> Alzir Hella (Traducteur)
> Olivier Bournac (Traducteur)

ISBN : 2253060224
Éditeur : Le Livre de Poche (2003)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.04/5 (sur 518 notes) Ajouter à mes livres
Scandale dans une pension de famille "comme il faut", sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un de ses clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...

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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lehane-fan, le 14 novembre 2011

    lehane-fan
    Une nouvelle nouvelle de Stefan Zweig qui confirme , si besoin était , son incroyable propension à captiver un lecteur en peu de mots !
    Le cadre de ce récit : une pension de famille renommée sur la Cote d'Azur debut XXe . Zweig focalise sa chronique sur les personnages . de la grande muraille Cannoise ou des jardins suspendus de la Roquette-sur-Siagne , merveilles emblematiques du sud de la France , pas un mot ! Dommage...
    Mrs C. , pensionnaire aristocratique Anglaise d'une distinction toute British , va profiter d'un évenement peu banal faisant écho à sa propre histoire , pour se confier , confesser ce qui lui pese depuis tant d'années , afin de ne plus en porter le fardeau . Ce n'est pas un religieux , auquel elle ne croit pas , mais un client à l'esprit ouvert qui fera office d'exutoire . Ici , point de rédemption espérée mais uniquement l'envie de dire sa blessure , de conter son tourment .
    Vingt-quatre heures comporte tres peu de dialogues mais s'assimile plus à un long monologue ou la psychologie des personnages a , de nouveau , la part belle . le lecteur a d'ailleurs l'impression d'etre véritablement partie prenante , le narrateur intervenant assez peu . L'on découvre , avec délectation , ces aveux circonstanciés , objets de tant de remords et cependant socles fondateurs d'une vie nouvelle .
    Mrs C. , jeune veuve quarantenaire , traine alors sa monotonie au casino , sorte de pélérinage rendu à son défunt mari . Elle tombera litteralement sous le charme de mains fines et alertes avant de se prendre d'affection pour son jeune proprietaire Hongrois qui lui rend pres de vingt ans . Malheureux au jeu , ce dernier est en passe de jouer sa derniere carte . La définitive . Forte de ses sentiments naissants , Mrs C. mettra tout en oeuvre afin qu'il en réchappe , au risque de se perdre...
    Passion amoureuse dévorante versus passion du jeu . Faites les votres , rien ne va plus !
    Un récit magistral porté par une plume redoutable . Zweig excelle dans l'art de camper des personnages simples et touchants . Les histoires ne sont jamais extraordinaires mais ont le don de réveler ou de réveiller les consciences . Superbe évocation du remord tout en pudeur et en retenue . Une sensibilité de tous les instants . Zweig magnifie l'Humain . Il est évident qu'une telle histoire , de nos jours , preterait certainement à sourire , les moeurs ayant quelque peu " évolué " nous faisant prendre ainsi conscience du fossé abyssal qui s'est creusé en pres d'un siecle . Ce qui passait pour inconcevable et outrancier à l'époque est désormais devenu monnaie courante...Société de consommation poussée à l'extreme , vacuité des sentiments inclue...
    Supreme paradoxe , ces vingt-quatre heures inoubliables furent l'élément marquant d'une vie à priori toute tracée mais , au final , qui fut le rédempteur ?
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    Critique de qualité ? (21 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 31 mai 2011

