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ISBN : 2742745483
Éditeur : Actes Sud (2003)


Note moyenne : 3.82/5 (sur 71 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La nuit tombe, Lucien reste planté là, figé.

Elle lui prend la main, l'aide à s'allonger.

Il tremble doucement.

L'embrasser ? Elle n'ose pas.

Avant d'aller se coucher elle met la radio, Paris est libérée. T... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Annette55, le 12 juin 2014

    Annette55
    Eudoxie, épouse à quarante - sept ans, Armand, sexagénaire et veuf, père de Lucien, trente- deux ans, sauvage , taciturne , peut- être à moitié fou....
    Celle- ci s'installe donc dans le modeste pavillon de Meudon Val- Fleury où habitent les deux hommes......elle se retrouve veuve peu de temps aprés, la guerre est fatale à Armand., seule, face à ce beau- fils, avec lequel il faut bien tenter de vivre.....
    Madame Pujade Renaud brosse ici deux portraits forts et attachants: Lucien,fuyant sans cesse, jaloux, exclusif,gourmand, bricoleur ingénieux qui "bichonne " sa " fiancée" , la voiture, et Eudoxie,couturière, économe, travailleuse, qui apprivoise Lucien et sa paranoïa,l'apaise, l'amadoue, étaye ses désordres psychiatriques(obsessions, hypocondrie, tendance aux interprétations, mutisme prolongé).Une belle histoire qui aborde avec sensibilité et justesse la relation à l'autre quand celui- ci est différent, c'est une relation difficile mais Lucien n'est pas aussi fou....il tente de montrer son affection à sa belle- mère...cela en fait un être à part pour l'époque....Eudoxie est un personnage fort , elle s'affirme et s'émancipe peu à peu......
    Quand les hasards de la vie amènent une belle- mère et son beau- fils à cohabiter des décennies durant, le rejet et l'ignorance de l'autre se muent, au fil du temps, en un indéfectible attachement d'un couple que les voisins au fil du temps viennent parfois à prendre pour mari et femme, tant la vieillesse émousse les différences d'âge...., ici, quinze ans....les désagréments de la vieillesse sont de plus en plus nombreux... Mais l'amour de la vie et l'attachement s'expriment avec force...Lucien offre une plante nommée belle mère à Eudoxie pour ses 80 ans...
    Une analyse psychologique très fine et une évocation du grand âge, empreinte de beaucoup d'émotion et d'une grande pudeur, un panorama très juste de la vie que les "gens de peu", les humbles travailleurs pouvaient mener dans ces modestes pavillons de la banlieue parisienne , au cours des années 1950 à 1990....
    Un roman tendre, une histoire émouvante, celle de ce couple insolite qui restera ensemble.. Jusqu'à la lente et inexorable entrée dans le grand âge,cet "arrangement " pas toujours simple entre deux êtres que tout sépare,ainsi , pour Lucien, Eudoxie , de belle- mère devient Belle Mère.....
    Un magnifique roman sur la vieillesse( surtout dans la 2° partie),à propos de l'anormalité,sur les relations de confiance qui peuvent s'établir entre deux personnes que tout sépare...
    Madame Pujade Renaud a su trouver avec son talent habituel, les mots simples du quotidien, les phrases emplies de tendresse et d'humour aussi, avec,en prime une agréable promenade dans une banlieue qui se modernise........
    Une belle histoire, bienveillante et douce,un vrai bonheur de lecture avec une fin insoupçonnée,mais logique.....ce n'est que mon avis.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 01 janvier 2013

