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> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253060224
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.07/5 (sur 1533 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Scandale dans une pension de famille "comme il faut", sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un de ses clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...

Seul le narrateur tente de comprend... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 19 juillet 2012

    juliette2a
    Ce court roman de Stefan Zweig est vraiment passionnant ! Début du XXème siècle, alors qu'une jeune femme, Mme Henriette s'enfuit avec un homme qu'elle connait à peine, les pensionnaires d'un hôtel du Sud de la France se questionnent sur le coup de foudre et ses conséquences ; c'est alors qu'une vieille femme commence à apprécier le narrateur et lui raconte alors l'histoire qui a bouleversée sa vie : plus de vingt ans auparavant, Mrs. C..., veuve depuis peu de temps, se ballade à Monte-Carlo et rentre dans un Casino de la ville. Là, en observant les mains des nombreux joueurs, elle tombe par hasard sur celles d'un jeune homme passionné qui va fasciner la jeune femme, ainsi, elle comprend que cet homme d'à peine vingt ans veut se donner la mort et fera tout pour l'en empêcher...Nous vivons alors vingt quatre heures intenses, où le désespoir, La Peur, le doute, la gentillesse, la bienveillance, l'amour fou et la déception vont se côtoyer et vont bouleverser à jamais cette femme.
    Je me suis entièrement mise à la place du narrateur, écoutant attentivement la confession de cette femme touchante et sincère, qui, au fil des pages, prend confiance en elle et parvient à achever son histoire si singulière...Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman de Stefan Zweig, auteur qui a une particularité bien à lui, c'est de passionner son lecteur ; d'ailleurs, ce dernier n'a comme solution que de dévorer ce livre si délicieux.
    A lire absolument !!
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    • Livres 4.00/5
    Par Nastasia-B, le 17 octobre 2012

    Nastasia-B
    Voici un petit roman (une nouvelle pour certains, voir le P. S.) rondement mené, écrit avec délicatesse, une façon de "Sur la route de Madison" à la Stefan Zweig.
    Celui-ci nous sert les confessions d'une vieille dame sur un épisode fugitif, mais marquant, (je l'écris de manière froide et tempérée, un "l'indicible confusion d'un fulgurant éclair d'amour dans la vie calme et bien réglée d'une femme" serait sûrement mieux) de sa vie où deux passions se croisent : la passion du jeu et la passion amoureuse, pour en aboutir à une troisième, un peu comme celle "selon Saint Mathieu".
    Arrivée à une âge respectable, une femme de la haute société en villégiature sur la Côte d'Azur voit se dérouler sous ses yeux un épisode qui fait écho à quelque chose qu'elle a éprouvé, elle, un jour dans sa vie. Un amour ancien, fugace, une seconde de sa vie, un total abandon pour un homme dévoré par le démon du jeu (un peu à la façon du Joueur de Dostoïevski).
    La description des mains du joueur (et puisque j'ai déjà commencé par une comparaison cinématographique) pourrait faire penser aux fameux cadrages serrés si chers et si caractéristiques des films de Sergio Leone et demeure selon moi le sublime morceau de ce livre.
    Stefan Zweig aborde la passion amoureuse sous l'angle du refoulé et du qu'en dira-t-on. L'opprobre ordinaire du jugement des autres est aussi abordé. Il nous conte avec un certain brio, l'histoire d'un fugitif éclair dans la noire monotonie de la vie d'une femme de la haute société d'il y a cent ans environ, le palpitement de ces chairs qui n'ont pas toujours été calmes et sages.
    On ne prend pas grand risque à lire ce roman, c'est rapide, c'est bien fait et, au pire, cela laisse indifférent mais je ne pense pas que l'on puisse le détester. Donc je le recommande bien volontiers et j'en garde un très bon souvenir sans toutefois le placer au niveau stratosphérique de La confusion des sentiments qui m'a tant ravie. Mais cette considération hautement subjective n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
    P. S. : Pour répondre à mon ami Lecassin, les gens de chez Stock ont probablement raison de dénommer cet écrit "roman" et non "nouvelle". La taille n'a pas grand chose à voir là-dedans, c'est simplement que la narration se déroule sur deux moments distincts, et il y a même deux narrateurs, ce qui, par définition, sert à distinguer une nouvelle d'un roman. Donc, oui, je pense que l'on doit appeler ce livre un roman et non une nouvelle, mais dans l'absolu, cela n'a pas beaucoup d'importance.
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 23 avril 2014

    paroles
    Comment en si peu de pages, en si peu de mots, faire passer autant d'émotions au lecteur ? Monsieur Zweig seriez-vous magicien ? Un magicien des mots ?
    J'ai brûlé de curiosité à la lecture de cette nouvelle. Je voulais connaître le secret qui rongeait cette vieille dame. La passion d'un jour et la désillusion de tant d'années... Quelle douleur ! Mais quelle sublime douleur... C'est plutôt paradoxal comme phénomène, non ? Mais, il faut bien admettre que Stefan Zweig est un conteur hors pair et qu'il vous mène tranquillement là où il en a décidé : dans l'univers de la passion (ou des passions) et des décisions urgentes et insensées que génère celle-ci.
    Zweig possède le don d'entrer dans l'intimité des sentiments de ses héros, de façon intense et pudique tout à la fois, de tenir en haleine son lecteur et c'est tout simplement sublime !
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    • Livres 3.00/5
    Par Gwen21, le 12 octobre 2014

