C'est avec un plaisir immense que j'ai retrouvé l'écriture fine et sensible de
Marie Sizun. Ses deux précédents romans, à caractère très autobiographique, ont été des coups de coeur :
La femme de l'Allemand et
Le Père de la Petite, qui tourne depuis un an en livre voyageur et que vous semblez aimer tout autant que moi.
Ici, point de récit alimenté par le passé de l'auteur, mais une vraie fiction.
Marthe se retrouve seule, vide, abandonnée par son mari. Elle devient comme le zombie d'elle-même, avale des cachets pour dormir, des cachets pour ne pas pleurer, sombrer, trop de cachets qui la maintiennent dans un état cotonneux dans lequel les pointes de la douleur semblent moins acérées.
Un sursaut avant de sombrer lui fait pourtant décider de partir en Bretagne, dans sa maison, "la petite maison du bout du monde", la maison de Marguerite, sa grand-mère adorée qui l'a quasiment élevée et auprès de laquelle elle s'est toujours sentie aimée, comprise. Elle entasse donc en vitesse quelques affaires et décide de passer au supermarché faire des provisions, car elle arrivera sur place dans la nuit, tout sera fermé, et surtout elle n'a pas envie que ses voisins sachent qu'elle sera sur place.
Mais parvenue dans ce grand magasin, les lumières, la foule, le bruit, tout l'agresse et elle ne parvient pas à remplir son caddie, à effectuer des gestes anodins, normaux. Elle est tétanisée, elle veut fuir mais n'y arrive pas, elle n'a plus de goût à rien puisqu'elle réalise alors vraiment que Pierre ne reviendra pas, qu'il est parti pour de bon. Elle est dégoûtée, dégoûtée des tonnes de victuailles qui s'entassent dans les rayons, dégoûtée de sa vie, dégoûtée d'elle-même...
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Pendant ce temps, Alice rumine un peu sur son quotidien tout en s'occupant de son bébé, le petit Ludo de 8 mois. Alice est une bonne maman et elle aime son petit garçon tout mignon, mais c'est si dur de se lever le matin, d'être toujours aux ordres des cris de l'enfant, de devoir se priver de sorties parce qu'il est là, d'être obligée de garder ce travail qu'elle déteste avec cette patronne désagréable alors qu'Alice ne rêve que d'une chose : se promener sur ses hauts talons, rencontrer des garçons de son âge, boire un verre ou deux, s'amuser, et surtout ne plus sentir sur ses jeunes épaules le poids de la responsabilité de l'enfant. Alice a 18 ans...
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