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ISBN : 9782070134601
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
"Je l'ai entendu comme un appel de l'au-delà : Va, retourne à la rue Darwin. J'en ai eu la chair de poule. Jamais, au grand jamais, je n'avais envisagé une seule seconde de retourner un jour dans cette pauvre ruelle où s'était déroulée mon enfance". Après la mort de sa ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 18 août 2012

    nadejda
    Boualem Sansal a écrit «Rue Darwin» suite à la mort de sa mère survenue trois mois auparavant. Yazid dit Yaz qui raconte ses recherches sur son origine réelle ou supposée lui ressemble fort.
    Auprès du lit de l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière où sa mère vient de rendre le dernier soupir, entourée de ses enfants hormis le plus jeune, alors qu'il l'embrasse une dernière fois une voix résonne dans sa tête «Va, retourne, à la Rue Darwin». Et ce sont tous les visages du passé qui vont revivre et le mener à découvrir des choses tues qu'il ne soupçonnait pas ou qu'il avait préféré occulter, enfouir.
    «M'avait-elle jamais parlé du village, de mon père, de sa vie et du reste ? Pas un mot, jamais, l'ombre absolue et mutilante, pas même un regard entendu, vite détourné, vite dissimulé. C'est un mur qu'elle avait dressé sur le chemin, pour elle et pour nous, aussi étanche que la barrière des espèces, ce qui est d'un monde ne peut passer dans l'autre.»
    De cette rue du quartier Belcourt où s'est déroulée son enfance, vont revivre et resurgir par fragments l'histoire faite d'intrigues, d'amour et de cruauté, de dissimulation, l'histoire de la tribu des Kadri régentée par «la reine Djéda», la grand-mère de Yaz, qui n'avait pas dix-huit ans lorsqu'elle succéda à son père, le grand cheikh Makhlouf, le chef suprême de l'immense et puissante tribu.
    Décédée à 82 ans le 11 août 1964, après 65 années de règne absolu, cette femme de pouvoir qui a fondé un empire et placé sa fortune en Suisse est une manipulatrice qui survit même aux changements politiques. Yazid en est l'héritier direct mais si Djéda a su conserver son «palais» malgré les évènements survenus en Algérie, lui va se retrouver spolier et rester seul avec sa mère, une fois partis ses jeunes frères et soeurs.
    A travers l'histoire du clan Kadri et de sa place en son sein, Yazid nous fait traverser toute l'histoire de l'Algérie, de la colonisation à la guerre d'indépendance jusqu'à la guerre civile et l'emprise des Imams sur la jeunesse qu'il analyse d'un regard lucide. Une histoire pleine aussi de chaleur et de vie car la langue de Boualem Sansal est imagée et il parle sans détours en osant montrer sa colère mais aussi avec une grande sensibilité pour traduire sa souffrance et son amour de sa famille et de son pays tous les deux divisés, écartelés et qu'il aimerait voir réconciliés.
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    • Livres 4.00/5
    Par paroles, le 21 juillet 2014

    paroles
    La mère est à la porte de la mort, couchée sur un lit d'hôpital à Paris. Yazid est auprès d'elle ainsi que ses frères et sœurs qu'il n'a pas revus depuis des années. Contrairement à lui, ils ont tous quitté le berceau familial, l'Algérie, pour faire des études et de brillantes carrières ensuite.
    La mort de la mère est pour eux l'occasion de reparler du passé, de l'enfance. Mais Yazid se rend compte que leurs souvenirs ne sont pas les mêmes, et surtout que ses frères et sœurs ne le connaissent pas. Comment leur expliquer ce qui n'existe plus, ce qu'ils n'ont pas connu depuis leur départ aux quatre coins du monde ?
    Et surtout comment leur raconter son enfance et son adolescence tiraillées entre deux familles, l'une puissante et l'autre misérable ?
    Boualem Sansal nous livre ici un excellent roman sur la quête des origines, et déroule l'histoire de l'Algérie des cinquante dernières années à travers les guerres et la montée des intégrismes. C'est un roman largement autobiographique dans lequel l'auteur n'hésite pas à dénoncer les faillites de son pays, la montée du fanatisme religieux. Mais c'est aussi un livre dans lequel on sent tout l'attachement de Boualem Sansal pour son pays, toute la tendresse pour les personnalités de son enfance.
    Un beau partage...
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    • Livres 5.00/5
    Par nena, le 25 juillet 2014

