ISBN : 2742785663
Éditeur : Actes Sud (2009)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 58 notes) Ajouter à mes livres
La saison des lucioles s'est terminée.
Nos rendez-vous secrets se poursuivaient. Personne ne savait ce qui se passait entre nous. Monsieur Horibe venait toutes les semaines chez moi après le coucher du soleil et partait peu avant minuit, sans exception. A chaque ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 22 juin 2010

    caro64
    Hotaru (lucioles en japonais) est malheureusement le dernier tome de la pentalogie "Le poids des secrets", tout aussi beau et émouvant que les autres. L'écriture reste merveilleusement poétique, le style toujours minimaliste.
    Il me semblait difficile de parler séparément de ces cinq romans (voir Wasurenagusa, tome 4). J'ai donc relu les quatre précédents, avec autant de plaisir, pour vous donner un avis d'ensemble.

    Avec "Le poids des secrets", Aki Shimazaki nous livre l'histoire intime de deux familles japonaises. Cette histoire comprend 5 petits tomes d'une centaine de pages chacun qui sont un vrai délice.
    Lorsqu'on ouvre l'un de ces romans, on est immédiatement séduit par le style d'Aki Shimazaki, par ses descriptions épurées caractérisées par des phrases courtes, très condensées, proches de l'art du haïku. Il faut savoir qu'elle écrit directement en français et non dans sa langue maternelle.
    Un fil romanesque, qui se tisse autour du thème des origines, de l'identité et de la lignée, court tout au long des volumes et prend pour décor des périodes particulièrement traumatisantes de l'histoire du Japon : tremblement de terre dévastateur de 1923 et massacre d'immigrés coréens, lancement des bombes atomiques en 1945, déportation des Japonais de Mandchourie en Sibérie. C'est dans ces contextes difficiles que vont se jouer les destinées des familles Horibe et Takahashi.
    Les cinq récits kaléidoscopiques qui s'enchâssent et se font écho composent un bouquet naturaliste d'une grande force symbolique. Chemin faisant, comme des petits cailloux, l'auteure sème tout en douceur ses collectes florales - Tsubaki (camélia), Wasurenagusa (myosotis) - ou animales - Hamaguri (palourde), Tsubame (hirondelle), Hotaru (luciole) - et livre les clés de compréhension de l'histoire de plusieurs générations de la famille Takahashi.
    Chaque roman est axé sur un personnage différent, et est écrit de manière subjective, ce qui permet de prendre connaissance de secrets qui pourront très bien ne jamais être dévoilés aux autres protagonistes. Tout l'art de Aki Shimazaki réside dans ces changements de perspectives.
    Infidélité, mensonges, parricide, poids des origines, les secrets pèsent lourds. le destin frappe à la porte de Youkiko, Yukio, Mariko, Kenji et de Tsubaki ; le sens caché des actes se révèle à la vue d'un camélia ou d'une hirondelle ; les personnages disparues se manifestent au-delà de la mort…
    Le canevas des récits, sous une apparente simplicité, révèle un maillage complexe qui pousse à lire ces cinq tomes sous toutes les coutures et de toutes les manières possibles, par le début ou par la fin, d'une traite ou à petits pas.
    Aki Shimazaki pose avec ce cycle romanesque incontournable les fondations d'une œuvre passionnante à la force tranquille.
    La collection en format poche semble épuisée mais Actes Sud (dans sa collection Babel) vient de sortir un coffret les réunissant, avec toujours d'aussi belles couvertures. Une heureuse initiative pour découvrir ou relire cette fabuleuse saga japonaise !
    C'est grâce à Mia que j'ai découvert cette pentalogie. Un grand merci donc pour cette belle découverte littéraire !

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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 22 juin 2010

    caro64
    Suite de ma critique ci-dessous...
    Rappel des cinq tomes constituant "Le poids des secrets" , l'histoire des deux familles Horibe et Takahashi : Tsubaki (1999), Hamaguri (2000), Tsubame (2001), Wasurenagusa (2003), Hotaru (2004).
    1 - Tsubaki (fleur de camélia en japonais) s'attache à Yukiko Horibe, survivante de Nagasaki et exilée après la guerre dans ce pays.
    La narratrice en est une jeune femme d'origine japonaise, Namiko, vivant dans un pays non précisé, mais qu'on devine être le Canada. Sa mère, Yukiko, vient de mourir en lui laissant deux lettres, l'une adressée à un frère dont la narratrice ignorait l'existence, l'autre qui lui est destinée. Yukiko y confesse un meurtre, commis au Japon alors qu'elle était adolescente ...
    Ce premier roman du cycle sert d'introduction et permet d'avoir une vue globale des événements, sans pour autant saisir à fond les motivations de chacun, les liens qui semblent unir deux familles. C'est ce qui fait une grande part de l'intérêt de l'ensemble.

