> Jean-Noël Schifano (Traducteur)

ISBN : 2253033138
Éditeur : Le Livre de Poche (2002)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.33/5 (sur 469 notes) Ajouter à mes livres
An de grâce 1327, la chrétienté est en crise. L'ex-inquisiteur Guillaume de Baskerville se rend dans une abbaye bénédictine du Sud de la France pour participer à une rencontre entre franciscains prônant la pauvreté du Christ et pa... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 09 mai 2012

    Malaura
    En ces temps troublés de l'An de grâce 1327, hérésie, Inquisition, pauvreté, vols et pillages défigurent l'Etat chrétien.
    Ex-inquisiteur, le moine franciscain Guillaume de Baskerville se rend en compagnie de son élève, le jeune bénédictin Adso de Melk, dans une abbaye du Sud du pays où doit se tenir une importante réunion entre les partisans du Christ pauvre, dont fait partie la confrérie franciscaine de Guillaume, et les fidèles zélateurs de la papauté revendiquant une église riche, représentés pour la circonstance par le Grand Inquisiteur Bernardo Gui.
    A leur arrivée sur les lieux, Guillaume et Adso sont témoins d'une agitation anormale au sein de la communauté bénédictine. En effet, un drame est survenu. le corps disloqué d'un jeune moine a été retrouvé au pied d'un des bâtiments de l'abbaye.
    Connaissant le caractère perspicace et fin psychologue de frère Guillaume, l'abbé supérieur Abbon, demande alors au moine franciscain de tenter de faire la lumière sur cette mort tragique. Pour les besoins de son enquête, Guillaume pourra aller et venir à sa guise au sein de l'abbaye ; seule la bibliothèque, renfermant des livres sacrés, lui sera interdite, à l'exception du scriptorium où travaillent les frères copistes et les enlumineurs.
    D'emblée, Guillaume se heurte au comportement mutique de certains frères. Mais d'autres décès viennent entacher la bonne réputation de l'abbaye ; un moine est retrouvé plongé dans une barrique de sang de porc ; l'autre, le corps dévêtu, flottant dans le sanatorium ; un autre encore, la tête écrasée…
    Guillaume relève de mystérieuses taches brunes au bout des doigts des victimes et ne tarde pas à se convaincre que c'est précisément au cœur de la gigantesque bibliothèque que réside la clef de l'énigme.
    La présence de l'inquisiteur Bernardo Gui, un être ambitieux et cruel au caractère intransigeant et fanatique, jette encore de l'huile sur le feu. Ce dernier organise à tour de bras des procès en hérésie et tente par tous les moyens de décrédibiliser Guillaume en s'immisçant dans l'enquête.
    Le moine franciscain devra user de toute sa psychologie, de son brillant esprit d'analyse et d'une grande témérité pour démêler les fils d'une enquête ténébreuse qui cristallise autour d'elle passion, folie et exaltation religieuse.
    Quelle fresque moyenâgeuse grandiose qu'Umberto Eco a écrit là ! Si la lecture de ce gros pavé demande concentration et réflexion, elle est aussi captivante, troublante et productive de bout en bout !
    L'auteur italien, dont c'était le premier roman en 1980, a joué sur de nombreux tableaux - historique, philosophique, policier, romanesque - pour construire cette imposante fiction, étourdissante de démesure et d'érudition.
