> Céline Romand-Monnier (Traducteur)

ISBN : 2253072834
Éditeur : Le Livre de Poche (2004)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Asne Seierstad a vécu le printemps qui suivit la défaite des taliban chez Sultan Khan, libraire à Kaboul. Elle nous fait partager, dans ce récit très vivant et toujours respectueux, la vie quotidienne des épouses, enfants, frères et sueurs d'une famille où chaque destin... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Missbouquin, le 04 octobre 2011

    Missbouquin
    L'auteur
    Née en 1970, Asne Seierstad est une journaliste indépendante norvégienne. Elle a été correspondante de guerre lors de plusieurs conflits, notamment en Afghanistan puis en Iraq en 2003. Dans les deux cas, elle en a tiré un livre, dont Le Libraire de Kaboul.
    Le livre
    Après la chute des talibans en 2001, Asne Seierstad a vécu de longs mois avec la famille dont elle raconte l'histoire, dans leur quotidien, leurs épreuves et leurs croyances. A partir du personnage central de Sultan, libraire à Kaboul, elle dépeint des événements touchant sa famille, lointaine ou proche. Les épisodes se suivent dans une chronologie assez lâche mais qui nous permet cependant de suivre un morceau de vie de pratiquement chaque membre de la famille de Sultan. Comme Asne est occidentale, elle a eu la chance de pouvoir côtoyer à la fois les hommes et les femmes, les interdictions touchant ces dernières ne pouvant lui être appliquées. Elle nous livre ainsi un témoignage poignant et vrai, qui est pour moi la continuité du livre de Khaled Hosseini, Mille soleils splendides, relatant la vie de deux femmes sous les talibans.
    Ce que j'en ai pensé
    Je ne peux pas vraiment dire que j'ai "aimé" ce livre. Parce qu'il est difficile de dissocier le fonds de la forme et que la moindre chose que j'ai lu m'a révulsé, indigné, choqué, etc. de la même manière que le livre d'Hosseini, j'ai reposé ce livre en ayant envie de vomir et en me disant que j'avais bien de la chance de vivre en France ... Je sais je sais, vous allez me dire que j'exagère, que c'est facile de dire ça, que c'est couru d'avance. Et pourtant, c'est ce que j'ai ressenti.
    Le style en soi n'était pas gênant, très journalistique, il va droit au fait, sans fioritures ni poésie. Et c'est pour cela aussi que toutes ses phrases vont droit au cœur. Elle laisse une grande place au contexte historique, n'hésitant pas à faire des retours en arrière sur les cinquante dernières années pour expliquer pourquoi l'Afghanistan est ce qu'il est aujourd'hui.
    J'ai ressenti beaucoup de malaise vis-à-vis de ce pays si différent, qui paraît si différent, suspendu en un autre temps. Il nous donne l'impression d'être un pays ouvert aux quatre vents, qui a perdu sa culture (ahhh ma douleur quand les talibans font sauter les superbes bouddhas de Bâmiyân), qui ne sait vers qui se tourner tant il a été trahi, pillé et détruit. Un pays blessé. Un pays dans lequel un des personnages avoue ne pas pouvoir être fier d'être Afghan.
    On comprend dans un certain sens que la seule continuité historique est celle de l'islam. Qu'il règle la société, toutes les relations, même au cœur de la famille. Qu'il régit des vies entières et peut décider de la mort de n'importe lequel de ses croyants.Qu'il décide des comportements de chacun, et particulièrement de ceux des femmes.
    C'est justement la situation de ces dernières qui m'a rendu ce livre insoutenable. Elles ne sont pas seulement bridées, voilées, méprisées, battues, mais elles sont surtout considérées comme des êtres inférieurs, parfois pire que des animaux. Comment peut-on qualifier des gens d'humains quand une mère ordonne à ses fils d'étouffer sa fille car elle a rencontré un garçon au parc ? Comment peut-on les qualifier d'humains quand la femme doit monter dans le coffre d'un taxi s'il y a un homme qui y monte ? Comment peut-on excuser tout ça ?
    Une des choses qui m'a le plus frappée est que même des gens cultivés se conduisent ainsi. Sultan par exemple, qui est libraire, a beaucoup lu, il a été à l'étranger, il est sensible, il veut rétablir la culture afghane. Et pourtant il se conduit comme les autres avec ses femmes et ses filles.
    Comment un pays peut-il évoluer quand une seule partie de la population a le droit de parler ? Quand des intelligences entières ont déjà été étouffées par les talibans qui ont interdit aux filles d'aller à l'école ? Comment un pays peut-il se moderniser quand on peut lapider une femme pour adultère et qu'un homme doit simplement payer une amende ? Comment peut-on jouer la vie de sa fille pour une question de soi-disant honneur ?
    Je vais peut-être m'arrêter là, mais vous avez sûrement compris mon propos. Certes j'ai été énormément touchée par ce livre parce que je suis une femme. Mais je pense que c'est surtout que j'ai été élevée dans un respect et un amour total pour la liberté des individus, qui est pour moi la plus sacrée de toutes les choses. Et cela me semble inimaginable que l'on puisse empêcher des femmes d'émigrer si elles sont pauvres, de suivre des cours à l'université (certes désormais elles le peuvent, mais toujours voilées et elles ne doivent pas fréquenter des garçons, ce qui rend la chose parfois difficile ...), de les forcer à se marier, de les vouer à être des servantes toute leur vie. L'histoire de Leila m'a particulièrement marquée : cette jeune fille de 18 ans est la plus jeune de la famille et sert de servante pour tous, elle essaye de s'en sortir en devenant enseignante mais la bureaucratie est telle, mêlée aux traditions (par exemple, elle ne peut aller dans les bureaux sans être accompagnée par un homme), qu'elle finit par renoncer. Et pourtant l'Afghanistan a plus que tout besoin de l'école et de culture ! Pour sortir ces gens d'un engrenage de guerre, d'analphabétisme, de pauvreté. Pour qu'ils deviennent fiers de leur pays et avoir envie de le reconstruire.
    "Qu'il soit un jour fier d'être afghan. Qu'il soit un jour fier de lui-même et de son pays et que l'Afghanistan soit respecté dans le monde."
    PS : depuis 2002, le pays a peut-être changé, je serai curieuse et heureuse de le savoir ...

