> Henri Christophe (Traducteur)
> Roland Jaccard (Préfacier, etc.)

ISBN : 2253063444
Éditeur : Le Livre de Poche (1993)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 51 notes) Ajouter à mes livres
Mademoiselle Else ou le soliloque tragique d'une femme piégée par les oscillations de l'âme.
A travers les mots et les errances désespérées de son personnage, Schnitzler brosse le tableau exemplaire des fascinants déchirements de la morale viennoise au tournant d... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Folfaerie, le 03 mai 2011

    Folfaerie
    Le sujet ne m'emballait guère mais j'avais promis de lire cette oeuvre. C'est chose faite et je dois avouer que ce fut une agréable surprise.
    Ce court roman (ou cette longue nouvelle) se présente sous la forme d'un long monologue intérieur, celui de la jeune Else, une Viennoise qui passe ses vacances en Italie avec sa tante. le premier couac de ces vacances qui s'annonçaient prometteuses prend la forme d'une lettre : la mère d'Else lui écrit en effet pour lui annoncer que le père, un avocat, risque de gros ennuis juridiques pour avoir perdu de l'argent (qui n'était pas le sien). Une grosse somme doit être remboursée et par chance (!) Else et sa tante sont descendues dans un palace où se trouve également un vieil ami de la famille, le riche marchand d'art Dorsday. Quoi de mieux que d'envoyer la donzelle quémander un prêt à Dorsday.
    Evidemment, raconté comme ça, c'est un début qui parait bien banal et bien ennuyeux... Oui mais voilà, très rapidement, et puisque tout est raconté par Else, le lecteur s'aperçoit que la jeune fille a un léger problème. Un peu de névrose sans doute... Sur ses jolies mais frêles épaules repose l'honneur de la famille. Peut-elle abandonner ce père faible et lâche, le laisser s'humilier ou pire encore ? Non, bien sûr. Elle ira donc demander ce prêt. Mais qu'exige Dorsday en retour, ce vieux satyre ? de la contempler nue durant quelques minutes !
    C'est un peu comme si une grosse tempête balayait l'équilibre déjà vacillant de la jeune fille. Else est prisonnière des conventions de son époque et de sa société : c'est une jeune bourgeoise qui a été habituée à vivre selon certains codes. Mais sa nature profonde est tout autre. ELse est sensuelle, elle rêve de s'émanciper, elle aime aguicher les hommes. Toutes ces contradictions se bousculent dans sa pauvre tête : lutter contre ses penchants et résister ? Abandonner son père, ruiner sa famille ? Repousser cet odieux marché lui semble logique, mais est-ce par pudeur ou plutôt par orgueil ? Else névrosée devient Else hystérique. Elle trouvera cependant le moyen le plus sûr de mettre fin à son dilemne.
    A ma grande surprise, je me suis laissée prendre au fil des pensées de cette pauvre fille. le récit qui commence sur un mode léger prend ensuite une tournure beaucoup plus dramatique. Else est un peu agaçante, mais surtout pathétique. Un conte cruel mais éblouissant, qui n'a pas pris une ride (écrit en 1924).
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    • Livres 3.00/5
    Par chartel, le 11 janvier 2012

    chartel
    Arthur Schnitzler fit preuve de modernité lorsqu'en 1924, il composa ce court récit uniquement sur le mode du monologue intérieur de l'héroïne. Ce choix, en effet, fait des merveilles, surtout dans les passages où Mademoiselle Else se questionne sur ses choix, se projette dans l'avenir ou bien encore revient sur son passé par une analyse, notamment, de ses liens familiaux. Cela permet d'être au cœur des émotions de cette jeune fille, de sentir ses troubles, ses frustrations et ses doutes. Par contre, cela marche moins bien lorsque Mlle Else doit dialoguer avec son entourage. A l'inverse de James Joyce ou Virginia Woolf, Schnitzler ne va pas vraiment au bout de sa proposition. L'introduction des dialogues détruit la magie de la parole intérieure. Bien que peu convaincu par le style assez conventionnel du récit (est-ce l'auteur ou le traducteur ?) cette œuvre a le mérite de pointer du doigt les hypocrisies bourgeoises des années folles, avec toutes les névroses et les blocages qu'elles engendrent. La sacro-sainte règle du « surtout pas de scandale ! » conduit à des situations et des positionnements absurdes. Enfin, Schnitzler nous montre clairement que les humains vivent, à l'échelle de l'économie sociale, dans un système reposant sur le proxénétisme et la prostitution.
    Vivre, avec le capitalisme, c'est vendre son corps.
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    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 21 juillet 2010

