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Henri Christophe (Traducteur)Roland Jaccard (Préfacier, etc.)
ISBN : 2253063444
Éditeur : Le Livre de Poche (1993)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 185 notes)
Résumé :
Mademoiselle Else ou le soliloque tragique d'une femme piégée par les oscillations de l'âme.

A travers les mots et les errances désespérées de son personnage, Schnitzler brosse le tableau exemplaire des fascinants déchirements de la morale viennoise au tournant de la modernité, valse - hésitation entre désir et devoir, entre fantasmes de prostitution et rêves de continence.

Publié en 1924, ce texte demeure l'un des plus beaux exercices... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (29) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B09 juin 2015
  • Livres 4.00/5
Avez-vous aimé les monologues décousus et déjantés d'Ariane dans Belle du Seigneur ? Alors vous aimerez certainement ceux de Mademoiselle Else, en proie au questionnement, dans son hôtel de luxe de San Martino di Castrozza (situé dans le massif des Dolomites en Italie du Nord).
Nous voilà aux côtés d'Else, une jeune demoiselle de dix-neuf ans, bourgeoise, fille d'un célèbre avocat viennois. Elle est belle comme un ange et n'ignore pas ce détail. Elle est en villégiature avec sa tante et son cousin. C'est une bourgeoise mais elle vit comme une aristocrate ; elle a des goûts d'aristocrate, et son éducation familiale n'y est certainement pas étrangère.
Son père est brillant, renommé, recherché pour ses talents devant la cour, mais il vit notablement au-dessus de ses moyens. Avec le train de vie qu'il mène et qu'il offre à sa famille, les gages de trente-six plaidoiries par jour, même très bien rémunérées, n'y suffiraient pas.
Else est donc dans son hôtel bien prout-prout : on navigue dans ses pensées et ses réflexions personnelles lorsqu'elle reçoit un courrier express de sa mère, qui lui indique qu'une nouvelle fois, son père est au bord du gouffre et que cette fois-ci, s'il ne trouve pas trente mille florins pour dans deux jours, ce sera les menottes aux poignets, et sa carrière brisée, et la catastrophe pour la famille, et la fin de la vie dorée, et tout ce que vous pouvez imaginer encore.
Or, il s'avère qu'auprès d'Else, dans cet hôtel séjourne un certain von Dorsday, ami de la famille et qui a déjà, par le passé, mis la main au porte-feuille pour colmater une fuite d'ordre similaire. La maman, en épouse modèle, demande donc instamment à sa fille de bien vouloir faire l'entremetteuse entre lui et la dette de son père.
Else, avec ses allures altières (je l'imagine très bien en Katharine Hepburn, par exemple dans le film Indiscrétions), est catastrophée d'avoir à s'abaisser de la sorte devant ce vieillard qui lui glisse de temps à autres des regards lubriques. Comment le lui dire ? Doit-elle le lui dire ? le déshonneur ou la chute ? Dans un cas comme dans l'autre, il y a à y perdre du prestige, n'est-ce pas mademoiselle Else ? But what else ?
Arthur Schnitzler nous fait vivre l'ébullition sous ce joli crâne, les contradictions, les déterminations, les contre-ordres, les battements de coeur de cette petite Else. Et l'autre, von Dorsday, comment va-t-il réagir ? Comment va-t-il la recevoir ? Ne va-t-il rien lui demander en échange ? Comment faire ? Comment savoir ?...
… et bien en lisant Mademoiselle Else, pardi ! ce que je vous laisse le soin d'accomplir si ce n'est déjà fait. Un roman disent certains, une nouvelle prétendent d'autres, on s'en fiche éperdument rétorquent les derniers. Tous ont probablement un peu raison bien que personnellement j'inclinerais davantage sur la désignation de nouvelle.
Une nouvelle donc très plaisante, très bien menée, tout-à-fait maîtrisée quant à sa forme et sa constitution mais qui n'est pas forcément hyper accessible car elle nous oblige à nous fondre dans le moule de la pensée d'Else, ce qui n'est pas forcément du goût de tous.
Personnellement, j'y vois, pour mille et une raisons, qu'il serait long et fastidieux de développer ici, un fort lien de parenté avec Belle du Seigneur, en particulier pour le personnage d'Ariane, car tout génial qu'il était, Albert Cohen ne pouvait pas créer cela de rien et je parie ma main gauche et mon oreille droite qu'il connaissait cette nouvelle de Schnitzler avant de nous servir son monument.
Mais tout ceci n'est que mon avis et, what else ? pas grand-chose.
