> Anne Chevalier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2070382338
Éditeur : Gallimard (1990)


Note moyenne : 4.77/5 (sur 31 notes) Ajouter à mes livres
Albertine disparue est le dernier volume revu et remanié par Proust avant sa mort. Prévu d'abord sous le titre La Fugitive, comme le pendant de La Prisonnière, il présente la fin de l'épisode d'Albertine : sa fuite, sa mort, le chagrin, puis l'oubli. Le huis-clos de La ... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(2)

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 23 octobre 2011

    chartel
    Le premier chapitre de cet avant dernier tome de "La Recherche du temps perdu" fut difficile à lire. Après la fuite puis la mort d'Albertine, maîtresse du narrateur, ce dernier se lance dans un interminable ressassement du deuil et du chagrin, dans un long et parfois pénible monologue intérieur. Mais ce retour sur le temps des amours heureuses ou malheureuses nourrit la Jalousie maladive du narrateur qui doute de tout, d'Albertine, de ses amis comme de lui-même. On en vient alors à douter de la mort de La Fugitive.
    Puis la tonalité du roman change dans sa deuxième partie. le deuil passé, le chagrin s'estompe, l'amour aussi, révélant l'implacable puissance de l'oubli.
    Ce sixième tome permet de percevoir vraiment cette matérialité du temps chère à Proust grâce à la densité de l'œuvre. Elle s'y exprime par le vieillissement des personnages (ceci n'a rien d'original) et surtout dans sa transcription des changements de perception des personnages (narrateur compris). le moi d'aujourd'hui n'est plus le moi d'hier, il ne voit plus comme lui, il n'aime plus comme lui, il ne pense plus comme lui.
    Ce roman est enfin une sorte de cérémonial d'enterrement d'Albertine permettant au narrateur de s'acheminer vers un temps retrouvé…
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valetudinaire, le 29 mars 2011

    valetudinaire
    La mort d'Albertine m'a frappé comme le coup de fouet qu'est la vie. La force l'œuvre de Proust, c'est de faire de cette fiction une vraie vie, pas une vie romancée justement. Choquante, fuyant et insoupçonnée, la mort d'Albertine fait le même effet que celle d'un proche qui part trop tôt. C'est en ça qu'elle est belle.
    L'ouvrage est plongé dans les remords, les regrets, l'attitude critique et obscure vis-à-vis de tout ce qui entoure le narrateur. Une vraie réflexion sur l'amour, la mort, sur l'oublie surtout. Sur le temps qui passe et qui avale dans sa déferlante inhumaine les souvenirs des hommes, les laisse sur le carreau, les abandonne.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (21)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Storm, le 29 juillet 2009

    Notre tort est de croire que les choses se présentent habituellement telles qu’elles sont en réalité, les noms tels qu’ils sont écrits, les gens tels que la photographie et la psychologie donnent d’eux une notion immobile. En fait ce n’est pas du tout cela que nous percevons d’habitude. Nous voyons, nous entendons, nous concevons le monde tout de travers. Nous répétons un nom tel que nous l’avons entendu jusqu’à ce que l’expérience ait rectifié notre erreur, ce qui n’arrive pas toujours. (...)Cette perpétuelle erreur, qui est précisément la « vie », ne donne pas ses mille formes seulement à l’univers visible et à l’univers audible, mais à l’univers social, à l’univers sentimental, à l’univers historique, etc. La princesse de Luxembourg n’a qu’une situation de cocotte pour la femme du Premier Président, ce qui, du reste, est de peu de conséquence; ce qui en a un peu plus, Odette est une femme difficile pour Swann, d’où il bâtit tout un roman qui ne devient que plus douloureux quand il comprend son erreur; ce qui en a encore davantage, les Français ne rêvent que la revanche aux yeux des Allemands. Nous n’avons de l’univers que des visions informes, fragmentées et que nous complétons par des associations d’idées arbitraires, créatrice de dangereuses suggestions.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Storm, le 29 juillet 2009