    Lien : http://wp.me/p1Gkvs-eX
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    • Livres 3.00/5
    Par raton-liseur, le 26 février 2011

    raton-liseur
    Ce livre ne raconte pas une histoire, mais est plus une série de portraits d'hommes et de femmes, une série d'instants capturés sur le papier. Tous ces personnages appartiennent à la famille élargie de Sultan Khan, un des plus importants libraires de Kaboul. Toutes ces anecdotes, ces moments de vie, se passent au printemps 2002, quelques mois après la chute des Talibans, quand le pays se met, d'abord timidement, à espérer à nouveau et à oser braver les interdictions extrémistes. C'est le temps où la musique revient, ou le vernis à ongles est à nouveau licite...
    Des trois mois qu'elle a partagés avec la famille de Sultan Khan, la journaliste Åsne Seierstad nous livre ce reportage en forme de courts chapitres que l'on pourrait presque lire indépendamment les uns des autres. Son témoignage me semble essayer d'être aussi objectif que possible, et j'aimerais notamment relever sa façon de traiter le sujet de la condition féminine. Ses sentiments personnels ne sont évoqués que dans son introduction, tandis que dans le livre en lui-même elle fait un gros effort pour rendre aussi fidèlement que possible le point de vue des femmes de la famille, faisant la part entre les restrictions talibanes qu'elles rejettent avec plaisir ou soulagement et les traditions, croyances et façon de vivre auxquelles elles adhèrent, avec plus ou moins de bonheur certes mais sans jamais réellement les remettre en cause. La ligne entre les deux n'est pas là où beaucoup d'entre nous la croient, et c'est tout l'enjeu du demain de l'Afghanistan.
    Un livre sans thèse, qui ne cherche qu'à mieux cerner une réalité que l'on nous présente souvent de façon trop simpliste. Un témoignage intéressant, qui se lit facilement et que je recommande non pour ses qualités littéraires mais pour l'éclairage qu'il apporte. On se demande, en refermant ce livre ce que cette famille est devenue, comment elle a fait face à la période des espoirs déçus qui a suivi cette sorte d'état de grâce qu'a représenté le printemps 2002.
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 15 octobre 2011

