ISBN : 9782070134601
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.44/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Après la mort de sa mère, Yazid, le narrateur, décide de retourner rue Darwin dans le quartier Belcourt à Alger, où il a vécu son adolescence. « Le temps de déterrer les morts et de les regarder en face » est venu.
Son passé est dominé par la figure de Lalla Sadi... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par LN, le 18 octobre 2011

    LN
    Rue Darwin est le récit nostalgique d'un homme qui cherche des réponses à ses questions et décident de les résoudre maintenant qu'il n'a plus à se sacrifier pour les autres. Dans un style millimétré Boualem Sansal nous offre un texte puissant sur les origines et la vérité :

    « C'est peut-être une loi essentielle de la vie qui veut que l'homme efface son histoire première et la reconstitue de mémoire comme un puzzle impossible, dans le secret, à l'aune de son expérience et après bien des questionnements et des luttes, ainsi et seulement ainsi il peut faire le procès du bien et du mal, ces forces qui le portent dans la vie sur le chemin de son origine. Vire serait donc cela, retrouver le sens premier dans l'errance et la quête… et l'espoir qu'au bout est le fameux paradis perdu, la paix simplement. » (p. 225)

    - Boualem Sansal est un écrivain censuré dans son pays pour ses opinions radicales sur l'islam et ses imams :

    « La religion me paraît très dangereuse par son côté brutal, totalitaire. L'islam est devenu une loi terrifiante, qui n'édicte que des interdits, bannit le doute, et dont les zélateurs sont de plus en plus violents. Il faudrait qu'il retrouve sa spiritualité, sa force première. Il faut libérer, décoloniser, socialiser l'islam. »
    « Finalement, aujourd'hui, je pense que c'est aux hommes du pouvoir de partir. On a trop cédé, il ne faut plus céder. » (Entretien avec Marianne PAYOT, l'Express, 24 août 2011)


    Il évoque dans son roman ses prises de position ainsi que son rapport à la guerre :

    « La guerre qui n'apporte pas une paix meilleure n'est pas une guerre, c'est une violence faite à l'humanité et à Dieu, appelée à recommencer encore et encore avec des buts plus sombres et des moyens plus lâches, ce ci pour punir ceux qui l'ont déclenchée de n'avoir pas su la conduire et la terminer comme doit s'achever une guerre : sur une paix meilleure. Aucune réconciliation, aucune repentance, aucun traité, n'y changerait rien, la finalité des guerres n'est pas de chialer en se frappant la poitrine et de se répandre en procès au pied du totem, mais de construire une paix meilleure pour tous et de la vivre ensemble. » (p. 108)


    Il décrit notamment cette scène surréaliste durant laquelle Boumediene, en 1973 annonce dans un discours « plus il y a de morts, plus la victoire est belle. » Et en déduit : « Je découvrais que les grands criminels ne se contentent pas de tuer, comme ils s'y emploient tout le long de leur règne, ils aiment aussi se donner des raisons pressantes de tuer : elles font de leurs victimes des coupables qui méritaient leur châtiment. » (p. 117)

    Plus qu'un simple roman familial, Rue Darwin est un roman sur l'identité d'un être dans un monde difficilement habitable.

    Ce que j'ai moins aimé :

    Je ne saurais dire exactement pourquoi je n'ai pas été emportée par ce roman, mais il m'a manqué quelque chose, peut-être tout simplement un intérêt pour le sujet évoqué, je ne sais pas, un rien sans doute, qui fait que j'ai avancé péniblement dans cette lecture et que au final je ne m'y retrouve pas.
    Ce qui ne m'empêche pas d'insister sur ses qualités indéniables...


