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ISBN : B00AFDV7Y0
Éditeur : Flammarion (2013)

Existe en édition audio



Note moyenne : 4.08/5 (sur 961 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Scandale dans une pension de famille "comme il faut", sur la Côte d'Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d'un de ses clients, s'est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n'avait passé là qu'une journée...

Seul le narrateur tente de comprend... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 19 juillet 2012

    juliette2a
    Ce court roman de Stefan Zweig est vraiment passionnant ! Début du XXème siècle, alors qu'une jeune femme, Mme Henriette s'enfuit avec un homme qu'elle connait à peine, les pensionnaires d'un hôtel du Sud de la France se questionnent sur le coup de foudre et ses conséquences ; c'est alors qu'une vieille femme commence à apprécier le narrateur et lui raconte alors l'histoire qui a bouleversée sa vie : plus de vingt ans auparavant, Mrs. C..., veuve depuis peu de temps, se ballade à Monte-Carlo et rentre dans un Casino de la ville. Là, en observant les mains des nombreux joueurs, elle tombe par hasard sur celles d'un jeune homme passionnée qui va fasciner la jeune femme, ainsi, elle comprend que cet homme d'à peine vingt ans veut se donner la mort et fera tout pour l'en empêcher...Nous vivons alors vingt quatre heures intenses, où le désespoir, La Peur, le doute, la gentillesse, la bienvaillance, l'amour fou et la déception vont se cotôyer et vont bouleverser à jamais cette femme.
    Je me suis entièrement mise à la place du narrateur, écoutant attentivement la confession de cette femme touchante et sincère, qui, au fil des pages, prend confiance en elle et parvient à achever son histoire si singulière...Bref, j'ai beaucoup aimé ce roman de Stefan Zweig, auteur qui a une particularité bien à lui, c'est de passionner son lecteur ; d'aileurs, ce dernier n'a comme solution que de dévorer ce livre si délicieux.
    A lire absolument !!
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    • Livres 4.00/5
    Par NastasiaBuergo, le 17 octobre 2012

    NastasiaBuergo
    Voici un petit roman (une nouvelle pour certains, voir le P. S.) rondement mené, écrit avec délicatesse, une façon de "Sur la route de Madison" à la Stefan Zweig.
    Celui-ci nous sert les confessions d'une vieille dame sur un épisode fugitif, mais marquant, (je l'écris de manière froide et tempérée, un "l'indicible confusion d'un fulgurant éclair d'amour dans la vie calme et bien réglée d'une femme" serait sûrement mieux) de sa vie où deux passions se croisent : la passion du jeu et la passion amoureuse, pour en aboutir à une troisième, un peu comme celle "selon Saint Mathieu".
    Arrivée à une âge respectable, une femme de la haute société en villégiature sur la Côte d'Azur voit se dérouler sous ses yeux un épisode qui fait écho à quelque chose qu'elle a éprouvé, elle, un jour dans sa vie. Un amour ancien, fugace, une seconde de sa vie, un total abandon pour un homme dévoré par le démon du jeu (un peu à la façon du Joueur de Dostoïevski).
    La description des mains du joueur (et puisque j'ai déjà commencé par une comparaison cinématographique) pourrait faire penser aux fameux cadrages serrés si chers et si caractéristiques des films de Sergio Leone et demeure selon moi le sublime morceau de ce livre.
    Stefan Zweig aborde la passion amoureuse sous l'angle du refoulé et du qu'en dira-t-on. L'opprobre ordinaire du jugement des autres est aussi abordé. Il nous conte avec un certain brio, l'histoire d'un fugitif éclair dans la noire monotonie de la vie d'une femme de la haute société d'il y a cent ans environ, le palpitement de ces chairs qui n'ont pas toujours été calmes et sages.
    On ne prend pas grand risque à lire ce roman, c'est rapide, c'est bien fait et, au pire, cela laisse indifférent mais je ne pense pas que l'on puisse le détester. Donc je le recommande bien volontiers et j'en garde un très bon souvenir sans toutefois le placer au niveau stratosphérique de La confusion des sentiments qui m'a tant ravie. Mais cette considération hautement subjective n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand-chose.
    P. S. : Pour répondre à mon ami Lecassin, les gens de chez Stock ont probablement raison de dénommer cet écrit "roman" et non "nouvelle". La taille n'a pas grand chose à voir là-dedans, c'est simplement que la narration se déroule sur deux moments distincts, et il y a même deux narrateurs, ce qui, par définition, sert à distinguer une nouvelle d'un roman. Donc, oui, je pense que l'on doit appeler ce livre un roman et non une nouvelle, mais dans l'absolu, cela n'a pas beaucoup d'importance.
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    • Livres 5.00/5
    Par Laurence64, le 27 mars 2013