    litolff
    Les journaux télévisés ont débordé d'informations sur l'Afghanistan. Kaboul, les taliban, la guerre… Mais jamais ou rarement sont-ils entrés dans l'intimité d'une famille Afghane. Ane Seierstad nous fait pénétrer dans ce cercle familial régi avec autorité par Sultan Khan, le libraire.
    L'auteur, tout en restant parfaitement impartiale nous fait partager la terrible condition des femmes entièrement soumises à leurs époux, leur extrême impuissance, leur résignation à un sort imposé par les hommes. Leur peur.
    Sa condition d'occidentale lui a permis d'observer de près les femmes comme les hommes (ainsi qu'elle l'a dit elle-même, elle pensait être considérée comme une espèce d'hermaphrodite !!!), et même, parfois, d'intervenir en faveur de la fille cadette, Leila, qui sert d'esclave à toute sa famille, bien qu'elle soit probablement la plus éduquée de la maison.
    Encore un livre qui nous fait mesurer la chance que nous avons, quand on est une femme, de vivre dans un pays occidental !
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    • Livres 4.00/5
    Par annie, le 05 août 2008

    annie
    2004 Prix des Lecteurs du Livre de Poche - le Choix des Libraires
    Asne Seierstad a vécu le printemps qui suivit la défaite des taliban chez Sultan Khan, libraire à Kaboul.
    Elle nous fait partager, dans ce récit très vivant et toujours respectueux, la vie quotidienne des épouses, enfants, frères et sueurs d'une famille où chaque destin est riche d'émotion et dont le chef incontestable est Sultan, l'amoureux des livres. "
    Quand les communistes sont arrivés, raconte-t-il, ils ont brûlé tous mes livres, après il y a eu les moudjahidin, trop occupés à se battre entre eux pour se soucier de moi, mais une fois le régime des taliban installé, mes livres étaient de nouveau condamnés au bûcher. "
    À travers cette chronique saisissante, c'est un Afghanistan aux mille facettes que l'on découvre, un pays en ruine et en pleine renaissance où un peuple tente timidement de se défaire du passé dans l'espoir d'une vie meilleure.

    Biographie :
    Åsne Seierstad est licenciée de l'Université d'Oslo en russe, espagnol et Histoire des idées.
    En tant que correspondante de guerre, elle a couvert les conflits en Irak (2003) et en Afghanistan (2001) pour les médias scandinaves.
    Elle a travaillé à l'émission "Dagsrevyen" de la NRK entre 1998 et 2000, période pendant laquelle elle a, entre autre, couvert le conflit au Kosovo.
    Elle fut correspondante pour le journal Arbeiderbladet en Chine en 1997, en Russie de 1993 à 1996.
    Elle a reçu une série de prix nationaux et internationaux récompensant ses travaux de journaliste et ouvrages littéraires.
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    • Livres 2.00/5
    Par fragglec1974, le 18 octobre 2011

    fragglec1974
    Une lecture en demi teinte, pas désagréable mais loin d'être satisfaisante.
    L'auteur
    Asne Seierstad est une journaliste norvégienne. Elle a couvert la chute des Taliban à Kaboul fin 2001 et après cette période, elle s'est plongée dans l'ambiance post taliban en passant 5 mois dans une famille. Ce livre est le récit de cette période, le portait des membres de cette famille.
    Ce que j'en ai pensé
    C'est un récit neutre, objectif et documenté, mais comme le précise l'auteur, elle a voulu lui donner « l'aspect de la fiction« , elle a ainsi renommé les personnes qu'elle met en scène. Jamais l'auteur ne s'exprime dans ces lignes, on ne saura rien de ces ressentis face à des situations parfois très violentes auxquelles elle assiste ou qu'on lui raconte.
    Elle a appelé son livre Le Libraire de Kaboul, on pouvait donc s'attendre à ce que ce livre mette en scène un homme se battant pour une certaine vision de la culture et de la liberté d'expression. Bien au contraire, l'homme en question décrit ici apparait plus comme un dictateur, pour qui les livres ne sont qu'un moyen d'accroitre sa fortune et son pouvoir. Il apparait comme un homme sans pitié aucune, refusant jusqu'à l'école pour ses enfants.
    Mais surtout l'homme en question, Sultan, et ses activités de libraire sont bien décrites au début, mais on passe ensuite très vite aux autres membres de la famille (chaque chapitre mettant en scène l'un des membres) et finalement le fait qu'il soit libraire est juste en toile de fond, le titre du livre pour cela est donc bien trompeur.
    Si ce livre a le mérite de raconter de l'intérieur le quotidien d'une famille et plus particulièrement des femmes avant, pendant et après l'ère des Taliban (dans le chapitre dédié aux femmes et à leur vie sous leur burkas, l'auteur semble d'ailleurs émettre un jugement quand elle nomme les femmes, « les burkas »), mais il apporte au final assez peu d'informations vraiment nouvelles ou pertinentes (il a été écrit en 2002 et à ce moment, on savait surement moins ce qui s'était passé et comment la vie s'organisait en Afghanistan).

