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ISBN : 2869597673
Éditeur : Arléa (2007)


Note moyenne : 4.08/5 (sur 105 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Elles sont deux. Fanny et Marion. L’une est la mère, l’autre la fille. Elles vivent ensemble dans ce Paris de l’après-guerre, plein de promesses et de blessures encore ouvertes.

Fanny est une mère célibataire, Marion une petite fille aimante. Tout pourrai... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse, le 20 mai 2013

    lauredanse
    Ce roman est un grand coup de coeur pour moi. J'ai beaucoup de mal à en parler. C'est une des choses de la vie, qui je trouve est terrible : la maniaco-dépression. Comme tant d'autres choses, toutes ces choses qu'on ne contrôle pas et qui font tant souffrir, qui détruisent, qui s'insinuent dans les vies sans crier gare, lentement, insidieusement, qui peuvent transformer un amour en haine. Une femme, une mère qui en est malade. Une petite fille qui y fait face pour la première fois à l'âge de deux ans mais qui ne se rend pas compte sur le moment. Une petite fille qui va aimer si fort sa mère que ce ne sera que souffrances, paradoxes et contradictions dans ses émotions, petit à petit. "Ta mère fait tout trop haut, fait tout trop fort. Elle n'est pas comme les autres.(…) Dans un monde décoloré elle est en rouge. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi des gisants.(…) Ta mère magnifique, insupportable. Tu as honte d'elle, de son exaltation, de ses couleurs , de ses cheveux fous, de son trop de vie. Tu l'admires follement. (…) Elle t'entraîne jusqu'à la maison d'une main ferme. Tu es confondue d'amour et d'effroi."
    Une famille déchirée par la honte et le jugement d'un amour impossible, celui d'un allemand avec une française à la fin de la guerre. Des non-dits. Des parents qui ne parlent plus de leur fille, qui ne parlent plus à leur file et, une femme qui déteste ses parents. Et la maladie qui a pris place. Seule avec sa fille, fruit de cet amour. Un amour fusionnel, un amour intense et enfantin. Une enfant qui admire sa mère. Mais le temps n'est pas un ami. Des phases de crise, des phases d'hôpital psychiatrique, des phases de calmes. Calmes de plus en plus courts, inquiétudes de plus en plus grande. L'espoir, puis l'espoir qui s'amenuise. Des souvenirs, des souvenirs qui sont si lointains et qui plus le temps passe plus ils ne pourront désormais n'être que de beaux souvenirs. Parce que les beaux jours c'était avant, parce que Fanny s'efface. Impossible de revoir et retrouver ce visage connu, ce visage d'amour, ce visage aimant. Une démente prend de plus en plus de place. Une petite fille qui grandit. Oui Marion grandit et comprend de plus en plus ce dont souffre sa mère, Fanny. Et la culpabilité, entre désir de protéger et promesse impossible. Des grands-parents qu'elle détestait au travers de Fanny mais qu'elle apprend à connaître et à aimer. Une tante des plus serviables. Un amour absolu, un lien unique qui s'effrite. La maladie est là, la maladie dirige, la maladie est incontrôlable. Et puis un père absent, un père Allemand, la honte (nous sommes après-guerre mondiale), la mort supposée qui sépare. Les non-dits, encore les non-dits. Et un amour puissant, celui de l'inconnu, celui du père qui n'est pas là et qu'on recherche dans toutes ces choses qu'on peut faire qui nous rapprocheraient de lui, comme d'apprendre l'allemand.
    Et cette fille qui n'est plus fille qui devient femme. Et cette mère qui devient jalouse, qui fait peur. Marion voit le monde autour d'elle, Marion voit sa mère partir, partir loin en ayant peur qu'elle ne revienne jamais. Puis elle revient, mais pour combien de temps ?
    Une histoire narrée par un tiers, qui raconte l'histoire de Marion à la deuxième personne du singulier. de sa naissance à ses 16 ans. Une écriture riche, vraie, pudique, belle, sensible. Une écriture qui ressemble à Marie Sizun, toute en émotions. Je ne dirais rien d'autre que de vous plonger dans cette histoire déchirante, pleine de vérité, d'amour et de douleur en pudeur. Je suis émue par cette histoire et admirative face au style et à la profondeur d'écriture de Marie Sizun.

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/05/20/marie-sizun-la-femme-..
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    • Livres 4.00/5
    Par Moan, le 03 février 2013

    Moan
    le narrateur interpelle Marion pour lui rappeler sa vie et ses relations avec sa mère " La femme de l'Allemand".
    Il lui rappelle sa petite enfance avec cette mère et leur relation fusionnelle, sa relation avec ses grands-parents à qui sa mère ne rend jamais visite.
    Il lui rappelle le silence de sa mère au sujet de son père qu'elle dit être mort en Russie, ses comportements inexplicables et provocants et ses séjours à l'hôpital.
    Marie Sizun a le mérite de parler d'un sujet que l'on aborde rarement . Elle écrit avec beaucoup d'émotion une histoire compliquée : être la fille d'un allemand.
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 21 avril 2012

