> Édith Ochs (Traducteur)

ISBN : 2749111803
Éditeur : Le Cherche midi (2009)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Un récit diabolique, en forme de puzzle, d'une intelligence effrayante, par un maître de la manipulation.Londres, 1880. La maison Barton est au bord de la crise. Depuis que le père,Joseph, obscur biologiste, a décidé que sa fille de 4 ans, Angelica, devait désormais qui... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 05 avril 2009

    Woland
    Angelica
    Traduction : Edith Ochs
    Troisième roman d'Arthur Phillips, "Angelica" doit son nom à la petite Angelica, fille unique de Constance & Joseph Barton, petits-bourgeois londoniens de l'époque victorienne mais aussi couple dont les deux moitiés sont dépareillées puisque le père s'est marié "au-dessous" de sa caste en épousant une jolie vendeuse en papeterie.
    Pendant leurs fiançailles et au début de leur mariage, Constance était convaincue de la chance extraordinaire qui avait été la sienne. Mais après la naissance d'Angelica et surtout au quatrième anniversaire de l'enfant, date à laquelle Joseph décide de faire enfin dormir l'enfant dans sa chambre personnelle ses rapports avec son mari commencent à se dégrader. La première partie du roman - qui en comporte quatre afin de permettre une fois encore à Arthur Phillips de jouer à plein la carte des points de vue multiples, complémentaires et/ou contradictoires - nous expose ses griefs en long et en large et surtout en un style si parfaitement victorien qu'il en devient insupportable.
    Fort heureusement, dès l'entrée en scène de la prétendue médium, Anne Montague, dans la seconde partie, le langage perd son afféterie lassante - et la situation, bien que se compliquant, s'éclaircit tout de même un peu. La parole sera ensuite donnée au mari et enfin à Angelica elle-même, mais une Angelica adulte - et le lecteur ira de surprise en surprise.
    Ici encore, je n'en dirai guère plus par souci de ne pas gâter le plaisir de la découverte pour les autres lecteurs. Je me contenterai de préciser que l'intrigue est bien moins complexe que celle de "L'Egyptologue", moins diabolique également et que, si la guête identitaire pouvait être vue comme le point central de ce roman-là, ce sont les ravages de l'inceste et du non-dit social qui frappe ce fléau qui sont à la base d'"Angelica." (Et contrairement à ce que vous pourrez croire, vous dire cela ne révèle en fait rien que de très général. ) S'y ajoute également une analyse de la sexualité évidemment définie dans le contexte victorien mais qui vaut également pour toutes les époques et toutes les sociétés où la femme est définie comme inférieure à l'homme.
    Fidèle à sa manie du flou, Arthur Phillips laisse bien traîner çà et là quelques interrogations que ne résoudra jamais son lecteur mais cela n'est en rien comparable avec la foule de "pourquoi ?" et de "comment ?" qu'abandonnaient derrière elles les pages de "L'Egyptologue." Curieusement, en dépit de l'aspect "chien fou" de ce dernier et de ses imperfections, on est tenté de conseiller de lire tout d'abord "Angelica" et ensuite seulement son prédécesseur dans le temps. Il y a en effet dans "L'Egyptologue" une flamme de folie pure qui fait défaut à "Angelica" et qu'on en vient à regretter ... ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 05 avril 2009

    [...] ... Les mains ensanglantées, sa femme était agenouillée près du lit en feu tandis qu'un vent froid soufflait de la fenêtre ouverte et que l'enfant se tenait à côté sans rien faire, son vêtement de nuit maculé de sang. Il ne pouvait trouver de sens à la scène qui s'offrait à ses yeux. Il s'approcha de la fenêtre mais Constance, qui ne faisait manifestement rien pour affronter le danger qui l'avait ensanglantée et avait mis la chambre en feu, se leva, déterminée à lui bloquer le passage. Il la frôla en passant, souleva la petite fille pour l'éloigner des flammes qui se propageaient, et se précipita vers la fenêtre la plus éloignée pour arrêter le vent qui alimentait le foyer. Il posa Angelica près du miroir où elle se mit aussitôt à pousser des cris perçants, ce qui amena Constance à l'imiter. Au milieu de ces hurlements, Joseph tenta de rétablir un semblant d'ordre, mit les couvertures en tas pour étouffer les flammes sur le lit, puis les petits cônes de feu disséminés sur le sol, pareils aux feux de bivouacs d'une garnison miniature. Cette bataille gagnée, il se tourna vers sa femme et vers sa fille qui geignaient, Angelica maintenant dans les bras de sa mère, mais qui l'appelait :

    - "Papa, mon pied !"

    Son pied saignait. Il enleva Angelica des bras de sa mère, qui refusait de la lâcher, l'étendit sur des coussins et envoya Constance chercher de l'eau et des pansements. Elle résista ! Elle ne semblait pas même entendre les paroles de Joseph, elle avait laissé son hystérie atteindre un tel sommet qu'elle en était hébétée, et ce n'est qu'après plusieurs demandes qu'elle parut comprendre ce dont il s'agissait. Son départ calma l'enfant presque instantanément. ... [...]
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  • Par Woland, le 05 avril 2009

    [...] ... Une voix chuchotait derrière la porte d'Angelica et [Constance] entra, le corps aussitôt moite et glacé : flottant à quelques centimètres au-dessus d'Angelica, le visage de la couleur d'une langue, et contorsionné comme celui de Joseph l'avait été [quand, un peu plus tôt, ils avaient fait l'amour.] Cela descendait sur la fillette endormie, tel un ange de la mort ou un antique dieu de l'amour, bien décidé à soumettre le corps minuscule à son désir. Mais Constance l'avait interrompu. Il s'arrêta net, la reconnut et se laissa fléchir. Il conserva sa forme masculine, arbora le visage de Joseph, puis se transforma d'abord en fibres bleues, puis en lumière bleue et, en tant que lumière, s'écoula, entra dans l'armoire de l'enfant, pénétrant par l'étroite brèche entre les deux battants. ... [...]
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