Certes,
Sartre ne se livre à aucune méditation sur la Shoah dans ce livre écrit en 1946 - peu différent en cela de ses contemporains.
Certes encore, il ne connaît manifestement ni l'histoire du peuple juif, ni sa culture, ce qui l'amène à dire que le Juif est le simple produit de l'antisémitisme.
D'où sa solution : supprimons l'antisémitisme (en bâtissant la "société sans classes"), et le "problème juif" disparaîtra de lui-même.
Ces bémols énoncés, il y a quand même de belles choses dans ces "Réflexions".
L'analyse de l'antisémitisme y est lumineuse : c'est la peur (de la modernité, de l'autre, de l'étranger) qui explique l'antisémite.
Il y critique également (en contradiction avec lui-même, d'ailleurs), l'assimilationnisme démocratique, qui ne voit dans le Juif que l'homme et lui demande purement et simplement de s'intégrer.
Et puis, comme toujours chez
Sartre, à côté des systèmes idéologiques (il s'est pratiquement toujours trompé !), ces fulgurances de style et de pensée...