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ISBN : 2752900783
Éditeur : Phébus (2006)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Reprise (attendue !) en collection « Libretto » des trois volumes des aventures de Bernard Ollivier sur les routes d’Asie : Longue marche, Vers Samarcande, Le Vent des steppes.

« Bernard Ollivier est un voyageur. Il ne se prend pas pour un écrivain. Le ré... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 04 mars 2012

    le_Bison
    L'histoire pourrait débuter comme un pari stupide, inutile, voir dangereux. Elle peut être perçue comme le caprice d'un sexagénaire en mal d'aventures, en pleine crise de la soixantaine. Un ancien journaliste à la retraite décide de s'échapper de cette retraite dorée en partant sur les traces de la route de la Soie. En 4L ? En vélo ? Non simplement à pied, du bord de la méditerranée jusque dans les profondeurs de la Chine. Exploit sportif ou Coup de tête ? En fait, ni l'un ni l'autre. Bernard Ollivier n'a pas l'âme d'un grand sportif et ne parcourt pas ces milliers de kilomètres pour se faire un nom, pour connaître la gloire et la célébrité qu'un tel exploit peut engendrer. Si pour le commun des mortels, il peut s'agir d'une véritable performance sportive, lui ne voit pas l'affaire en ce sens. Pourtant, il ne s'agit pas non plus d'une impulsion stimulée par la peur de se retrouver pépère dans son pavillon à arroser son petit jardin printanier... Là encore, Bernard Ollivier est franc avec lui-même. Il sait que cette aventure sera extrêmement dure, éprouvante. Mais il s'y est préparé. Loin d'être fou, il a mené une longue réflexion sur le sujet, sur le trajet et ses modalités pour tracer sa route en trois longues étapes. Premièrement, il ne marchera qu'à la belle saison, en évitant de traverser les déserts et montagnes dans des conditions climatiques trop rudes ; deuxièmement, cela permettra à ses pieds, à son corps, à sa tête de se refaire une santé une année sur l'autre.
    Istanbul, ville départ de ce long marathon à travers la Turquie et l'Anatolie.
    Téhéran, ville arrivée pour cette première étape de la « Longue marche » à travers une route de la Soie pleine de mystères, de saveurs et de découvertes.
    Entre ces deux cités historiques, qu'y a-t-il ?
    Des caravansérails et...
    Beaucoup de souffrance physique et morale. Physique, tout d'abord, il suffit de regarder l'état de ses pieds, de ses hanches au bout de quelques journées de marche. Morale ensuite, parce que l'aspect physique influe aussi énormément sur sa psychologie et son esprit se trouve par moment submergé par des doutes, des peurs, des échecs.
    Beaucoup de bonheur, de joie et d'attachement. le bonheur de se retrouver seul, de pouvoir méditer sur son propre sort, de comprendre son corps et sa tête. Seule une Longue marche permet une telle introspection de soi. Ce n'est pas pour rien que dans toutes les religions, les longs pèlerinages font office de chemin vers la foi. Mais le but de Bernard Ollivier n'est en rien un appel à Dieu. Il ne voit en son « pèlerinage » aucune connotation religieuse, simplement le désir, l'envie de se retrouver seul, face à soi, face à ses illusions.
    Et moi dans tout ça, simple lecteur de cette aventure humaine ? Je sens cette souffrance. Mais je respire également ce bonheur. Loin des circuits touristiques à travers la Cappadoce ou le long des côtes maritimes, je découvre un pays sous un autre jour, sous une autre âme, celle de l'hospitalité, de la serviabilité et du devoir d'accueillir chez soi le vagabond, le pèlerin voyageur.
    Mais le plus grand bonheur est surtout celui que lui procure les autres, à savoir les autochtones (turcs et kurdes, hommes, enfants et femmes) qu'il croise le long des routes en voitures, camions ou plus rarement à dos d'âne. Cette rencontre avec l'autre, voilà ce que Bernard Ollivier est venu chercher : un contact avec la population locale pour comprendre ce pays. Et seul un marcheur solitaire (sans lecteur mp3, le casque sur les oreilles) peut se permettre de rencontrer chaque soir l'habitant, de recevoir une si chaleureuse hospitalité. S'abriter sous un toit hôte, partager son repas même frugal et souvent composé uniquement d'eau, de pain et de fruits secs, palabrer la nuit durant de sa vie parisienne mais aussi de la culture turque, de la politique des deux pays, du « problème » kurde... Les sujets de conversations ne manquent pas même si la langue peut parfois mettre des limites, être un frein à cette soif de découvertes, cet appétit insatiable de connaissances.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 2.00/5
    Par Corboland78, le 22 décembre 2013