    quelle que soit l’image, depuis la truite à manger au coucher du soleil qui décide un homme sédentaire à prendre le train, jusqu’au désir de pouvoir étonner un soir une orgueilleuse caissière en s’arrêtant devant elle en somptueux équipage, qui décide un homme sans scrupules à commettre un assassinat ou à souhaiter la mort et l’héritage des siens, selon qu’il est plus brave ou plus paresseux, qu’il va plus loin dans la suite de ses idées ou reste à en caresser le premier chaînon, l’acte qui est destiné à nous permettre d’atteindre l’image, que cet acte soit le voyage, le mariage, le crime, ... cet acte nous modifie assez profondément pour que nous n’attachions plus d’importance à la raison qui nous a fait l’accomplir. Il se peut même que ne vienne plus une seule fois à son esprit l’image que se formait celui qui n’était pas encore un voyageur, ou un mari, ou un criminel, ou un isolé (qui s’est mis au travail pour la gloire et s’est du même coup détaché du désir de la gloire). D’ailleurs, missions-nous de l’obstination à ne pas avoir voulu agir en vain, il est probable que l’effet de soleil ne se retrouverait pas; qu’ayant froid à ce moment-là, nous souhaiterions un potage au coin du feu et non une truite en plein air; que notre équipage laisserait indifférente la caissière qui peut-être avait, pour des raisons tout autres, une grande considération pour nous et dont cette brusque richesse exciterait la méfiance.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Storm, le 20 juillet 2009

    Peut-être y a-t-il un symbole et une vérité dans la place infime tenue dans notre anxiété par celle à qui nous la rapportons. C’est qu’en effet sa personne même y est pour peu de chose ; pour presque tout le processus d’émotions, d’angoisses que tels hasards nous ont fait jadis éprouver à propos d’elle et que l’habitude a attachées à elle. Ce qui le prouve bien c’est, plus encore que l’ennui qu’on éprouve dans le bonheur, combien voir ou ne pas voir cette même personne, être estimé ou non d’elle, l’avoir ou non à notre disposition, nous paraîtra quelque chose d’indifférent quand nous n’aurons plus à nous poser le problème (si oiseux que nous ne nous le poserons même plus) que relativement à la personne elle-même — le processus d’émotions et d’angoisses étant oublié, au moins en tant que se rattachant à elle, car il a pu se développer à nouveau mais transféré à une autre. Avant cela, quand il était encore attaché à elle, nous croyions que notre bonheur dépendait de sa présence : il dépendait seulement de la terminaison de notre anxiété.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Storm, le 20 juillet 2009

    En exact analyste, j’avais cru bien connaître le fond de mon cœur. Mais notre intelligence, si grande soit-elle, ne peut apercevoir les éléments qui le composent et qui restent insoupçonnés tant que, de l’état volatil où ils subsistent la plupart du temps, un phénomène capable de les isoler ne leur a pas fait subir un commencement de solidification. Je m’étais trompé en croyant voir clair dans mon cœur. Mais cette connaissance que ne m’avaient pas donnée les plus fines perceptions de l’esprit venait de m’être apportée, dure, éclatante, étrange, comme un sel cristallisé par la brusque réaction de la douleur.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par valetudinaire, le 15 mars 2011

    On dit quelquefois qu'il peut subsister quelque chose d'un être après sa mort, si cet être était un artiste et mit un peu de soi dans son œuvre. C'est peut-être de la même manière qu'une sorte de bouture prélevée sur un être et greffée au cœur d'un autre, continue à y poursuivre sa vie même quand l'être d'où elle avait été détachée a péri.
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (94)

Videos de Marcel Proust

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Marcel Proust

Le Temps retrouvé de Marcel Proust Dernières feuilles lues par Dominique Drouin








Acheter sur Amazon

Faire découvrir A la recherche du temps perdu, tome 6 : Albertine disparue ou la fugitive par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (88)

> voir plus

Quiz