ISBN : 2070302180
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, un vieux médecin à l'agonie est veillé par sa fille, Kitty, et par sa petite-fille, Malika. Ces deux femmes le haïssent. Entre elles et lui se tisse un dialogue d'une violence extrême, où affleurent progressivement des élé... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lostinbooks, le 07 décembre 2009

    lostinbooks
    "Je ne suis pas l'apôtre du poli … Si vous souhaitez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompé de porte. Gens qui criez trop fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou foutez le camp."
    Ainsi commence le long monologue d'un homme, dans une petite maison à Curepipe, à l'île Maurice. Cet homme, autrefois médecin, respecté et adulé, le "Dokter Dieu", qui se considère d'ailleurs véritablement comme tel, se meurt. Il est veillé par sa fille, Kitty (qu'il n'a jamais aimée), et sa petite fille rebelle Malika (qu'il déteste carrément). Entre eux se tisse un dialogue d'une extrême violence.
    Ananda Devi se glisse avec talent dans la peau de cet homme abject, qui fut un tyran domestique, qui battait sa femme et torturait psychologiquement sa fille, qui ne cesse de justifier sa violence. Il revendique sa haine des femmes, qu'il insulte, méprise et maltraite, en particulier, son épouse, morte à vingt ans dans des circonstances mystérieuses, et sa fille, coupables toutes deux de ne pas avoir accepté sa tyrannie, la mère se réfugiant dans le silence et échappant ainsi à l'emprise de son mari, la fille en osant un jour quitter ce père redouté pour se marier.
    Le narrateur dérange, même si parfois on ne peut se défendre d'une certaine empathie pour cet homme qui a vécu une enfance difficile. Cette empathie est cependant vite oubliée, tant la haine de cet homme vis-à-vis du genre humain est effrayante. Pour donner un exemple, le seul moment il fait montre d'un peu de compassion, alors que les émeutes pour l'indépendance font rage sur l'île, est pour sauver une vache blessée dans un champs, plutôt que l'homme au chevet duquel il a été appelé.
    Un roman difficile et violent, mais qui réserve quelques instants de poésie, en particulier quand le narrateur évoque ce sari vert, symbole de la féminité, ondoyant dans le vent, son épouse si belle dans ce sari, mais qu'il détruira dans un de ses innombrables accès de rage, et se termine par une note d'espoir, la conclusion et la parole étant donnée aux femmes, survivantes de ce monstre.
    Quatorzième roman d'Ananda Devi, c'est le premier que je lis, grâce à l'opération « Masse Critique » de Babelio, et qui me donne très envie de découvrir les précédents, ainsi que d'autres auteurs de l'Océan Indien, dont Ananda Devi me semble indéniablement une grande voix.
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    • Livres 4.00/5
    Par uncoindeblog, le 16 novembre 2009

    uncoindeblog
    En guise de prologue, vous pourrez lire :
    "(...) Je suis vieux et je suis en voie de décomposition.
    Si vous souhaitez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompés de porte.
    Gens qui criez trop fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
    Tout cela m'indiffère (...)"
    Si vous croyez que l'auteur a mis cela juste comme cela vous êtes bien loin du compte. Sacher que tout est vrai et que cette préparation à ce qui va suivre et un bon garde fou aux pensées qui vont vous agiter tout au long de cette lecture : empathie, répulsion, incompréhension, haine pour ce vieil homme et son entourage.
    Comment un homme dévoué aux autres, respectueux de la vie humaine et prêt à courir au chevet de chacun peut il présenter une facette à l'inverse pour les siens ?
    J'ai du mal à imaginer qu'il n'a agi tout au long de sa vie professionnelle que par avidité de la reconnaissance des autres. (Visiblement la seule fois où il connaitra la répulsion pour son métier et se comportera en ne respectant pas son serment, il le paiera au centuple).
    Mais là n'est pas le seul paradoxe concernant "Dokter-Dieu".
    Chaque page vous entraîne vers l'incompréhension de son comportement, l'incompréhension qui règne au sein de cette famille. Rien ne vous est épargné : ni la crudité des propos de cet homme envers sa femme, sa fille et petite fille. Il n'a eu de cesse de les rabaisser, de leur rappeler qui était le maître. Un vieil homme pour qui le patriarcat n'est pas un vain mot et qui n'aura de cesse jusqu'à son dernier souffle de rester l'homme, de manipuler verbalement, physiquement sa descendance, puisque sa femme n'est plus là pour endurer.
    Une violence faîte aux femmes qui fait bondir le lecteur, qui lui fait frôler l'indigestion à la lecture de ces pages, mais dont le rendu incroyablement fort laisse pantois, et permet de toucher du doigt ces faits divers liés à la violence conjugale et familiale.
    Chapeau bas à Ananda Devi pour être parvenue à se glisser dans ce corps égoïste, mauvais, à lui faire dire ses mots d'amour pour expliquer ses gestes (mais qui ne nous empêche pas de voir en lui un bourreau), d'être parvenue à montrer cette non communication qui se repête au fil des générations devant ce Dieu Docteur tout puissant.
    (...) Pour avoir peur de toi, dis-je, encore faudrait-il que tu existes.
    Raidissement de ses muscles, de ses parois, de ses parties intimes. J'ai visé juste, et ma bouche fait une petite danse de guerre. Je continue :
    - Ma pauvre fille, tu sais bien que tu n'es rien. Qui es-tu ? Où es-tu ? Allô ? Allô ? il y a quelqu'un ? Qui en ce monde connaît Malika ? Reconnaît-on le visage d'un courant d'air ? (...)
    Je vois les échardes de mes mots qui se fixent en elle, qui s'accrochent à sa chair, les barbelés qui arrachent de minuscules parcelles de sa dignité. Elle s'efforce de se reprendre, la pauvre, mais je ne lui en donne pas le temps. (...) page 44