    Corboland78
    Bernard Ollivier est un journaliste et écrivain né en 1938 dans la Manche. Après une carrière de journaliste politique et économique, à la retraite et veuf, il décide de se consacrer à l'écriture et de marcher jusqu'à Saint Jacques de Compostelle avant d'entreprendre une Longue marche sur la Route de la Soie. Comme écrivain, il publie des nouvelles dont un recueil sur les sans domicile fixe, des romans policiers, mais aussi des récits de ses voyages. le succès de ses ouvrages lui permet de fonder plus tard l'association Seuil pour la réinsertion par la marche des jeunes en difficulté.
    Longue marche est un récit en trois volumes, relatant son voyage de 12 000 kilomètres à pied sur la Route de la Soie, d'Istanbul à Xian en Chine. le premier tome abordé aujourd'hui, sous-titré Traverser l'Anatolie est paru en 2000. Il est consacré au trajet effectué entre Istanbul en Turquie, jusqu'à la frontière avec l'Iran.
    J'avais découvert l'auteur en 2009 avec son délicieux Aventures en Loire où il s'était aventuré sur le fleuve en canoë, alors qu'il n'en n'avait jamais fait de sa vie ! Je le retrouve avec plaisir pour ce récit exclusivement pédestre qui fait lever les yeux au ciel quand on suit sur la carte, la distance qu'il prévoit de parcourir à pied. En trois fois, certes, mais pédibus quand même.
    Ce qui m'a le plus frappé en le lisant, c'est la différence de ton entre Aventures en Loire datant de 2009 et Longue marche paru en 2000. Près de dix ans qui font toute la différence. le récit le plus ancien trahit la situation morale de l'écrivain, il entre dans la retraite et elle lui pèse déjà, homme d'action il lui faut très rapidement trouver un sens à sa nouvelle vie, d'autant qu'il la passera seul, devenu veuf. Quand souvent les récits de marche appuient sur l'aspect quasi zen de l'entreprise, Bernard Ollivier avoue, « La difficulté pour moi n'est pas de marcher mais de m'arrêter » ou bien quand exténué « le bon sens voudrait que je ne fasse rien. Mais ça, je ne sais pas. » La marche sera donc une thérapie destinée à le sauver de ses propres démons, plus qu'une randonnée sportive et culturelle. Et il s'y applique avec fougue pour ne pas dire obstination un peu bornée – si j'ose – quand deux ou trois fois, obligé par les circonstances à faire quelques kilomètres en voiture pour s'éloigner en hâte d'une zone, il mettra un point d'honneur à y revenir plus tard pour refaire le trajet à pied !
    Le périple en Turquie s'avère riche en péripéties. le marcheur est considéré avec un étonnement curieux par les autochtones qui l'assaillent de questions ou l'invitent, presque de force, à boire un thé ici, partager un repas là. Bernard Ollivier loge souvent chez l'habitant, car sa route ne passe que par de petits villages, nous découvrons alors les mœurs indigènes dans les contrées régies par l'Islam où l'hospitalité n'est pas un vain mot. Pour autant la route n'est pas un long ruban tranquille, trois fois il sera confronté à des voleurs potentiels et le récit devient angoissant. Mais c'est aussi la période où la Turquie se débat avec le PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan formé en 1978 par Abdullah Öcalan (dans l'ouvrage, l'auteur l'orthographie Odjalan, ce qui trouble le lecteur) une organisation armée se présentant comme un mouvement de guérilla, dont le leader incarcéré se prépare à être jugé. le voyageur pédestre et suspect aux yeux des militaires sera l'objet de brimades et ennuis désagréables. Mais ce ne sera pas tout, il y aura un ou deux fous furieux croisés en pleine campagne, sans oublier les terribles kangals, énormes chiens de berger gardant les troupeaux.
    Comme souvent, l'ennemi le plus dangereux est celui de l'intérieur. En l'occurrence, les boyaux du pèlerin ! Alors qu'il n'est plus qu'à une journée de marche de la frontière avec l'Iran, une dysenterie amibienne le cloue au lit et il sera rapatrié vers la France. Mais déjà il envisage son prochain voyage, bien décidé à le reprendre là exactement où il s'est arrêté. Borné, je vous l'avais dit !
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    • Livres 4.00/5
    Par Didili, le 23 octobre 2013

