ISBN : 2869599102
Éditeur : Arléa (2010)


Note moyenne : 3.77/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Que fait cette femme seule sur la plage d’une petite station balnéaire de Bretagne ? Elle est si discrète qu’elle se fond dans le paysage. Elle observe les gens autour d’elle, semble attendre, mais quoi ? C’est un homme qu’elle attend. Il doit venir la rejoindre ; il le... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 19 avril 2012

    nadejda
    Epigraphe
    «C'est une chose étrange que l'absence. Elle contient tout autant d'infini que la présence. J'ai appris cela dans l'attente.»
    Christian Bobin - Lettres d'or
    Cet épigraphe est vraiment le reflet du beau livre de Marie Sizun «Plage»
    Un livre tout en nuances de bleu et gris, où le vent fait courir les nuages et alterner lumière et ombre.
    Anne, bibliothécaire dans le VIè arrondissement à Paris, vit solitaire dans un petit studio rue Christine. Elle attend sur une Plage bretonne François dont elle est la maîtresse, prof de philo au lycée Montaigne, qui doit la rejoindre en fin de semaine.
    Le premier chapitre débute un dimanche, le 26 juillet fête de Sainte Anne,
    et chacun des chapitres suivants sera la relation d'un jour de la semaine qui sépare Anne de celui qu'elle attend.
    Ce premier jour, elle prend plaisir au contraste entre elle et le monde qui l'entoure et qu'elle observe avidement, amusée, tentant de deviner les vies qu'elles croisent sur la Plage, à l'hôtel. Elle se remémore sa rencontre avec celui qu'elle attend avec un plaisir gourmand. Cela fait six mois qu'elle le connait. Elle se sent bien dans le cocon de son attente.
    «Autour de moi les gens vont et viennent. Parlent. Rient. Ils ne savent pas que c'est à toi que je pense, couchée sur le sable, les yeux clos, absente, partie. le bruit des conversations, la rumeur de la Plage, le petit bruit des vagues, le claquement au vent des fanions fixés aux mats des bateaux échoués, tout cela comme une musique protectrice qui m'enveloppe, m'isole, m'emmène près de toi.» p 35
    «Ici, je suis celle qui t'attend. Et uniquement celle-là. Ici je suis ton attente»
    Tout ce qu'elle fait, elle le fait à travers l'absence, elle fait corps avec cet absent qu'elle rêve et recrée pour elle seule.
 Elle songe à des rencontres manquées, revit des scènes de son enfance, «Comme elle est étrange, cette Plage où le passé affleure dans un présent incertain. Cette Plage où le temps réel n'existe plus.» p 61
    Elle est bercée par la mélodie des voix tantôt lointaines ou plus rapprochées «apportées par le vent, déposées par ceux qui passent»
    Dans une alternance de joie et de malaise, elle envie la liberté des autres, leur vie après avoir savouré la spécificité de la sienne.
    Ces vies qu'elle observe la ramènent alternativement vers son enfance ou vers celui qu'elle attend, elle revoit son père qu'elle admirait et aimait, sa mère détestée, rivale qu'elle avait détrônée dans le coeur du père volage. Vis à vis de la mère, fermée sur son chagrin de femme trompée, aucune excuse. le père, lui, à ses yeux représente, la liberté l'aventure, le rêve
    Elle souhaite être la maîtresse, «la maîtresse d'amour», celle qui est aimée, mystérieuse, pas comme celle que fut sa mère.
    Tout est à fleur d'eau, de ciel, de peau. L'humeur d'Anne est changeante comme la meteo, comme la mer, le vent qui fait courir les nuages
    Marie Sizun avec son don d'observation aigüe des êtres et des choses qu'elle sait effleurer de sa plume avec douceur mais aussi en les égratignant, nous fait partager chaque jour de cette semaine d'attente dans sa légèreté et sa pesanteur. Une semaine qui réserve quelques belles surprises.
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    Critique de qualité ? (33 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par oops, le 25 février 2012

    oops
    Anne est en vacances en Bretagne, dans l'attente de la venue de son amant François qui doit venir la rejoindre en fin de semaine. Elle l'a rencontré dans la bibliothèque où elle travaille sur Paris, il est professeur de philosophie, marié et père de deux enfants. Comme l'arrière- pays semble sans intérêt d'après la patronne de l'hôtel, elle se contente de rester sur la Plage, elle a apporté une provision de romans, elle pense à lui, elle est si heureuse de l'aimer. D'un certain côté cette attente solitaire sur la Plage l'amuse, elle qui est si curieuse de la vie des autres. Souvent cachée derrière un livre, elle observe les gens de la Plage, comment ils arrivent, comment ils s'installent, elle devine leur vie jusqu'à ce que certains comportements lui rappellent la sienne de vie. Son adolescence déçue, son père tant aimé disparu, sa mère aigrie qu'elle déteste. Au fil des jours sa voix à lui se fait plus rare, elle doute de plus en plus de sa venue, elle en arrive même à être partagée quant à l'avenir de leur liaison. Quand elle fait la rencontre De Claire et de ses enfants, le non sens de cette semaine s'éclaire enfin ! La réalité reprend ses droits laissant place à l'absence de sentiments, à une autre Anne prête à prolonger ses vacances pour profiter de la vie. Un roman d'une douce pudeur qui évoque la passion d'une femme pour un homme marié et l'ambiguïté des sentiments qui en découle. Un portrait de femme passionnée mais lucide !
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Audreyy, le 09 mars 2012