    Lien : http://lecturissime.over-blog.com/article-rue-darwin-de-boualem-sans..
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 28 décembre 2011

    mimipinson
    Ce qui frappe avant tout, c'est l'écriture…Il n'y a aucun doute cet homme-là, est un écorché vif ; et son stylo semble lui servir d'exutoire. Tous les maux de l'Algérie sont ici mis en exergue ; son histoire, son identité, sa religion…Boualem Sansal se met en danger, chaque fois qu'il écrit ; il dérange. Mais il n'a pas quitté le pays, malgré les persécutions, et le risque permanent de se faire arrêter.
    « Et puis les choses sont ainsi au pays, brutales et incompréhensibles, on y vit comme on vivait dans les temps médiévaux, dans l'effroi et le grouillement de la misère, se recroqueviller dans un coin avec les siens et se regarder mourir est ce qu'il y a de plus supportable à faire. »
    « Mais je l'avoue , j'étais nul en religion, l'islamique s'entend, c'est la religion au pouvoir ici, j'ai toujours eu du mal avec elle, son univers impitoyable et ses maigres consolations me rebutaient tant, mais comment lui échapper, tout est entre ses mains, c'est une pieuvre qui s'insinue partout, ses aguets sont infatigables comme des fous, ils patrouillent à l'intérieur de nos têtes, fouillent nos rêves, fustigent nos manières, hurlent à la mort. »
    Yazid, notre narrateur, «écrivain- narrateur», oserais-je dire tant Yazid me fait penser à Boualem, revient sur les lieux de son enfance, Rue Darwin à Alger ( là-même où a grandi Albert Camus), répondant à un appel à la mort de sa mère.
    Une enfance entourée de femmes, et quelles femmes !!!! Qui l'eut cru, en terre d'Islam, que le petit Yazid aurait eu pour grand-mère une mère maquerelle à l'autorité et la puissance incontestables ?Les hommes se font rares, et très petits quand ils existent ; ils sont de passage, ou disparaissent assez vite. Les femmes décident, organisent.
    Il ne sait pas trop d'où il vient, Yazid. Sa mère, son père….tout cela est bien flou. Ainé d'une fratrie de cinq, il est le seul à être resté après d'elle. Les autres ont tenté leur chance aux quatre coins de la planète. Un seul a mal tourné, en s'en allant dans les montagnes, un peu trop obsédé par la religion. Yazid, s'est " sacrifié " ; il est resté au pays.
    « Je crois bien en définitive que j'ai seulement aidé maman à porter l'immense amour qu'elle vouait à ses enfants. J'ai dû sentir, à un moment ou à un autre, que ce poids était en train de l'écraser. Alors l'ai aimé mes frères et mes sœurs d'un amour de forçat, si fort que j'en ai oublié de vivre. »
    Dans un va et vient permanent entre les époques, Yazid recolle un à un les morceaux d'une vie difficile, mais heureuse malgré tout.
    Si j'ai aimé la fluidité de l'écriture, sa sensibilité. Il a manqué, toutefois ce petit quelque chose, pour en faire, à mes yeux un grand livre ; en tout cas un livre qui marque. Ce n'est peut-être pas le meilleur d'un auteur qui mérite d'être lu.
    « Accéder à la vérité avant l'heure ou hors du chemin qui est le sien peut être une trahison, un grand danger. »
    « La guerre est finalement une sacrée machine à écourter l'enfance. »



    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2011/12/rue-darwin.html
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 30 octobre 2011