    2- Hamaguri (palourde japonaise) relate la vie de Yukio Takahashi, le demi-frère de Yukiko, qui se révèle un personnage particulièrement attachant. Devenu adulte, il ne possède pas encore toutes les parties du puzzle…
    3- Tsubame (hirondelle, oiseau annonciateur de la renaissance et du printemps. ) se consacre à Mariko Takahashi, la mère de Yukio. C'est par elle que se rejoignent les histoires des deux familles. Elle nous y dévoile le secret de ses origines, qui est peut-être le plus lourd, le plus douloureux de tous car elle ne pourra jamais l'avouer à son fils Yukio et à sa famille. Ce livre aborde également la difficulté d'être Coréen au Japon…

    4- WASURENAGUSA (myosotis, qui signifie "ne m'oublie pas" en japonais) est le récit de Kenji Takahashi, mari de Mariko et père adoptif de Yukio. On découvre un homme attachant, profondément humain, qui possède lui aussi son lot de secrets...
    5 - Hotaru (lucioles) regroupe les confidences de Mariko à sa petite-fille Tsubaki, fille de Yukio, sur sa vie de femme amoureuse. Nous apprenons enfin les derniers secrets de sa vie…
    Ce n'est qu'en refermant Hotaru, achevant ainsi la pentalogie, qu'on se rend compte à quel point L Histoire a infléchi les destinées des deux familles, dont les secrets ont été enfouis sous les décombres du Kantô-Daishinsai, puis de la bombe atomique..
    La (re)lecture de ces cinq courts romans a été un pur régal. Je ne peux que vous conseiller fortement cette magnifique tragédie familiale … C'est une réussite totale !
    Née au japon, Aki Shimazaki s'est établit au Canada en 1981. Son œuvre fait l'objet d'une belle reconnaissante dans son pays d'adoption où elle a reçu le Prix Ringuet de l'académie des lettres du Québec pour Hamaguri, le Prix Canada-Japon pour WASARENAGUSA ainsi que le Prix du Gouverneur général du Canada pour Hotaru.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    - - - Attention, 5e volet qui peut dévoiler des éléments des précédents !!
    Dernier volet (hélas !) de la série le poids des secrets. La parole est donnée cette fois à Tsubaki, fille de Yukio, qui recueille les confidences de sa grand-mère Mariko. Celle-ci revient sur ses années de femme : son amour à 16 ans pour Monsieur Horibe - le véritable père de Yukio - puis la trahison de celui-ci lorsqu'il s'est marié, sa vie d'épouse et mère comblée avec Kenji Takahashi. Elle évoque aussi les années d'exil de Kenji, durant lesquelles elle succombe de nouveau à Monsieur Horibe, partagée entre son amour profond et sincère pour son époux et l'attirance charnelle pour son amant. S'adressant à sa petite-fille, la vieille femme conclut ainsi : "Il y a des choses qu'on ne peut dire aux autres..." (p. 125).
    Toujours aussi agréable à lire, fluide, doux et sensible. le récit de Mariko est empreint d'amour et de respect pour son époux défunt qui devient encore plus attachant et est vraiment à mes yeux le personnage central de cette série... L'auteur revient sur l'horreur de la bombe sur Nagasaki et sur le gyokusaï (le fait d'avaler du cyanure de potassium avant d'être capturé par les Américains, pour mourir dignement). Je ne sais pas si Aki Shimazaki envisage une suite, mais il me semble qu'il reste beaucoup de thèmes à explorer autour de cette famille, notamment les années de Kenji Takahashi en Mandchourie puis en Sibérie...
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par nath45, le 16 mai 2012

    nath45
    Me voilà rendu au cinquième et dernier volume que va me révéler ce dernier tome.
    « Hotaru » c'est une luciole en japonais, c'est aussi la rencontre dans ce livre de Tsubaki la petite fille de Mariko, elle est étudiante en archéologie, elle va apprendre à travers les confessions de sa grand-mère le poids du secret qui lui pèse si lourdement, et être mise en garde contre les abus de certains hommes, ce qui va la faire réfléchir à cette relation naissante avec son professeur. Elle aimerait rencontrer un homme comme son grand-père Kenji.
    L'amour, le respect, entre la grand-mère et la petite fille est très bien écrit.
    Je suis triste de quitter cette série, d'avoir fini cette merveilleuse lecture, je sais déjà que je la relirai.
    Aki Shimazaki a connu la consécration avec l'obtention du prix du Gouverneur général pour Hotaru, Tsubaki et Hamaguri celui du prix Ringuet de l'Académie des lettres du Québec
    Un auteur à découvrir pour la beauté de son écriture
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    • Livres 2.00/5
    Par Zazette97, le 17 novembre 2010

