ISBN : 2869597673
Éditeur : Arléa (2007)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Elles sont deux. Fanny et Marion. L’une est la mère, l’autre la fille. Elles vivent ensemble dans ce Paris de l’après-guerre, plein de promesses et de blessures encore ouvertes.

Fanny est une mère célibataire, Marion une petite fille aimante. Tout pourrai... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 28 juin 2011

    canel
    Fin des années 1940, la petite Marion vit seule avec sa mère Fanny qui est atteinte de psychose maniaco-dépressive. L'enfant n'entendra ce diagnostic clairement formulé que vers 10 ans, mais en attendant elle subit les troubles de l'humeur de cette maman pas comme les autres, qu'elle admire, adore, et qui la terrorise quand elle devient "l'Autre"... Fanny ne voit plus ses parents, ceux-ci l'ayant rejetée en raison de sa liaison coupable avec un Allemand dont est née Marion. La fillette va néanmoins régulièrement chez ses grands-parents le dimanche et quand sa mère est hospitalisée. Elisa - la grand-tante douce, discrète, attentionnée - sert de médiateur. Marion guette avec appréhension les signes avant-coureurs des rechutes de sa mère : les insomnies, les accès mystiques, la chanson "Le temps des cerises" entonnée avec une voix d'homme. Les crises de Fanny deviennent de plus en plus fréquentes, de plus en plus graves. Marion grandit et son regard envers sa mère se fait plus sévère, moins indulgent, elle a de moins en moins envie de la retrouver après les hospitalisations. La méfiance s'installe entre la mère et la fille. Leurs relations deviennent féroces, atroces, éprouvantes pour la jeune fille qui n'aspire qu'à une vie paisible et ordonnée...
    Le roman, écrit à la deuxième personne du singulier, est immédiatement prenant. Souvent en huis-clos entre la mère et la fille, on est happé dans ce récit où les personnages sont décrits avec une acuité particulière, on n'en perd pas une ligne. Il est d'emblée question de l'ambivalence des sentiments de Marion à l'égard de sa mère, les mots "amour" et "effroi" sont des leitmotivs. C'est poignant, terrible, extrêmement émouvant... La mère malade agace et émeut, ce que doit subir la jeune Marion révolte, sa force est bouleversante.
    De cette auteur, j'ai aimé "Le Père de la Petite", mais pas "Jeux croisés"...
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pages-de-lecture, le 17 février 2010

    pages-de-lecture
    C'est un très beau livre qui se lit rapidement. Il décrit les relations entre une mère et sa fille, l'évolution de cette relation marquée par le silence qui entoure le père décédé de l'enfant. Je dirais que ce livre n'est pas exceptionnel, je ne peux le qualifier de coup de coeur, il n'est pas des plus original et l'écriture n'est pas impressionnante. Néanmoins et c'est ce que je retiens aujourd'hui, il m'a énormément émue et j'ai aimé le lire. La narration est bien trouvée, le narrateur tutoie l'enfant, il la prend à parti en quelque sorte. C'est joliment écrit, c'est beau, de très belles expressions sont trouvées. Tout est réfléchi, on voit que l'auteur a travaillé son histoire et son style, rien n'est laissé au hasard. Au fil des années, la fillette grandit, se construit malgrès la maladie de sa mère et le secret qui entoure son père, elle devient une jeune fille courageuse, qui porte en elle une certaine "culpabilité", elle apprend en fur et à mesure, les vérités sur la maladie de sa mère, son père. La fin est très belle, très douloureuse aussi. Ca m'a émue. Je vous conseille ce petit livre.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Seraphita, le 03 mai 2009