    brigittelascombe
    "-La Belle-mère c'est parce que je pique?
    -Des fois...Mais le plus souvent vous avez la peau douce."
    Belle Mère, roman tendre à souhait, conte l'apprivoisement de Lucien, un jeune homme "sauvage" qui "a le génie de la mécanique" mais passe pour un débile léger par sa Belle-mère Eudoxie, deuxième épouse de son père, qui à la mort de ce dernier durant l'exode de la deuxième guerre mondiale et son retour dans la maison familiale se voit obligée de cohabiter avec cet ours.Sans enfants, mais maternelle, cette "couturière à domicile" arrive à l'amadouer peu à peu, à l'apaiser et à étayer ses désordres psychiatriques (obsessions, hypocondrie, tendance aux interprétations..).
    De chat Nonotte en chat Nonotte, de secret de famille en confidences mutuelles, de framboises en "billets doux", une véritable relation de couple (bien que platonique) s'instaure et cinquante ans de vie s'écoulent. On pense bien-sûr à la complicité décrite par Marie-Sabine Roger dans La tête en friche entre Germain et Marguerite car Belle Mère est un roman plein d'espoir pour un inadapté à la société.
    Claude Pujade-Renaud, rédactrice, nouvelliste (cf: Vous êtes toute seule?), romancière a obtenu pour Belle Mère le Goncourt des lycéens en 1994.
    Elle brosse ici deux portraits forts et attachants. Lucien: "fuyant", "inventeur","jaloux",exclusif, gourmand qui bichonne sa "fiancée", en l' occurence sa voiture et Eudoxie: économe,travailleuse qui remue cet homme infantile et secoue ce "rentier" amorphe mais ingénieux.
    C'est pétillant de vie!
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    • Livres 4.00/5
    Par flavie982, le 12 décembre 2012

    flavie982
    J'ai trouvé que c'était une belle histoire qui abordait avec justesse et sensibilité la relation à l'autre quand celui-ci est différent. C'est une relation parfois difficile mais finalement Lucien n'est peut-être pas aussi fou qu'on pourrait le croire. J'ai trouvé même qu'il était très lucide et parfois très sympathique en tentant de montrer son affection pour sa Belle Mère. Il me semble que Lucien est juste solitaire et hanté par l'histoire familiale du côté maternelle, cela en fait un être à part et pour l'époque cela devait effectivement être mal accepté.
    La plupart du récit se fait à travers la voix d'Eudoxine mais il y a alternance avec de courts passages où la voix de Lucien s'exprime. J'ai beaucoup aimé l'évolution de la voix de Lucien qui s'oriente progressivement vers une relation de confiance avec Eudoxine.
    J'ai trouvé qu'Eudoxine était un personnage fort, avec une vie pas toujours rose : elle parle un peu de son enfance, de son premier mari. Eudoxine s'affirme et s'émancipe peu à peu au fil de cette histoire. Au début, si elle vit dans l'ombre de Blaisine, la première femme d'Armand, elle ne le vit pas comme une soumission mais plutôt comme un respect à la défunte puis peu à peu, surtout àprès la mort d'Armand et en vieillissant elle fait ses propres choix.
    C'est aussi un livre qui parle de la vieillesse, de ses désagréments de plus en plus nombreux, de la perte d'autonomie et j'ai trouvé que la fin produisait une impression très forte.

    Lien : http://vivelesbetises2.canalblog.com/archives/2012/12/12/25801445.html
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  • Par Biki, le 03 juin 2012

