ISBN : 2266126334
Éditeur : Pocket (2002)


Note moyenne : 3.88/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
" Il y avait à l'hôtel quatre-vingt-dix-sept publicistes de New York. Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du 507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle l... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 février 2011

    LiliGalipette
    Recueil de Nouvelles de J. D. Salinger.
    Un jour rêvé pour le poisson-banane - Dans la chambre 507, Muriel rassure sa mère sur l'état mental de son époux, Seymour, vétéran de la guerre. Pendant ce temps sur la plage, Seymour parle à Sybil des poissons-bananes :"Ils entrent dans un trou où il y a plein de bananes. Quand ils entrent, ce sont des poissons comme les autres. Mais une fois dedans, ils se conduisent comme des cochons. Tu sais, j'ai vu une fois un poisson-banane entrer dans un trou à bananes et en manger pas moins de soixante-dix-huit. [...] Naturellement, après, ils sont si gras qu'ils ne peuvent plus repousser la porte." (p. 43)
    Oncle déglingué au Connecticut - Eloïse et Mary Jane se sont connues au collège. Elles aiment à se retrouver autour d'une bouteille de scotch pour évoquer leurs mariages râtés, leurs souvenirs d'école et refaire le monde. "Écoute-moi bien, fille-qui-travaille. Si jamais tu te remaries, ne dis jamais rien à ton mari. [...] Ce qu'ils veulent, c'est croire que tu passes toute ta vie à vomir chaque fois qu'un garçon t'approche." (p. 63) Mais parfois, les confidences gourmandes cachent les vrais problèmes.
    Juste avant la guerre avec les Esquimaux - Ginnie Mannox et Séléna Graff partagent le même cours de tennis et le même taxi pour rentrer chez elles. Mais Séléna descend avant Ginnie et oublie souvent de payer sa part. Alors que Ginnie attend dans le salon de sa partenaire de recevoir ce qui lui est dû, elle entend les confidences du fils de la maison et d'un ami peut-être trop bien intentionné.
    L'homme Hilare - le Club Comanche réunit des gamins sous la houlette du Chef John Gedsudski, un étudiant bénévole, qui les emmène sur les terrains de base-ball et leur raconte les aventures extraordinaires de l'Homme Hilare. "J'ai gardé très claire à l'esprit l'image du Chef en 1928. Si les voeux étaient des centimètres, nous, les Comanches, l'aurions transformé en géant en un rien de temps." (p. 101) On a beau être un géant devant un parterre de gosses admiratifs, on est parfois un tout petit homme devant une fille.
    En bas, sur le canot - Boo Boo Tannenbaum a bien des difficultés à faire sortir son fils Lionel du canot amarré au bout du ponton. C'est une douleur immense pour son petit coeur d'enfant qui l'a poussé à se réfugier sur les flots. "Les marins ne pleurent pas, mon petit, les marins ne pleurent jamais, sauf quand leur navire sombre, ou quand ils font naufrage, et quand ils sont sur un radeau et tout ça..." (p.137)
    Pour Esmé avec amour et abjection - "J'ai décidé de jeter sur le papier quelques notes révélatrices sur la mariée, que je connais depuis près de six ans. SI ces notes devaient faire passer au marié, que je ne connais pas, une ou deux moments pénibles, tant mieux. Dans les pages qui suivent, personne n'est là pour plaire. Mais seulement pour édifier, pour instruire." (p. 141) L'auteur de ces mots plonge dans ses souvenirs de guerre et retrouve le fantôme d'une jeune fille de 13 ans qui lui avait demandé de lui dédier une histoire "extrêmement abjecte et émouvante." (p. 160)
    Jolie ma bouche et verts mes yeux - Il est tard quand Lee appelle Arthur pour se plaindre de l'absence de son épouse. Joannie est encore dehors à des heures indues. Lee le sent, Joannie le trompe, encore. Mais Arthur est un ami sur lequel on peut compter : tout en caressant une très jolie femme, il rassure son ami et tente de l'apaiser. "Tu as encore de la veine que ce soit une bonne petite. Je t'assure. Tu ne lui fais jamais confiance, pour rien, ni pour la gentillesse ni pour la jugeote." (p. 183) Avec de tels amis, les ennemis sont inutiles.
    L'époque bleue de Daumier-Smith - Pour avoir remporté trois prix de peinture à Paris, un jeune homme s'imagine artiste de génie. Il se dit descendant de Daumier et se réclame de Picasso pour se faire engager comme professeur dans l'école Les Amis des Vieux Maîtres, à Montréal, qui donne par correspondance des cours de peinture. L'école est dirigé par M. Yoshoto. "Comme beaucoup de très bons artistes, M. Yoshoto n'enseignait pas le dessin mieux que ne peut le faire un artiste quelconque mais doué pour l'enseignement." (p. 215) le jeune professeur découvre parmi les élèves qu'il doit corriger les oeuvres troublantes de Soeur Irma, mais il semble que la vocation religieuse est incompatible avec la vocation artistique.
    Teddy - Teddy est un jeune garçon singulier. "Sa voix avait un accent particulier, d'une rugueuse beauté, comme celle de certains petits garçons. Chacune de ses phrases ressemblaient à une petite île oubliée, entourée d'une mer miniature de whisky." (p. 247) Très intelligent, il serait la réincarnation d'un sage indien et il discourt à l'envi sur l'inné et l'acquis, sur la logique et la sagesse. Mais il reste un petit garçon, soumis aux vicissitudes du monde.
    Les Nouvelles de Salinger soulève des malaises indicibles qui font dire que, parfois, l'espoir ne suffit pas. Au détour des pages, on surprend d'intimes fragilités, des existences dissimulées sous des vernis qui se craquèlent, des douleurs minuscules ou gigantesques, des veuleries ridicules ou des trahisons impardonnables et des révélations qui, pour être fracassantes, n'en sont pas moins ténues. Les univers dépeints par l'auteur sont dérangeants : on entre dans des mondes inachevés, en formation ou en mutation. Garder l'équilibre est un exercice périlleux, chaque phrase manque de faire basculer l'ensemble dans l'étrange et le tordu. Il me semble entendre des échos autobiographiques dans ces Nouvelles mais ne connaissant pas suffisamment la vie de l'auteur, je me garde de l'affirmer. Néanmoins, certaines anecdotes sentent le vécu à plein nez.
    Les personnages d'enfants sont fascinants : chez Salinger, l'enfance est en décalage avec les normes consensuelles. La naïveté est souillée de perversité, l'innocence dissimule la plaie et la tâche, la candeur n'est qu'artifice et cache à grand peine des esprits tendus vers la révolte.
    Je suis enchantée et très émue par cette lecture. Me voici prête à reprendre L'attrape-coeur pour tenter de le finir enfin et de l'apprécier peut-être.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Sweet, le 06 novembre 2011