    Tout est savamment orchestré pour nous plonger dans les remous d'un Moyen-âge saisissant de réalisme. L'ambiance y est trouble à souhait. Pauvreté du peuple, richesse du clergé, meurtres mystérieux, personnages aussi terrifiants qu'énigmatiques… le lecteur est frappé d'emblée par le climat sombre baignant les lieux.
    A côté d'une intrigue digne des meilleurs romans policiers, l'auteur médiéviste, latiniste, possédant une culture phénoménale, a su parfaitement intégrer à son récit les éléments historiques et religieux afin de bâtir un gigantesque monument de littérature.
    L'histoire, scandée par les divers offices religieux qui régissent l'abbaye, est racontée par le jeune narrateur Adso de Melk et se déroule sous le chiffre symbolique de sept jours. Si le mystère s'intensifie au fil des lignes, on y décèle peu à peu les nombreuses influences et les clins d'œil que l'auteur a disséminés au détour de pages fécondes en révélations et en libertés de réflexion.
    L'utilisation de certains noms fait ainsi partie des petits tours malicieux du magicien Eco : le fin limier Guillaume de Baskerville rappelle bien sûr l'œuvre de Conan Doyle « Les chiens de Baskerville », le moine franciscain endossant le rôle du génial enquêteur Sherlock Holmes, accompagné d'un Watson qui prend les traits du jeune disciple Adso de Melk.
    Le farouche gardien au savoir encyclopédique de la colossale bibliothèque se nomme quant à lui Jorge de Burgos…un hommage non déguisé à Jorge Luis Borges dont la fantastique érudition et les œuvres hallucinées ont pour beaucoup inspiré l'auteur dans la rédaction du roman.
    La bibliothèque, construite en un étourdissant labyrinthe, est elle-aussi directement inspirée d'une nouvelle du grand écrivain argentin, « La bibliothèque de Babel », tout comme les multiples références sur les œuvres sacrées (de la bible aux textes grecs ou musulmans…) et leur impact sur les consciences des individus.
    Cette bibliothèque, élément central du roman d'Eco, renferme tous les savoirs de l'humanité (notamment un ouvrage d'Aristote) dont la chrétienté ne tient pas à diffuser les secrets de vie qu'ils renferment.
    Entre volonté de conservation et désir de dissimulation, Umberto Eco nous offre une magistrale démonstration du pouvoir de l'écrit, menace effective pour tous les fanatismes religieux, mais néanmoins merveilleux moyen d'ouverture sur le monde et de transmission des connaissances.
    Si notre seul regret est de ne pas être suffisamment à la hauteur pour appréhender toutes les subtilités de l'œuvre protéiforme de l'italien, la fusion et la profusion des thèmes abordées dans des domaines riches et variés (spiritualité, philosophie, enquête, histoire, art, religion…) offrent une fructueuse lecture magnifiquement fertile, capable d'alimenter longtemps notre esprit de réflexion…
    Sous le couvert de l'intrigue policière, Umberto Eco a peint avec « le nom de la rose » une fresque majestueuse de l'époque médiévale doublée d'un formidable plaidoyer pour la tolérance, la liberté et la culture, dressé en rempart contre l'obscurantisme et le fanatisme.
    A noter, la superbe adaptation cinématographique de Jean-Jacques Annaud, César du meilleur film étranger 1987, avec Sean Connery, Christian Slater, Michaël Lonsdale et le génial Ron Perlman dans le rôle de Salvatore.
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    Critique de qualité ? (44 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 23 avril 2012