    Zazette97
    Cinquième et dernier tome de la pentalogie "Le poids des secrets" (rappel des précédents billets : tome 1 - tome 2 - tome 3 - tome 4), "Hotaru" (luciole en japonais) évoque les confidences de Mariko Takahashi, alors âgée de 84 ans, à sa petite-fille Tsubaki.
    Afin de lui éviter le même destin qu'elle, Mariko lui dévoile le secret qu'abrita sa vie, un pan de son histoire qui commença à la saison des lucioles...
    Ce dernier tome permet de recroiser à nouveau Mariko Takahashi, déjà présente dans le tome 3 où elle évoquait la question de ses origines.
    Ce personnage occupe un rôle-clé dans l'histoire qui implique les autres protagonistes. Son histoire de vie et le secret qui la sous-tend font d'elle un personnage que j'ai trouvé plus attachant que les autres. Aussi n'ai-je pas été étonnée de lire que plusieurs blogueuses avaient préféré les tomes 3 et 5.
    "Le poids des secrets" présente une structure précise, semblable à un puzzle. Si le tome 1 permettait d'en définir le contour à l'image d'un teasing suffisant pour jeter les bases de l'histoire et introduire les différents personnages, les tomes suivants offrent à chaque protagoniste l'occasion de donner sa version des faits, une "vérité" qui varie en fonction de ses connaissances et de son rôle dans l'histoire.
    Ainsi, tome après tome, le lecteur reçoit une pièce de puzzle supplémentaire, un détail qui modifie légèrement la perception qu'il avait de l'histoire originale.
    Cette structure particulière a l'avantage de proposer différents points de vue mais comme elle en réfère toujours à la même histoire initiale, elle engendre fatalement un certain nombre de redites (événements historiques, symboles, caractérisation des personnages) !
    "Le poids des secrets" évoque les retentissements que peuvent provoquer les secrets sur différentes personnes unies par le malheur. Des secrets qui ne sont jamais divulgués aux personnes directement concernées mais laissés en héritage par des ancêtres morts (ou presque) au détour d'une lettre, d'un journal ou suite aux questions posées par la génération suivante dont la vie menace de suivre le même chemin.
    Si je n'ai pas du tout été emballée par le style minimaliste de l'auteure (mais je pense l'avoir assez souligné...), je reconnais que ce récit à plusieurs voix, abstraction faite des récurrences, a toutefois le don d'accrocher le lecteur par l'empathie qu'il suggère (plus qu'il ne dévoile), chez le lecteur.
    Je crois que c'est sans doute la raison qui m'a poussée à aller jusqu'au bout de cette série malgré mes réserves et bémols... Si je n'ai pas été séduite comme d'autres l'ont été, je ne regrette pas ce "Dallas" asiatique pour autant :)

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/11/hotaru-aki-shimazaki.html
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 22 juin 2010

    – Ojîcham, pourquoi les lucioles émettent-elles de la lumière ?
    Il répond :
    – Pour attirer les femelles
    Je suis étonnée.
    – Alors, les lucioles sont-elles des mâles ?
    – Oui. Les femelles sont des vers luisants. Elles émettent aussi de la lumière, mais elles ne volent pas. Les deux s’échangent des messages amoureux en clignotant.
    Je m’exclame :
    – Comme s’est romantique !
    – Oui, dit Ojîchan. Au moins pour nous, les japonais.
    – Qu’est-ce que tu veux dire ?
    – En France, il existe une superposition étrange : ces lumières seraient les âmes des enfants morts sans avoir reçu le baptême. Pour les gens qui y croient, ces insectes sont bien sinistres.
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  • Par Zazette97, le 17 novembre 2010

    J'ai appris quelque part, dans un livre scientifique, qu'il y a des lucioles qui clignotent à l'unisson, et même à un certain rythme. C'est comme un orchestre sans chef. Cette synchronisation était un mystère jusqu'à récemment, les gens pensaient qu'elle se produisait accidentellement. En fait, d'après le livre, le mécanisme de ce phénomène est simple : chaque insecte comporte un oscillateur, comme un métronome, dont le minutage s'ajuste automatiquement en réponse aux flashes des autres.
    Je crois qu'il n'y a peut-être pas de coïncidences dans ce monde. Il doit y avoir un rapport entre les phénomènes qui arrivent en même temps. p.127
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  • Par caro64, le 22 juin 2010

    Tsubaki, je vais te raconter l’histoire d’une luciole tombée dans l'eau sucrée.
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  • Par bibliothequegries, le 04 avril 2012

    « Je suis dans l’obscurité. Je regarde les lucioles dans l’aquarium. Il y en a toujours deux. Elles rampent sur les feuilles de gougère. En dessous, il reste encore un peu d’eau. Lorsqu’elles clignotent, je me rappelle que ce sont des mâles. Ils cherchent alors des femelles, des vers luisants, qui ne sont pas là. »
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