Il y a beaucoup de noms pour ce qu'on appelle avec autant de facilité la violence. "Ils ne sont pas tous justes" " La violence est une grâce" dit- il encore.
Cet homme est un tyran domestique, il revendique sa haine des femmes qu'il insulte, méprise et maltraite...le passage terrifiant sur le destin d'enseignante de sa fille Malika est Particulièrement méprisant, abject, haineux envers les femmes et leur condition, " des chiennes " dit- il....
Il veut posséder son épouse corps et âme . Il l'humilie , la frappe, son besoin de pouvoir est inimaginable au sein de ce huit clos...il désire tout maîtriser , c'est le délire d'un homme seul en recherche de la toute puissance. Il utilise le besoin d'amour comme un chantage, use de la force et de la peur pour réduire à nêant les femmes qui lui font face..C'est un ouvrage sur les rapports de pouvoir et de domination, inséparables des mécanismes de soumission.....
Un roman trés fort, percutant , dérangeant, empathie? Répulsion? Incompréhension?, le narrateur est le "bourreau": misogyne, paranoïaque et pervers!
L'écriture au scalpel est claire, nette, sans déguisement, une incise lyrique, féroce, incroyablement féroce....Rien n'est épargné au lecteur....à la fois fasciné par la narration remarquable et révolté! Un roman trés noir dans sa violence verbale langagière , même si le lecteur est tenté parfois de ne pas aller jusqu'au bout tellement il est dérangé !
Dernière phrase : "il n'y a qu'un nom pour la violence, Pére, dit- elle : c'est la violence".
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carre
22 décembre 2011
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Un vieil homme se meurt, veillé par sa fille et sa petite-fille. Les deux femmes voue une haine farouche à ce médecin qui s'est montré toute sa vie violent et autoritaire. La violence des mots va mettre à jour des histoires du passé notamment la disparition de la mère. Les deux femmes prendront leur revanche sans remords en tourmentant les derniers souffles du vieil homme. D'une écriture magistrale, Ananda Devi signe une charge au vitriol contre le patriarcat et les violences faites aux femmes. L'auteur Mauricienne dévoile avec une force incroyable comment le mal s'insinue au quotidien sans que personne vienne à y redire. Apre, dérangeant, elle nous livre un livre remarquable et salutaire.
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Herve-Lionel
28 février 2014
★★★★★
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N°399– Février 2010.
LE SARI VERTAnanda DEVI – Gallimard.
Nous sommes dans l'île Maurice et un vieux médecin, le Docteur Bissam est à l'agonie. Il est veillé par sa fille, Kitty, et sa petite-fille, Malika. On imagine facilement qu'il aurait souhaité partir en paix, mais son existence entière a été faite de haine, de violences... le fait-elle exprès (avant qu'il ne soit trop tard?), mais sa fille va réveiller, dans le huis-clos de cette chambre mortuaire et dans l'esprit de ce pauvre nécromant, des images oubliées depuis longtemps. C'est qu'elle veut apprendre de sa bouche comment sa mère, l'épouse du docteur, est morte. Elle veut savoir ce que fut sa vie et elle ne va pas tarder à apprendre qu'elle a été placée sous le signe du mépris, des insultes, des coups... qui peuvent parfois conduire au crime. Même si le récit est fait principalement à la première personne, par ce « Dokter-Dieu », on n'imagine pas, pour une foule de bonnes raisons, qu'il ait pu être aussi un tyran familial. Pourtant, avec la voix qu'on imagine chevrotante d'un mourant, il va justifier son attitude, celle de toute une vie. Pour un plat brûlé, il frappe pour la première fois son épouse et évoque le sourire que lui faisait sa lèvre fendue. «  La violence est une grâce » finit-il par déclarer!
La violence (à la lumière du dernier mot de cet ouvrage étonnant à plus d'un titre) est donc au coeur de ce roman, celle d'un homme qui bat son épouse et plus tard sa fille, parce qu'il n'aime guère les femmes, mais aussi la violence verbale du monologue de cet homme qui revoit le cours d'une vie où il n'a pu se dispenser de rendre malheureux son entourage. Sous sa plume, à la fois cruelle misogyne et lucide, le narrateur entraîne son lecteur dans la monstruosité ordinaire d'un homme mesquin, une sorte de « Père-Dieu » qui a d'autant plus facilement humilié cette épouse, morte jeune, qu'il en était profondément épris, qu'il désirait ardemment la posséder, la dominer, mais cette femme choisit, comme acte de résistance, de se réfugier dans le silence. Il étend son pouvoir sur elle puis sur sa fille, mais on sent bien que sa petite fille lui échappe. le lecteur comprend bien aussi que ces deux femmes ne le laisseront pas en paix tant qu'il ne leur sera pas révélé les circonstances de la mort prématurée de cette épouse, même s'il cherche à louvoyer avec la vérité et ses peurs, celles de la nuit et celles du passé.