    annie
    Venu d'Algérie et France pour offrir à sa mère de mourir entourée des siens, Yazid retrouve ses frères et soeurs, dispersés aux quatre coins du monde, Karim (le Marseillais), Nazim (homme d'affaires à Paris), Souad (l'universitaire américaine,) et Mounia (consultante en communication au Canada), seul manque le dernier frère, Hédi, qui est tombé sous la coupe des imans et prépare le djihad.
    Yazid est le seul enfant à être resté en Algérie auprès de "sa mère", tous les autres, dès qu'ils ont pu, ont fui.
    Lorsqu'il se penche pour un dernier baiser à sa mère sur son lit d'hôpital, il croit l'entendre dire "Va, retourne à la Rue Darwin". Et retourner dans cette rue, c'est se pencher sur son passé, faire revivre les vieux fantômes, sortir les squelettes des placards de la famille... c'est aussi, accepter ses origines.
    Lala Sadia, Djeda, sa riche et puissante grand-mère, chef de clan de Kadri, ayant bati sa fortune comme propriétaire des plus grands bordel du pays et d'Europe, qui décide, à la mort de son père de faire de Yazid, l'héritier.
    Karima, l'épouse du fils décédé, la mère de Yazid et Ferroudja, la prostituée, qui se sont échappées, puis ont repris Yazid au clan.
    En 1957, Yazid à 8 ans, il retrouve Karima et sa famille Rue Darwin. le "petit prince" va vivre dans une famille pauvre, dans une pièce avec sa fratrie, sa mère et le nouvel époux de celle-ci.
    Yazid, au gré de sa quête de ses origines, (est-il réellement le fils de Karima ou plutôt celui d'une prostituée du bordel de sa grand-mère ?) nous conte l'Algérie de son enfance, celle de la guerre d'indépendance, celle des frontières, la sale guerre de 1991, la guerre contre les pauvres des bidonvilles.
    Peu de personnage masculin dans ce roman, dominé par les femmes.
    Le rabbin Simon, qui raconte aux enfants du quartier les contes de la Bible, et qui n'a jamais accepter de partir d'Algérie, mais qui ne parle pas de la Shoah.
    Daoud, l'ami d'enfance du phalanstère, exilé par la terrible grand-mère, parce qu'il n'est pas comme les autres... et qu'il faut soigner, allant jusqu'aux électrochocs... Yazid le recherchera lors de son passage à Paris, mais bien trop tard, Daoud est mort. Son ami Jean lui parle de lui et lui révèle son homosexualité, sa mort du sida, et son changement de nom de Daoud en David, en référence au juif errant.

    excellent - Roman du mensonge et du silence, mais aussi une grande fresque historique sur l'Algérie des années 50 à nos jours.

    Lien : http://mazel-annie.blogspot.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par capujojo, le 31 janvier 2012

    capujojo
    Ce roman m'avait été présenté comme le récit d'enfance d'un petit gars, entre la protection d'une richissime matrone, tenancière de bordel,et les quartiers populaires d'Alger... Je m'attendais à quelque chose de plus "truculent", genre "la vie devant soi"... Finalement c'est un texte intéressant, j'ai beaucoup appris sur l'Algérie de la seconde moitié du 20ème siècle et le thème de l'émigration et des racines est bien traité, mais qui manque d'énergie, de passion. Avec tout ce qu'il a vécu, le narrateur pourrait nous entraîner dans une véritable tornade émotionnelle, mais non... Il pose un regard presque froid sur cette histoire assez démentielle. Alors on poursuit sa lecture parce que l'histoire est intéressante et le style pas désagréable (malgré l'emploi assez régulier de termes un peu "capillotractés") mais on n'est pas transporté, dommage.
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    • Livres 3.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 07 septembre 2011

    MarianneDesroziers
    La Rue Darwin, le quartier Belcourt, la ville d'Alger…
    Suite à la mort de sa mère, Yazid retourne sur les traces de son enfance, dans le quartier où il a grandi. Il raconte son Algérie, celle des années 50, quand il vivait dans une rue cosmopolite auprès de sa grand-mère Djéda, et en face du bordel qu'elle détenait. Sansal dépeint avec maestria cette véritable matriarche au caractère bien trempée qui faisait régner une certaine terreur sur sa maisonnée. Les années ont passé, la guerre et l'islamisme ont tout bouleversé et les frères et sœurs de Yazid sont tous partis aux quatre coin du monde (Canada, U.S.A, France, Italie) se faire une nouvelle vie, tandis que lui est resté en Algérie.
    Un livre intéressant pour ce qu'il dit de l'histoire de l'Algérie (même s'il est parfois à deux doigts de verser dans le didactisme), pour ses beaux personnages et son écriture sensible.
    La suite sur mon blog :
    http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/09/rue-darwin-de-boualem-sansal-gallimard.html