    LiliGalipette
    Un vieil homme raconte la terrible enquête qu'il a menée avec son maître des décennies auparavant. Alors qu'il était novice, Adso était le secrétaire de Guillaume de Baskerville, ancien inquisiteur. En 1327, les deux frères furent appelés dans une abbaye en Ligurie pour résoudre une mort étrange. Mais, rapidement, les morts se succèdent dans l'enceinte religieuse. Les suspects deviennent les victimes et tous les indices pointent vers la bibliothèque, lieu interdit aux hommes, territoire exclusif du vieux bibliothécaire aveugle, Jorge de Burgos.
    Pendant sept jours, Guillaume et Adso suivent les traces d'un criminel et mettent au jour toutes les luxures de l'abbaye. Ils se heurtent au silence buté et à l'austérité des moines. Entre passages secrets, mystères et labyrinthe, l'enquête progresse laborieusement. Comment sont morts les moines ? Pourquoi ? Que cherche-t-on à cacher dans l'immense bibliothèque ? Guillaume ne se décourage pas et il sait obtenir les réponses qu'il attend. « Ne me demande pas de te confesser. Ne clos pas mes lèvres en ouvrant les tiennes. Ce que je veux savoir de toi, tu me le diras d'une autre manière. Et si tu ne me le dis pas, je le découvrirai par moi-même. Demande-moi miséricorde, si tu veux, ne me demande pas le silence. Vous êtes trop nombreux à vous taire dans cette abbaye. » (p. 149)
    Guillaume de Baskerville est un fin observateur, il sait lire les codes et « les traces par lesquelles le monde nous parle comme un grand livre » (p. 36) et il use avec habileté d'une logique qu'il sait sans cesse remettre en question. Il ne néglige aucun indice et reste ouvert aux coïncidences. « Nous sommes ici en train de chercher à comprendre ce qui s'est passé entre des hommes qui vivent parmi les livres, avec les livres, des livres, et donc même les mots écrits dans les livres sont importants. » (p. 144) Un livre, plus que tous les autres, attise la convoitise des hommes depuis des siècles. Se pourrait-il qu'il se trouve dans cette abbaye et qu'il explique enfin le caractère licite du rire ? Pour trouver ce livre, il faut d'abord déchiffrer le secret de la bibliothèque et se tirer de son labyrinthe et de ses pièges. le lieu censé être ouvert à la connaissance et au partage du savoir se révèle être une place dangereuse, voire mortelle. « C'est une histoire de larcins et de vengeance entre moines de peu de vertu !, m'exclamai-je, plein de doute. / Autour d'un livre interdit, Adso, autour d'un livre interdit, répondit Guillaume. » (p. 496)
    Ce polar historique mêle meurtre et enquête avec histoire de la papauté et de la foi. On assiste à un procès mené par l'Inquisition : les hérésies ravagent le Royaume de Dieu et les inquisiteurs entendent y mettre bon ordre. Se déroulent alors des joutes rhétoriques sur les textes saints et antiques, sur la question de la vérité et de la vraie foi. C'est tout un pan de l'histoire chrétienne qui est présentée. Si certains passages sont un peu longs, l'ensemble reste très intéressant. Que les non latinistes prennent leur courage à deux mains : les citations latines qui foisonnent à chaque page ne sont pas traduites (pas dans mon édition en tout cas), ce qui fait perdre un peu du sens. Mais, globalement, le roman se lit très vite. L'enquête est finement menée en la personne de Guillaume de Baskerville. Adso, qui semble n'être qu'un faire-valoir, est en fait un des éléments majeurs de la résolution de l'énigme. le roman de la rose est un très bon roman policier et historique. Il ne me reste qu'à revoir le film qui met en scène Sean Connery et Christian Slater dans la peau des deux frères enquêteurs.
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    Critique de qualité ? (38 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Aline1102, le 27 janvier 2012