C'est peut-être difficile à dire, mais il m'a semblé que ce livre était une sorte de dernier cri poussé avant la mort même si « l'honnêteté de penser est désormais un crime », on sent qu'il a envie de tout braver et de libérer enfin sa conscience, même si ces mots sont pleins de méchanceté, de haine et de volonté de se disculper. C'est que la mort est à chaque ligne, celle de son épouse mais aussi celle de leur fils qui n'a pas vécu, celle du mari de Kitty, de tous ceux qu'il a soignés et qui n'ont pas résisté, de la sienne à venir...Certes, ce qu'il dit dérange, mais j'ai eu l'impression d'une libération par les mots, un besoin de justifications, une catharsis... même si le monologue se transforme, petit à petit en dialogue, certes difficile et même délétère entre « ses » femmes et lui.
A la fin, cet homme finit par mourir et la parole est rendue aux femmes qui lui assènent leur vérité afin que l'équilibre des choses soit en quelque sorte rétabli. Il l'est, d'une certaine façon à la fin, quasi-fictivement, puisqu'elles se retrouvent devant le corps du docteur, désormais privé de vie, et célèbrent en une sorte de fête macabre, une manière de libération, le point final de leurs blessures
Le sari, vêtement de femme de l'île Maurice qui évoque tout à la fois la grâce, la féminité, la légèreté, va devenir sous la main de Bissam, un véritable carcan et même un linceul. Il apparaît au début dans un rêve, une sorte de fantôme que le narrateur poursuit, allégorie de la vie passée avec son épouse, puis de la mort.
Le livre refermé, je retire une impression dérangeante, malsaine. Cette histoire de vie et de mort, de culpabilité et de pardon, de honte et de faute, d'amour et de haine, d'ange et de démon, de solitude et de compassion, de grandeur et de déchéance, de tendresse et de lâcheté, de poésie et de vulgarité, d'émotions et de dégoûts résonne comme les deux pans opposé d'un discours d'où la pertinence et la lucidité ne sont pourtant pas absentes.
Le style est envoûtant jusqu'à la fin et j'ai un peu de mal à admettre que tous ces mots aient pu naître sous la plume d'une femme.


©Hervé GAUTIER – Février 2010.http://hervegautier.e-monsite.com
Lien : http://hervegautier.e-monsit..
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hannahens
13 juillet 2012
★★★★★
★★★★★
Un roman noir, très noir, sur la condition des femmes, qui dépasse le cadre de l'île Maurice, décors qui est plutôt invisible le long du récit.
Un homme, père, mari est le narrateur de ce récit et va nous déverser sa bile sur 300 pages. Des pages de haines contre les femmes, contre sa femme qui n'est pas à la hauteur. En gros "toutes des putes, sauf ma mère" (celle-ci s'est en effet sacrifié pour l'élever, les morts sont en paix).
Difficile de trouver son approbation en quoi que ce soit pour la jeune épouse de 15 ans. C'est pourquoi il la bat, et sa fille aussi d'ailleurs qui aura vite fait de le décevoir, terrorisée par cet homme tortionnaire, médecin véreux qui se prend pour Dieu.
Il est misogyne, paranoïaque et pervers. Il faut vraiment être ce mélange pour dire que la violence qui le poussera à assassiner sa femme est de l'amour! Que frapper n'est pas violenter, et que sa fille n'est rien qui mérite la respect, moins qu'un chien. Pour prendre du plaisir à bousiller la vie de deux femmes. Seule sa petite fille le défie.
Le voir crever seul est un faible réconfort.
En tout cas l'auteure a réussi son pari: révulser le lecteur!
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uncoindeblog
16 novembre 2009
★★★★★
★★★★★
En guise de prologue, vous pourrez lire :
"(...) Je suis vieux et je suis en voie de décomposition.
Si vous souhaitez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompés de porte.
Gens qui criez trop fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
Tout cela m'indiffère (...)"
Si vous croyez que l'auteur a mis cela juste comme cela vous êtes bien loin du compte. Sacher que tout est vrai et que cette préparation à ce qui va suivre et un bon garde fou aux pensées qui vont vous agiter tout au long de cette lecture : empathie, répulsion, incompréhension, haine pour ce vieil homme et son entourage.
