ISBN : 2351785169
Éditeur : Gallmeister


Note moyenne : 4.4/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
Switters, agent peu conventionnel de la CIA, épicurien à la libido débridée, se rend dans la forêt amazonienne pour libérer le perroquet de sa grand-mère, grande prêtresse du piratage informatique. Il y sera victime d’un sortilège lancé par un étrange chaman à la tête... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 02 février 2012

    Couperine
    Je vous rassure - ou pas - le titre est aussi déjanté que le livre ! Amateurs de littérature classique, passez votre chemin ! Car si on qualifie ce roman de "picaresque", il va bien au-delà d'un Don Quichotte ou autre Gil Blas de Santillane.
    Switters, héros complètement barré, agent secret anarchiste et ô combien contradictoire, n'en a pas moins un coeur d'or. Et lorsque sa grand-mère, Maestra, sorte de hacker (ou plutôt cracker à ce niveau-là) en chignon, lui demande d'aller relâcher son perroquet, Sailor Boy, dans la forêt amazonienne, il ne peut le lui refuser. C'est avec ce point de départ abracadabrantesque que Tom Robbins va emmener son lecteur dans les plus folles des aventures.

    Si l'amateur de littérature classique est toujours là malgré mes recommandations, qu'il sache que le style est vif, enlevé, et j'irai même jusqu'à endiablé (quelqu'un a un autre synonyme ?). Point de fioritures ou de phrases ampoulées. Place ici au vocabulaire courant frisant parfois le familier voire, disons-le, le vulgaire. Pour autant, si on a de l'humour, rien n'est vraiment choquant dans ce roman délirant.

    Allez, disons-le, j'ai A-DO-RÉ ! A tel point que je m'interdisais de lire plus d'une cinquantaine de pages par soir afin de faire durer le plaisir. Et si j'ai mis un soupçon d'humour dans ce billet, c'est parce que ce roman le vaut bien. Je me demande même comment l'auteur ne s'est pas essoufflé car il faut quand même arriver à écrire 638 pages sur ce ton, sans aucun temps mort. Et croyez-moi, je vais vite aller acheter un autre de ses livres.

    Un grand, très grand merci, à Ys de Newsbook pour m'avoir offert ce livre à l'occasion de ses partenariats, ainsi qu'aux Editions Gallmeister que j'avais connues grâce au livre de Tony Vigorito, Dans un jour ou deux.



    Lien : http://www.lydiabonnaventure.com/litt%C3%A9rature-des-xxe-et-xxie-si..
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Charlye, le 04 février 2012

    Charlye
    Je voudrais tout d'abord remercier Ys de News Book et les Éditions Gallmeister pour cette superbe découverte littéraire et ce très grand moment de lecture.
    Comme vous l'aurez compris, j'ai adoré ce roman, c'est un vrai coup de cœur, et je suis très heureuse d'avoir pu découvrir cet auteur que je ne connaissais pas encore, mais dont j'ai bien l'intention de lire les autres titres.
    Je ne vous referai pas le pitch, le résumé éditeur est assez précis pour vous donner une idée des aventures de ce héros (agent) très spécial.
    Ce roman est drôle, délirant, truculent, les situations que rencontre Switters sont incroyables.Ce personnages et tous ceux qu'il rencontre sont attachants malgré leurs travers. Comme par exemple sa grand-mère , qui, non contente d'être une hackeuse très bien équipée, est également un maître chanteur très douée et sans scrupules.
    L'histoire est menée tambour battant, sans temps mort, on lit ce pavé de plus de 600 pages sans s'en rendre compte. C'est là que réside tout le talent de l'auteur qui réussit le tour de force d'utiliser tous les termes possibles pour décrire et expliquer des situations sans jamais être assommant ni lourd.
    L'écriture de Tom Robbins est impressionnante, il a une parfaite maîtrise de sa langue et en utilise tout le répertoire, et la traduction rend parfaitement bien cette érudition. Ceci étant, le vocabulaire employé est souvent direct, sans fioriture parfois même cru .
    Cet écrivain est complétement barré et nous entraîne dans son délire , en ce qui me concerne ce fût pour mon plus grand plaisir.
    Les aventures de Switters forment une sorte de voyage initiatique, il traverse toutes ces situations en gardant en permanence une vision sans compromis, voire ironique des choses.
    Tom Robbins est également très provocateur puisqu'il aborde des tabous de notre société , comme par exemple le goût très prononcé du héros pour les très jeunes filles en général et sa jeune belle sœur adolescente Suzy en particulier.
    Pour moi ce roman est un véritable coup de cœur et je ne peux que vous recommander sa lecture, vous passerez un excellent moment.
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par XL, le 28 février 2012