    Aline1102
    Parvenu à l'automne de sa vie, Adso de Melk, moine bénédictin du monastère du même nom, se souvient de sa jeunesse et de ses années de novice. A une certaine époque, alors qu'il accompagnait son maître franciscain Guillaume de Baskerville, Adso a participé à de grands événements.
    En compagnie de Guillaume, le jeune homme a pris part à des négociations entre certains moines franciscains et une délégation papale. Partisans de la pauvreté, les franciscains de l'époque blessait l'orgueil de la papauté, qui vivait dans l'opulence à Avignon. La rencontre, censée aplanir les difficultés entre ces deux camps, s'est tenue dans l'une des abbayes de la péninsule italienne, dont Adso choisit de taire le nom.

    Car l'enceinte de l'abbaye n'a pas seulement servi de terrain neutre, où Franciscains et légats du Pape se sont livrés à des discussions doctrinales; elle a aussi abrité la folie d'une personne...
    A peine arrivés sur place, alors qu'ils attendent encore les autres moines franciscains, Guillaume et son jeune acolyte apprennent, de la bouche de l'Abbé, qu'un des enlumineurs les plus doués de la chrétienté, le jeune Adelme d'Otrante, est mort dans des circonstances plus que suspectes. Démuni face à ce drame qu'il souhaite voir réglé avant l'arrivée de la délégation papale, l'Abbé demande à Guillaume, ancien inquisiteur, d'enquêter sur ce sordide événement.
    Guillaume accepte, à condition qu'il puisse poser toutes les questions nécessaires à sa compréhension de l'affaire et qu'il obtienne l'autorisation de visiter toute l'abbaye. L'Abbé accepte, mais émet une réserve: la bibliothèque ne sera pas accessible à Guillaume, puisque seuls le bibliothécaire et son aide peuvent y pénétrer. Cette interdiction intrigue tout particulièrement Guillaume...

    "Le Nom de la rose" fait partie de ces romans qui se méritent: difficile à lire, il réclame de son lecteur une concentration constante. Mais, une fois surmontés les passages difficiles, quel plaisir que cette intrigue à la fois policière et historique!
    Un grand nombre de personnages viennent interagir avec Guillaume, il faut donc bien les différencier les uns des autres pour comprendre le rôle de chacun dans le récit. Car même le moins important des moines a son rôle jouer dans le dédale psychologique que représente l'abbaye.

    Le suspense du roman est tout d'abord entretenu par les nombreuses mort suspectes qui affectent l'abbaye. L'un après l'autre, de nombreux moines vont commencer par disparaître mystérieusement avant d'être retrouvés morts... Et les décès sont tous symboliques puisque, comme le souligne le vieil Alinardo de Grottaferrata, chacun suit l'une des trompettes de l'Apocalypse de Jean.

    Mais un autre mystère alimente le rythme du récit: celui de la fameuse bibliothèque qui, d'après les moines, est la plus belle et la plus importante de la chrétienté. Il est interdit de la visiter, au grand dam de Guillaume, fervent lecteur et admirateur des oeuvres d'Aristote. La raison invoquée pour justifier cet interdit est la fragilité des volumes. Mais, très vite, on se rend compte qu'il ne s'agit que d'un prétexte destiné à empêcher l'accès aux immenses savoirs que le bâtiment renferme. Très vite, Guillaume et Adso apprennent, de la bouche des différents moines intérrogés, que la bibliothèque est un véritable labyrinthe rempli d'artifices destinés à égarer les curieux qui tenteraient d'y pénétrer malgré l'interdit. Guillaume a alors l'intuition que tous les événements mystérieux s'étant déjà produits ont un lien avec l'un des livres que renferme l'édifice.
    Pour le plus grand bonheur des amateurs de littérature, la bibliothèque est donc l'élément central du Nom de la Rose. Les nombreuses références aux ouvrages connus de Guillaume, grand érudit, ne donnent qu'une envie: redécouvrir l'oeuvre des philosophes dont il parle.

    Le côté historique du récit est également très présent. Adso explique ainsi les différends opposant le Pape et les Franciscains, et nous donne de précieuses indications sur le mode de vie des ordres religieux du Moyen Âge.

    Les Bénédictins, ordre auquel appartient Adso, vivent selon la règle de saint Benoït. Les abbayes de cet ordre étaient, pour la plupart, composées de large domaines et exerçaient une grande influence économique et religieuse sur la société moyenâgeuse. C'est d'ailleurs le cas de l'abbaye du Nom de la Rose: la richesse du monastère est incontestable et l'Abbé en est particulièrement fier. Il faut dire que ce mode de vie particulièrement confortable pour l'époque n'était pas contradictoire à la règle de Saint Benoît, qui n'imposait pas d'austérité particulière aux congrégations religieuses.
    Les Franciscains, au contraire, étaient les partisans de la pauvreté du Christ. Selon eux, Jésus ayant été pauvre toute sa vie, l'Eglise, si elle voulait réellement suivre l'enseignement de Dieu, devait elle aussi être pauvre. Bien entendu, cette vision des choses n'était pas pour plaire au Pape de l'époque, Jean XXII, qui avait perfectionné la fiscalité épiscopale et donc enrichi l'Eglise. Suivant la règle de Saint François d'Assise, les Franciscains sont pauvres et heureux de l'être et considèrent donc Jean XXII comme un hérétique, voire comme l'Antéchrist lui-même.