Comment un homme dévoué aux autres, respectueux de la vie humaine et prêt à courir au chevet de chacun peut il présenter une facette à l'inverse pour les siens ?
J'ai du mal à imaginer qu'il n'a agi tout au long de sa vie professionnelle que par avidité de la reconnaissance des autres. (Visiblement la seule fois où il connaitra la répulsion pour son métier et se comportera en ne respectant pas son serment, il le paiera au centuple).
Mais là n'est pas le seul paradoxe concernant "Dokter-Dieu".
Chaque page vous entraîne vers l'incompréhension de son comportement, l'incompréhension qui règne au sein de cette famille. Rien ne vous est épargné : ni la crudité des propos de cet homme envers sa femme, sa fille et petite fille. Il n'a eu de cesse de les rabaisser, de leur rappeler qui était le maître. Un vieil homme pour qui le patriarcat n'est pas un vain mot et qui n'aura de cesse jusqu'à son dernier souffle de rester l'homme, de manipuler verbalement, physiquement sa descendance, puisque sa femme n'est plus là pour endurer.
Une violence faîte aux femmes qui fait bondir le lecteur, qui lui fait frôler l'indigestion à la lecture de ces pages, mais dont le rendu incroyablement fort laisse pantois, et permet de toucher du doigt ces faits divers liés à la violence conjugale et familiale.
Chapeau bas à Ananda Devi pour être parvenue à se glisser dans ce corps égoïste, mauvais, à lui faire dire ses mots d'amour pour expliquer ses gestes (mais qui ne nous empêche pas de voir en lui un bourreau), d'être parvenue à montrer cette non communication qui se repête au fil des générations devant ce Dieu Docteur tout puissant.
(...) Pour avoir peur de toi, dis-je, encore faudrait-il que tu existes.
Raidissement de ses muscles, de ses parois, de ses parties intimes. J'ai visé juste, et ma bouche fait une petite danse de guerre. Je continue :
- Ma pauvre fille, tu sais bien que tu n'es rien. Qui es-tu ? Où es-tu ? Allô ? Allô ? il y a quelqu'un ? Qui en ce monde connaît Malika ? Reconnaît-on le visage d'un courant d'air ? (...)
Je vois les échardes de mes mots qui se fixent en elle, qui s'accrochent à sa chair, les barbelés qui arrachent de minuscules parcelles de sa dignité. Elle s'efforce de se reprendre, la pauvre, mais je ne lui en donne pas le temps. (...) page 44
Lien : http://uncoindeblog.over-blo..
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Citations & extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Annette55Annette5531 mars 2015
"Je suis un homme, et je suis en voie de disparition.
Je suis vieux et je suis en voie de décomposition .Si vous souhaitez des joyeuseries, passez votre chemin.
Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompé de porte.

Gens qui criez trop fort sans avoir rien à dire, écoutez moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
Tout cela m'indiffére."
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alicejoalicejo18 juin 2010
Je ne suis pas l'apôtre du poli [...]
Si vous voulez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompés de porte.
Gens qui criez fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
Tout cela m'indiffère.
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val-m-les-livresval-m-les-livres26 novembre 2009
Celui qu'on appelle monstre est un découvreur de l'âme humaine, celui quo'n appelle monstre est le seul à assumer le courage de son exploration et à le montrer au monde, celui qu'on appelle monstre a la force de sa solitude et de l'affranchissement de toute béquille morale, de tout prétexte à ses actes, de toute excuse qui l'éxonèrerait aux yeux du monde. Celui qu'on appelle monstre a donc les yeux du fauve quand il regarde l'autre...
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marie-bibmarie-bib04 août 2010
J'ai vécu une vie exemplaire, mais toutes ces femmes en ont déformé le sens, altéré la droiture. J'avais tant de choses à leur apprendre. Elles n'ont pas compris que j'étais un héros.
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marie-bibmarie-bib04 août 2010
Je sais que cette colère m'a conduit trop loin. Elle est, je l'admets, responsable de beaucoup de choses. C'était une source écarlate qui m'envahissait et m'interdisait toute retenue, tachant mes lèvres de son goût magnifique. Je ne pouvais frapper le bébé pour le faire taire, alors je frappais la mère. C'était normal. Il n'y avait pas à en rougir. Ce n'est que plus tard que les hommes sont devenus des mauviettes et que les femmes ont eu des droits.
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Ananda Devi présente Le Sari vert (Gallimard, 2009)
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