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Dès les premières pages, j'ai été happée par l'écriture de Stefan Zweig. Tout en pudeur et en retenue et exprimant pourtant tellement de choses.
    Une femme disparaît dans la pension où se trouve le narrateur pour les vacances. Tout le monde se met à la chercher jusqu'au moment où son mari trouve le mot qu'elle lui a laissé. « Ma femme m'a abandonnée » dit-il. A partir de ce moment les remarques et les reproches se mettent à fuser. Beaucoup se demandent comment une femme si respectable peut avoir abandonné mari et enfants pour un homme qu'elle ne connaissait que depuis quelques heures.
    Le narrateur, lui, prend sa défense. Il ne tente pas de justifier son geste, juste de leur expliquer qu'il est possible qu'une vie bascule en seulement quelques heures, sans que l'on ne l'ait véritablement choisi.
    C'est au cours d'une de leurs conversations qu'une vieille dame anglaise va entamer une discussion avec lui, en lui posant quelques questions. Sa théorie sur cette vie qui peut basculer en un rien de temps l'intéresse et elle cherche à en savoir plus.
    Son intérêt est dû au fait qu'elle comprend cette femme. Elle-même a vécu quelques heures qui chamboulent toute une vie. Elle va donc choisir le narrateur comme confident. Elle va choisir cet homme car elle a le sentiment que lui-seul peut comprendre ce qu'elle cache en elle depuis toutes ces années.
    C'est ainsi qu'après dîner, dans sa chambre, elle va parler de cette rencontre qui l'a bouleversée. Cette rencontre avec un jeune homme rongé par le jeu. Cet amour né en un éclair qui foudroie littéralement.
    Cet amour, tout comme l'écriture de l'auteur est tout en pudeur et pourtant, il dégage une force incroyable. La description des gestes, des sentiments nous emportent tellement ils sont décrits avec sensibilité et justesse.
    Un roman coup de poing. Quand ce qui nous arrive de mieux peut aussi être le pire.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 08 mars 2012

    nastasiabuergo
    Voici une nouvelle rondement menée, écrite avec délicatesse, une façon de "Sur la route de Madison" à la Stephan Zweig. Les confessions d'une vieille dame sur un épisode fugitif mais marquant (je l'écris de manière froide et tempérée, un "la confusion d'un éclair dans la vie d'une femme" serait sûrement mieux) de sa vie où deux passions se croisent, celle du jeu et celle de l'amour, pour en aboutir à une troisième, un peu comme celle selon Saint Mathieu.
    On ne prend pas grand risque à lire cette nouvelle, c'est rapide, c'est bien fait et, au pire, cela laisse indifférent mais je ne pense pas que l'on puisse la détester. Donc je la recommande bien volontiers et j'en garde un très bon souvenir. Zweig aborde la passion amoureuse sous l'angle du refoulé et du qu'en dira-t-on. L'opprobre ordinaire du jugement des autres est aussi abordé. Il nous conte avec un certain brio, l'histoire d'un fugitif éclair dans la noire monotonie de la vie d'une femme de la haute société d'il y a cent ans environ.
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 25 août 2011

    Eric75019
    Dans un style étincelant, Stefan Zweig nous livre dans ce court roman les confidences féminines d'une vieille anglaise, Mrs C… dont le cœur a chaviré quelques années plus tôt durant vingt-quatre heures, pour un inconnu rencontré dans un casino et devenu totalement accro au jeu.
    Tout ceci est raconté par le menu, lors d'un entretien accordé au narrateur. Mrs C… a été fascinée par cet inconnu et n'a pas immédiatement compris la nature de ses propres sentiments. Elle lui vient en aide et cherche à le sauver, mais est-ce pour le plaisir de se sentir à nouveau utile, de faire une bonne action ? Est-ce pour se donner une raison de revivre après un deuil ? Est-ce par commisération en le découvrant désespéré et anéanti sous une pluie battante ? Est-ce l'instinct maternel (elle veut lui « redonner vie » et considérer cette renaissance comme son œuvre) ? Quoiqu'il en soit, le coup de foudre qui survient, avec brutalité, alors qu'elle pense ne plus jamais revoir cet inconnu, fera de cette journée le plus mémorable épisode de sa vie.
    Ce roman n'exclut pas un ou deux rebondissements en fin de récit, qui prouvent, si cela devait encore être démontré, la profonde connaissance qu'a Stefan Zweig de la nature humaine.
    Ce petit roman (petit par son volume mais grand par le style éblouissant de son auteur) achève avec la lettre Z mon challenge ABC Critique de 2011.
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    Critique de qualité ? (14 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par noursette, le 04 avril 2012

