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ISBN : 2266125354
Éditeur : Pocket (2002)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 557 notes) Ajouter à mes livres
Phénomène littéraire sans équivalent depuis les années 50, J. D. Salinger reste le plus mystérieux des écrivains contemporains, et son chef-d'oeuvre, " L'attrape-coeurs ", roman de l'adolescence le plus lu du monde entier, est l'histoire d'une fugue, celle d'un garçon d... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par asphodele85, le 22 juin 2011

    asphodele85
    Ce livre, « le plus lu au monde » (60 millions d'exemplaires écoulés à ce jour) depuis sa parution en 1945, récolte bien souvent les mêmes critiques et la 4ème de couverture de Jean-Louis Curtis dans la version Pocket (ci-contre) pourrait se suffire à elle-même, sauf si une « trublionne » comme moi n'en avait décidé autrement… N'ayant lu ce livre QUE très récemment (bah oui !), je cherche toujours à savoir après-coup s'il en existe d'autres de l'auteur et à en apprendre plus sur ledit auteur. Avec J.D. Salinger, je suis tombée sur un gros « nonos ». Mais l'homme ayant tiré sa révérence le 28 janvier 2010, on a reparlé beaucoup de lui dans la presse et ailleurs, pas toujours de façon élogieuse comme aurait pu le laisser supposer sa légende atypique auréolée de mystère. Je vous dirai donc tout -ou presque- de ce que j'ai récolté à son sujet, en sachant qu'il est difficile de dissocier l'homme du livre, voire de « l'oeuvre »…
    SUR LE LIVRE
    « The Catcher in the Rye », titre original, si l'on traduit littéralement donne « L'attrapeur de seigle » (?), oui, mais encore ? Dans les dernières pages nous saurons enfin pourquoi ce titre. Commençons par le début !
    Livre écrit à la première personne par le héros ou plutôt l'antihéros, Holden Caulfield, 17 ans, fils d'une famille huppée de Manhattan qui décide, trois jours (deux et demi en fait) avant Noël de s'enfuir de son pensionnat « chicos » et déprimant pour vivre une fugue échevelée où il nous fera partager ses aventures cocasses en se penchant vertigineusement sur sa vie, son mal-être, les liens qu'il entretient, tant avec l'humanité pensante qu'avec le monde trop bien-pensant qui l'entoure et dans lequel il ne trouve pas de place, un monde où ses rêves les plus fous s'exauceraient, où il n'aurait pas à devenir adulte, la clé du livre étant là (à mon avis).
    Dès le départ, il prend le lecteur à témoin : « Si vous voulez vraiment que je vous dise, alors sûrement, la première chose que vous allez demander c'est où je suis né, et à quoi ça a ressemblé ma saloperie d'enfance (…) et toutes ces conneries à la David Copperfield, mais j'ai pas envie de raconter ça, et tout. » Cette façon de nous prendre en otage, dans un langage familier et souvent très cru peut désarçonner, agacer ou faire sourire, moi j'ai souri, car tout sonne vrai, ce langage renforce la subtilité fragile des pensées de Holden, les appuient d'un regard encore plus acerbe, aigü et critique. Il se positionne d'emblée en deçà de la société, il nous fait comprendre qu'il n'est pas comme tout le monde, il n'aime pas le cinéma et « la guimauve », la guerre, les conflits, le foot, bref tout ce qu'un ado a priori aime. Mais il lit sans arrêt, nous partageons ses lectures, ses goûts et ses dégoûts pour les auteurs, ainsi : « Je lui ai dit que j'aimais Ring Lardner et Gatsby le Magnifique, et tout. C'est vrai. J'ai adoré Gatsby le Magnifique. Ce vieux Gatsby. Un pote. Ca m'a tué ». Mais aussi Emily Dickinson, Somerset Maugham où dans un passage drôlatique il nous explique qu'il aimerait bien entrer en contact avec les auteurs qu'il aime, mais pas Somerset Maugham