    Audreyy
    Ce livre est sortie l'année dernière mais étant en grand format, j'ai attendu qu'il sorte en poche ou qu'il apparaisse dans une bibliothèque. J'ai du faire preuve de patience pour me plonger au fond de cette histoire qui m'a attirée dès la première fois où j'ai lu le résumé. J'imaginais une ambiance triste, émouvante d'une femme amoureuse d'un homme qui l'attend... viendra t'il ou ne viendra t'il pas?
    Cet homme est marié mais elle est tombée amoureuse de lui et ils sont devenus amants. Cette fois ci, il lui a promis des vacances ensemble. Qu'il trouverait un moyen de s'échapper et de la rejoindre. Anne arrive plus tôt. Elle débarque dimanche alors qu'il n'arrivera que samedi prochain. Elle a tellement hâte, elle veut se préparer à sa venue. Et pendant cette semaine, Anne évoque, raconte, nous exprime ses sentiments. J'ai aimé l'écriture simpliste de l'auteure qui arrive à faire parler Anne à deux destinataires. Sa manière d'écrire nous amène à penser que Anne s'adresse aux lecteurs comme une voix off à la Marie Alice dans Desperate Housewives mais elle s'exprime aussi directement à son amant par moment.
    On passe très vite de l'enjouement et de l'impatience à l'attente, aux doutes, à la tristesse.. Anne est aussi un personnage très solitaire, c'est pourquoi elle regarde attentivement chaque vacancier et nous parle d'eux. Elle se liera tout de même d'amitié avec une femme prénommée Claire, maman de deux enfants.
    On a ici un roman très beau sur l'amour et sur la douleur de l'amour, sur les risques d'être avec un homme marié. On attend avec Anne et on s'impatiente avec elle.. jusqu'au dénouement final. Personnellement, je trouve que ça reste un roman d'optimiste et j'ai adoré. Il y a tout de même manqué un petit truc pour que ce soit un coup de coeur mais ça reste une très belle histoire que j'ai pris plaisir à lire.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 05 avril 2011

    chocobogirl
    Une femme seule au sein d'une petite ville bretonne de bord de mer. Un homme qui doit la rejoindre à la fin de la semaine. Et l'attente. L'attente qui s'installe bien trop lourdement dans le coeur de notre héroine.
    Anne attend l'homme qu'elle aime, un homme marié peu disponible qui la retrouvera enfin pour quelques jours de liberté, loin des contraintes, loin de sa famille dont elle ne veut rien savoir.
    Son impatience est manifeste et elle ne quitte pas son téléphone portable, attendant fébrilement les appels de l'amant.
    " (...) ici, toute seule, je suis libre, follement libre... Libre de faire ce que je veux, de regarder et d'écouter ce que je veux, de lire quand je veux, autabnt que je veux - j'ai apporté une provision de romans - et de penser à toi, mon amour, de penser à toi : chaque instant est peuplé de toi - même quand je lis -, du désir que j'ai de toi, de nos souvenirs, de nos projets.
    Je suis heureuse, tu le sens bien ? Heureuse de t'aimer, de t'attendre. On ne s'ennuie pas quand on est heureux. "
    Devant elle, 6 jours à attendre, à tromper son ennui et sa solitude.
    Alors Anne va sur la Plage, elle observe ses voisins, écoute leur conversation.
    " Ces hommes et ces femmes, ces enfants, j'adore les regarder, les écouter, deviner leur histoire. Tu sais combien je suis curieuse (...). Je n'y peux rien : c'est précisément la solitude qui m'a rendue comme telle, qui m'a donné ce besoin de la vie des autres. C'est aussi pour ça que j'aime tant les romans. "
    Elle regarde la vie qui se déroule en dehors d'elle et chaque rencontre est prétexte à l'évocation d'un souvenir. Peu à peu, son passé nous est dévoilé : son père aimant mais infidèle, sa mère haïe, son travail à la bibliothèque, sa rencontre avec François, les instants volés avec son amant et la sensation d'exister quand elle est avec lui.
    Un portrait mélancolique se dresse et s'égrène au fil des pages.
    Les jours se suivent, les nouvelles de l'amant se font rares. Une amitié naissante avec une jeune divorcée permet d'oublier la solitude, trop pesante.
    Que l'homme tant attendu vienne ou pas, Anne ne sera plus la même à l'issue de son séjour. Libérée, elle se sentira plus forte et plus réelle que jamais.
    Marie Sizun nous offre ici un très beau portrait de femme : simple et sensible, vous pourriez la rencontrer au détour d'une rue. Une femme amoureuse dont le seul signe distinctif est sa solitude qu'elle essaie de ne pas trop afficher.
    C'est elle qui nous raconte cette semaine d'attente, confiant à son amant lointain et inaccessible ses pensées, ses souvenirs, sa tristesse tel un journal où les chapitres scandent les différentes journées. Une semaine qui lui permettra de faire le point, le bilan de sa vie et d'avancer peut-être. Ses émotions sont confiées avec pudeur et on ne peut que s'attacher à cette femme si touchante.
    " Plage " est le roman de la solitude et de l'attente. Triste et lumineux à la fois, il s'en dégage une ambiance mélancolique qui n'est pas sans me rappeler celle des Déferlantes de Marie Gallay.
    Premier roman que je lis de cet auteur, je suis extrêmement charmée par son écriture toute en finesse et en simplicité.
    Un auteur à découvrir, sans aucun doute !
    Mon seul bémol sera pour la photo choisie pour la jaquette qui ne retranscrit pas vraiment l'univers du roman. Cette jeune femme souriante au téléphone me parait bien trop terre à terre pour un roman si poétique.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-plage-marie-sizun-5565..
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  • Par michelayala, le 12 avril 2012