    Ces querelles religieuses forment donc la seconde trame d'un récit déjà très animé par l'enquête de Guillaume. Peu à peu, le lecteur se retrouve plongé dans les discussions des différents ordres représentés et finit pas se demander lui-même quel camp il aurait adopté à l'époque. Car, si les Franciscains semblent plus sympathiques et plus proches des gens du peuple, les idées du plus célèbre d'entre eux, Ubertin de Casale, à propos des fraticelles et autres mouvements opposés à l'Eglise, semblent trop tranchées pour être justes. Au milieu de cette tempête doctrinale, c'est finalement Guillaume qui semble détenir la vérité.
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    • Livres 5.00/5
    Par brigittelascombe, le 25 janvier 2012

    brigittelascombe
    Roman policier situé au temps de l'Inquisition, ce début de XIV° siècle où les bûchers brûlent encore de présumés coupables et de présumées sorcières soumis à la torture pour aveux en mauvaise et due forme, le nom de la rose présente quelques analogies avec l'excellent Pardonnez nos offenses de Romain Sardou.
    Le narrateur Adso "novice bénédictin du monastère de Melk" se rend dans une abbaye italienne avec son maître "le frère" Guillaume de Baskerville( clin d'oeil à Sherlock Holmes dans le célèbre policier de Conan Doyle:Le chien des Baskerville), un ancien inquisiteur rejetant le fanatisme, appelé pour une mission théologique mais se transformant en fin limier humaniste (digne héros des séries américaines actuelles de police scientifique) au fur et à mesure qu'un mystérieux assassin tue les moines sans vergogne.
    Une chute, une noyade dans une cuve, une autre dans un bain. Et si c'était des empoisonnements?
    le nom de la rose, best-seller international d'Umberto Eco(auteur italien de nombreux essais) a obtenu le Prix Strega 1981 et le prix Médicis étranger 1982, il a été adapté au cinéma par Jean Jacques Annaud.
    Son intérêt, outre le côté suspense d'une enquête rondement menée, est de nous montrer la vie d'une abbaye en 1327 avec ses intrigues au sein d'une bibliothèque, "pleine de secrets", qui "renferme de plus beaux livres que toute autre bibliothèque chrétienne" mais dont certains sont "interdits" donc censurés, le travail des moines copistes,enlumineurs ou herboristes, la difficulté à rester chaste, la facilité à voir facilement "l'antéchrist" roder de partout.
    le nom de la rose parle de bien et d'hérésie, de tolérance et d' intégrisme: un sujet donc d'actualité. Une rose aussi symbolique que "l'alphabet secret" à déchiffrer de toute urgence pour confondre le meurtrier.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lectureshumaines, le 08 septembre 2011