    Trois jours (ou deux et demi) d'errances décalées où il va se frotter de plus près au monde des adultes, « jouant » plus à l'adulte qu'autre chose : l'alcool, une prostituée à qui il ne fera pas grand-mal mais qu'il paiera, des filles moches (sauf une) draguées dans le bar de l'hôtel miteux où il a posé ses valises, retardant le moment de regagner le domicile familial et la réalité. Ce qui ne l'empêche pas d'avoir ce genre de réflexion mature et désenchantée : « L'homme qui tombe, rien ne lui permet de sentir qu'il touche le fond. Il tombe et il ne cesse pas de tomber. C'est ce qui arrive aux hommes qui, à un moment ou un autre durant leur vie, étaient à la recherche de quelque chose que leur environnement ne pouvait leur procurer. du moins, voilà ce qu'ils pensaient. Alors, ils ont abandonné leurs recherches. Avant même d'avoir vraiment commencé. » Et c'est ce qui va se passer pour lui à la fin de son trip-moavie déjanté, quand il rejoint en cachette sa petite soeur adorée, Phoebé pendant la deuxième nuit alors que dorment ses parents. Phoebé, enfant de dix ans, merveilleuse de douceur et d'intelligence avec qui il aura cette discussion débridée qui justifie le titre du livre : » – « C'est si un corps rencontre un corps qui vient à travers les seigles », c'est un poème de Robert Burns ( grand poète écossais )(…). Là j'ai dit : « Je croyais que c'était « si un coeur attrape un coeur ». Bon. Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle. Et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux -je veux dire pas de grandes personnes- rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise. Ce que j'ai à faire, c'est attraper les mômes s'ils s'approchent trop près du bord. Je veux dire s'ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. (…) Je serais juste L'attrape-coeurs et tout. D'accord c'est dingue, mais c'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça. »
    Alors bien sûr, il ne sera pas « ça« , nous comprenons à la dernière page (qui rejoint la première) qu'il écrit ce livre depuis un hôpital psychiatrique où il se « retape » car il était « trop esquinté ». Il est loin d'être lâche ce gamin et nous on ne le lâche pas jusqu'à la fin prévisible et triste à mourir, mais qui sonne vrai, car nous sommes dans la vraie vie et la vraie vie, ce n'est pas toujours gai. Surtout pour un adolescent qui s'est cherché sans se trouver, refusant de sauter de la falaise pour entrer dans l'âge adulte. livre de l'adolescence meurtrie et thème universel. le seul bémol que je pourrais émettre, serait que la traduction, pleine de charme il est vrai pour ma génération (plus de 40 ans) n'est pas à jour dans l'argot familier d'aujourd'hui et semblera un peu désuète à certains. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé !
    SUR L'AUTEUR : mon enquête !
    Unique roman publié de Jérôme David Salinger, sauf quelques recueils de Nouvelles ou très courts romans (Franny et Zoë, Nine Stories, Charpenters…). Après le succès phénoménal de L'attrape-coeurs, Salinger se réfugiera dès 1950 dans son « bunker » de Cornish dans le New-Hampshire et n'accordera jamais d'interviewes, ni ne voudra communiquer avec ses fans, alimentant ainsi la légende. Ce qui fera dire à Norman Mailer : « Salinger est le plus grand esprit à être resté à jamais au collège ».
    Cependant, une dizaine de photos prises chez Getty (ci-dessus) sont restéés et nous constatons qu'il y « pose » volontairement glam' et charmeur. le paradoxe Salinger ?
    A un voisin, il aurait confié avoir écrit plus de 15 romans soigneusement enfermés dans son coffre-fort, prétendant qu'il ne s'arrêterait jamais d'écrire mais ne le ferait que pour lui. Parano Salinger ?
    Cette légende s'éffrite de plus en plus quad des proches, l'ayant côtoyé de près, le décrivent tous comme un homme tyrannique, excentrique, à l'ego surdimensionné. Mégalo Salinger ?
    En 1988, Joyce Maynard, de vingt ans sa cadette (au moins) vivra une aventure de huit mois avec lui et a sorti un livre cette année, retraçant leur relation houleuse, où elle le décrit comme un homme autoritaire (vous trouverez le titre chez Anne « de poche en poche » qui recense pour nous toutes les sorties. Merki Anne!). Un peu barré Salinger ?