    Didili
    Découvrir la Turquie, l'Anatolie, en marchant voilà une belle idée et Bernard Ollivier l'a fait pour nous, ses lecteurs.
    Véritable aventure humaine, la marche fait découvrir ce pays de façon différente et permet de s'imprégner d'un rythme propre au marcheur.
    Les kilomètres défilent, les rencontres également. le peuple turc est accueillant mais parfois pas vraiment...
    Pas toujours facile de se repérer dans ce pays où les chemins ne sont pas mis en valeur au détriment des routes Marcher n'est pas toujours compris par les autochtones, pourquoi marcher alors que l'on peut se faire transporter dans des véhicules motorisés !
    le corps, les pieds, le dos avec le sac lourd en prennent un coup, puis s'habituent. La marche appelle la marche.
    Allez toujours plus loin ... Les étapes sont souvent au dessus de 30 kilomètres et là je suis admirative...
    C'est que 12 000 kilomètres à parcourir ce n'est pas une petite marche dominicale !
    Les soirées dans les hôtels ne sont pas les plus reposantes, on lui offre souvent le couvert, plus rarement le gîte qu'il faut monnayer et dans ce cas ce n'est pas hôtel 4 étoiles ... Rarement de l'eau chaude et une propreté laissant à désirer...
    Bernard Ollivier va s'imprégner de la cadence de la marche, va s'émerveiller de paysages, et faire des rencontres marquantes même toutes simples nous faisant entrer dans l'intimité des maisons turques.
    Il va découvrir un pays par l'intérieur, avec du temps à partager et je trouve qu'il arrive à nous faire ressentir le pays, avec ses tensions politiques, notamment dans l'est avec le peuple Kurde, il en subira d'ailleurs les tensions ...
    Les carenvansérails qui marquent la route de la soie ne sont pas bien entretenus et tombent pour la plupart en ruine. La route de la soie empruntée par de n.ombreuses caravanes n'est pas mise en valeur dans le pays et pourtant quel héritage historique ! Bernard Ollivier est déçu et on le comprend.
    le chemin ne sera pas toujours de tout repos, les aventures quotidiennes parfois très stressantes, les chiens sauvages, les kangals effrayants, les êtres parfois tout aussi sauvages et /ou complètement fous !
    On quitte à la fin de ce tome Bernard Ollivier en fâcheuse posture, son corps ne suit plus, mais pas à cause de sa Longue marche, non, il a sans doute ingérer en buvant une eau pas claire, une vilaine bactérie qui le met KO !
    Retour en ambulance où on souffre pour lui et où on s'inquiète...
    Mais Bernard Ollivier reprendra la route là où il l'a laissé.
    L'occasion pour moi de le retrouver et de suivre l'empreinte de ses godillots sur la route de la soie car j'ai très envie de continuer cette lecture en me procurant les deux autres tomes.

    Lien : http://imagimots.blogspot.fr/2013/10/longue-marche-tome-1-traverser...
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    • Livres 4.00/5
    Par Apikrus, le 18 janvier 2014