    michelayala
    Une Plage en Bretagne habituellement conquise de tous, peut se révéler vidée de tout pour certains.
    Anne, attend, seule, en pleine introspection, l'arrivée en fin de semaine de François, celui qui surmontera son inquiétude voire son désespoir.
    Le sable de cette « Plage » paraît s'écouler interminablement dans le sablier qui leur appartient.
    Il serait à la fois prétentieux et indécent de ma part de vouloir à tout prix décrire en quelques lignes la teneur d'une histoire bien moins désertique qu'elle n'y paraît. Personnellement, je n'ai pas été déçu de lire ce roman, je le conseille à tout amateur d'un genre nouveau : la réflexion, l'observation, la psychologie, le sentiment amoureux, bref tous les ingrédients liés à l'attente d'un moment capital y sont inclus.
    Marie SIZUN a déjà six romans à son actif ; La découverte de « Plage » peut susciter l'engouement à parcourir l'étendue de son œuvre. Sur la Plage, cet été, pourquoi pas…
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 18 avril 2012

    ... au loin, quelqu’un était assis dans un fauteuil de plage, au milieu de ce désert, à l’endroit où la mer, en se retirant, laisse imprimé sur le sable le beau plissé de la trace des vagues. En m’approchant j’ai vu que c’était une vieille dame, silhouette un peu frêle en robe de toile bleue, un pull bleu plus foncé jeté sur les épaules. Elle était là, toute seule, face à la mer, lisant au soleil, ce joli soleil fantasque du matin, qui s’en allait soudain et revenait dans un brusque éclat de lumière... C’est en passant à côté d’elle que je me suis aperçue qu’elle souriait en lisant. Qu’elle souriait à sa lecture. Au soleil. A ce matin tranquille. Et elle avait l’air si heureuse, cette vieille dame, si rayonnante dans sa solitude, que j’aurais voulu lui dire qu’elle était belle, et rassurante, et la remercier d’être ce qu’elle est. p 56 57 (Arléa poche)
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  • Par nadejda, le 18 avril 2012

    Je vais tâcher de lire : mais je ne suis plus capable de rien, même pas de lire... Ou bien je vais relire Le Ravissement de Lol V. Stein ?... C’est peut-être cette lumière-là, cette musique-là qu’il me faut. Parce qu’elle donne de la beauté à ce qui n’en a plus. Et, pour faire plus vite venir le soir, je vais tirer les rideaux rouges...p 138
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  • Par claracambry, le 22 septembre 2010

    Et quoi de plus propice à la curiosité que la promiscuité d'une plage? Là, pas de murs, pas de toits pour enclore les foyer, en dérober la vue, en étouffer la parole. On pénètre quand on veut dans l'existence des autres, à la façon d'Asmodée : mais nul besoin de pouvoir magique. Une plage, c'est un théâtre, ouvert à tous les regards, un théâtre où cent histoires se déroulent sumultanément. Quelle tentation de papillonner de l'une à l'autre, pour moi qui, en entendant que tu sois là, n'en ai pas, d'histoire, moi qui suis libre comme l'air !
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  • Par tessgeffroy, le 12 avril 2012

    Ma mère, prévisible jusqu'au moindre de ses mots, la plus légère intonation, ma mère et son odieuse inquiétude pour "sa grande fille", ma mère dont le regard me renvoie si bien l'image de mes ratages et de ma solitude.
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  • Par oops, le 25 février 2012

    Sur la plage, les yeux fermés, sous la caresse du soleil, comme on se rappelle bien. Comme on se glisse magiquement dans le souvenir. Dans ce bonheur.
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