    Seraphita
    Marion aime sa maman, Fanny, d'un amour exclusif, auquel se mêle, peu à peu, au fur et à mesure que la petite fille grandit, une peur que les mots peinent à décrire. Avec l'âge, viennent les mots terribles, qui catégorisent et glacent de terreur : Marion apprend que sa maman souffre d'une psychose maniaco-dépressive ; elle vit désormais au rythme de la maladie, avec ses pics maniaques, durant lesquels l'attitude et notamment la voix de Fanny se transforme, et ses pics dépressifs, lors desquels Fanny se trouve dans un état d'abattement.
    Soulignons, en premier lieu, que le point de vue narratif est original : le récit est écrit à la seconde personne du singulier, comme si le narrateur prenait Marion à témoin. Ce n'est qu'au final que le narrateur fait parler Marion en un « je » symbolisant son existence réelle. J'ai beaucoup aimé l'analyse psychologique très fine des liens d'amour exclusifs, tissés d'une forte ambivalence, reliant la mère et la fille. Toute petite, l'enfant a du mal à mettre en mots ses ressentis. En grandissant, les mots se font précis, le ressenti plus complexe.
    Un très bon livre également pour mieux comprendre le vécu, par un observateur extérieur mais aussi engagé, de la psychose maniaco-dépressive.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par tessgeffroy, le 30 novembre 2008

    tessgeffroy
    nous sommes en novembre, cela fait donc un moment que j'ai lu ce livre avec attention puisque je l'ai dévoré ! (malgré quelques passages qui m'ont gênée par rapport a la maladie : bi-polaire de l'héroïne).
    bref ce week-end, se déroulait le salon du livre au relecq-kerhuon (29),et j'ai pu discuter un moment avec l'écrivaine, instant magique de pouvoir poser les questions restés sans réponses après la lecture, découvrir : son visage, son nouveau livre : jeux-croisés, sa façon de parler, l'histoir du bouquin.....MAGIQUE ! (de plus elle a l'air très sympathique !).
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 23 juillet 2010

    Lencreuse
    Marion vit avec sa mère Fanny, une jolie femme un peu fantasque. Mère et fille vivent une relation fusionnelle qui n'accepte qu'une intrusion : la tante Elisa, seul lien encore existant entre Fanny et sa famille. Une famille qui l'a violemment rejetée il y a quelques années lorsqu'elle a commis l'irréparable : tomber amoureuse d'un officier allemand – en pleine période d'occupation, c'est impardonnable. De cette courte relation est née Marion, l'enfant d'un amour impossible à oublier. Et pour cette petite fille, sa mère est à jamais « La femme de l'Allemand », un père qu'elle fantasme. Mais un jour, Fanny tombe malade : un peu de violence, des propos qui deviennent incohérents, un regard qui se perd. Un premier internement, puis un autre et encore un autre. Marion grandit au rythme des crises et des périodes de répit que lui offre la folie de sa mère. La jeune fille tente de se construire et d'échapper à l'emprise de cette mère tant aimée.
    C'est un bien beau texte que signe Marie Sizun. Un roman touchant qui sait dire l'amour inconditionnel, ses sacrifices et ses enfermements. le coté un peu répétitif m'a, par moments, un peu gênée. J'ai craint parfois de me lasser, je l'avoue mais au final, j'ai été émue et touchée par cette relation mère-fille, à la fois belle et terrible. Et avec le recul, je trouve que ce côté répétitif nourrit finalement l'histoire. On est plongé dans le quotidien de Marion qui voit avec crainte arriver chaque rechute comme une répétition de la précédente.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par anyuka, le 05 juin 2010

    Le regard d'adoration que la petite porte sur sa mère, belle, altière, un peu sauvage. Tu vois tout de suite qu'elles vivent l'une pour l'autre. Elles ne parlent pas. La mère sourit vaguement. Elles forment toutes les deux comme une île où personne n'a accès. Et tu ressens à les regarder comme une petite douleur, obscure, lointaine.
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  • Par luocine, le 15 août 2009

    Elle n’est pas comme les autres. Elle détonne parmi les fidèles, ces gens tranquilles, sans éclat, ces gens qu’on ne remarque pas, qu’on ne voit pas….. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi les gisants.

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  • Par canel, le 28 juin 2011

    Tu ne peux plus rien pour Fanny. Tu dois te sauver, ne plus t'occuper d'elle. La tentation de la pitié, tu le sens confusément, c'est la tentation d'autre chose. Tu ne veux pas devenir le double de Fanny, le double de l'image adorée et haïe. (p. 238).
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  • Par luocine, le 15 août 2009

    Tant de choses comme cela que tu ignores. Que tu devines vaguement. Des choses qui sont l. Qui te frôlent, cachées dans l’ombre, mais si denses que tu en éprouves la secrète présence, comme une menace.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






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