    Sweet
    Le livre est donc composé de 9 histoires au monde complètement différent.
    Salinger nous présente des personnages très variés.
    Dans chaque nouvelle nous est raconté un moment précis de la vie des personnages. Salinger joue beaucoup sur l'ambiguité dans certaines Nouvelles. le lecteur croit à quelque chose et puis tout à coup on se rend compte qu'on est complètement à côté de la plaque. D'ailleurs l'auteur joue beaucoup sur ça, il mène le lecteur par le bout du nez si j'ose dire et il l'amène là où il veut.
    Chaque nouvelle n'est pas anodine et renferme une réflexion plus profonde avec parfois des significations cachées. D'ailleurs, sur ce point je conseille la lecture de la préface qui est très intéressante.
    A travers ces 9 Nouvelles on passe vraiment par une large palette d'émotions et la première et la dernière sont celles qui marquent le plus par leur violence. le dénouement se fait seulement dans les dernière lignes et c'est plutôt choquant pour le lecteur.
    Voilà dans l'ensemble j'ai bien aimé le livre même si mon état d'esprit m'a empêché de l'apprécier encore plus.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par jouve05, le 17 janvier 2011

    jouve05
    Ouf ! Je l'ai lu jusqu'à la fin car cela faisait parti d'un jeu. Mais la lecture fut difficile. Où l'auteur veut-il en venir ? Quel esprit tordu !
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par Elizzy, le 07 septembre 2010

    Elizzy
    Je suis plutôt déçue.
    Pour la plupart des Nouvelles, je n'ai pas compris où Salinger voulait en venir...
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LiliGalipette, le 21 février 2011

    "Ils entrent dans un trou où il y a plein de bananes. Quand ils entrent, ce sont des poissons comme les autres. Mais une fois dedans, ils se conduisent comme des cochons. Tu sais, j'ai vu une fois un poisson-banane entrer dans un trou à bananes et en manger pas moins de soixante-dix-huit. [...] Naturellement, après, ils sont si gras qu'ils ne peuvent plus repousser la porte." (p. 43)

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par ZetaZeta, le 27 mars 2010

    Je ne suis pas bizarre, dit-elle. Je t'assure, pas du tout. C'est juste un air.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Elisanne, le 12 mai 2010

    Il y avait à l’hôtel quatre-vingt-dix–sept publicistes de New York. Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du 507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle lut un article d’une revue féminine de poche intitulée
    Le sexe, c’est le paradis ou l’enfer.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 21 février 2011

    "J'ai décidé de jeter sur le papier quelques notes révélatrices sur la mariée, que je connais depuis près de six ans. SI ces notes devaient faire passer au marié, que je ne connais pas, une ou deux moments pénibles, tant mieux. Dans les pages qui suivent, personne n'est là pour plaire. Mais seulement pour édifier, pour instruire." (p. 141)
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 21 février 2011

    "L'évidence apparaît toujours trop tard, mais la singulière différence entre le bonheur et la joie, c'est que le bonheur est un solide alors que la joie est un liquide." (p. 230)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (4)

Videos de J. D. Salinger

>Ajouter une vidéo
Vidéo de J. D. Salinger


Filigranes.tv, Geneviève Brisac présente Nouvelles de Jerome David Salinger, Pocket
Mot de l'éditeur : "Il y avait à l'hôtel quatre-vingt-dix-sept publicistes de New York. Comme ils monopolisaient les lignes interurbaines, la jeune femme du 507 dut patienter de midi à deux heures et demie pour avoir sa communication. Elle ne resta pas pour autant à ne rien faire. Elle lut un article d'une revue féminine de poche intitulée 'Le sexe, c'est le paradis ou l'enfer'. Elle lava son peigne et sa brosse. Elle enleva une tache sur la jupe de son tailleur beige. Elle déplaça le bouton de sa blouse de chez Saks. Elle fit disparaître deux poils qui venaient de repousser sur son grain de beauté. Lorsque enfin le standard l'appela, elle était assise sur le rebord de la fenêtre et finissait de vernir les ongles de sa main gauche."








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Nouvelles par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (89)

> voir plus

Quiz