> Jean-Noël Schifano (Traducteur)

ISBN : 2253033138
Éditeur : LGF - Livre de Poche (2002)


Note moyenne : 4.32/5 (sur 395 notes) Ajouter à mes livres
An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Aline1102, le 27 janvier 2012

    Aline1102
    Parvenu à l'automne de sa vie, Adso de Melk, moine bénédictin du monastère du même nom, se souvient de sa jeunesse et de ses années de novice. A une certaine époque, alors qu'il accompagnait son maître franciscain Guillaume de Baskerville, Adso a participé à de grands événements.
    En compagnie de Guillaume, le jeune homme a pris part à des négociations entre certains moines franciscains et une délégation papale. Partisans de la pauvreté, les franciscains de l'époque blessait l'orgueil de la papauté, qui vivait dans l'opulence à Avignon. La rencontre, censée aplanir les difficultés entre ces deux camps, s'est tenue dans l'une des abbayes de la péninsule italienne, dont Adso choisit de taire le nom.

    Car l'enceinte de l'abbaye n'a pas seulement servi de terrain neutre, où Franciscains et légats du Pape se sont livrés à des discussions doctrinales; elle a aussi abrité la folie d'une personne...
    A peine arrivés sur place, alors qu'ils attendent encore les autres moines franciscains, Guillaume et son jeune acolyte apprennent, de la bouche de l'Abbé, qu'un des enlumineurs les plus doués de la chrétienté, le jeune Adelme d'Otrante, est mort dans des circonstances plus que suspectes. Démuni face à ce drame qu'il souhaite voir réglé avant l'arrivée de la délégation papale, l'Abbé demande à Guillaume, ancien inquisiteur, d'enquêter sur ce sordide événement.
    Guillaume accepte, à condition qu'il puisse poser toutes les questions nécessaires à sa compréhension de l'affaire et qu'il obtienne l'autorisation de visiter toute l'abbaye. L'Abbé accepte, mais émet une réserve: la bibliothèque ne sera pas accessible à Guillaume, puisque seuls le bibliothécaire et son aide peuvent y pénétrer. Cette interdiction intrigue tout particulièrement Guillaume...

    "Le Nom de la rose" fait partie de ces romans qui se méritent: difficile à lire, il réclame de son lecteur une concentration constante. Mais, une fois surmontés les passages difficiles, quel plaisir que cette intrigue à la fois policière et historique!
    Un grand nombre de personnages viennent interagir avec Guillaume, il faut donc bien les différencier les uns des autres pour comprendre le rôle de chacun dans le récit. Car même le moins important des moines a son rôle jouer dans le dédale psychologique que représente l'abbaye.

    Le suspense du roman est tout d'abord entretenu par les nombreuses mort suspectes qui affectent l'abbaye. L'un après l'autre, de nombreux moines vont commencer par disparaître mystérieusement avant d'être retrouvés morts... Et les décès sont tous symboliques puisque, comme le souligne le vieil Alinardo de Grottaferrata, chacun suit l'une des trompettes de l'Apocalypse de Jean.

    Mais un autre mystère alimente le rythme du récit: celui de la fameuse bibliothèque qui, d'après les moines, est la plus belle et la plus importante de la chrétienté. Il est interdit de la visiter, au grand dam de Guillaume, fervent lecteur et admirateur des oeuvres d'Aristote. La raison invoquée pour justifier cet interdit est la fragilité des volumes. Mais, très vite, on se rend compte qu'il ne s'agit que d'un prétexte destiné à empêcher l'accès aux immenses savoirs que le bâtiment renferme. Très vite, Guillaume et Adso apprennent, de la bouche des différents moines intérrogés, que la bibliothèque est un véritable labyrinthe rempli d'artifices destinés à égarer les curieux qui tenteraient d'y pénétrer malgré l'interdit. Guillaume a alors l'intuition que tous les événements mystérieux s'étant déjà produits ont un lien avec l'un des livres que renferme l'édifice.
    Pour le plus grand bonheur des amateurs de littérature, la bibliothèque est donc l'élément central du Nom de la Rose. Les nombreuses références aux ouvrages connus de Guillaume, grand érudit, ne donnent qu'une envie: redécouvrir l'oeuvre des philosophes dont il parle.