    Biki
    BELLE-MERE
    Claude PUJADE-RENAUD
    03 JUIN 2012
    A sa façon, l'auteur nous raconte une histoire de vie de gens simples, humbles, dont les seules aventures sont celles du quotidien et de ses difficultés dans la pénurie, ni originales ni grandioses, mais assumées avec une grande discrétion et avec une moralité sans faille.
    Une femme de quarante sept ans se remarie, suite à une annonce, avec un homme solide mais taciturne, qui a un fils à charge. Mariage discret, emménagement dans ce nouvel univers, adaptation aux lieux et gens, et découverte que le fils d'une trentaine d'années est un peu « marginal », sauvage et sans aucun lien social ni familial, intelligent à sa façon, mais quasi autiste depuis le décès de sa mère, mutique et sans travail.
    Puis après quelques années, le mari meurt, laissant sa veuve seule face à ce fils.
    L'auteur raconte alors la lente, progressive et chaotique vie à deux, les liens qui se tissent en douceur et souvent sans signes apparents mais en profondeur, où tout est dans le détail et le non-dit, leurs rares fréquentations avec les quelques personnes qui gravitent autour. Même les actes de civisme et de rébellion face à l'occupant, puisque cette histoire traverse la guerre qui n'est ici évoquée qu'en filigrane, sont commis et mentionnés avec la modestie de qui sait où est son devoir sans forcément ni le faire savoir, ni trouver cela héroïque, alors qu'on mourrait parfois pour moins que cela en ces temps.
    Ce couple improbable et qui n'en est pas un, connait peines et joies, toujours mineures mais si importantes voire déflagrante pour eux, et, malgré toutes les difficultés de la vieillesse, préférer finalement cette union jusqu'au bout, plutôt qu'une séparation quasi socialement obligatoire.
    Plein de pudeur, de retenue et de sensibilité, l'auteur nous remue étrangement avec des vies qui passent ordinairement inaperçues et dont on ne fait pas un roman, parce que totalement dépourvues de « sensationnel », d'aura, de péripéties : mais tout le sens de la vie, de la morale, de l'amour s'y exprime avec force et entêtement.
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    • Livres 3.00/5
    Par raynald66, le 04 décembre 2013

    raynald66
    Livre relatant la cohabitation difficile entre Lucien (un peu fou) et sa Belle Mère Eudoxie. Un peu déçu car je m'attendais à plus d'affrontements entre ces deux personnages !

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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 29 décembre 2012

    -Ma marraine s'appelait Eudoxie Couture, c'est pour ça.
    -Que vous êtes devenue couturière?Mais c'est extraordinaire!Une fée marraine a déposé sur votre berceau des doigts de fée,avec un dé et des ciseaux d'argent,je parie.
    Elle sourit,elle n'y avait jamais pensé.

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  • Par raynald66, le 04 décembre 2013

    Il a posé sur la table de la salle à manger une énorme plante grasse hérissée de piquants.
    - c'est quoi ?
    - une belle mère. Pour vos quatre vingts ans.
    - Ah bon... euh, merci.
    Une drôle de surprise. Elle n'ose embrasser Lucien. Ils restent face à face, bras ballants,décontenancés...
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  • Par pyrouette, le 04 octobre 2010

    "12 février 1982. Pour mes quatre vingt quatorze ans Lucien m'a offert un châle en laine des pyrénées, très chaud. Il l'avait commandé à la redoute, le colis est arrivé à temps. M. Poirier m'a apporté des roses, Pierrette une grande boite de chocolat, Lucien en a déjà mangé la moitié. Je suis gâtée, Pierrette insiste à nouveau pour le placement."

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  • Par Annette55, le 12 juin 2014

    _ Vous me semblez détenir assez de bon sens pour tolérer chez l'autre sa part de
    Folie.

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  • Par Annette55, le 12 juin 2014

    Elle sourit de ce principe, au fond là réside la morale de Lucien, ne pas se mélanger.
    Surtout pas avec une femme. À elle il n'est pas mêlé, mais agglutiné.
    À Levallois on disait être à la colle c'était très fréquent dans cette banlieue rouge.
    Eh bien à soixante - dix ans, la voici à la colle, c'est plutôt drôle, non merci elle ne goûtera pas de ce riz plâtreux.
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Claude Pujade-Renaud - Dans l'ombre de la lumière .
Claude Pujade-Renaud vous présente son ouvrage "Dans l'ombre de la lumière" aux éditions Actes Sud. Rentrée littéraire janvier 2013.http://www.mollat.com/livres/claude-pujade-renaud-dans-ombre-lumiere-9782330015268.htmlNotes de Musique : SAPPHO and her time - 9 - Mania








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