ISBN : 2752900783
Éditeur : Phébus (2006)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 55 notes) Ajouter à mes livres
Reprise (attendue !) en collection « Libretto » des trois volumes des aventures de Bernard Ollivier sur les routes d’Asie : Longue marche, Vers Samarcande, Le Vent des steppes.

« Bernard Ollivier est un voyageur. Il ne se prend pas pour un écrivain. Le ré... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par cyberugo, le 24 mai 2012

    cyberugo
    Ce récit de voyage attire l'œil lorsqu'on le voit sur une étagère ou un présentoir. On se dit : " trois tomes, ce doit être un récit détaillé". Et effectivement, c'est bien le cas ! L'auteur, un journaliste à la retraite, mais surtout un marcheur insatiable, nous livre le récit du premier tiers de son voyage à pied le long de la route de la soie, ici de Venise jusqu'à la frontière iranienne.
    On suit l'homme au jour le jour, avec toutes ses aventures, et ses mésaventures, mais aussi et surtout les rencontres qu'il fait le long de ce cheminement. Il va loger le plus souvent chez l'habitant, qui lui offre le gîte et le couvert. Ceci offre de nombreuses interrogations, suspicions, convoitises, échanges et autres moments de partage.
    L'auteur nous fait enfin partager ses réflexions, ses interrogations, ses doutes sans toutefois faire de ce voyage une quête spirituelle mais simplement culturelle.
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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 04 mars 2012

    le_Bison
    L'histoire pourrait débuter comme un pari stupide, inutile, voir dangereux. Elle peut être perçue comme le caprice d'un sexagénaire en mal d'aventures, en pleine crise de la soixantaine. Un ancien journaliste à la retraite décide de s'échapper de cette retraite dorée en partant sur les traces de la route de la Soie. En 4L ? En vélo ? Non simplement à pied, du bord de la méditerranée jusque dans les profondeurs de la Chine. Exploit sportif ou Coup de tête ? En fait, ni l'un ni l'autre. Bernard Ollivier n'a pas l'âme d'un grand sportif et ne parcourt pas ces milliers de kilomètres pour se faire un nom, pour connaître la gloire et la célébrité qu'un tel exploit peut engendrer. Si pour le commun des mortels, il peut s'agir d'une véritable performance sportive, lui ne voit pas l'affaire en ce sens. Pourtant, il ne s'agit pas non plus d'une impulsion stimulée par la peur de se retrouver pépère dans son pavillon à arroser son petit jardin printanier... Là encore, Bernard Ollivier est franc avec lui-même. Il sait que cette aventure sera extrêmement dure, éprouvante. Mais il s'y est préparé. Loin d'être fou, il a mené une longue réflexion sur le sujet, sur le trajet et ses modalités pour tracer sa route en trois longues étapes. Premièrement, il ne marchera qu'à la belle saison, en évitant de traverser les déserts et montagnes dans des conditions climatiques trop rudes ; deuxièmement, cela permettra à ses pieds, à son corps, à sa tête de se refaire une santé une année sur l'autre.
    Istanbul, ville départ de ce long marathon à travers la Turquie et l'Anatolie.
    Téhéran, ville arrivée pour cette première étape de la « Longue marche » à travers une route de la Soie pleine de mystères, de saveurs et de découvertes.
    Entre ces deux cités historiques, qu'y a-t-il ?
    Des caravansérails et...
    Beaucoup de souffrance physique et morale. Physique, tout d'abord, il suffit de regarder l'état de ses pieds, de ses hanches au bout de quelques journées de marche. Morale ensuite, parce que l'aspect physique influe aussi énormément sur sa psychologie et son esprit se trouve par moment submergé par des doutes, des peurs, des échecs.
    Beaucoup de bonheur, de joie et d'attachement. le bonheur de se retrouver seul, de pouvoir méditer sur son propre sort, de comprendre son corps et sa tête. Seule une Longue marche permet une telle introspection de soi. Ce n'est pas pour rien que dans toutes les religions, les longs pèlerinages font office de chemin vers la foi. Mais le but de Bernard Ollivier n'est en rien un appel à Dieu. Il ne voit en son « pèlerinage » aucune connotation religieuse, simplement le désir, l'envie de se retrouver seul, face à soi, face à ses illusions.
    Et moi dans tout ça, simple lecteur de cette aventure humaine ? Je sens cette souffrance. Mais je respire également ce bonheur. Loin des circuits touristiques à travers la Cappadoce ou le long des côtes maritimes, je découvre un pays sous un autre jour, sous une autre âme, celle de l'hospitalité, de la serviabilité et du devoir d'accueillir chez soi le vagabond, le pèlerin voyageur.
    Mais le plus grand bonheur est surtout celui que lui procure les autres, à savoir les autochtones (turcs et kurdes, hommes, enfants et femmes) qu'il croise le long des routes en voitures, camions ou plus rarement à dos d'âne. Cette rencontre avec l'autre, voilà ce que Bernard Ollivier est venu chercher : un contact avec la population locale pour comprendre ce pays. Et seul un marcheur solitaire (sans lecteur mp3, le casque sur les oreilles) peut se permettre de rencontrer chaque soir l'habitant, de recevoir une si chaleureuse hospitalité. S'abriter sous un toit hôte, partager son repas même frugal et souvent composé uniquement d'eau, de pain et de fruits secs, palabrer la nuit durant de sa vie parisienne mais aussi de la culture turque, de la politique des deux pays, du « problème » kurde... Les sujets de conversations ne manquent pas même si la langue peut parfois mettre des limites, être un frein à cette soif de découvertes, cet appétit insatiable de connaissances.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par BVIALLET, le 09 mai 2012

