> Marc Mécréant (Traducteur)

ISBN : 2070425533
Éditeur : Gallimard (2002)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
En pleine guerre, un avion américain s'écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir...

Aux yeux du jeune enfant naïf et émerveillé qui raconte cet épisode, sa nationalité, sa race, sa lan... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par le_Bison, le 15 mars 2012

    le_Bison
    « Gibier d'élevage » qui reçut le prix Akutagawa permit à Kenzaburô Ôé de faire une entrée remarquée et fracassante dans le monde littéraire à l'âge de 22 ans. Un avion américain s'écrase près d'un village japonais isolé au milieu des montagnes. le pilote réussi à s'éjecter mais est rapidement capturé par ces paysans. En attendant de recevoir une décision du représentant du gouvernement le plus proche, les villageois vont maintenir prisonnier ce soldat noir américain. Peur, haine, inquiétude, animosité... tels sont les sentiments de ces japonais envers leur prisonnier. C'est un ennemi et plus même...Il est noir !
    Un peu reclus sur eux-mêmes, ces japonais, de simples paysans et montagnards, vont considérer le soldat noir comme un animal. Enfermé dans le noir au milieu de ses propres immondices, enchaîné par les pieds et les mains, il ne sera considéré que comme une bête sauvage pour qui on peut avoir les pires craintes, les pires peurs. Pour la plupart, ils n'ont jamais rencontré de « nègre », et comme l'être humain est terrifié par ce qu'il ne connaît pas, le prisonnier sera traité comme pire qu'un ennemi.
    Le temps passe, le prisonnier semble s'adapter à ses conditions, les enfants du village le surveillent et la communication semble s'établir. Chants, rires, travaux...le noir se fait petit à petit une place dans la vie du village. Il n'est plus tout à fait un ennemi mais simplement une nouvelle bête de compagnie. Les japonais l'aurait-ils domptés, domestiqués comme ils l'auraient fait avec un animal sauvage ?
    Mais est-ce qu'une bête sauvage peut-elle être élevée ?

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 3.00/5
    Par Gast, le 17 décembre 2010

    Gast
    Un livre sur la confrontation, sur le rapport à l'autre. L'opposition de personnes que tout oppose. D'abord, il y a "l'ennemi", concept tout aussi vague que "l'étranger" et qui, au final, ne recouvre que très imparfaitement la réalité des différences ; ensuite, il y a le choc culturel, entre l'Américain et le Japonais d'alors, deux cultures qui n'avaient pas encore commencé à dialoguer ; puis l'un est aviateur, baigné dans la modernité, quand ses geoliers sont des villageois encore embourbés dans l'archaïsme du passé, mis de côté et méprisés par une société japonaise déjà liée à la modernité ; enfin, l'organique, la couleur de peau, la taille, les ordeurs corporelles, tout ces signes extérieurs si prompts à être instrumentalisés par les racistes, cristallise leur différence.
    Court roman sur la différence, sur la guerre qui sépare, qui exacerbe nos différences et fait taire nos points communs. Court roman intéressant, symptomatique de l'absurdité profonde de la guerre ; et de son implacable volonté aussi puisqu'elle ira jusqu'à bouleverser la vie d'un enfant pourtant fort loin du front.
    Mais un roman décevant, au final, car j'ai trouvé que l'auteur -- et ce malgré l'emploi de la première personne du singulier -- était resté trop en retrait.
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    • Livres 4.00/5
    Par amartia, le 08 avril 2012

    amartia
    A la fin de la deuxième guerre mondiale, un soldat américain est fait prisonnier dans un village retiré de la montagne japonaise. Oui, mais voilà, le soldat et Noir. Ce sont les enfants, et notamment le narrateur, qui sont chargés de le nourrir et de le surveiller.
    Ennemi, et de surcroît Noir, donc inconnu, le soldat est considéré comme un animal sauvage à apprivoiser.
    Ce conte, d'une grande cruauté, mais aussi d'une grande simplicité, dénonce sans grand discours mais avec beaucoup d'efficacité, la misère, l'ignorance, et la folie humaine.
    Un récit court, cruel et dense qu'on lit d'une traite.
    Je découvre avec ce livre un auteur japonais dont j'apprends qu'il a reçu le prix Nobel de littérature. Je connais mal les auteurs japonais, et je dois dire que si son nom m'était resté caché, je n'aurais pas deviné qu'il s'agissait de l'un d'eux, tant le propos est universel.
    Réédité dans la collection Folio 2€ cela me conforte dans la très bonne opinion que j'ai de cette collection qui, décidément, réunit des textes majeurs.