    Gwen21
    J'ai enfin pris le temps de lire l'une des nouvelles les plus plébiscitées de Stefan Sweig, "Vingt-quatre heures de la vie d'une femme".
    Texte court qui se lit d'une traite, phénomène que j'attribue pour ma part à l'excellence du style plutôt qu'à l'intérêt du récit. En effet, même en débutant ma lecture avec un a priori positif, je n'ai ressenti ni empathie pour Mrs C., l'héroïne de cette aventure (à plus d'un titre), ni compassion pour ses sentiments.
    Toute la trame de cette histoire de sauvetage moral où une riche veuve tente d'annihiler en quelques heures la passion viciée pour le jeu et les pulsions suicidaires d'un jeune inconnu désargenté repose sur la logique, sur un enchaînement de gestes et de paroles qui l'entraînera hors de sa zone de confort et la poussera à commettre des actes non conformes à son comportement.
    Ce que je n'ai pas apprécié dans ce récit, c'est avant tout la façon dont Mrs C. subit continuellement les événements et amplifie par cette posture le préjudice moral qui en découle. Je ne lui ai trouvé de l'intérêt que dans l'accablement alors que j'aurais préféré lui voir de la force dans l'adversité. A contrario, dès qu'elle se piquait d'agir, je la trouvais maladroite et présomptueuse et, au final, j'aurais volontiers uni mon cri à celui du jeune joueur lorsqu'il l'enverra balader à la fin du récit en lui demandant de lui ficher la paix et de le laisser à son triste sort.
    Vers 1880, période à laquelle se déroule l'aventure de Mrs C., les mœurs bourgeoises sont toujours extrêmement rigides et l'on aurait tort de croire que le statut de veuve garantissait la liberté. Dans le récit de Sweig, on sent bien d'ailleurs combien pèse lourd le carcan des convenances sur les épaules de celle qui s'interdit d'aimer et couvre ses sentiments du voile décent de la charité. Bien que Mrs C. soit encore jeune, libre et riche, on la sent terriblement fragile, vulnérable et indécise.
    Sa caste sociale - matérialisée en la personne de sa cousine qui lui fait involontairement manquer le train de la fuite - l'empêche finalement de commettre la folie qui l’aurait exclue de ses rangs pour de bon et, en même temps, elle la contraint à une lucidité crue(lle) pour détricoter une réalité que l'excentricité de son aventure lui avait un instant fait idéaliser. Emportée par ses sentiments au-delà d'elle-même jusqu'à l'aveuglement, Mrs C. sera en effet bien vite rattrapée par la vérité : le joueur est à nouveau à sa place, dévoré par sa passion, son vice et son immoralité. Tout ce qu'elle aura pu entreprendre et lui donner n'aura servi à rien...
    On trouve entre les pages de ce récit de belles descriptions, de beaux portraits psychologiques, une peinture fine de la "bonne société" castratrice de la fin du XIXème siècle et encore bien d'autres éléments intéressants qui mériteraient une analyse plus poussée mais, personnellement, je n'y ai pas trouvé l'élan particulier qui me le rendrait mémorable. Au final, c'est heureux qu'il ait été si court car, plus étoffé, il m'aurait sans nul doute rapidement ennuyée.
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    • Livres 5.00/5
    Par Piatka, le 12 juin 2013

    Piatka
    En 160 pages au style admirable, ce court roman décrit avec une incroyable justesse les sentiments féminins complexes en jeu dans la passion amoureuse.
    De façon tout à fait originale, dans une pension de famille, le scandale causé par la fuite d'une mère de famille respectable avec un jeune inconnu sert de point de départ à la confession inattendue d'une vieille dame anglaise, plutôt discrète, qui connut jadis une passion aussi violente que fugitive pour un jeune polonais, dévoré lui par la passion du jeu à Monte-Carlo.
    Tout en dénonçant la condition féminine de l'époque, le narrateur nous livre avec une empathie manifeste la passion à l'état brut, puis les années de remords qui rongent la vieille dame depuis cette brève aventure. C'est en cela que le texte de Zweig reste d'actualité et nous touche, en décortiquant les invariants de l'amour et les effets destructeurs de la passion.
    L'omniprésence du jeu, dans le récit de la vieille dame, renforce très habilement le caractère incontournable et terriblement imprévisible de la passion, quelque soit son origine.
    C'est un récit brillant, intense, prenant ( le suspense est réel ) : un authentique chef-d'œuvre !
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 12 juillet 2013
    Un petit bijou, sur la violence du désir féminin et des brasiers qu'il attise.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par patatarte2001, le 15 octobre 2014

    et l'on perçut un sanglot sauvage et animal comme seul peut en avoir un homme qui n'a encore jamais pleuré

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  • Par Gwen21, le 11 octobre 2014

    La plupart des gens n'ont qu'une imagination émoussée.

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  • Par Metaphore, le 24 mars 2013

    Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore…Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allé mendier, et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir. J’aurais rejeté tout ce que dans la société on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant un parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.
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  • Par paroles, le 24 avril 2014

    Le jeu révèle l'homme, c'est un mot banal, je le sais ; mais je dis, moi, que sa propre main, pendant le jeu, le révèle plus nettement encore. Car tous ceux ou presque tous ceux qui pratiquent les jeux de hasard ont bientôt appris à maîtriser l'expression de leur visage : tout en haut, au-dessus du col de leur chemise, ils portent le masque froid de l'impassibilité... Mais précisément parce que toute leur attention se concentre convulsivement sur ce travail de dissimulation de ce qu'il y a de plus visible dans leur personne, c'est-à-dire leur figure, ils oublient leurs mains...
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  • Par erellwen, le 04 avril 2010

    On ne vit pareille heure qu'une seule fois dans sa vie, et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions; moi non plus, je ne me serais jamais doutée, sans ce terrible hasard, avec quelle force du désespoir, avec quelle rage effrénée un homma abandonné, un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de la vie; éloignée pendant vingt ans, comme je l'avais été, de toutes les puissances démoniaques de l'existence, je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de chaleur et de glace, de vie et de mort, de ravissement et de désespérance.
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