    Lectureshumaines
    Voilà une oeuvre qui demande beaucoup de silence et de concentration. Si l'enquête menée par Guillaume et son novice est le nerf central de l'oeuvre, Umberto Eco développe longuement l'atmosphère pesante de ce siècle où de violents débats politiques et théologiques ont lieu. Revenant sur l'inquisition, Eco, par le biais de Guillaume de Baskerville, nous pousse à réfléchir à la liberté de croyance et la place de l'Eglise dans cette foi. En choisissant un novice pour narrateur, Umberto Eco parvient à donner l'illusion de cette naïveté à la découverte de la vie et notamment de la vie religieuse confrontée aux choses de la vie réelle.
    Au niveau de la construction, chaque chapitre correspond à une heure dans la vie monacale. Tout comme de nombreuses oeuvres de l'époque (Umberto Eco laissant croire qu'il a trouvé un manuscrit, comme le fit Cervantès pour Don Quichotte), chaque début de chapitre est surmonté par un court résumé de trois lignes.
    Il ne s'agit pas d'un livre que l'on dévore, tout du moins, je ne l'ai pas dévoré. Impossible de le lire dans un lieu bruyant, impossible de le lire en étant fatiguée. La première partie du roman pourrait décourager, et l'auteur s'en félicite :
    "Après avoir lu le manuscrit, mes amis de la maison d'édition me suggérèrent de raccourcir les cent premières pages qu'ils trouvaient trop absorbantes et fatigantes. Je n'eus aucune hésitation, je refusai. Je soutenais que si quelqu'un voulait entrer dans l'abbaye et y vivre sept jours, il devait en accepter le rythme. S'il n'y arrivait pas, il ne réussirait jamais à lire le livre dans son entier. Donc les cent premières pages avaient une fonction pénitentielle et initiatique. Tant pis pour qui n'aimerait pas : il resterait sur le flanc de la colline." Umberto Eco, extrait d'Apostille au Nom de la rose
    Pour couronner le tout Umberto Eco a pris un malin plaisir à ne pas traduire les passages en latin, nombreux au début du récit.
    Mais tout cela ne retire rien au plaisir de lire ce livre d'une grande richesse, comportant plusieurs niveaux de lecture. Il s'agirait même d'un livre à relire. L'Apostille située en fin de l'ouvrage est un petit bijou pour les amoureux De la littérature, Eco y dévoile le processus d'écriture du roman, le travail d'un écrivain.

    Lien : http://deslectureshumaines.wordpress.com
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 25 janvier 2011

    "L'Évangile dit que Christ avait une bourse !
    – Tais-toi veux-tu, avec cette bouse que vous peignez même sur les crucifix ! Qu'en dis-tu, alors, du fait que Notre Seigneur quand il était à Jérusalem revenait chaque soir à Béthanie ?
    – Et si Notre Seigneur voulait aller dormir à Béthanie, qui es-tu, toi, pour critiquer sa décision ?
    – Non, vieux bouc, Notre Seigneur revenait à Béthanie parce qu'il n'avait pas de quoi se payer l'auberge à Jérusalem !
    – Bonagrazia, c'est toi le bouc ! Et que mangeait Notre Seigneur à Jérusalem ?
    – Et toi tu dirais que le cheval, qui reçoit de l'avoine de son maître pour survivre, a la propriété de l'avoine ?
    – Tu vois bien que tu compares Christ à un cheval…
    – Non, c'est toi qui compares Christ à un prélat simoniaque de ta cour, chantepleure d'excréments !
    – Oui ? Et combien de fois le Saint-Siège a dû endosser des procès pour défendre vos biens ?
    – Les biens de l'Église, pas les nôtres ! Nous, nous en avions l'usage !
    – L'usage pour les dévorer, pour vous fabriquer de charmantes églises avec des statues d'or, hypocrites, vaisseaux d'iniquité, sépulcres blanchis, sentines de vices ! Vous le savez bien, que c'est la charité, et non la pauvreté, le principe de la vie parfaite !
    – Ça, c'est votre glouton de Thomas qui l'a dit !
    – Attention à toi, impie ! Celui que tu appelles glouton est un saint de la Sainte Église romaine !
    – Saint de mes sandales, canonisé par Jean pour irriter les Franciscains ! Votre pape ne peut pas faire de saints, car c'est un hérétique ! Mieux, c'est un hérésiarque !
    – Cette belle proposition, nous la connaissons déjà ! C'est la déclaration du fantoche de Bavière à Sachsenhausen, préparée par votre Ubertin !
    – Attention à ce que tu dis, porc, fils de la prostituée de Babylone et d'autres roulures encore ! Ubertin n'était pas auprès de l'empereur, mais se trouvait justement en Avignon, au service du cardinal Orsini, et le pape l'envoyait comme messager en Aragon !
    – Je le sais, je sais qu'il faisait vœu de pauvreté à la table du cardinal, comme il le fait maintenant dans l'abbaye la plus riche de la péninsule ! Ubertin, si tu n'y étais pas, toi, qui a suggéré à Louis de se servir de tes écrits ?
    – Est-ce ma faute si Louis lit mes écrits ? Il ne peut certes pas lire les tiens, illettré que tu es !
    – Moi, un illettré ? Il était lettré votre François qui gardait les oies ?
    – Tu as blasphémé !
    – C'est toi qui blasphèmes, fraticelle au balais rôti !
    – Moi je n'ai jamais rôti de balais et tu le sais bien !
    – Bien sûr que si, avec tes fraticelles, quand tu t'enfilais dans le lit de Claire de Montfaucon !
    – Que Dieu te foudroie ! J'étais inquisiteur en ce temps-là, et Claire avait déjà expiré en odeur de sainteté !
    – Continue, continue, l'ire de Dieu s'abattra sur toi comme elle s'abattra sur ton maître, qui a donné asile à deux hérétiques comme cet ostrogoth d'Eckhart et ce nécromant anglais que vous appelez Branucerton !
    – Vénérables frères, vénérables frères"criaient le cardinal Bertrand et l'abbé.
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  • Par Claudepuret, le 13 mai 2012