    carre
    J'ai découvert Marie Suzin lors d'un salon, j'avais beaucoup apprécié l'auteur et j'avoue avoir été bouleversé par son roman. L'histoire de cette mère et de sa fille ( Fanny et Marion) flirte tout le temps sur la corde sensible des émotions mais sans patho ni sensiblerie. Car Fanny est maniaco-dépressive. Marion subit au quotidien la maladie de sa mère, et son amour se dispute avec la peur, dans l'attente d'une nouvelle crise. La description de la maladie de Fanny alors que le regard de Marion évolue en grandissant est remarquablement décrit. Marie Suzin distille de page en page avec retenue et justesse une petite musique qui va droit au coeur. Une bien belle découverte.
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    • Livres 5.00/5
    Par canel, le 28 juin 2011

    canel
    Fin des années 1940, la petite Marion vit seule avec sa mère Fanny qui est atteinte de psychose maniaco-dépressive. L'enfant n'entendra ce diagnostic clairement formulé que vers 10 ans, mais en attendant elle subit les troubles de l'humeur de cette maman pas comme les autres, qu'elle admire, adore, et qui la terrorise quand elle devient "l'Autre"... Fanny ne voit plus ses parents, ceux-ci l'ayant rejetée en raison de sa liaison coupable avec un Allemand dont est née Marion. La fillette va néanmoins régulièrement chez ses grands-parents le dimanche et quand sa mère est hospitalisée. Elisa - la grand-tante douce, discrète, attentionnée - sert de médiateur. Marion guette avec appréhension les signes avant-coureurs des rechutes de sa mère : les insomnies, les accès mystiques, la chanson "Le temps des cerises" entonnée avec une voix d'homme. Les crises de Fanny deviennent de plus en plus fréquentes, de plus en plus graves. Marion grandit et son regard envers sa mère se fait plus sévère, moins indulgent, elle a de moins en moins envie de la retrouver après les hospitalisations. La méfiance s'installe entre la mère et la fille. Leurs relations deviennent féroces, atroces, éprouvantes pour la jeune fille qui n'aspire qu'à une vie paisible et ordonnée...
    Le roman, écrit à la deuxième personne du singulier, est immédiatement prenant. Souvent en huis-clos entre la mère et la fille, on est happé dans ce récit où les personnages sont décrits avec une acuité particulière, on n'en perd pas une ligne. Il est d'emblée question de l'ambivalence des sentiments de Marion à l'égard de sa mère, les mots "amour" et "effroi" sont des leitmotivs. C'est poignant, terrible, extrêmement émouvant... La mère malade agace et émeut, ce que doit subir la jeune Marion révolte, sa force est bouleversante.
    De cette auteur, j'ai aimé "Le Père de la Petite", mais pas "Jeux croisés"...
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    • Livres 3.00/5
    Par patrick75, le 18 mai 2012

    patrick75
    Une véritable oppréssion vous étreint dans ce livre,pour ne plus vous lâcher.
    Une enfant se retrouve coincé entre sa mère et le passé de celle-ci.
    La guerre continue à faire des victimes bien des années après l'arrêt du conflit.

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Citations et extraits

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  • Par lauredanse, le 20 mai 2013

    Oui vous êtes heureuses toutes les deux, ta mère et toi ; heureuse d’un bonheur lumineux, singulier, bien à vous. Un bonheur si naturel qu’on ne penserait pas qu’il puisse s’arrêter. Pourtant, tu sens déjà, quelque part, comme une ombre. Tu as le vague sentiment que quelque chose peut arriver : une idée comme ça, une inquiétude indéfinie. Un peu comme la crainte qu’on a pour des bulles de savon, ces bulles merveilleuses, toutes dorées, que Fanny t’a appris à faire devant la fenêtre : tu sais qu’elles peuvent éclater l’instant d’après et ne rien laisser, que le souvenir d’un rêve.
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  • Par anyuka, le 05 juin 2010

    Le regard d'adoration que la petite porte sur sa mère, belle, altière, un peu sauvage. Tu vois tout de suite qu'elles vivent l'une pour l'autre. Elles ne parlent pas. La mère sourit vaguement. Elles forment toutes les deux comme une île où personne n'a accès. Et tu ressens à les regarder comme une petite douleur, obscure, lointaine.

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  • Par Moan, le 03 février 2013

    Dans un monde décoloré elle est en rouge. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi les gisants.

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  • Par luocine, le 15 août 2009

    Elle n’est pas comme les autres. Elle détonne parmi les fidèles, ces gens tranquilles, sans éclat, ces gens qu’on ne remarque pas, qu’on ne voit pas….. Elle crie au milieu des muets. Elle danse parmi les gisants.

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  • Par canel, le 28 juin 2011

    Tu ne peux plus rien pour Fanny. Tu dois te sauver, ne plus t'occuper d'elle. La tentation de la pitié, tu le sens confusément, c'est la tentation d'autre chose. Tu ne veux pas devenir le double de Fanny, le double de l'image adorée et haïe. (p. 238).

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Marie Sizun - Un léger déplacement .
Marie Sizun vous présente son ouvrage "Un léger déplacement" aux éditions Arléa. Rentrée littéraire janvier 2013.http://www.mollat.com/livres/marie-sizun-leger-deplacement-roman-9782869599710.htmlNotes de musique : Marc Johnson Eliane Elias








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