    En 2000, sa propre fille Margaret publiera un récit-témoignage, intitulé « L'attrape-rêves » où elle dit de lui que « c'était un homme tyrannique buvant sa propre urine ». Info, intox ou pathétique réalité ?
    Et enfin, la fameuse « photo volée » du Figaro, reprise dans le monde entier et qui inspirera ce commentaire au journal Libération : « Il figure en vieil homme révulsé, et menaçant de son poing le voleur d'âme qui l'avait probablement prise à son insu ». Voir ci-dessous :
    Pour conclure sur un clin d'oeil, un autre provocateur, Bret Easton Ellis s'est empressé le jour même de sa disparition, de lancer ce Tweet qui a fait lui aussi le tour du monde en clamant : » Super ! Enfin, il est mort ! Merde, j'ai attendu cet instant depuis toujours ! Champagne ce soir ! » Il aurait même ajouté qu'il irait danser sur sa tombe. Il faut dire qu'on l'avait comparé à Salinger à la sortie de son « Moins que zéro » et que la suite, « Suites Impériales » étant à paraître quelque temps après, l'occasion de se faire un coup de pub était trop belle.
    Peut-on dire aussi que cette « légende » aux ailes d'albatros faisait trop d'ombre à la littérature américaine et à certains auteurs de la « beat generation » ? Peut-être, peut-être pas, je retiendrai de tout cela que les légendes ne sont pas toujours des contes de fées et que tout compte fait, mieux vaut être un adulte accompli qu'un adolescent précoce, certes, devenu pitoyable de ne pas vouloir grandir. Et tout, et tout…


    Lien : http://leslecturesdasphodele.wordpress.com
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    • Livres 4.00/5
    Par mandarine43, le 18 juin 2011

    mandarine43
    Si vous voulez vraiment que je vous dise, ce livre de Salinger, et cette foutue histoire de jeune gars et tout, ses escapades ou quoi à New York et tout, et ses questions sur les canards et tout, et sa petite soeur vachement mignonne ou quoi, je sais pas vraiment quoi en penser, mais je m'en fous, j'ai même chialé si vous voulez savoir, pourquoi, moi je sais pas, mais Bon Dieu j'aurais vraiment aimé que vous soyez là.
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    • Livres 3.00/5
    Par LiliGalipette, le 26 avril 2011