    Le côté historique du récit est également très présent. Adso explique ainsi les différends opposant le Pape et les Franciscains, et nous donne de précieuses indications sur le mode de vie des ordres religieux du Moyen Âge.

    Les Bénédictins, ordre auquel appartient Adso, vivent selon la règle de saint Benoït. Les abbayes de cet ordre étaient, pour la plupart, composées de large domaines et exerçaient une grande influence économique et religieuse sur la société moyenâgeuse. C'est d'ailleurs le cas de l'abbaye du Nom de la Rose: la richesse du monastère est incontestable et l'Abbé en est particulièrement fier. Il faut dire que ce mode de vie particulièrement confortable pour l'époque n'était pas contradictoire à la règle de Saint Benoît, qui n'imposait pas d'austérité particulière aux congrégations religieuses.
    Les Franciscains, au contraire, étaient les partisans de la pauvreté du Christ. Selon eux, Jésus ayant été pauvre toute sa vie, l'Eglise, si elle voulait réellement suivre l'enseignement de Dieu, devait elle aussi être pauvre. Bien entendu, cette vision des choses n'était pas pour plaire au Pape de l'époque, Jean XXII, qui avait perfectionné la fiscalité épiscopale et donc enrichi l'Eglise. Suivant la règle de Saint François d'Assise, les Franciscains sont pauvres et heureux de l'être et considèrent donc Jean XXII comme un hérétique, voire comme l'Antéchrist lui-même.

    Ces querelles religieuses forment donc la seconde trame d'un récit déjà très animé par l'enquête de Guillaume. Peu à peu, le lecteur se retrouve plongé dans les discussions des différents ordres représentés et finit pas se demander lui-même quel camp il aurait adopté à l'époque. Car, si les Franciscains semblent plus sympathiques et plus proches des gens du peuple, les idées du plus célèbre d'entre eux, Ubertin de Casale, à propos des fraticelles et autres mouvements opposés à l'Eglise, semblent trop tranchées pour être justes. Au milieu de cette tempête doctrinale, c'est finalement Guillaume qui semble détenir la vérité.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    brigittelascombe
    Roman policier situé au temps de l'Inquisition, ce début de XIV° siècle où les bûchers brûlent encore de présumés coupables et de présumées sorcières soumis à la torture pour aveux en mauvaise et due forme, le nom de la rose présente quelques analogies avec l'excellent Pardonnez nos offenses de Romain Sardou.
    Le narrateur Adso "novice bénédictin du monastère de Melk" se rend dans une abbaye italienne avec son maître "le frère" Guillaume de Baskerville( clin d'oeil à Sherlock Holmes dans le célèbre policier de Conan Doyle:Le chien des Baskerville), un ancien inquisiteur rejetant le fanatisme, appelé pour une mission théologique mais se transformant en fin limier humaniste (digne héros des séries américaines actuelles de police scientifique) au fur et à mesure qu'un mystérieux assassin tue les moines sans vergogne.
    Une chute, une noyade dans une cuve, une autre dans un bain. Et si c'était des empoisonnements?
    le nom de la rose, best-seller international d'Umberto Eco(auteur italien de nombreux essais) a obtenu le Prix Strega 1981 et le prix Médicis étranger 1982, il a été adapté au cinéma par Jean Jacques Annaud.
    Son intérêt, outre le côté suspense d'une enquête rondement menée, est de nous montrer la vie d'une abbaye en 1327 avec ses intrigues au sein d'une bibliothèque, "pleine de secrets", qui "renferme de plus beaux livres que toute autre bibliothèque chrétienne" mais dont certains sont "interdits" donc censurés, le travail des moines copistes,enlumineurs ou herboristes, la difficulté à rester chaste, la facilité à voir facilement "l'antéchrist" roder de partout.
    le nom de la rose parle de bien et d'hérésie, de tolérance et d' intégrisme: un sujet donc d'actualité. Une rose aussi symbolique que "l'alphabet secret" à déchiffrer de toute urgence pour confondre le meurtrier.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Dionysos89, le 26 janvier 2012