    Lien : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/09/rue-darwin-de-bo..
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 27 septembre 2011
    À travers un héros à la recherche de ses origines, Boualem Sansal déroule cinquante ans d'histoire avec révolte et tendresse.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 25 août 2011
    Dans Rue Darwin, le romancier algérien brosse le formidable portrait d'une famille et d'un pays aux prises avec la fureur des hommes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 24 octobre 2011

    [ Incipit ]

    Nous sommes faits de plusieurs vies.
    Mais nous n’en connaissons qu’une.
    Nous la vivons sur la scène de l’existence.
    Elle est notre peau, notre identité officielle.
    Mais les autres ?
    Ah, il vaut mieux ne pas y toucher !
    Elles se déroulent sur d’autres plans.
    Ce sont nos vies cachées, nos identités secrètes,
    Nos cauchemars.
    Ce peut être un immense drame que de seulement y songer.
    Se raconter est un suicide.
    Les identités ne s’additionnent pas, elles se dominent,
    Et se détruisent.
    L’oeuf, la larve et la chenille velue doivent mourir pour que le papillon naisse
    Et meure à son tour.


    Première partie.

    Tout est certain dans la vie, le bien, le mal, Dieu, la mort, le temps, et tout le reste, sauf la Vérité. Mais qu’est-ce que la Vérité ? La chose au monde dont on ne doute pas, dont on ne douterait pas un instant si on la savait. Hum... Ce serait donc une chose qui s’accomplit en nous et nous accomplit en même temps ? Elle serait alors plus forte que Dieu, la mort, le bien, le mal, le temps et le reste ?... Mais devenant certitude, est-elle toujours la Vérité ? N’est-elle pas alors qu’un mythe, un message indéchiffré indéchiffrable, le souvenir de quelque monde d’une vie antérieure, une voix de l’au-delà ?
    C’est de cela que nous allons parler, c’est notre histoire, nous la savons sans la savoir.
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  • Par GabySensei, le 26 août 2011

    Je fis ainsi cette découverte que la guerre n'est connue que par la paix qu'elle engendre, comme l'arbre se reconnaît à son fruit. La guerre qui n'apporte pas une paix meilleure n'est pas une guerre, c'est une violence faite à l'humanité et à Dieu, appelée à recommencer encore et encore avec des but plus sombres et des moyens plus lâches, ceci pour punir ceux qui l'on déclenchée de n'avoir pas su la conduire et la terminer comme doit s'achever une guerre: sur une paix meilleurs. Aucune réconciliation, aucune repentance, aucun traité, n'y changerait rien, la finalité des guerres n'est pas de chialer en se frappant la poitrine et de se répandre en procès au pied du totem, mais de construire une paix meilleur pour tous et de la vivre ensemble.
    (P108)
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  • Par mimipinson, le 28 décembre 2011

    « Mais je l’avoue , j’étais nul en religion, l’islamique s’entend, c’est la religion au pouvoir ici, j’ai toujours eu du mal avec elle, son univers impitoyable et ses maigres consolations me rebutaient tant, mais comment lui échapper, tout est entre ses mains, c’est une pieuvre qui s’insinue partout, ses aguets sont infatigables comme des fous, ils patrouillent à l’intérieur de nos têtes, fouillent nos rêves, fustigent nos manières, hurlent à la mort. »
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par GabySensei, le 26 août 2011

    Seigneur de miséricorde, pourquoi cela, sans hommes libres pour les aimer, les enfants ne sont pas des enfants mais des clones de monstres apeurés et irresponsables. De ton islam tout blanc, très vénérable et festif, ils ont tiré un breuvage de sang et d'amertume et s'en soûlent comme jamais mécréant ne l'a fait avec son impiété. Mais bon, ce monde est le tien, tu l'as créé et certainement tu sais pourquoi.
    (P35)
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  • Par mimipinson, le 28 décembre 2011

    « Et puis les choses sont ainsi au pays, brutales et incompréhensibles, on y vit comme on vivait dans les temps médiévaux, dans l’effroi et le grouillement de la misère, se recroqueviller dans un coin avec les siens et se regarder mourir est ce qu’il y a de plus supportable à faire. »
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