    Laurence64
    Il suffit de si peu pour qu'une vie bascule. Il suffit d'un petit rien pour que s'éveille en l'homme ce qui était étouffé, méconnu.
    On peut vivre dans l'ignorance de soi. On peut aussi céder brutalement à ses pulsions inconscientes. On peut courir à sa perte, poursuivre le rêve qui s'annonce.
    On peut choisir la raison ou bien la déraison. Sans aucune impression de choix tant la passion est impérieuse.
    Comme souvent, Zweig marche dans les traces de cette Psychanalyse naissante qui l'enthousiasmait. Vingt-quatre heures de la vie d'une femme, c'est une plongée en apnée dans les méandres intimes d'une histoire humaine unique, dans laquelle pourtant nous retrouvons toujours une part de soi. Si différents, si semblables…
    Dans une pension de famille de la Côte d'Azur où les couples de notables jouent leur rôle de notables, socialement corrects, politiquement lisses, bien engoncés dans leur costume conventionnel, un scandale scandaleusement bienvenu pour gripper la routine ébranle ce petit monde aux popotins assis sur du rembourrage confortable.
    Madame Henriette a filé à l'anglaise, abandonnant veaux, vaches, cochons, époux et enfants. Tout cela pour s'en aller commettre le crime de batifolage.
    La médisance est ouverte. On cause, on cause, on s'en donne à coeur joie. Mauvaise femme, mauvaise épouse, mauvaise tout.
    Le suicide social est réussi mais comment expliquer l'inexplicable?
    Face aux pensionnaires-juges, deux personnes font preuve de mansuétude plutôt que de condamner: le narrateur (Zweig?) et cette vieille dame (anglaise) à laquelle Zweig va laisser la parole.
    Un long monologue vient alors faire écho à la désertion de la frivole Madame Henriette.
    Jadis, cette veuve parfaite vit sa vie basculer dans un casino. Il ne faut pas longtemps pour se dérouter lorsqu'un regard, un geste, des mains, un quelque chose s'adresse à autre chose que notre conscience. Lorsque le fantasme se déclenche.
    Le jeune homme était désoeuvré. le jeune homme était joueur et se perdait dans le jeu. Il semblait désespéré.
    La mémoire du mari défunt fit long feu. Mrs C se lança à corps perdu et à raison égarée dans cet amour aussi nouveau que soudain.
    Elle mit une majuscule au mot Amour et l'emplit de ce qui vraisemblablement lui faisait défaut dans son existence: dévouement, altruisme, compassion.
    Passion de l'autodestruction contre passion du sauvetage à tout prix. Passion du jeu contre passion de l'oubli de soi qui fait se sentir vivant.
    L'épisode ne dure que vingt-quatre heures.
    La passion foudroyante de Mrs C. ne connaît pas l'issue heureuse à laquelle elle s'était accrochée, en laquelle elle voulait éperdument croire..
    Et ces quelques heures ont marqué à jamais son existence. Dans cette perte de contrôle de soi, reste l'incompréhensible, irréductible à tout entendement.
    En bon disciple de Freud, Zweig souligne la nécessité d'accueillir la parole: "Cela m'a fait du bien d'avoir pu vous raconter cela. Je suis maintenant soulagée et presque joyeuse... Je vous en remercie."
    Moi, je remercie Zweig.
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    • Livres 5.00/5
    Par lecassin, le 01 juin 2012