    Dionysos89
    Mélangez Sherlock Holmes dans sa période "Baskerville" avec l'ambiance d'une abbaye bénédictine du XIVe siècle soumise aux turpitudes liées à l'Inquisition et à la crainte de la sorcellerie, vous obtiendrez de quoi créer un chef-d'œuvre littéraire. Incontestablement, Le Nom de la rose répond à cette exigence !
    Umberto Eco ne nous offre pas seulement un roman médiévo-policier ; non, il nous présente en plus un univers rempli de mystère et de personnages inquiétants. Toutefois, il ne tombe pas dans le stéréotype du Moyen Âge "moyenâgeux", obscurantiste et traditionnel : il nourrit son ouvrage de sa grande érudition sur le sujet et nous propose un nombre incalculable de phrases presque philosophiques détaillant à merveille la psychologie de l'époque.
    Sans caricature, ni facilité, Le Nom de la rose est une référence de suspense, de mystère et d'enquête pseudo-policière.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par 100choses, le 13 décembre 2010

    100choses
    Voilà, ça c'est fait !

    Comment-ça, il faut que je développe un peu plus ?
    Bon, ben c'est parti ( en fait je fait trainer la rédaction de ce billet depuis une semaine, ne sachant pas trop par où commencer…) :
    Ce livre traine dans ma PAL depuis plusieurs années. Et je crois qu'il faut vous raconter son histoire pour comprendre ce qu'a été ma lecture de cet ouvrage. Début 2005, entre deux cours, je dévore le très polémique Da Vinci Code. Ma prof' de grecque en le découvrant, s'offusque littéralement que je puisse lire un tel torchon et blabla bla bla. Si je tiens à lire un bon roman dans le même style, que je me plonge donc dans Le Nom de la rose, d'Umberto Eco. J'avais déjà entendu parler de cet ouvrage, et j'en note le titre dans un coin. Alors sincèrement, après avoir lu les deux, je pense pouvoir affirmer sans aucun doute, que ma prof', elle, avait fait l'impasse sur l'un des deux, parce que je ne vois absolument pas comment l'ont peut comparer ces deux ouvrages ! Bref, quelques temps plus tard, je trouve ledit livre chez un bouquiniste et l'achète en toute confiance, sans même l'ouvrir. Puis je tente la lecture…et abandonne au bout de même pas 10 pages, incapable de dépasser le prologue et vraiment pas l'envie de me forcer sur un ouvrage aussi long. Depuis, j'ai réessayé plusieurs fois, sans beaucoup plus de succès, ne dépassant jamais la cinquantaine de pages lues… Et puis récemment, j'ai été prise d'une envie subite de retenter cette lecture pour de bon, histoire de me débarrasser une bonne fois pour tout de ce livre, et de pouvoir le compter au palmarès de mon challenge Livraddict. Voilà donc qui est fait. Je vais donc pouvoir vous livrer mon avis sur ce livre. Mais comme vous l'avez déjà compris, je ne suis pas franchement enthousiaste face à ce livre pourtant encensé par la critique.

    Pourtant, un certain nombre d'aspects m'ont plu. Par exemple j'ai beaucoup apprécié cette ambiance de huis clos au sein du monastère, son climat hostile aussi bien du côté des protagonistes que de la météo. Sans jamais être angoissant c'est oppressant, on a l'impression qu'on ne pourra jamais sortir, que la lumière ne sera jamais faite. On avance, de mort en mort en sachant par avance ce qui nous attend sans pouvoir y échapper et sans jamais vraiment savoir sur qui ça va tomber.
    J'ai également beaucoup aimé l'énigme du labyrinthe qui constitue la bibliothèque et sa résolution ; d'ailleurs j'ai de façon générale aimé tout ce qui avait trait à la bibliothèque, sa description, les réflexions du narrateur sur les livres… Certains passages m'ont même vraiment plu. En particulier, le « dernier feuillet ».
    Quant à l'intrigue policière, elle n'est pas vraiment haletant comme le promet la quatrième de couverture, et l'on se doute très rapidement de la clé du mystère mais finalement ce n'est pas grave ; au contraire c'est même plutôt agréable de suivre le cheminement de la pensée de Guillaume de Baskerville et d'Adso, ainsi que le rythme, donné par les têtes de chapitres, de ces longues journées rythmées par la prière. Ajoutons à cela les quelques plans glissés par l'auteur ainsi que les longues descriptions des lieux et cela ne fait plus aucun doute, on est au monastère, parmi les moines.
    Notons tout de même un final spectaculaire, que je ne révèlerai pas ici mais qui, en tant que grande amoureuse des livres, m'a « traumatisée ».
    Enfin les personnages sont intéressants dans leur diversité, j'ai particulièrement aimé, outre nos deux personnages principaux, le botaniste et j'aurais aimé passer plus de temps en sa compagnie. J'ai également beaucoup aimé découvrir cette histoire sous la plume d'Adso, qui nous relat les faits tels qu'il s'en souvient plusieurs années après. Ses émotions sont encore vives et bien transmises au lecteur, et pourtant il conserve une rigueur et une méthode dans son récit fort appréciable pour ne pas se perdre au milieu de tous les détails relatés.