    Lien : http://uncoindeblog.over-blog.com/article-le-sari-vert-ananda-devi-3..
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 22 décembre 2011

    carre
    Un vieil homme se meurt, veillé par sa fille et sa petite-fille. Les deux femmes voue une haine farouche à ce médecin qui s'est montré toute sa vie violent et autoritaire. La violence des mots va mettre à jour des histoires du passé notamment la disparition de la mère. Les deux femmes prendront leur revanche sans remords en tourmentant les derniers souffles du vieil homme. D'une écriture magistrale, Ananda Devi signe une charge au vitriol contre le patriarcat et les violences faites aux femmes. L'auteur Mauricienne dévoile avec une force incroyable comment le mal s'insinue au quotidien sans que personne vienne à y redire. Apre, dérangeant, elle nous livre un livre remarquable et salutaire.
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    • Livres 2.00/5
    Par val-m-les-livres, le 26 novembre 2009

    val-m-les-livres
    Lors de la présentation de la rentrée littéraire de ma médiathèque, il avait été conseillé par un bibliothécaire qui nous avait prévenu quant à sa noirceur,le thème étant la maltraitance des femmes.J'ai lu les cent premières pages avec attention et sans déplaisir: c'était dur certes mais je m'y attendais. Ce monstre est donc en fin de vie, allité chez sa fille unique Kitty et veillé par elle et par sa petite-fille Malika qui le hait de manière ostensible. Il se remémore le coup de foudre avec sa femme, les repas brûlés, la gaîeté de cette femme qui ne seyait plus à une femme mariée, les premiers coups, la difficulté de son travail de docteur à l'île Maurice et donc le stress rapporté le soir à la maison. Mais aussi sa maman qui s'est sacrifiée pour qu'il réussisse dans la vie. La deuxième moitié m'a fait décrocher. D'abord parce que j'ai trouvé lassant ces discours misogynes et puis parce que ce monstre ne s'est pas contenté de s'en prendre à sa femme et à ça, je n'étais pas préparée. J'évite soigneusement le sujet de la mailtrance d'enfants, que je ne supporte pas de lire. J'ai été prise de court et j'en suis encore boulversée même si ce roman reste pudique. Ce livre m'a mis le moral en berne, si bien que j'ai été obligée (ce qui ne m'arrive jamais), de compenser avec des lectures plus légères en même temps. le seul fait d'écrire sur ce roman me semble douloureux. Il n'en reste pas moins que c'est très bien écrit, très dense mais vraiment, vraiment pas pour moi.
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    • Livres 2.00/5
    Par BVIALLET, le 02 mai 2012