    XL
    Féroces infirmes retour des pays chauds paru chez Gallmeister : le titre est extrait de Mauvais sang, un des chants du recueil d'Arthur Rimbaud intitulé Une saison en enfer. Il faut lire le roman pour comprendre à travers le clin d'oeil (la citation est en page 195), une référence plus générale à un certain état d'esprit "jeune" (je n'aurais pas cru en le lisant que l'auteur est un monsieur de 75 ans !)
    Je partage l'avis de Couperine : moi aussi j'ai fait durer le plaisir de ma lecture (en dépit du délai imposé par le partenariat) et j'ai inscrit Même les cow girls ont du vague à l'âme dans ma liste à lire.

    Lien : http://ccommecolomb.blogspot.com/2012/02/feroces-infirmes-retour-des..
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

Critiques presse (1)


  • Telerama , le 09 mai 2012
    Insolente, hilarante et forcément absurde, cette fiction, écrite par un romancier qui ne doit pas fumer que des cigarettes light, est un bain de jouvence.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 02 février 2012

    LE SOIR DE NOËL, Switters avait assisté aux vêpres. Il y était allé, s'attendant à éprouver une sorte d'ennui nostalgique et pas totalement désagréable. Il n'avait pas été déçu. Ensuite, on avait servi du poulet rôti au citron farci au saucisson à l'ail dans le réfectoire. Il y avait aussi des biscuits aux noix et des tartes chaudes aux dattes. La dernière bouteille de vin vieux - seule rescapée de la sauterie d'anniversaire de Domino - fut débouchée et il proposa aux soeurs un toast en l'honneur de la renaissance du divin en ce bas monde.
    - Et aux trois mages, rois sages, qui vinrent d'Orient, dit-il en français, ajoutant dans sa langue maternelle : apportant en cadeau corps, inceste et amour.
    Belle Masquée, qui n'avait pas compris la partie en anglais, demanda le plus sérieusement du monde si par hasard l'Egypte n'était pas située à l'est de Bethlehem. Domino, qui, elle, avait saisi le jeu de mots, lui demanda de bien vouloir s'abstenir de blasphémer. Elle agita un index de maman mécontente dans sa direction, prenant un air qui semblait vouloir dire : "Attends un peu qu'on soit rentrés à la maison, mon p'tit gars !"
    Il n'eut pas longtemps à attendre. Après quelques brèves chansons de Noël devant le sapin plutôt loufoque qu'il avait confectionné avec des palmes de dattiers décorées de mousse à raser en guise de flocons - tout le monde reprit en choeur Douce Nuit en français, en anglais et la version originale en allemand, puis Switters offrit en solo, d'une voix fluette d'écureuil, une parodie de Vive le vent ("Vive le vent / Vive le vent d'grand-père / Qui s'en va puant / Dans les grands sapins verts") -, la compagnie se sépara. Domino et lui se retirèrent dans leur tour.
    Dans un coin, elle avait arrangé une petite réplique du sapin de Switters, remplaçant la mousse à raser par des rubans de satin. Au pied de "l'arbre", elle avait disposé trois cadeaux sur un plateau de cuivre :
    Une bouteille d'arak.
    Un flacon de vaseline.
    Une enveloppe kraft aux coins abîmés, entourée d'une aura.
    Avant le terme de cette douce nuit, sainte nuit, ils allaient examiner de près ces trois objets. (P512-513)
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    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Couperine, le 02 février 2012