    BVIALLET
    Bernard Ollivier, sexagénaire passionné de marche à pied (il est déjà allé à Saint Jacques de Compostelle) décide en 1999 de se lancer sur la route de la Soie, d'Istanbul (Turquie) à XiAn (Chine) soit un périple incroyable de 12 000 km. Comme il est impossible de parcourir certaines portions du chemin en hiver, il ne marchera qu'à la belle saison et repartira l'année suivante de l'endroit où il aura arrêté. Il relate cette belle aventure en trois tomes plus passionnants les uns que les autres.
    Dans celui-ci (« Traverser l'Anatolie »), il nous raconte son épopée en Turquie et c'est un véritable exploit étalé sur 1700 km. le pays profond, bien loin de lieux occidentalisés comme Ankara, la capitale ou Istanbul, vit dans une misère absolue, un obscurantisme inimaginable, sous l'emprise étouffante de l'armée, de la religion et dans la crainte d'attentats kurdes. Ces gens, par ailleurs souvent très accueillants comme nous ne savons plus guère l'être dans nos régions, voient quelquefois le marcheur comme une sorte de coffre fort ambulant et n'ont alors qu'une seule idée en tête : le détrousser ou à tout le moins en tirer le plus d'argent possible. Par miracle, Ollivier échappe à plusieurs reprises à ses détrousseurs.
    Cette Longue marche s'apparente souvent à un calvaire. Il doit affronter l'altitude, la pluie, le chaleur accablante, le froid glacial, mais également échapper aux terribles « kangals », ces énormes et sauvages chiens de bergers dressés pour se battre contre les loups et fort peu accueillants à tout intrus pénétrant sur leur territoire. Les brigands et les militaires ne lui facilitent pas la vie non plus. Il lui arrive d'être arrêté, retenu prisonnier et ce n'est qu'après palabres et longue patience qu'il parvient à être libéré et remis sur cette « longue route » aussi magnifique que sauvage. Finalement ce sera la maladie, une dysenterie amibienne carabinée qui viendra à bout de notre marcheur et l'obligera à accepter de se faire rapatrier en France par Europe Assistance alors qu'il est arrivé à la frontière iranienne.
    Un livre de découverte et de courage, magnifique, passionnant, même si l'on n'est pas adepte de la randonnée et passionné de marche à pied comme moi-même. Eh oui, l'aventure est toujours au rendez-vous au bord des chemins.
    « Bernard Ollivier est un voyageur, il ne se prend pas pour un écrivain. le résultat est qu'il écrit souvent mieux que les écrivains patentés… Il voyage comme le font tant de héros de Conrad : pour se découvrir. » (Pierre le Pape)

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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    • Livres 5.00/5
    Par Natiora, le 03 avril 2012

    Natiora
    Avez-vous déjà rêvé de prendre votre sac à dos et de parcourir à pied des contrées lointaines, délaissées des touristes ? D'avancer au hasard des rencontres ? Si c'est le cas mais que vous n'avez jamais osé franchir le pas, laissez-vous embarquer au côté de Bernard Ollivier dans sa « Longue marche ».

    Ce jeune retraité s'est donné quatre ans pour faire la Route de la Soie, en partant d'Istanbul, en Turquie, pour arriver à Xian, en Chine. Il a divisé le parcours en quatre parties, entre lesquelles il retournera à Paris se reposer et préparer le voyage suivant. Bernard Ollivier a découvert les bienfaits de la marche après le décès de son épouse. C'est un moyen pour lui de se recentrer sur lui-même. le challenge ici est de faire le voyage en sac à dos, sans jamais recourir aux moyens de locomotion moderne. Chaque mètre parcouru doit être un mètre marché.