    BVIALLET
    Dans une maison de Curepipe, sur l'île Maurice, Kitty, une femme d'âge mûr et Malika, une jeune fille, veillent sur un très vieil homme, le docteur Bissam, un médecin hindou surnommé Dokter-Dieu, qui vit ses derniers instants dans une grande souffrance morale. Entre eux trois, plane l'ombre de la mère de Kitty, morte dans des circonstances troubles, à l'age de vingt ans et peu de temps après qu'elle ait mis au monde un fils mort quelques jours après sa naissance. Bien que les deux femmes aient hâte que leur père et grand-père meure pour enfin toucher l'héritage, elles veulent néanmoins qu'il leur révèle auparavant toute la vérité sur ce drame familial. le discours du mourant va être aussi surprenant que violent...
    Quel supplice que la lecture de ce bouquin ! Sur son lit de mort, ce toubib si dévoué envers ses patients se révèle avoir été un détestable mari, un médiocre père et un abominable grand-père. Quels trésors de haine recuite n'a-t-il pas accumulé contre sa famille : sa femme qu'il battait et insultait parce qu'elle n'était pas une bonne cuisinière, sa fille qui tomba amoureuse d'un minable bibliothécaire alors qu'il voulait un beau mariage et surtout sa petite-fille qu'il prend pour une débile mentale parce qu'elle a perdu sa place d'institutrice et parce qu'homosexuelle, elle fait l'amour avec une grosse matrone d'origine africaine. Ce livre n'est qu'une longue diatribe assez indigeste contre les femmes, non dépourvue d'une certaine mauvaise foi et de longs développements plus ou moins philosophiques. Jamais rien lu de plus nihiliste ni de plus hargneux écrit par une femme sur ses consoeurs dans un style un peu lourd et qui s'autorise parfois quelques menues privautés avec la ponctuation...

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par alicejo, le 18 juin 2010

    Je ne suis pas l'apôtre du poli [...]
    Si vous voulez des joyeuseries, passez votre chemin. Si vous pensez sortir d'ici le ventre grouillant de bons sentiments, vous vous êtes trompés de porte.
    Gens qui criez fort sans avoir rien à dire, écoutez-moi si vous le voulez ou bien foutez le camp.
    Tout cela m'indiffère.
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  • Par marie-bib, le 04 août 2010

    Je sais que cette colère m'a conduit trop loin. Elle est, je l'admets, responsable de beaucoup de choses. C'était une source écarlate qui m'envahissait et m'interdisait toute retenue, tachant mes lèvres de son goût magnifique. Je ne pouvais frapper le bébé pour le faire taire, alors je frappais la mère. C'était normal. Il n'y avait pas à en rougir. Ce n'est que plus tard que les hommes sont devenus des mauviettes et que les femmes ont eu des droits.
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  • Par val-m-les-livres, le 26 novembre 2009

    Celui qu'on appelle monstre est un découvreur de l'âme humaine, celui quo'n appelle monstre est le seul à assumer le courage de son exploration et à le montrer au monde, celui qu'on appelle monstre a la force de sa solitude et de l'affranchissement de toute béquille morale, de tout prétexte à ses actes, de toute excuse qui l'éxonèrerait aux yeux du monde. Celui qu'on appelle monstre a donc les yeux du fauve quand il regarde l'autre...
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  • Par marie-bib, le 04 août 2010

    J'ai vécu une vie exemplaire, mais toutes ces femmes en ont déformé le sens, altéré la droiture. J'avais tant de choses à leur apprendre. Elles n'ont pas compris que j'étais un héros.
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  • Par BVIALLET, le 02 mai 2012

    Mais vous, les femmes, vous vous obstinez à jouer le beau rôle alors que vous êtes les ravageuses. Les glaneuses de souvenirs périmés. Votre envie de fouiller l'envers des choses vous perdra toujours, et toujours vous recommencerez. Vous êtes des mollusques, vous vous faufilez, vous vous trainez dans votre glaire, vous pénétrez les trous qui ne vous appartiennent pas...
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ANANDA DEVI _ JOURNAL DE BORD
De la Bretagne à Montréal, Caroline le Gal nous fait connaître ses goûts de lectures. Elle rencontre à chaque semaine un auteur avec qui elle parcourt son oeuvre et ses inspirations. Bienvenue à Journal de bord. ENTREVUE AUDIO ANIMATRICE: Caroline le Gal est libraire et passionnée de littérature. Présidente du Prix des libraires 2012, elle est chroniqueuse à l'émission radio de Radio-Canada La Librairie francophone, ainsi que sur France Inter. Ananda Devi Nirsimloo Ecrivain née à l'île Maurice le 23 mars 1957. Publie son premier recueil de nouvelles à l'âge de 19 ans. A publié depuis seize ouvrages - romans, nouvelles, poésie. Entrevue réalisée dans le cadre du Festival Métropolis Bleu Les hommes qui me parlent, Gallimard, 2011, Le sari vert, Folio, Gallimard, 9782070440344 Quand la nuit consent à me parler, Doucey, 9782362290183 Indian Tango, Folio, Gallimard, 9782070361724








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