    LiliGalipette
    Roman de J. D. Salinger.
    J'ai commencé ce livre deux fois et deux fois l'ai abandonné. Après la lecture des Nouvelles de l'auteur et tout le plaisir qu'elles m'ont procuré, j'ai décidé de tenter ma chance une troisième fois. Dernier essai réussi ? En partie.
    "Je ne vais pas vous défiler ma complète autobiographie. Je veux juste vous raconter ce truc dingue qui m'est arrivé l'année dernière vers le Noël avant que je sois pas mal esquinté et obligé de venir ici pour me retaper." (p. 9) Ainsi commence le récit d'Holden Caufield, dix-sept ans, élève au collège Pencey en Pennsylvanie. Renvoyé de l'établissement trois jours avant les fêtes de fin d'année, Holden quitte l'école de nuit et erre pendant trois jours à New York. "Je devais me planquer deux ou trois jours dans un ôtel pour pas rentrer à la maison avant le début des vacances." (p. 77) Pendant trois jours qui glissent comme un songe ou un brouillard, il fait des rencontres étonnantes ou inquiétantes, tire de fabuleux plans sur la comète, mais reste un gamin anxieux à la santé fragile qui n'a nulle autre part où aller que chez lui. On a le sentiment qu'Holden ne tient pas vraiment au monde : "Je possède vraiment rien que ça m'ennuierait vachement de perdre il me semble." (p. 112) Et pourtant, la conclusion prouve qu'il tient à quelque chose.
    La solitude à laquelle condamne la cité new-yorkaise le ronge et lui inspire les plus funestes pensées : "De quoi foutre le bourdon, et de temps en temps, en marchant, sans raison spéciale, on avait la chair de poule. On pouvait pas se figurer que Noël viendrait bientôt. On pouvait pas se figurer qu'il y aurait encore quelque chose qui viendrait." (p. 145) Étrange et douloureux de constater un tel désarroi chez un adolecent. La maturité dont il fait preuve me semble artificielle et projetée par l'auteur sur son héros.
    Par bribe, on découvre la famille du jeune Holden. Il a une petite soeur, Phoebé, qu'il aime et admire. Il a perdu un de ses frères, Allie, et l'aîné, D.B., "il est à Hollywood, il se prostitue" (p. 10) Ainsi comprend-on l'aversion du héros pour le cinéma et le théâtre. Plus généralement, il exprime des sentiments violents envers la mièvrerie des films. Sans jouer au caïd ou à l'intello, ce dont il se sait incapable, et sans renier sa sensibilité, il préfère la puissance des romans de Karen Blixen Ernest Hemingway ou Francis Fitzgerald.
    Profondément triste voire désespéré, Holden trimballe son mal de vivre et sa solitude à travers les nuits enneigées de New York. Avec une sensibilité à fleur de peau et une pensée vagabonde, il perd pied dans un monde où il n'est, somme toute, qu'un enfant qui voudrait être pris au sérieux. Doté d'un esprit cinglant et capable de réparties bien trop cyniques pour son âge, il revendique les expériences d'une génération à laquelle il n'appartient pas. En dépit des fumées de cigarettes, des vapeurs d'alcool et du désir de femme qui parfois le taraude, son indépendance n'est pas encore acquise et toute son attitude est celle d'un être qui sait ne pas être à sa place, mais qui refuse de partir.
    Vaguement amoureux d'une voisine, Jane Gallagher, et vaguement entreprenant avec une autre gamine, Sally Hayes, Holden Caufield témoigne de son intérêt pour les filles et la sexualité. Très sensible au charme féminin, il se fait poète sans le savoir : "Quand elle arrive au rendez-vous, si une fille a une allure folle, qui va se plaindre qu'elle est en retard ? Personne." (p. 153) Criant, n'est-ce pas ? Un peu trop pour un gamin.
    "Je suis le plus fieffé menteur que vous ayez jamais rencontré." (p. 27) Disant cela, il est parfaitement honnête et il donne la pleine mesure de ses capacités tout au long du récit. Saisi de frénésie, il débite à toute allure des histoires abracadabrantes au premier venu. À ses mensonges et à ses exagérations s'ajoutent des digressions folles qui perdent le récit dans des détails a priori inutiles, mais qui constituent les murs du petit monde d'Holden. Et comme il le dit lui-même, "moi j'aime bien quand on s'écarte du sujet. C'est plus intéressant." (p. 220) Étrangement, le récit s'achève sur un reniement : "Faut jamais rien raconter à personne. Si on le fait, tout le monde se met à vous manquer." (p. 253) Là encore, si la conclusion trouve écho en moi, je la trouve inadaptée sous la plume d'un jeune de dix-sept ans.
    Cette troisième lecture est loin d'avoir été aussi déplaisante que les deux premières. Mais je ne peux me défaire du sentiment que ce livre intervient trop tard dans mon parcours de lectrice. Adolescente, peut-être aurais-je été touchée par ce récit. Peut-être aurais-je compris ce désarroi si grand. Aujourd'hui adulte (hum...) et quelque peu oublieuse des douleurs exacerbées de mes quinze ans, il me semble que le texte sonne faux. Toutefois, j'ai été moins gênée par l'expression du jeune héros : cette langue gouailleuse de gosse de riche qui se cherche m'a plutôt convaincue, même si les fautes de langage m'ont fait bondir... Je suis enfin venue à bout de ce roman dont on a tant parlé. Je ne rallie pas les rangs des enthousiastes, mais finalement je ne jette plus de pierres.
    Et quelqu'un peut-il m'expliquer le titre ?
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    • Livres 5.00/5
    Par Marguerite87, le 11 juillet 2010