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juliette2a
juliette2a02 août 2013
  • Livres 3.00/5
Il est difficile de faire une critique sur Mademoiselle Else...Pourquoi ? Parce que c'est un livre très complexe, d'où mon avis mitigé...
Tout d'abord, ce roman est très court (moins de 100 pages), ce qui ne m'a malheureusement pas permis de m'attacher au personnage d'Else. En outre, je dois avouer que je n'ai pas aimé la narration adoptée ; certes, le monologue est un très bon choix pour un aussi court roman, mais je n'arrivais pas à suivre les pensées de l'héroïne, et, donc, hélas, je me suis ennuyée à plusieurs reprises.
Malgré tout, ce roman présente aussi des avantages que je suis obligée de mettre en lumière. En effet, l'intrigue m'a tout de suite plu : une jeune femme en vacances avec sa tante reçoit un télégramme de la part de sa mère lui annonçant que son père, endetté, risque d'être envoyé en prison. Or, pour récupérer l'argent nécessaire pour sauver son père, Else doit faire appel à Dordsay, un marchand d'art qu'elle méprise, mais qui, hélas, est le dernier espoir de la famille. Petit à petit, Else va sombrer dans la folie, ce qui va la conduire vers une issue fatale...
De même, la "dernière" partie de l'histoire, lorsque Else doit faire un choix au sujet de Dordsay, est sensationnelle ! Nous suivons les derniers instants de la jeune femme, qui passe par tous les états possibles : le rêve, l'acceptation, le désespoir, puis la folie, et enfin, la mort (désirée).
Ainsi, je suis assez partagée par ce roman, mais je vous le conseille tout de même, ne serait-ce que pour la merveilleuse scène finale...
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Folfaerie
Folfaerie03 mai 2011
  • Livres 4.00/5
Le sujet ne m'emballait guère mais j'avais promis de lire cette oeuvre. C'est chose faite et je dois avouer que ce fut une agréable surprise.
Ce court roman (ou cette longue nouvelle) se présente sous la forme d'un long monologue intérieur, celui de la jeune Else, une Viennoise qui passe ses vacances en Italie avec sa tante. le premier couac de ces vacances qui s'annonçaient prometteuses prend la forme d'une lettre : la mère d'Else lui écrit en effet pour lui annoncer que le père, un avocat, risque de gros ennuis juridiques pour avoir perdu de l'argent (qui n'était pas le sien). Une grosse somme doit être remboursée et par chance (!) Else et sa tante sont descendues dans un palace où se trouve également un vieil ami de la famille, le riche marchand d'art Dorsday. Quoi de mieux que d'envoyer la donzelle quémander un prêt à Dorsday.
Evidemment, raconté comme ça, c'est un début qui parait bien banal et bien ennuyeux... Oui mais voilà, très rapidement, et puisque tout est raconté par Else, le lecteur s'aperçoit que la jeune fille a un léger problème. Un peu de névrose sans doute... Sur ses jolies mais frêles épaules repose l'honneur de la famille. Peut-elle abandonner ce père faible et lâche, le laisser s'humilier ou pire encore ? Non, bien sûr. Elle ira donc demander ce prêt. Mais qu'exige Dorsday en retour, ce vieux satyre ? de la contempler nue durant quelques minutes !
C'est un peu comme si une grosse tempête balayait l'équilibre déjà vacillant de la jeune fille. Else est prisonnière des conventions de son époque et de sa société : c'est une jeune bourgeoise qui a été habituée à vivre selon certains codes. Mais sa nature profonde est tout autre. ELse est sensuelle, elle rêve de s'émanciper, elle aime aguicher les hommes. Toutes ces contradictions se bousculent dans sa pauvre tête : lutter contre ses penchants et résister ? Abandonner son père, ruiner sa famille ? Repousser cet odieux marché lui semble logique, mais est-ce par pudeur ou plutôt par orgueil ? Else névrosée devient Else hystérique. Elle trouvera cependant le moyen le plus sûr de mettre fin à son dilemne.
A ma grande surprise, je me suis laissée prendre au fil des pensées de cette pauvre fille. le récit qui commence sur un mode léger prend ensuite une tournure beaucoup plus dramatique. Else est un peu agaçante, mais surtout pathétique. Un conte cruel mais éblouissant, qui n'a pas pris une ride (écrit en 1924).