    Lien : http://meslecturesintantanees.blogspot.com/2012/04/kenzaburo-oe-gibi..
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 16 mars 2011

    mimipinson
    Où finit la bêtise, où commence la haine de l'autre ? Est-ce l'ignorance, ou bien le mal ancré au fond des personnes qui conduisent à ces faits là ?
    L'auteur donne la parole à deux frères dont « Crapaud » et un de leurs amis « Bec de lièvre » qui dans la campagne japonaise, au milieu de la forêt, dans un pays en guerre, voient pour la première fois de leur vie, un Noir, ennemi de surcroit parce qu'américain…..
    « Les ennemis qu'elle tête peuvent-ils bien avoir ? »
    « C'est un Noir, un Noir ! Pas un ennemi ! » A la limite, c'est encore pire …..
    « C'est une bête, rien qu'une bête, dit mon père avec gravité. Il pue comme un bœuf »
    Voilà à fond toute l'essence de cette petite mais très dense nouvelle. Comment éduquons-nous nos enfants, comment les plaçons nous devant l'autre qui n'est pas comme nous ? Comment l'ignorance des parents conduit irrémédiablement à l'ignorance des enfants dans une société fermée à toute autre culture à l'époque où se situe l'histoire ?
    Même si ces enfants apprendrons à apprivoiser ce pauvre homme de couleur, ramené au rang de bête, même s'ils tous surpris, se rendent compte qu'il est bâti come eux, et même mieux (avec à ce sujet un passage croustillant que je ne dévoilerai pas !!), le mal est fait.
    Cette histoire se passe il y a longtemps, et pourtant, et pourtant……de nos jours, elle serait encore bien actuelle.
    Ce livre est court, et comme souvent en littérature japonaise, ce n'est pas forcément le plus accessible. On ne lit pas cela comme on lit un roman de plage. L'écriture est belle, prenante.
    Je n'avais pas forcément prévu de lire cet auteur ; il était mis en valeur à la médiathèque, et je me suis dit :pourquoi pas ? Sans regret.


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/03/gibier-delevage.html
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    • Livres 3.00/5
    Par tulisquoi, le 02 avril 2010

    tulisquoi
    1958, année d'écriture de ce livre. Un livre qui se passe en pleine guerre. En pleine campagne aussi. Loin de tout. De la "ville" qui méprise ces paysans. Les hommes partent à la chasse. Les femmes s'occupent au village. Les enfants aident comme ils peuvent. L'école c'est pas tout le temps dans cette campagne.
    Un livre sur les préjugés : ceux de la ville contre ceux de la campagne. Les femmes d'un côté, les hommes de l'autre. Les blancs de peau contre un noir.
    Un livre sur la bêtise aussi : ceux qui sont déjà victimes de discriminations et qui agissent de même avec ce qu'il ne connaisse pas.
    Un livre sur l'innocence enfin. Innocence de ces enfants qui pensent bien faire, mais à qui on n'a pas appris la différence, l'acceptation de l'autre.
    1958, année d'écriture de ce livre. A peu de choses près, il aurait pu être écrit en 2010 tant certaines choses semblent ne pas avoir changé.

    Lien : http://www.tulisquoi.net/gibier-delevage-kenzaburo-oe
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 15 mars 2012

    - On ne pourrait pas continuer à le garder comme ça au village ? dis-je. Est-ce que tu le crois dangereux.
    Ma question se heurta à un mutisme délibéré. Je revécus intérieurement ma surprise et mon effroi de la veille au soir, quand on avait ramené le nègre au village. Que pouvait-il faire, à cette heure, dans sa cave ? S’il s’échappait de son trou, massacrait tous les habitants et les chiens du village, et mettait le feu aux maisons ? Un frisson de terreur parcourut tout mon corps, et je m’efforçai de ne plus penser à cela.
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  • Par amartia, le 08 avril 2012

    Un gamin du village voulut me contourner pour aller regarder par le soupirail : un coup de pied dans les reins décoché par Bec-de-Lièvre lui arracha des cris de douleur. Bec-de-Lièvre s'était d'ores et déjà arrogé le pouvoir d'accorder ou non le droit de regarder par le soupirail : et il montait une garde jalouse pur interdire à quiconque de porter atteinte à cette prérogative.
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  • Par le_Bison, le 15 mars 2012

    Allongé sur le sol transpirant de la cave, le noir était en train de chanter à mi-voix, de sa voix grave, un chant qui nous prenait étrangement aux entrailles, un chant plein de sanglots et de cris étouffés qu’on sentait prêts à fondre sur nous.
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  • Par mimipinson, le 16 mars 2011

    « C’est une bête, rien qu’une bête, dit mon père avec gravité. Il pue comme un bœuf »
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Vidéo de Kenzaburo Oé

La grande librairie 15/03/2012 sur France 5 de François Busnel, Kenzaburô Ôé parle de son nouveau livre "Notes de Hiroshima"
Kenzaburô Ôé est né en 1935 dans l'île de Shikoku, au sud-ouest du Japon. Il reçoit à 23 ans le prix Akutagawa pour son récit Gibier d'élevage. Son œuvre, composée de romans, de nouvelles et d'essais, le place au tout premier rang de la scène littéraire japonaise et est récompensée en 1989 par le prix Europalia. Il reçoit le prix Nobel de littérature en 1994. Ecrivain original qui rejette le système de valeurs d'une société aux pouvoirs centralisés et reflète les interrogations et les inquiétudes de la génération de l'après-guerre, il incarne la crise de conscience d'un pays emporté dans le matérialisme.








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