    Mais malgré cela, plusieurs choses m'ont profondément déplu dans ma lecture au point de me décourager parfois et de me faire pousser un soupir de soulagement une fois le livre refermé.
    Tout d'abord le style, profondément « imbuvable » par moments. Bien sûr je ne peux juger que la traduction mais tout de même. Et sur ce point j'ai plusieurs reproches à faire.
    Tout d'abord l'emploi récurrent de longues citations latines sans aucune note de traduction. Mes six années de latin m'ont permis d'en comprendre en gros le sens, mais c'était très désagréable de buter sans cesse sur ces passages. En outre, tout le monde n'a pas étudié le latin, donc je pense que si je m'étais trouvée dans cette situation, j'aurais directement zappé ces passages. Ce qui dommage car leur contenu apporte indéniablement un intérêt à l'ouvrage. J'ai eu l'impression, tout au long de cette lecture, d'un certain snobisme allant jusqu'au mépris de la part de l'auteur face au lecteur n'ayant pas les mêmes connaissances que lui.
    Cette impression a été renforcée par l'emploi d'un vocabulaire et d'une syntaxe très alambiqués, voulant se donner un petit côté médiéval, et avec parfois des phrases courant sur plusieurs pages. le résultat final est quelque chose de lourd, surfait et incohérent vu que ce style n'est pas employé en continu.
    Je me répète, mais j'ai vraiment eu l'impression que monsieur Eco prenait le lecteur de haut, n'hésitant pas à laisser sur le bord du chemin celui qui n'arrive pas à suivre. Et je trouve très désagréable ce sentiment d'être méprisé par un auteur ; j'avais franchement parfois envie de lui renvoyer son livre au visage.
    Le deuxième gros reproche que j'ai à faire à ce livre réside dans la description du Moyen-Age qui nous est faite et qui finalement est le point principal de cet ouvrage, puisqu'on assiste à une véritable chronique de la vie quotidienne et des luttes de pouvoir de l'époque. Eh bien j'ai trouvé cette description pleine de clichés. le Moyen-Age est ici décrit comme une époque à la culture totalement arriérée, misérable, totalement obscurantiste et refusant tout progrès. Et à l' opposé Guillaume de Baskerville tient des propos beaucoup trop actuels, totalement anachroniques.
    Dernier reproche, que je fais à ce livre c'est la description qui est donnée de l'Eglise catholique. D'ailleurs, en cela, ce livre est plutôt d'actualité… Je sais bien que tout n'était pas très clean à l'époque, qu'il y a clairement eu des abus de pouvoirs, que tous les religieux ne l'étaient pas par vocation… Mais là on assiste à une description d'une chrétienté pourrie jusqu'au cœur par tous les vices imaginables. Et juste, quelle que soit la position du lecteur par rapport au catholicisme, un tel acharnement devient vite lassant. C'est vil, méchant, lourd, répétitif et gratuit. Au bout d'un moment, cela n'apporte même rien de plus à l'histoire. Trop c'est trop. L'ouvrage en perd même en crédibilité sur le plan historique.

    Bref, un bilan très mitigé, pour un ouvrage que je n'ai finalement pas détesté, mais disons juste que je n'y ai pas vu le « chef d'œuvre » souvent décrit. J'ai vécu la fin de ma lecture comme un véritable soulagement, bien qu'elle n'ait pas été si « douloureuse » que cela. Pour finir, je crois que c'est un monument De la littérature, à connaitre, malgré ces défauts que j'ai relevés. Mais attention, il s'agit d'une lecture exigeante, donc prévoyez pas mal de temps, et un bon état d'esprit avant d'entamer ce livre. Même si l'on accroche, on ne peut progresser rapidement et il faut une bonne dose de patience pour lire et digérer cet ouvrage. On peut, en effet difficilement en lire de longues portions d'une seule traite tant il est dense en informations et réflexions à mener. A vrai dire, tellement riche, que malgré ce long billet, j'ai l'impression d'avoir encore 10 000 choses à dire sur cet ouvrage.