    Cette vie nomade présentait des inconvénients, mais Switters aurait été le premier à admettre de bon coeur que cela réduisait considérablement l'entretien. Quand il pensait à tous ces brins d'herbe qu'il n'avait pas à tondre, à tous ces carreaux qu'il n'avait pas à réparer sur la terrasse ; quand il considérait qu'il n'avait jamais été importuné par un inconnu un peu trop amical essayant de lui vendre des contre-fenêtres, un revêtement extérieur en aluminium, ou le magazine La Tour de garde ; quand il songeait à toutes les réunions de copropriétaires auxquelles il avait échappé (s'épargnant par la même occasion chicanes et prises de tête à n'en plus finir), il était bien forcé de se réjouir. Et il se réjouit encore plus lorsqu'il se rendit compte que le soleil devait maintenant se trouver juste au-dessus de sa tête, puisque aucun fragment du revêtement d'aluminium n'était plus visible près des bords élimés du dais de la Vierge. Effectivement, les aiguilles de sa montre étaient sur le point de se retrouver en haut du cadran pour un petit coup vite fait, bien fait à midi pile (la grande au-dessus, comme d'habitude chez les machos, mais c'était la même chose sur les montres de femme).
    - Midi ! s'exclama-t-il, au cas où les autres ne s'en seraient pas aperçus. (Il pointa le doigt vers le soleil, puis vers le garde-manger.) C'est qui le chef cuisinier sur ce rafiot ? Et le sous-chef ? Et le pâtissier ? (Son regard se porta sur les trois bouteilles de pisco.) Je crois que je n'ai pas besoin de demander qui est le sommelier.
    Comme rien ne bougeait, ni n'indiquait que sa remarque avait été prise en compte, que ce soit à l'avant ou à l'arrière du bateau, Switters se leva pour attirer davantage l'attention.
    - Déjeuner, dit-il d'un ton égal, rationnel, exempt de toute trace d'agressivité. C'est comme ça qu'on l'appelle dans mon pays. DÉ-JEU-NER. Déjeuner. Moi j'aime bien le déjeuner. En fait, je suis un aficionado du déjeuner. Donnez-moi la liberté ou donnez-moi le déjeuner. Le petit déjeuner arrive trop tôt dans la journée, et le dîner peut gêner nos projets pour la soirée, mais le déjeuner tombe à point nommé, la seule chose qu'il risque d'interrompre, c'est le travail.
    Il éleva légèrement la voix.
    - Il me faut mon déjeuner quotidien. Je me suis assuré contre le non-déjeuner à la Croix-Bleue, au Bouclier Bleu et au Fromage Bleu. Difficile, moi ? Certes non. Je mange le gras, je mange le maigre et je lèche mon assiette. Généralement, il est vrai, j'évite la chair d'animaux morts. D'animaux vivants aussi, d'ailleurs : la bestialité ne fait pas partie de mon répertoire pourtant haut en couleur, même si en fait cela ne vous regarde en rien. Mais question bouffe, les gars, je n'ai rien à cacher et à cet instant, je mâchonnerais et avalerais volontiers une brochette de viande de porc en conserve pour peu que vous m'en serviez une. Tout ce que je demande, c'est que vous me serviez quelque chose. Et en vitesse. Je deviens plutôt grincheux quand on me prive de mes agapes de la mi-journée.
    Sa tirade se faisant un tantinet plus théâtrale, il augmenta le volume d'un décibel ou deux.
    - Un solide déjeuner est indispensable pour un corps en pleine croissance. De plus, un repas offre de multiples splendeurs. L'Homme ne vit pas que d'affaires. Le déjeuner, c'est la beauté. Le déjeuner, c'est la vérité. La beauté à la Rubens du gâteau au chocolat s'imbibant de crème. La vérité s'incarnant dans la célèbre formule de Brecht "La bouffe vient d'abord". Alors, beurrez la tartine, les p'tits gars ! Fendez le pois insaisissable ! Allez, on se bouge ! Le déjeuner justifie n'importe quelle matinée et adoucit la pire des après-midi. Pour sûr, rompons le pain et cassons la croûte ! (P87-89)
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  • Par Couperine, le 02 février 2012

    Switters et Juan Carlos se frayèrent ensuite un chemin parmi les essaims de marchands - des Indiens en ponchos arc-en-ciel vendant de la poterie, des mestizos avec des T-shirts des Chicago Bulls essayant de placer leurs cassettes piratées - jusqu'à la voiture du guide, une Oldsmobile de 1985 lustrée avec amour mais entièrement cabossée, dans laquelle ils se rendirent d'abord au Covento de los Descalzos, un monastère du XVIe siècle comprenant deux somptueuses chapelles, puis dans plusieurs églises excentrées. (...)
    A un moment donné pendant le circuit, ayant remarqué que Switters ne s'agenouillait jamais, ni ne faisait de génuflexions, et qu'il avait dû à maintes reprises lui rappeler d'enlever son chapeau et d'éteindre son cigare, Juan Carlos ne put se contenir plus longtemps.
    - Señor Switters, je soupçonne que vous n'être pas le vrai catholique.
    - Non. Non, c'est vrai. Pas encore. Mais je songe à le devenir.
    - Pourquoi ? Si je peux demander.
    Switters réfléchit à la question.
    - Disons, finit-il par répondre, que j'éprouve un sentiment particulier pour la vierge.
    Juan Carlos hocha la tête. Il sembla satisfait de cette réponse. Evidemment, comment aurait-il pu deviner que Switters faisait référence à sa demi-soeur âgée de seize ans ? (P51-52)
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