    Lencreuse
    C'est à une plongée vertigineuse dans l'âme humaine qu'invite ce court roman d'Arthur Schnitzler.
    La jeune Else, dix-neuf ans, est en villégiature après de sa tante Emma dans les montagnes italiennes. Elle reçoit une lettre par exprès de Vienne : une supplique larmoyante et désespérée de sa mère lui demande d'intercéder auprès de M. von Dorsday, « vieil ami de la famille », afin qu'il leur prête sous deux jours la somme de 30 000 florins. le père d'Else se trouve, en effet une fois de plus, en proie à une sordide affaire qui, faute de paiement immédiat, lui vaudra à coup sûr la prison. Dorsday accepte de payer à une condition : il veut voir Else nue pendant un quart d'heure, dans sa chambre ou sous le clair de lune. A Else de choisir de lieu de son humiliation.
    En quelques pages, c'est toute l'horreur de cette décision, tous les sentiments ambivalents qui traversent la jeune fille que livre Schnitzler. Un monologue intérieur haletant qui dit, sous la plume talentueuse du maître autrichien, l'indécision de l'âge, l'envie d'être aimée, les désirs naissants, les pensées folles, le charme assuré d'une jeune fille. Mais aussi l'outrage, le refus, le dégoût, l'humiliation, l'envie de Mourir, la décision sans retour, le corps devenu marchandise, vulgaire monnaie d'échange, le « pouvoir » de la beauté et de la jeunesse et ses conséquences parfois désastreuses.
    Un récit étonnant qui ne s'embarrasse pas de tabous (il date de 1924 !) et illustre la capacité d'Arthur Schnitzler à explorer au plus juste les errements de l'humain.
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    • Livres 5.00/5
    Par pinly, le 14 octobre 2010

    pinly
    Coup de coeur inattendu !!
    L'écriture de l'auteur m'a énormément emballée: pendant toute l'histoire nous sommes dans la tête de Else, il s'agit d'un monologue intérieur. On ne fait que lire les réflexions de la jeune fille de 19 ans, on découvrir les autres personnages à travers ses yeux et son esprit critique. Ses pensées sont le seul fil conducteur de cette nouvelle. Cette focalisation interne donne tout son intérêt à ce livre. On DEVIENT Else. On doute avec elle, on se questionne sur beaucoup de choses, on pâtit aussi..
    C'est un livre qui est dur, le sujet est très difficile… serait-elle capable de vendre son corps pour sauver son père de la prison et de la ruine ? Il serait surement capable de se suicider si elle ne réussit pas à obtenir cette somme d'argent… Else est très lunatique, elle se répète à plusieurs reprises les mêmes choses.. mais cette répétition ne m'a pas ennuyée, bien au contraire, car on doute sans cesse de la décision qu'elle va prendre ! On suit l'acheminement de sa pensée jusqu'à ce dénouement terrible qui semble être malgré tout, la seule issue possible. Ce qui est incroyable, c'est qu'en 1928 la fille de Schnitzler a reproduit le même geste T_T
    Un livre très court mais tellement grandiose !

    Lien : http://thatmakeswonders.wordpress.com/2010/10/09/mademoiselle-else/
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    • Livres 5.00/5
    Par Gregor, le 16 octobre 2011

    Gregor
    Une ombre sale dévore son corps, des pensées terribles la torturent, sa tête devient trop lourde d'obligations malsaines... Manuele Fior nous révèle une Mademoiselle Else aussi belle que meurtrie et angoissée. Dans cette plongée en enfer diffuse et grave, le lecteur découvre des doutes et des impasses magistralement illustrées. le style est en effet précis, vibrant... Il cerne de très près sans dissimuler l'essentiel : ces zones d'abandon et d'ombre qui demeurent au de-là des actes, et qui continuent de blesser chaque être abandonné.
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Citations et extraits

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  • Par Gregor, le 19 août 2011

    - qu'est ce que tu as aujourd'hui, Else ?
    - que veux-tu que j'aie ?
    - tu es énigmatique, démoniaque, séductrice.
    - ne sois pas ridicule, Paul.
    - à te regarder, on pourrait facilement perdre la tête.
    tu ne sembles pas me voir, Else, pourquoi ?
    tu es complètement ailleurs.
    - possible.
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Arthur Schnitzler : Le Retour de Casanova
Olivier BARROT présente le livre d'Arthur SCHNITZLER "Le Retour de Casanova", paru aux éditions 10/18. le commentaire est illustré avec des extraits du film "Le Retour de Casanova" avec Alain DELON.











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