    Apikrus
    En 1999, l'auteur, ancien journaliste à la retraite, a décidé de parcourir à pied l'ancienne route de la soie, de Istanbul à Changan (Chine), soit environ 12 000 kilomètres prévus sur quatre ans.
    Cet ouvrage, le premier d'une série, raconte sa traversée de la Turquie. Bernard Ollivier essaie d'y faire partager les plaisirs nés de ses efforts et de ses rencontres, ainsi que les souffrances et les peurs qu'il a éprouvées durant son périple. Il y parvient, donnant même au lecteur l'envie de prendre le temps de se déplacer à pied, pour voir les choses d'un point de vue différent de celui du touriste motorisé - comme je l'ai été en Turquie environ dix ans après l'auteur.
    Français comme l'auteur, j'ai reconnu certains éléments qu'il décrit de la Turquie. Je n'ai cependant pas profité comme lui du sens de l'hospitalité de nombreux Turcs, ni eu à craindre les agressions terroristes ou les excès de zèle policier (en raison des différences entre nos modes de déplacement, et probablement à cause du décalage dans le temps ainsi que du fait que l'auteur est aussi allé dans l'est du pays).
    J'ai beaucoup aimé cet ouvrage. Je regrette toutefois qu'il ne comporte pas de planches photographiques et trop peu de cartes détaillées permettant de suivre l'itinéraire. Je suis aussi surpris que ce récit - qui aborde beaucoup d'éléments de l'histoire, de la géographie, et de la sociologie de la Turquie - n'évoque pas (sauf erreur d'attention de ma part) le génocide arménien. L'usage du mot « génocide » pour désigner les massacres d'Arméniens au début du XXème siècle est pénalement sanctionnable en Turquie. Si l'auteur voulait éviter de fâcher les autorités ou des amis turcs, il pouvait citer ces événements passés sans se prononcer sur leur caractère génocidaire.
    J'ai hâte de lire le second ouvrage de la série ("Vers Samarcande"). En effet, le dépaysement est garanti (même si, a priori, les pays traversés suscitent moins ma curiosité et mon intérêt que la Turquie).
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    • Livres 5.00/5
    Par Natiora, le 03 avril 2012

    Natiora
    Avez-vous déjà rêvé de prendre votre sac à dos et de parcourir à pied des contrées lointaines, délaissées des touristes ? D'avancer au hasard des rencontres ? Si c'est le cas mais que vous n'avez jamais osé franchir le pas, laissez-vous embarquer au côté de Bernard Ollivier dans sa « Longue marche ».

    Ce jeune retraité s'est donné quatre ans pour faire la Route de la Soie, en partant d'Istanbul, en Turquie, pour arriver à Xian, en Chine. Il a divisé le parcours en quatre parties, entre lesquelles il retournera à Paris se reposer et préparer le voyage suivant. Bernard Ollivier a découvert les bienfaits de la marche après le décès de son épouse. C'est un moyen pour lui de se recentrer sur lui-même. le challenge ici est de faire le voyage en sac à dos, sans jamais recourir aux moyens de locomotion moderne. Chaque mètre parcouru doit être un mètre marché.

    Dans ce premier volet, notre voyageur doit relier Téhéran depuis Istanbul. Il a soigneusement établi son itinéraire, sait où il doit s'arrêter, en combien de jours il doit arriver à tel endroit... Mais évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, et c'est là toute la beauté de l'aventure ! Ce périple s'annonce en fait physiquement plus difficile qu'escompté, et les cartes ne reflètent pas toujours la réalité du terrain. Mais Bernard Ollivier n'est pas homme à se laisser abattre. A côté de diverses mésaventures, des découvertes plus réjouissantes l'attendent. Il traversera des paysages grandioses, désertiques, dénués de toute habitation. de nombreux caravansérails, havres de repos des chameliers jadis engagés sur la Route de la Soie, jalonneront son parcours, attirant notre attention sur ces vestiges d'une époque révolue. Il fera des rencontres humaines étonnantes, chaleureuses, avec des gens vivant simplement, loin de notre confort. Un langage des signes improvisé et des sourires suffiront pour abattre la barrière des langues.
    Le récit de Bernard Ollivier est simplement magnifique. Il partage tout et nous ressentons son voyage avec lui : les ampoules aux pieds, la chaleur accablante du soleil, la soif, la solitude, la peur, mais aussi la joie, la sérénité, la force de la volonté. Pour ne rien gâcher, il manie la langue avec précision, fluidité, poésie et magie.