    Stat rosa pristina nomine nomina nuda tenemus
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  • Par Piling, le 24 janvier 2011

    "Mais alors, osai-je commenter, vous êtes encore loin de la solution…
    – J'en suis très près, dit Guillaume, mais je ne sais pas de laquelle.
    – Donc, vous n'avez pas qu'une seule réponse à vos questions ?
    – Adso, si c'était le cas, j'enseignerai la théologie à Paris ?
    – À Paris, ils l'ont toujours, la vraie réponse ?
    – Jamais, dit Guillaume, mais ils sont très sûrs de leurs erreurs.
    – Et vous, dis-je avec une infantile impertinence, vous ne commettez jamais d'erreurs ?
    – Souvent, répondit-il. Mais au lieu d'en concevoir une seule, j'en imagine beaucoup, ainsi je ne deviens l'esclave d'aucune."
    J'eus l'impression que Guillaume n'était point du tout intéressé à la vérité, qui n'est rien d'autre que l'adéquation entre la chose et l'intellect. Lui, au contraire, il se divertissait à imaginer le plus de possibles qu'il était possible.
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  • Par akhesa, le 14 novembre 2011

    je n'arrive pas a me convaincre que dieu ait voulu introduire dans la creature un etre aussi immonde sans le douer de vertu.et je ne puis pas ne pas reflechir sur le fait qu'il lui a accorde de nombreux privileges et motifs d'estime,dont trois au moins,tres grand.en effet,il a cree l'homme dans ce monde vil,et a partir de la boue,et la femme en un second temps,au paradis et a partir de la noble matiere humaine.et il ne l'a pas tiree des pieds ou des intestins du corps d'adam,mais de sa cote.en second lieu,le seigneur,qui peut tout,aurait pu s'incarner directement dans un homme quelque sorte miraculeux,et il choisit d'habiter dans le corps de la femme,signe qu'elle n'etait pas aussi immonde que cela.et lorsqu'il apparut apres la resurrection,il apparut a une femme.enfin,dans la gloire celeste aucun homme ne sera roi de cette supreme partie,au contraire en sera reine une femme qui n'a jamais peche
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  • Par Piling, le 24 janvier 2011

    – Mais l'unicorne est-il un mensonge ? C'est un animal d'une grande douceur et hautement symbolique. Figure de Christ et de la chasteté, il ne peut être capturé qu'en plaçant une vierge dans une forêt, de façon que l'animal, attiré par son odeur très chaste, aille poser sa tête dans son giron, s'offrant comme proie aux lacs des chasseurs.
    – C'est ce qu'on dit, Adso. Mais beaucoup sont enclins à penser qu'il s'agit là d'une fable inventée par les païens.
    – Quelle déception, dis-je. J'aurais eu plaisir à en rencontrer un au détour d'un chemin forestier. Autrement, quel plaisir peut-on prendre à traverser une forêt ?
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