    Lien : http://leboudoirdemeloe.wordpress.com/2010/06/09/ecco-umberto-le-nom..
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    • Livres 4.00/5
    Par Lectureshumaines, le 08 septembre 2011

    Lectureshumaines
    Voilà une oeuvre qui demande beaucoup de silence et de concentration. Si l'enquête menée par Guillaume et son novice est le nerf central de l'oeuvre, Umberto Eco développe longuement l'atmosphère pesante de ce siècle où de violents débats politiques et théologiques ont lieu. Revenant sur l'inquisition, Eco, par le biais de Guillaume de Baskerville, nous pousse à réfléchir à la liberté de croyance et la place de l'Eglise dans cette foi. En choisissant un novice pour narrateur, Umberto Eco parvient à donner l'illusion de cette naïveté à la découverte de la vie et notamment de la vie religieuse confrontée aux choses de la vie réelle.
    Au niveau de la construction, chaque chapitre correspond à une heure dans la vie monacale. Tout comme de nombreuses oeuvres de l'époque (Umberto Eco laissant croire qu'il a trouvé un manuscrit, comme le fit Cervantès pour Don Quichotte), chaque début de chapitre est surmonté par un court résumé de trois lignes.
    Il ne s'agit pas d'un livre que l'on dévore, tout du moins, je ne l'ai pas dévoré. Impossible de le lire dans un lieu bruyant, impossible de le lire en étant fatiguée. La première partie du roman pourrait décourager, et l'auteur s'en félicite :
    "Après avoir lu le manuscrit, mes amis de la maison d'édition me suggérèrent de raccourcir les cent premières pages qu'ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n'eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu'un voulait entrer dans l'abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S'il n'y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre dans son entier. Donc les cent premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n'aimerait pas : il resterait sur le flanc de la colline." Umberto Eco, extrait d'Apostille au Nom de la rose
    Pour couronner le tout Umberto Eco a pris un malin plaisir à ne pas traduire les passages en latin, nombreux au début du récit.
    Mais tout cela ne retire rien au plaisir de lire ce livre d'une grande richesse, comportant plusieurs niveaux de lecture. Il s'agirait même d'un livre à relire. L'Apostille située en fin de l'ouvrage est un petit bijou pour les amoureux De la littérature, Eco y dévoile le processus d'écriture du roman, le travail d'un écrivain.

    Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com
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Citations et extraits

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  • Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    Prends garde, mon fils... La beauté du corps se limite à la peau.Si tous les hommes voyaient ce qui gît sous la peau,ainsi qu'il advient avec le lynx de Béotie,ils auraient un frisson d'horreur à la vision de la femme.Toute cette grâce se compose de mucosités et de sang, d'humeurs et de bile.
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  • Par Dionysos89, le 26 janvier 2012

    Le sommeil diurne est comme le péché de la chair : plus on en a eu, plus on le voudrait, cependant qu'on se sent malheureux, rassasié et insatiable en même temps.
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  • Par Dionysos89, le 26 janvier 2012

    À lire des livres de médecine, on se persuade toujours d'éprouver les douleurs dont ils parlent.
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  • Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    -Il y a donc aussi dans la bibliothèque des livres qui contiennent des mensonges..
    -Les monstres existent parce qu'ils font partie du dessein divin et jusque dans les traits horribles des monstres se révèle la puissance du Créateur.Ainsi par dessein divin existent aussi les livres des mages,les cabales des juifs,les fables des poètes païens,les mensonges des infidèles.
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  • Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    trois choses concourent à créer la beauté:d'abord l'intégrité ou perfection,et de ce fait nous estimons laides les choses incomplètes;ensuite la proportion requise autrement dit l'harmonie;enfin la clarté et la lumière,et nous appelons belles en effet les choses de couleur limpides.
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Vidéo de Umberto Eco

Les lectures d'influence de Vincent Ravalec : livre 3 : "Le pendule de Foucault" de Umberto Eco.











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