    lecassin
    Stefan Zweig est très souvent considéré comme l'un des maîtres de la nouvelle longue. « Vingt-quatre heures de la vie d'une femme » en est l'illustration même, malgré l'indication « roman » qui figure sur l'édition de la « Bibliothèque Cosmopolite Stock » de 1990.
    Une double histoire, en fait, partie d'un fait divers : nous sommes au début du vingtième siècle dans une pension de la Riviera française. On découvre que Madame Henriette, femme de l'un des pensionnaires - une femme « comme il faut » - est partie avec un jeune homme, brièvement rencontré à l'hôtel…
    Un événement qui suscitera un grand émoi et une véhémente condamnation parmi les pensionnaires, dont la vie respectable inhibe la possibilité d'un regard porté au delà des apparences … Seul le narrateur prendra la défense de l'infidèle… Il recevra, dans sa démarche, le soutien d'une vieille dame anglaise, « sèche et distinguée » qui, au cours d'une longue confession lui exprimera quelle flamme intérieure cette passion subite ravive en elle et comment vingt-quatre heures de sa vie ont pu prendre une place prépondérante dans son souvenir…
    L'occasion pour Stefan Zweig de mettre en parallèle la passion amoureuse et la passion du jeu. Ajoutons à cela une rare talent d'observation, et nous sommes face à un des « romans » les plus attachants de la littérature germanique du vingtième siècle dont Maxime Gorki disait « n'avoir jamais rien lu d'aussi profond ».
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    • Livres 4.00/5
    Par Aline1102, le 13 mai 2013

    Aline1102
    Le narrateur, dont on ne connaît pas le nom, séjourne dans une petite pension voisine d'un grand hôtel de la Côté d'Azur, lorsque celui-ci est le théâtre d'un drame conjugal retentissant. Mme Henriette, l'épouse d'un homme d'affaires, s'est enfuie avec un jeune homme alors que tout laisse à penser qu'elle ne l'a jamais rencontré avant leur séjour commun à l'hôtel. Cette fuite, très discutée le lendemain, fait l'objet de vifs affrontements à la table de notre narrateur, puisque ce dernier défend bec et ongles le comportement de Mme Henriette contre les deux couples qui partagent sa table, lesquels refusent de croire au « coup de foudre » d'une femme qui, visiblement, s'ennuyait dans son couple.
    Mrs C... une autre compagne de table du narrateur, semble plus qu'intéressée par sa position. Cette vieille anglaise très distinguée apprenant que notre narrateur va quitter la pension, décide de lui confier un secret. Elle veut lui parler d'une période de vingt-quatre heures qui a agité sa vie de femme quelques vingt années plus tôt, au cours de laquelle elle s'est enflammée pour un jeune homme de l'âge de son fils qu'elle n'avait, jusqu'alors, jamais encore rencontré...

    J'ai trouvé de grandes similitudes entre ce court roman et Le Joueur d'échecs, puisque le jeune homme rencontré ici par Mrs C... est obsédé par une passion qui le consume petit à petit. Ici, il s'agit de la passion du jeu.
    Le suspense est tout aussi psychologique que dans Le Joueur d'échecs puisque, tout au long du roman, la question principale est de savoir si Mrs C... va parvenir à sauver son jeune compagnon de cette obsession qui le ronge. Mrs C... essaye, allant jusqu'à lui prêter de l'argent pour qu'il rentre chez lui et oublie le casino de Monte-Carlo, où il est en train de perdre non seulement toute sa fortune, mais également sa raison. Mais la sollicitude et la passion de Mrs C..., jeune veuve de quarante-deux ans, suffiront-elles à sauver le jeune homme ?
    J'ai été particulièrement frappée par le contraste entre la Mrs C... qui raconte son histoire au narrateur et celle qui vécut cette aventure au casino de Monte-Carlo. La première nous est décrite comme une femme d'une élégance discrète et de bon ton par le narrateur ; la seconde, racontée par elle-même, est une femme agitée par un océan d'émotions : le désespoir de son veuvage et la violence de la passion après sa rencontre avec ce jeune homme. Il est difficile d'imaginer cette vieille dame si digne amoureuse d'un homme de près de vingt ans son cadet et pourtant, c'est bien ce qu'il lui est arrivé... C'est toute son éducation, toute sa vie passée que Mrs C... est prête à remettre en question et à oublier pour un homme avec lequel elle ne passera que quelques heures.
    Les descriptions de Zweig sont très précises et nous plongent sans pitié dans l'intensité du récit dans le récit qui, malgré sa brièveté, se révèle particulièrement puissant. L'auteur se lance, notamment, dans une description des mains du jeune homme lorsqu'il joue à la roulette et ces quelques pages permettent de comprendre, déjà, à quel point le récit des vingt-quatre heures de la vie de Mrs C. va être agité...
    Vingt-quatre heures peuvent-elles changer toute une vie ? Après avoir lu ce récit de Zweig, on ne peut que répondre par l'affirmative.
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Citations et extraits