    Mais je crois surtout que j'aurais aimé lire une post face bien plus développée où l'auteur aurait mieux expliqué comment c'était passé ces 5 mois et son ressenti face à certaines situations intolérables et si pleines d'injustice.

    Lien : http://delphinesbooksandmore.fr/le-libraire-de-kaboul-dasne-seierstad
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Citations et extraits

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  • Par latina, le 23 décembre 2011

    Le pays n'a quasiment pas de matériel d'enseignement en ce printemps où les écoles ouvrent à nouveau. Ceux que les gouvernements moudjahed et taleb avaient édités sont inutilisables, les enfants du cours préparatoire apprenaient l'alphabet de la manière suivante :
    "D comme Djihad, notre but en ce monde,
    I comme Israël, notre ennemi,
    K comme Kalachnikov, nous allons vaincre,
    M comme Moudjahidin, nos héros ..."
    Même dans les livres de maths, la guerre jouait un rôle central. Les écoliers - les taliban ne faisaient pas de livres pour les filles - ne comptaient pas en pommes et en gâteaux, mais en balles et en kalachnikovs. Les exercices pouvaient ressembler à quelque chose comme :
    "Le petit Omar a une kalachnikov avec trois magasins. Dans chaque magasin, il y a 20 balles. Il utilise deux tiers de ses balles et tue soixante mécréants. Combien de mécréants tue-t-il avec une balle?"
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Le mariage est une sorte de petite mort. Pendant les premiers jours qui le suivent, la famille de la mariée est endeuillée comme lors d'un enterrement. On a perdu, vendu ou donné une fille. C'et surtout les mères qui portent le deuil, elles qui ont toujours tout su sur leur fille, où elle allait, qui elle rencontrait, ce qu'elle mangeait. Elles ont passé la plus grande partie de chaque journée ensemble, elles se sont levées en même temps, ont balayé la maison ensemble, ont cuisiné ensemble. Après le mariage, la fille disparaît, elle passe d'une famille à l'autre. Complètement. Elle ne vient pas rendre visite à sa famille quand bon lui semble, mais uniquement quand son mari l'y autorise, et sa famille non plus ne peut pas se rendre chez elle sans y être invitée.
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Ce récit est avant tout l'histoire d'une famille afghane. Il en existe des millions d'autres et celle-ci n'est pas même représentative. Elle est issue d'une sorte de classe moyenne, si l'on peut parler d'une telle classe dans la société afghane. Certains de ses membres ont fait des études, plusieurs savent lire et écrie. Ils ne manquent pas d'argent et ne meurent pas de faim.
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  • Par litolff, le 26 novembre 2010

    Le désir d’amour d’une femme est tabou en Afghanistan. Il est interdit aussi bien par le stric code de l’honneur des clans que par les mollahs. Les jeunes gens ne peuvent prétendre à aucun droit de se rencontrer, de s’aimer, de choisir. L’amour a peu à coir avec la romance, qui bien au contraire peut constituer un crime grave, puni de mort. Les indisciplinés sont assassinés de sang-froid. Quand un seul des deux subit la peine de mort, c’est toujours, sans exception, la femme.

    Les jeunes femmes sont avant tout un objet d’échange ou de vente.
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  • Par lisa3, le 30 novembre 2010

    Une femme prie dieu que dans sa prochaine vie elle soit pierre plutôt que femme.
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