    Dans ce premier volet, notre voyageur doit relier Téhéran depuis Istanbul. Il a soigneusement établi son itinéraire, sait où il doit s'arrêter, en combien de jours il doit arriver à tel endroit... Mais évidemment, tout ne se passe pas comme prévu, et c'est là toute la beauté de l'aventure ! Ce périple s'annonce en fait physiquement plus difficile qu'escompté, et les cartes ne reflètent pas toujours la réalité du terrain. Mais Bernard Ollivier n'est pas homme à se laisser abattre. A côté de diverses mésaventures, des découvertes plus réjouissantes l'attendent. Il traversera des paysages grandioses, désertiques, dénués de toute habitation. de nombreux caravansérails, havres de repos des chameliers jadis engagés sur la Route de la Soie, jalonneront son parcours, attirant notre attention sur ces vestiges d'une époque révolue. Il fera des rencontres humaines étonnantes, chaleureuses, avec des gens vivant simplement, loin de notre confort. Un langage des signes improvisé et des sourires suffiront pour abattre la barrière des langues.
    Le récit de Bernard Ollivier est simplement magnifique. Il partage tout et nous ressentons son voyage avec lui : les ampoules aux pieds, la chaleur accablante du soleil, la soif, la solitude, la peur, mais aussi la joie, la sérénité, la force de la volonté. Pour ne rien gâcher, il manie la langue avec précision, fluidité, poésie et magie.

    N'hésitez pas, laissez-vous emporter sur la Route de la Soie...
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    • Livres 4.00/5
    Par Glacha, le 26 avril 2012

    Glacha
    : Véritable invitation au voyage... L'auteur nous embarque avec lui dans son périple (dans ce premier tome : la Turquie) et nous fait partager avec style ses découvertes et ses réflexions. Passionné par la Route de la Soie, il nous fait partagé ses connaissances sans transformer son carnet de voyage en livre historique. Bref, carnet de voyage très bien écrit, nourri de descriptions géographiques, de découvertes, d' anecdotes et de rencontres émouvantes, drôles et parfois effrayantes.
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Citations et extraits

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  • Par aventuriers, le 16 mars 2008

    Extrait du livre

    LES VILLES DU BOUT DU CHEMIN

    6 mai 1999
    Mes enfants, sur le quai, me font un dernier signe. L'aiguille sur la grande horloge de la gare bascule sur le départ. Le train m'arrache. La ville, ses bruits et ses lumières s'éloignent. Pénombres de la banlieue pavillonnaire, nuit profonde de la campagne percé de lampes fugitives. Je suis, enfin, parti pour ce long voyage de la route de la soie à pied.
    Pendant que je rêve, le nez collé à la vitre, les yeux suivant des lumières filantes, trois retraités s'activent dans le compartiment que nous partageons. Deux d'entre eux s'offrent un voyage de noces tardif. En trente-cinq ans, ils n'ont jamais eu le temps. . L'autre femme qui voyage seule connaît déjà la ville et veut voir le carnaval. A Venise, la saison commence.
    Je reste un long moment dans le couloir. Je n'ai pas envie de parler. Je suis déjà sur le chemin, sur cette route qui m'a tant fait rêver. Je songe que j'ai eu raison de demander à mes amis de ne pas venir sur le quai. La moitié, celle qui se désole de me voir partir, m'aurait une fois de plus posé la question : pourquoi ce voyage? De la part d'un jeune homme, ils comprendraient : va pour l'aventure. Mais qu'un homme sérieux, au lieu de bichonner ses pivoines dans sa retraite normande, parte pour trois mille kilomètres, à pied, sac au dos, dans une région réputée dangereuse, c'est abracadabrant. La présence des autres, ceux qui m'admirent ou m'envient pour ces grandes vacances, ne m'auraient pas davantage encouragé. Et si je les décevais?…
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  • Par le_Bison, le 04 mars 2012

    On a pu constater, chez les pèlerins en particulier, que lorsque la moyenne de trente kilomètres par jour est atteinte, l’entraînement physique neutralise la perception du corps. Dans presque toutes religions, la tradition du pèlerinage a pour objet essentiel, à travers le travail de l’être physique, d’élever l’âme : les pieds sur le sol, mais la tête près de Dieu. D’où l’aspect intellectuel de la marche que les béotiens ne soupçonnent pas. Ceux qui n’ont pas vécu pareille aventure pensent le plus souvent que la marche est souffrance. Elle peut l’être pour ceux qui, par masochisme ou religiosité, s’infligent des tortures, marchent à genoux ou nu-pieds sur les cailloux. Mais dans la limite de trente kilomètres par jour, la marche est une jouissance, une douce drogue.
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  • Par treefrog, le 30 juin 2010

    Mes enfants entament leur vie d'homme.Déjà ils ont éprouvé ce sentiment angoissant que, même entourés, nous somme seuls.Comme je les aime !
    Nous sommes, eux et moi, devant l'océan de la vie. Ils ne voient pour l'instant que l'immensité des eaux. Moi,j'aperçois déjà la rive ou il faudra aborder.
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  • Par ccha, le 08 août 2011

    Le plus vieux mode de déplacement du monde est aussi celui qui permet le contact. Le seul, à vrai dire. Assez de voir des civilisations en boîte et de la culture sous serre. Mon musée à moi, ce sont les chemins, les hommes qui les empruntent, les places de village, et une soupe, attablé avec des inconnus.
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  • Par ccha, le 08 août 2011

    Jamais, autant qu'à ce moment, face à la nuit noire, je n'ai douté de la réussite de mon projet. C'est paraît-il classique ; les grands départs sont escortés d'une petite dépression.
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