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  • Par Syl, le 15 mai 2013

    "- Et si demain vous rencontriez Mme Henriette, par exemple à Nice, au bras de ce jeune homme, la salueriez-vous ?
    – Certainement.
    – Et lui parleriez-vous ?
    – Certainement.
    – Si vous… si vous étiez marié, présenteriez-vous à votre épouse une femme pareille, tout comme si rien ne s’était passé ?
    – Certainement.
    – Would you really ? dit-elle de nouveau en anglais, avec un étonnement incrédule et stupéfait.
    – Surely I would, répondis-je également en anglais, sans m’en rendre compte."
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  • Par erellwen, le 04 avril 2010

    On ne vit pareille heure qu'une seule fois dans sa vie, et cela n'arrive qu'à une personne parmi des millions; moi non plus, je ne me serais jamais doutée, sans ce terrible hasard, avec quelle force du désespoir, avec quelle rage effrénée un homma abandonné, un homme perdu aspire une dernière fois la moindre goutte écarlate de la vie; éloignée pendant vingt ans, comme je l'avais été, de toutes les puissances démoniaques de l'existence, je n'aurais jamais compris la manière grandiose et fantastique dont parfois la nature concentre dans quelques souffles rapides tout ce qu'il y a en elle de chaleur et de glace, de vie et de mort, de ravissement et de désespérance.
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  • Par Outis, le 15 janvier 2009

    Je déclarai que cette négation du fait incontestable qu’une femme, à maintes heures de sa vie, peut-être livrée à des puissances mystérieuses plus fortes que sa volonté et que son intelligence, dissimulait seulement la peur de notre propre instinct, la peur du démonisme de notre nature et que beaucoup de personnes semblait prendre plaisir à se croire plus fortes, plus morales et plus pures que les gens « faciles à séduire ».
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  • Par Metaphore, le 24 mars 2013

    Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore…Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allé mendier, et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir. J’aurais rejeté tout ce que dans la société on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant un parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.
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  • Par Eric75019, le 25 août 2011

    Cependant parfois, très rarement, il y a des jours où cette beauté s'exalte, où elle s'impose, où elle fait crier avec énergie ses couleurs vives, fanatiquement étincelantes, où elle vous lance à la tête victorieusement la richesse bariolée de ses fleurs, où elle éclate et brûle de sensualité. C'était un pareil jour d'enthousiasme qui alors avait succédé au chaos déchaîné de la nuit d'orage ; la rue lavée de frais était toute brillante, le ciel était de turquoise et partout dans la verdure saturée de sève s'allumaient des bouquets, des flambeaux de couleurs. Les montagnes paraissaient soudain plus claires et plus rapprochées dans l'atmosphère calmée et baignée de soleil : elles se groupaient curieuses le plus près possible de la petite ville scintillante et astiquée à plaisir ; dans chaque regard on sentait l'invitation provocante et les encouragements de la nature, qui vous saisissait le cœur malgré vous :
    « - Prenons une voiture, dis-je, et faisons le tour de la Corniche. »
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Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, interview du dessinateur Guillaume Sorel .
Interview du dessinateur Guillaume Sorel au Salon du Livre de Paris 2012 à l'occasion de la sortie de l'album Les Derniers jours de Stephan Zweig en BD, par Laurent Seksik et G. Sorel (chez Casterman).











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