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Ambages
Ambages20 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
Schnitzler est magistral. Il dissèque avec brio l'esprit de cette jeune fille intelligente, un peu vaniteuse certes, mais surtout dévouée à son père. Nous la suivons dans sa descente en enfer avec émotion. Elle nous livre toute une palette de sentiments au travers de ses réflexions. Je retiens surtout sa solitude. Dans cette bourgeoisie pleine de faux semblants, elle devra assumer seule l'irresponsabilité de ses parents. Ce livre est envoûtant car toutes les tentatives que la narratrice imagine, nous laissent croire qu'une issue est encore possible, et d'un coup de plume _une écriture très moderne_ nous plongeons dans ses doutes, ses craintes, ses peurs. A dix-neuf ans tout est si extrême...
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fran6h
fran6h28 janvier 2013
  • Livres 5.00/5
Court roman mais long monologue intérieur, ce texte met en scène le cas de conscience d'une jeune fille confrontée à l'opposition entre l'amour paternel et son propre amour propre.
Quel texte ! Quelle construction magnifique ! le lecteur est plongé dans les pensées contradictoires de Mademoiselle Else, et peu à peu pris dans sa propre logique et avance vers une issue qu'il subodore puis qu'il entrevoit et enfin qu'il comprend.
Else est une jeune fille de la bourgeoisie viennoise en vacances sur la Riviera italienne avec sa tante et son cousin. Alors qu'elle rentre d'une partie de tennis, elle prend connaissance d'un télégramme envoyé par sa mère, à propos des dettes que son père a contracté. Pour sauver son père, sa mère lui demande un petit service. Déchirant ...
Tout est là dans ce roman magistral publié en 1924, à (re) découvrir, qui se lit d'une traite avec une tension croissante à la limite du soutenable.
Lien : http://animallecteur.canalbl..
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Citations & extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B01 août 2012
- Vous me regardez, Else, comme si j'étais devenu subitement fou. Je le suis un peu, car il émane de vous un charme dont vous semblez inconsciente. Ne sentez-vous pas que ma prière n'a rien d'offensant pour vous ? Oui, c'est une prière même si elle ressemble à s'y méprendre à un chantage. Je ne suis pas un maître chanteur, un homme seulement, un être humain, qui connaît la vie, et qui sait par expérience que tout en ce monde a son prix et que celui qui donne son argent, quand il pourrait le troquer, n'est qu'un pauvre fou. Et ce que je veux acheter, cette fois, Else, quel qu'en soit le prix, vous ne serez pas appauvrie pour me l'avoir vendu. Et cela restera un secret entre vous et moi, je vous le jure, Else, de par tous les charmes que vous dévoilerez devant moi, pour me combler.
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Nastasia-BNastasia-B16 juillet 2012
Je ne me vends pas ; non, jamais je ne me vendrai. Je me donnerai. À l'homme de mon choix je me donnerai. Me vendre, ah non. Je veux bien être une dévergondée mais pas une putain.
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AmbagesAmbages19 octobre 2015
De toute façon, je commencerai une autre vie. Nous serons bien obligés, tous ! Nous ne pouvons pas continuer ainsi. Je vais parler à Papa... si toutefois il en est encore temps. Oui, il sera encore temps. Pourquoi ne l'ai-je pas fait ? A la maison, on évacue tout avec des plaisanteries, même si personne n'a le coeur à plaisanter. Chacun a peur de l'autre, chacun est seul. Maman est seule parce qu'elle n'est pas assez maligne et qu'elle ne sait rien de personne, ni de moi, ni de Rudi, ni de Papa. Mais elle ne s'en rend pas compte ; Rudi non plus. Il est gentil, il a une certaine élégance, mais à vingt et un ans, il promettait davantage. Ca lui fera du bien de partir en Hollande. Où partirai-je, moi ? J'aimerais voyager et n'en faire qu'à ma tête. Si Papa se sauve en Amérique, je l'accompagne. Je perds la tête... Le portier doit me prendre pour une folle, assise là sur cet accoudoir, à fixer le vide...

p. 34 le livre de poche
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Nastasia-BNastasia-B02 août 2012
J'ai commis une maladresse. Il a l'air ahuri. Vas-y, vas-y, ne ravale pas ta phrase, Else. Tu parles à un ami de ton père. Saute le pas. C'est le moment ou jamais.
- Monsieur von Dorsay, vous venez de parler si gentiment de mon père ; je me sentirais coupable si je n'étais pas tout à fait franche vis-à-vis de vous...
Il fait ses yeux de veau mourant. Il se doute de quelque chose.
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Nastasia-BNastasia-B02 août 2012
- Ne me répondez pas, Else. Réfléchissez. Ce n'est qu'après le dîner que vous me communiquerez votre décision.
Quelle formule idiote : communiquer votre décision.
- Peut-être sentirez-vous, après avoir réfléchi posément, qu'il ne s'agit pas d'un simple marché.
Et de quoi donc, salaud vibrionnant ?
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