    nena
    Yazid accompagne sa mère à Paris à l'hôpital, elle est mourante. Ses nombreux enfants éparpillés aux quatre coins du monde se retrouvent à son chevet. elle vit en Algérie seule avec Yazid et elle lui demande de retourner « Rue Darwin» ; il y retournera à la mort de celle-ci. Des questions se posent, est-elle sa mère? ses frères et sœurs sont ils de la même famille? C'est ce qu'il va tenter de découvrir en nous emmenant dans son passé... Il était le prince héritier d'une des femmes les plus riches d'Algérie qui régissait un clan puissant dont les revenus venaient de maisons closes, de nombreux enfants de ces femmes gravitent dans cette maison... A ses 9ans, il fut enlevé pour rejoindre soi-disant sa vraie mère... il vivra la guerre d'Algérie: "La guerre est finalement une sacrée machine à écourter l'enfance. En quelques mois d'une animosité qui a abasourdi l'humanité nous fûmes métamorphosés, brûlés au cinquième degré, nous avons perdu nos ailes et nos petits ergots turgescents, nous étions dorénavant de vieux routiers de la guerre, blets et tristes, cabossés et couturés de partout. p111. C'est une quête d'identité... Un très beau livre Un vrai coup de cœur, une belle écriture, émouvante. A découvrir absolument.
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    • Livres 3.00/5
    Par litolff, le 10 novembre 2012

    litolff
    Touffu et rocambolesque Rue Darwin est le récit des origines de Yazid, petit algérien élevé dans un monde de femmes mystérieux, violent et fantasmagorique ; une vue au grand-angle de l'Algérie post-coloniale que Boualem Sansal décrit sans complaisance, maudissant en vrac l'islamisme montant, la corruption du régime, la misère générale, l'absence de buts et de repères…
    Yazid, élevé au bordel le plus célèbre d'Algérie, né de père et de mère incertains, frère incertain d'une nombreuse marmaille, enterre sa mère à Paris : c'est l'occasion de dévider le fil des ses souvenirs et se poser cette question lancinante, d'où vient-il ? Dans un aller et retour incessant entre le passé et le présent, entre le monde mystérieux de la toute-puissante Djeda, sa grand-mère, le quartier de Belcourt et la Rue Darwin où il a plus ou moins élevé la fratrie, Yazid élucide le secret de ses origines et Boualem Sansal dresse un constat désolé sur l'état désastreux de l'Algérie contemporaine.
    J'ai beaucoup aimé l'écriture de Boualem Sansal qui appelle un chat un chat, ce qui n'est pas évident dans sa situation d'opposant au régime alors qu'il vit toujours dans son pays. Cependant je n'ai pas été autant emballée que par « le village de l'allemand » que j'avais trouvé très fort.
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    • Livres 2.00/5
    Par LN, le 18 octobre 2011

    LN
    Rue Darwin est le récit nostalgique d'un homme qui cherche des réponses à ses questions et décident de les résoudre maintenant qu'il n'a plus à se sacrifier pour les autres. Dans un style millimétré Boualem Sansal nous offre un texte puissant sur les origines et la vérité :

    « C'est peut-être une loi essentielle de la vie qui veut que l'homme efface son histoire première et la reconstitue de mémoire comme un puzzle impossible, dans le secret, à l'aune de son expérience et après bien des questionnements et des luttes, ainsi et seulement ainsi il peut faire le procès du bien et du mal, ces forces qui le portent dans la vie sur le chemin de son origine. Vire serait donc cela, retrouver le sens premier dans l'errance et la quête… et l'espoir qu'au bout est le fameux paradis perdu, la paix simplement. » (p. 225)

    - Boualem Sansal est un écrivain censuré dans son pays pour ses opinions radicales sur l'islam et ses imams :

    « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam. »
    « Finalement, aujourd'hui, je pense que c'est aux hommes du pouvoir de partir. On a trop cédé, il ne faut plus céder. » (Entretien avec Marianne PAYOT, l'Express, 24 août 2011)


    Il évoque dans son roman ses prises de position ainsi que son rapport à la guerre :

    « La guerre qui n'apporte pas une paix meilleure n'est pas une guerre, c'est une violence faite à l'humanité et à Dieu, appelée à recommencer encore et encore avec des buts plus sombres et des moyens plus lâches, ce ci pour punir ceux qui l'ont déclenchée de n'avoir pas su la conduire et la terminer comme doit s'achever une guerre : sur une paix meilleure. Aucune réconciliation, aucune repentance, aucun traité, n'y changerait rien, la finalité des guerres n'est pas de chialer en se frappant la poitrine et de se répandre en procès au pied du totem, mais de construire une paix meilleure pour tous et de la vivre ensemble. » (p. 108)


    Il décrit notamment cette scène surréaliste durant laquelle Boumediene, en 1973 annonce dans un discours « plus il y a de morts, plus la victoire est belle. » Et en déduit : « Je découvrais que les grands criminels ne se contentent pas de tuer, comme ils s'y emploient tout le long de leur règne, ils aiment aussi se donner des raisons pressantes de tuer : elles font de leurs victimes des coupables qui méritaient leur châtiment. » (p. 117)

    Plus qu'un simple roman familial, Rue Darwin est un roman sur l'identité d'un être dans un monde difficilement habitable.