    Marguerite87
    Les avis que j'ai lu à propos de ce roman de Salinger sont très différents et souvent excessifs. D'un côté il y a ceux qui affirment que ce livre a changé leur vie et que c'est un des meilleurs livres jamais écrit. De l'autre, il y a ceux qui ne comprennent pas que l'on puisse crier au génie et qui n'aiment pas le personnage d'Holden. Je me situe entre ces extrêmes, mais j'ai vraiment aimé.
    Je ne vous cacherai pas que c'est mon bon ami Paul qui l'a lu plusieurs fois et qui l'adore qui m'a donné le goût de le lire (cf. Paul à la pêche). Puis, Lorraine Fouchet (oui l'auteure !) me l'avait recommandé ici alors que je l'avais à peine entamé. Je me suis dis que c'était un signe !
    Au début, j'ai eu un peu de mal avec le type de langage très familier du narrateur. Mais contrairement à d'autres, j'ai été capable de tolérer les nombreux "et tout", "ou quoi" et les "ça me tue". Ça fait parti de l'oeuvre et ça devait être drôlement dérageant pour l'époque. Les thèmes abordés tout au long du vagabondage d'Holden devaient l'être tout autant. Mais, ce que je trouve vraiment intéressant dans ce roman, c'est d'avoir le point de vue d'un adolescent des années 50. C'est un des premiers auteurs qui a osé aborder le mal de vivre d'un adolescent et de la "crise d'adolescence" aussi ouvertement. Les oeuvres de l'époque avaient normalement des héros beaucoup plus matures. J'admire son audace, les héros n'ont pas à être tous identiques. Je trouve qu'il n'est pas nécessaire qu'ils soient matures non plus. Salinger aurait-il influencé la littérature que l'on nomme aujourd'hui la littérature jeunesse ?
    J'ai aussi beaucoup aimé me retrouver dans le New York des années 1950. Je n'avais aucune difficulté à m'imaginer les vieux taxis, le collège de Pencey Prep., les costumes vestons-cravates des jeunes étudiants, les vieux bars ou l'on jouait du jazz, etc. L'écriture est bien imagée, ça m'a plu.
    Finalement, mis à part les tics de langages légèrement agaçants, j'ai apprécié cette rencontre avec Holden. Je ne regrette absolument pas la lecture de ce classique de la littérature américaine. J'en garderai un très bon souvenir. Dites, c'est vrai qu'il est censuré aux moins de 16 ans aux États-Unis ?
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    • Livres 4.00/5
    Par yokai, le 26 janvier 2012

    yokai
    C'est l'histoire d'un adolescent paumé raconté à la première personne. Cet ado est Holden Caufield, il a 16 ans et vit aux Etats-Unis. L'histoire se déroule à New-York sur deux ou trois jours pendant la période de Noël. Les faits sont décrits comme si le jeune homme nous les racontait à l'oral, nous faisant en même temps part de ses sentiments de ses interrogations et de ses doutes; c'est la technique du courant de conscience. Tout ceci semble très simpliste voire complètement décousu pourtant tout est extrêmement bien calculé. Au travers de ce qui semble être des bavardages et des inepties d'adolescents, on découvre la personnalité originale et complexe du jeune homme. Salinger utilise uniquement la voix de son personnage pour le décrire, il ne se met volontairement pas entre sa création et le lecteur ne commente pas, ne souligne rien. Il laisse le lecteur seul face au récit d'un Holden à la sensibilité à fleur de peau. On l'écoute d'abord avec un peu d'agacement, d'impatience et d'incrédulité qui peut même friser la lassitude. Puis, au détour d'une phrase, d'une anecdote on va être immanquablement touché par cette fragilité, par ce gentil garçon qui perd les pédales.
    Le titre original du roman (The Catcher in the Rye) fait référence à un poème de l'écossais Robert Burns Comin' Through the Rye. Voici un extrait, qui résume assez bien l'oeuvre, dans lequel Holden évoque ce poème et l'interprétation qu'il en fait:
    Je croyais que c'était "Si un coeur attrape un coeur". Bon. Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux je veux dire pas de grandes personnes – rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise. Ce que j'ai à faire c'est attraper les mômes s'ils approchent trop près du bord. Je veux dire s'il courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. C'est ce que je ferais toute la journée. Je serais juste L'attrape-coeurs et tout. D'accord, c'est dingue, mais c'est vraiment ce que je voudrais être. Seulement ça. D'accord, c'est dingue.
    C'est une véritable prouesse de réussir quelque chose d'aussi réaliste de faire passer autant d'émotion. J'ai quand même eu un problème avec la traduction, j'ai lu celle d'Annie Saumont. Finalement est-ce réellement un problème de traduction ou plutôt un problème d'obsolescence de la langue et notamment de l'argot ou du langage de la rue. En effet, il vieillit avec son époque. Imaginez-vous un adolescent dire aujourd'hui: "le gars untel" ou "la môme unetelle". Que faut-il faire ? Faut-il tout revoir, tout réécrire — non pas ça, nous aurions droit aux MDR et autres termes dérivés du langage Internet. A ce compte là, il faudrait complètement réviser Céline, sortir une nouvelle version de La vie devant soi. Ou faut-il accepter le temps qui passe et qui patine ces oeuvres, leur confère un charme un peu désuet ?
    Ce livre reste l'un des plus beaux témoignage de cette période difficile qu'est l'adolescence. Certains détesteront ce roman et d'autres l'aimeront au delà du rationnel — c'est notamment le cas de Frédéric Beigbeder. Il ne laissera en tout cas personne indifférent.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2011/10/lattrape-coeurs-par-jd-salinger.html
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Citations et extraits