    N'hésitez pas, laissez-vous emporter sur la Route de la Soie...
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Citations et extraits

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  • Par aventuriers, le 16 mars 2008

    Extrait du livre

    LES VILLES DU BOUT DU CHEMIN

    6 mai 1999
    Mes enfants, sur le quai, me font un dernier signe. L'aiguille sur la grande horloge de la gare bascule sur le départ. Le train m'arrache. La ville, ses bruits et ses lumières s'éloignent. Pénombres de la banlieue pavillonnaire, nuit profonde de la campagne percé de lampes fugitives. Je suis, enfin, parti pour ce long voyage de la route de la soie à pied.
    Pendant que je rêve, le nez collé à la vitre, les yeux suivant des lumières filantes, trois retraités s'activent dans le compartiment que nous partageons. Deux d'entre eux s'offrent un voyage de noces tardif. En trente-cinq ans, ils n'ont jamais eu le temps. . L'autre femme qui voyage seule connaît déjà la ville et veut voir le carnaval. A Venise, la saison commence.
    Je reste un long moment dans le couloir. Je n'ai pas envie de parler. Je suis déjà sur le chemin, sur cette route qui m'a tant fait rêver. Je songe que j'ai eu raison de demander à mes amis de ne pas venir sur le quai. La moitié, celle qui se désole de me voir partir, m'aurait une fois de plus posé la question : pourquoi ce voyage? De la part d'un jeune homme, ils comprendraient : va pour l'aventure. Mais qu'un homme sérieux, au lieu de bichonner ses pivoines dans sa retraite normande, parte pour trois mille kilomètres, à pied, sac au dos, dans une région réputée dangereuse, c'est abracadabrant. La présence des autres, ceux qui m'admirent ou m'envient pour ces grandes vacances, ne m'auraient pas davantage encouragé. Et si je les décevais?…
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  • Par le_Bison, le 04 mars 2012

    On a pu constater, chez les pèlerins en particulier, que lorsque la moyenne de trente kilomètres par jour est atteinte, l’entraînement physique neutralise la perception du corps. Dans presque toutes religions, la tradition du pèlerinage a pour objet essentiel, à travers le travail de l’être physique, d’élever l’âme : les pieds sur le sol, mais la tête près de Dieu. D’où l’aspect intellectuel de la marche que les béotiens ne soupçonnent pas. Ceux qui n’ont pas vécu pareille aventure pensent le plus souvent que la marche est souffrance. Elle peut l’être pour ceux qui, par masochisme ou religiosité, s’infligent des tortures, marchent à genoux ou nu-pieds sur les cailloux. Mais dans la limite de trente kilomètres par jour, la marche est une jouissance, une douce drogue.
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  • Par boadalio, le 30 juin 2010

    Mes enfants entament leur vie d'homme.Déjà ils ont éprouvé ce sentiment angoissant que, même entourés, nous somme seuls.Comme je les aime !
    Nous sommes, eux et moi, devant l'océan de la vie. Ils ne voient pour l'instant que l'immensité des eaux. Moi,j'aperçois déjà la rive ou il faudra aborder.

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  • Par ccha, le 08 août 2011

    Le plus vieux mode de déplacement du monde est aussi celui qui permet le contact. Le seul, à vrai dire. Assez de voir des civilisations en boîte et de la culture sous serre. Mon musée à moi, ce sont les chemins, les hommes qui les empruntent, les places de village, et une soupe, attablé avec des inconnus.

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  • Par Didili, le 23 octobre 2013

    Face à l'hôtel se trouve le caravansérail Mehmet Pacha. Ou du moins ce qu'il en reste car les murs d'enceinte ont été détruits. Seuls subsistent quelques cellules de plain-pied alignées de part et d'autre d'une allée centrale. On a cassé leur jolie perspectives en y plantant un alignement de lampadaires qui se voudraient modernes. A chaque extrémité une porte en arc de pierres blanches et noires alternées serait du plus joli effet... Si l'on n'avait commis un crime architectural en plantant sur l'une d'elles une tour horloge de ciment. l'édifice avait quatre cent soixante-dix ans, un âge que l'on peut qualifier de respectable, lorsqu'on l'a défiguré par cette horreur grisâtre il y a moins de cinquante ans. Pour ce massacre, on a brisé l'arc du porche que l'on a comblé par un support de ciment gris. L'horloge hors d'usage vomit de grandes trainées de rouille le long des fausses pierres dessinées sur le béton.
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