    Ce que j'ai moins aimé :

    Je ne saurais dire exactement pourquoi je n'ai pas été emportée par ce roman, mais il m'a manqué quelque chose, peut-être tout simplement un intérêt pour le sujet évoqué, je ne sais pas, un rien sans doute, qui fait que j'ai avancé péniblement dans cette lecture et que au final je ne m'y retrouve pas.
    Ce qui ne m'empêche pas d'insister sur ses qualités indéniables...


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-rue-darwin-de-boualem-sans..
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Critiques presse (3)


  • Lexpress , le 15 mars 2013
    Comme à son habitude, Boualem Sansal met en lumière, avec courage et talent, les travers de l'Algérie postcoloniale, des folies langagières de Boumediene aux interdits terrifiants des islamistes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 27 septembre 2011
    À travers un héros à la recherche de ses origines, Boualem Sansal déroule cinquante ans d'histoire avec révolte et tendresse.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 25 août 2011
    Dans Rue Darwin, le romancier algérien brosse le formidable portrait d'une famille et d'un pays aux prises avec la fureur des hommes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par paroles, le 23 juillet 2014

    Si l'amour protège comme maman le croyait, alors nous avons dressé autour d'eux (frères et sœurs) un formidable et invincible rempart. Et peut-être accidentellement les avons-nous enfermés de l'autre côté. Je me posais la question : l'amour à distance existe-t-il ? Cela a-t-il du sens d'aimer par-delà les frontières, par-delà les océans, les reflets, les mirages, les rêves, les mensonges, les mondes engloutis, oubliés ? Qui peut répondre ?
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  • Par mandarine43, le 24 octobre 2011

    [ Incipit ]

    Nous sommes faits de plusieurs vies.
    Mais nous n’en connaissons qu’une.
    Nous la vivons sur la scène de l’existence.
    Elle est notre peau, notre identité officielle.
    Mais les autres ?
    Ah, il vaut mieux ne pas y toucher !
    Elles se déroulent sur d’autres plans.
    Ce sont nos vies cachées, nos identités secrètes,
    Nos cauchemars.
    Ce peut être un immense drame que de seulement y songer.
    Se raconter est un suicide.
    Les identités ne s’additionnent pas, elles se dominent,
    Et se détruisent.
    L’oeuf, la larve et la chenille velue doivent mourir pour que le papillon naisse
    Et meure à son tour.


    Première partie.

    Tout est certain dans la vie, le bien, le mal, Dieu, la mort, le temps, et tout le reste, sauf la Vérité. Mais qu’est-ce que la Vérité ? La chose au monde dont on ne doute pas, dont on ne douterait pas un instant si on la savait. Hum... Ce serait donc une chose qui s’accomplit en nous et nous accomplit en même temps ? Elle serait alors plus forte que Dieu, la mort, le bien, le mal, le temps et le reste ?... Mais devenant certitude, est-elle toujours la Vérité ? N’est-elle pas alors qu’un mythe, un message indéchiffré indéchiffrable, le souvenir de quelque monde d’une vie antérieure, une voix de l’au-delà ?
    C’est de cela que nous allons parler, c’est notre histoire, nous la savons sans la savoir.
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  • Par litolff, le 06 novembre 2012

    Je crois bien en définitive que j'ai seulement aidé maman à porter l'immense amour qu'elle vouait à ses enfants. J'ai dû sentir, à un moment ou à un autre, que ce poids était en train de l'écraser. Alors j'ai aimé mes frères et soeurs d'un amour de forçat, si fort que j'en ai oublié de vivre.

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  • Par litolff, le 10 novembre 2012

    Je me dis que les phobies se soignent mais je me dis aussi qu'un monde sans imams serait nettement plus sûr. S'il en faut quand même, alors on doit les tenir loin de la mosquée, c'est trop dangereux un homme qui squatte une tour et qui de là-haut appelle à la sainteté chez les autres, car en vérité il n'est rien de plus crédule que le croyant, ni de plus pressé, il se croit appelé plus vite qu'à son tour.
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  • Par mimipinson, le 28 décembre 2011

    « Mais je l’avoue , j’étais nul en religion, l’islamique s’entend, c’est la religion au pouvoir ici, j’ai toujours eu du mal avec elle, son univers impitoyable et ses maigres consolations me rebutaient tant, mais comment lui échapper, tout est entre ses mains, c’est une pieuvre qui s’insinue partout, ses aguets sont infatigables comme des fous, ils patrouillent à l’intérieur de nos têtes, fouillent nos rêves, fustigent nos manières, hurlent à la mort. »
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Rencontre avec Boualem Sansal
Rencontre avec Boualem Sansal à la librairie La Galerne pour la parution de " Gouverner au nom d'Allah".








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