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  • Par Marie123, le 27 janvier 2012

    Les gens pensent toujours que ce qui est vrai est vrai cent pour cent. Je m’en balance, sauf que ça finit par m’assommer quand les gens me disent que tout de même, à ton âge... Ça m’arrive aussi d’agir plus vieux que mon âge ― oui, oui, ça m’arrive ― mais les gens le remarquent jamais. Les gens remarquent jamais rien.
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  • Par Reka, le 04 mai 2010

    J'espère que lorsque je mourrai, quelqu'un aura le bon sens de me jeter dans une rivière. N'importe quoi plutôt que le cimetière. Avec des gens qui viennent le dimanche vous poser un bouquet de fleurs sur le ventre et toutes ces conneries. Est-ce qu'on a besoin de fleurs quand on est mort? (p. 188)
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  • Par Lylo, le 13 juillet 2010

    Je me représente tous ces petits mômes qui jouent à je ne sais quoi dans le grand champ de seigle et tout. Des milliers de petits mômes et personne avec eux, je veux dire pas de grandes personnes - rien que moi. Et moi je suis planté au bord d'une saleté de falaise. Ce que j'ai à faire c'est attraper les mômes s'ils s'approchent trop près du bord. Je veux dire, s'ils courent sans regarder où ils vont, moi je rapplique et je les attrape. C'est ce que je ferais toute la journée. Je serais l'attrape-cœurs et tout.
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  • Par bouquelis, le 21 janvier 2009

    What really knocks me out is a book that, when you're all done reading it, you wish the author that wrote it was a terrific friend of yours and you could call him up on the phone whenever you felt like it. That doesn't happen much, though

    Ce qui met vraiment KO c'est un bouquin qui une fois fini, tu aimerais trop que l'auteur soit un super copain à toi et que tu puisses l'appeler au téléphone quand tu en as envie. Certes ça n'arrive pas souvent ( Traduction mot à mot )
    ou
    Mon rêve, c'est un livre qu'on arrive pas à lâcher et quand on l'a fini on voudrait que l'auteur soit un copain, un super copain et on lui téléphonerait chaque fois qu'on en aurait envie. Mais ça n'arrive pas souvent ( Traduction d'Annie Saumont)
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  • Par Luniver, le 22 décembre 2011

    «La vie est un jeu, mon garçon. La Vie est un jeu qu'on doit jouer selon les règles.»
    «Oui, m'sieur. Je le sais. Je le sais bien.»
    Un jeu, mes fesses. Quel jeu. Si vous vous mettez du côté où il y a tous les coups intéressants, alors c'est un jeu, d'accord - je veux bien l'admettre. Mais si vous êtes de l'autre côté, celui où il n'y a rien d'intéressant, à quoi rime le jeu ? A rien. Il n'y a pas de jeu.
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Filigranes.tv, Geneviève Brisac présente Nouvelles de Jerome David Salinger, Pocket
Mot de l'éditeur : "Il y avait à l'hôtel quatre-vingt-dix-sept publicistes de New York. Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du 507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle lut un article d'une revue féminine de poche intitulée 'Le sexe, c'est le paradis ou l'enfer'. Elle lava son peigne et sa brosse. Elle enleva une tache sur la jupe de son tailleur beige. Elle déplaça le bouton de sa blouse de chez Saks. Elle fit disparaître deux poils qui venaient de repousser sur son grain de beauté. Lorsque enfin le standard l'appela, elle était assise sur le rebord de la fenêtre et finissait de vernir les ongles de sa main gauche."








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