    noursette
    Première expérience avec Zweig pour moi, mais très probablement pas la dernière !!!
    Ce livre, je l'ai dévoré très rapidement tant l'écriture s'y prête.
    J'ai eu envie, après avoir vu pas mal d'avis positifs, de découvrir cet auteur. La seule chose que je me dis en terminant ce roman est: pourquoi ne pas l'avoir faire avant ?
    Catalogué comme classique, c'est sans retenue que j'ai plongé dedans. Et plongé est un faible mot tant on se retrouve happé dans cette lecture.
    L'écriture fluide, les mots choisis avec soins, les dialogues côtoyant des descriptions envoûtantes, rien ne manque.
    On découvre ici les 24 heures très intenses d'une lady anglaise bien comme il faut, expliquées à un jeune homme qui est persuadé qu'un laps de temps de 24 heures peu totalement changer une femme, sa destinée, sa façon de voir les choses.
    Je ne m'attendais pas à l'histoire qui nous est contée, mais cette veuve m'a subjuguée.
    Sans spoiler, la description qu'elle fait des mains qu'elle voit devant elle est impressionnante et me restera en tête longtemps.
    Ce livre, m'a en parallèle fait réfléchir sur l'idée de départ, et je pense également que 24 heures peuvent tout changer.
    Un livre simple, sans fioriture, direct et franc que j'ai vraiment beaucoup aimé.

    Lien : http://lagrottedenoursette.wordpress.com/2012/04/04/vint-quatre-heur..
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Citations et extraits

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  • Par Outis, le 15 janvier 2009

    Je déclarai que cette négation du fait incontestable qu’une femme, à maintes heures de sa vie, peut-être livrée à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence, dissimulait seulement la peur de notre propre instinct, la peur du démonisme de notre nature et que beaucoup de personnes semblait prendre plaisir à se croire plus fortes, plus morales et plus pures que les gens « faciles à séduire ».
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    Citation de qualité ? (26 votes positifs)
  • Par Eric75019, le 25 août 2011

    Cependant parfois, très rarement, il y a des jours où cette beauté s'exalte, où elle s'impose, où elle fait crier avec énergie ses couleurs vives, fanatiquement étincelantes, où elle vous lance à la tête victorieusement la richesse bariolée de ses fleurs, où elle éclate et brûle de sensualité. C'était un pareil jour d'enthousiasme qui alors avait succédé au chaos déchaîné de la nuit d'orage ; la rue lavée de frais était toute brillante, le ciel était de turquoise et partout dans la verdure saturée de sève s'allumaient des bouquets, des flambeaux de couleurs. Les montagnes paraissaient soudain plus claires et plus rapprochées dans l'atmosphère calmée et baignée de soleil : elles se groupaient curieuses le plus près possible de la petite ville scintillante et astiquée à plaisir ; dans chaque regard on sentait l'invitation provocante et les encouragements de la nature, qui vous saisissait le cœur malgré vous :
    « - Prenons une voiture, dis-je, et faisons le tour de la Corniche. »
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  • Par erellwen, le 04 avril 2010

    On ne vit pareille heure qu'une seule fois dans sa vie, et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions; moi non plus, je ne me serais jamais doutée, sans ce terrible hasard, avec quelle force du désespoir, avec quelle rage effrénée un homma abandonné, un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de la vie; éloignée pendant vingt ans, comme je l'avais été, de toutes les puissances démoniaques de l'existence, je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de chaleur et de glace, de vie et de mort, de ravissement et de désespérance.
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  • Par colimasson, le 04 octobre 2011

    Et je sens de nouveau avec effroi quelle substance faible, misérable et lâche doit être ce que nous appelons avec emphase, l’âme, l’esprit, le sentiment, la douleur, puisque tout cela, même à son plus haut paroxysme, est incapable de briser complètement le corps qui souffre, la chair torturée, -puisque malgré tout, le sang continue de battre et que l’on survit à de telles heures, au lieu de mourir et de s’abattre, comme un arbre frappé par la foudre.
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  • Par Elvira, le 13 novembre 2011

    C’étaient des mains d’une beauté très rare, extraordinairement longues, extraordinairement minces, et pourtant traversées de muscles extrêmement rigides – des mains très blanches, avec, au bout, des ongles pâles, aux dessus nacrés et délicatement arrondis. Je les ai regardées toute la soirée, oui, je les ai regardées avec une surprise toujours nouvelle, ces mains extraordinaires, vraiment uniques ; mais ce qui d’abord me surprit d’une manière si terrifiante, c’était leur fièvre, leur expression follement passionnée, cette façon convulsive de s’étreindre et de lutter entre elles.
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Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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