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ISBN : 274913336X
Éditeur : Le Cherche midi (05/06/2014)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 157 notes)
Résumé :
En 1930, dans le village ukrainien de Vyriv. Luka, vétéran de la guerre de Crimée et ses deux fils recueillent un homme inconscient qu'ils trouvent dans la steppe enneigée. Dans son traîneau gisent deux corps d'enfants atrocement mutilés. La panique s'empare des villageois...
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Critiques, Analyses & Avis (46) Voir plus Ajouter une critique
sandrine57
05 janvier 2017
★★★★★
★★★★★
Ukraine, 1930. Blotti dans une vallée oubliée, le village de Vyriv attend dans l'angoisse l'arrivée des activistes envoyés par Staline pour réquisitionner les hommes et les terres. L'hiver est rude, les réserves presque épuisées, pour manger, il faut chasser. Luka, vétérans de plusieurs guerres, parcourt la steppe avec ses jumeaux Petro et Viktor, à l'affût d'une bête qui améliorera le quotidien. Mais c'est un homme qui vient à lui, transi, presque mourant, tractant un traîneau malgré son épuisement. Dans la luge, deux enfants morts, l'un d'eux a été dépecé comme une animal. Luka recueille l'inconnu et pense enterrer les enfants discrètement. Mais son beau-frère Dimitri ne l'entend pas ainsi, il attise la haine des villageois et les choses tournent mal. Quand Dariya, sa fille, disparaît, il est désemparé. La petite a été enlevée et seul Luka est capable de suivre la piste du voleur d'enfants dans la steppe. Laissant derrière lui sa femme et sa fille, le vétéran part dans la neige avec ses jumeaux et son beau-frère. La traque commence...
Bottes fourrées, épais manteaux et chapkas sont de rigueur pour parcourir la steppe ukrainienne dans les pas de Luka, le soldat tireur d'élite qui sait comme personne traquer une proie, suivre des empreintes, construire un abri de glace et de neige. Certes, le danger rôde mais l'homme n'est vraiment lui-même que dans la peau du chasseur si loin de sa paisible vie de paysan. Après toutes les guerres qu'il a menées il croyait aspirer au repos auprès de sa famille mais il aime l'adrénaline que lui procure sa quête du voleur d'enfants. Luka est un personnage complexe, capable du pire pour sauver les siens mais qui tente, au milieu de toutes ces horreurs, de conserver un reste d'humanité. Et c'est cette belle humanité qui illumine un roman par ailleurs fort sombre entre un tueur sanguinaire, la violence des hommes de Staline et la méfiance partout, tout le temps...
Un excellent suspense mais aussi un roman d'atmosphère, un voyage au coeur de l'hiver ukrainien, glacial et oppressant, un huis-clos entre chasseur et proie qui changent de rôle au gré des évènements, une leçon de force, de courage, d'amour, une magnifique lecture.
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belette2911
18 novembre 2014
★★★★★
★★★★★
Ce livre, à peine était-il paru que je l'ai voulu… Sans trop tarder, je l'ai lu et me voici sur le cul ! Mon plaisir de lecture est repu.
S'il y a une chose que j'apprécie, dans un roman, c'est que l'auteur me surprenne, qu'il emprunte des sentiers auxquels je ne pensais pas, auxquels je ne m'attendaient pas.
Pari réussi tant j'ai été surprise de la tournure que le récit prendra, partant dans une direction inattendue, m'entraînant dans l'immensité enneigée de la steppe et me tordant le coeur dans tous les sens.
L'avantage de n'avoir lu qu'un résumé succint m'a permis d'en savoir le moins possible sur le roman et j'ai gardé intacte ma virginité (littéraire, bien entendu).
Déjà, l'environnement me plaisait : Ukraine, 1930, un petit village perdu au fin fond du fin fond du trou du cul du monde. Ici, on vit chichement avec les quelques maigres possessions que l'on possède. J'avoue avoir un faible pour les récits se passant en Russie où dans ses alentours.
Le côté politique très présent est un autre argument qui m'a plu… Nos villageois vivent dans la crainte que l'on vienne tout leur confisquer.
Avec ce postulat de départ, je m'attendais à un huis clos tournant autour du fait que Luka, personnage principal et auteur du récit, avait fait entrer dans le village un homme grièvement blessé qui cachait sur son traineau les cadavres de deux enfants dont un était atrocement mutilé.
Huis clos il y aura, mais l'auteur, dans un récit flamboyant, nous entraînera ensuite bien plu loin, dans une aventure où les épais manteaux sont de mises, les gants et la chapka aussi.
Accrochez-vous, vous allez vivre quelques heures angoissante de lecture qui vont vous transporter dans une époque fort sombre de par son contexte politique.
Le suspense présent dans ce livre est à couper au couteau tellement il est épais, dense, prenant.
Ici, la nature est tout sauf clémente et elle a façonné les gens à son image. Ici, il n'y a pas de faible femme, elle ont toutes endurées plus qu'il n'en faut dans leur courte vie de misère : guerre, révolution, famine, perte des proches…
Le personnage de Luka est d'un réalisme à couper le souffle, oscillant entre une humanité rare, une perception de la vie très forte, mais n'hésitant pas aussi à basculer du côté obscur de la Force.
Luka, c'est un vétéran de la guerre, tuer, ce fut son métier, il s'il doit le refaire afin de préserver sa famille, il le refera sans aucun état d'âme.
Tous les autres qui gravitent autour de lui sont aussi empreints d'une réalité rarement atteinte dans un roman. Ils sont travaillés, profonds, sans jamais être tout bon ou tout méchant.
Même les hommes bien peuvent faire le mal et a contrario, même les hommes méchants peuvent faire le bien.
Ce que tu as commis un jour parce que tu étais soldat et que tu obéissais aux ordres, c'est ce que tu me reproches aujourd'hui de commettre, moi qui suis un soldat et qui obéit aux ordres… C'est sadique mais cela décrit bien ce qui se passe depuis toujours : on reproche aux autres de faire ce que, un jour, nous leur avons fait.
Le contexte social du livre en fait un roman noir et comme je vous le disais plus haut, l'aspect politique est fort présent avec le communisme et toute la puissance de son illogisme puisque l'on prend à des pauvres gens leurs maigres biens, leurs maigres provisions pour l'hiver, pour les donner – sois-disant – à la collectivité et à ceux qui n'ont rien… Imbécilité et mauvaise foi, quand vous nous tenez.
Le roman nous parlera aussi de la chasse aux koulaks, ces paysans supposés êtres riches parce qu'ils possédaient un lopin de terre, une vache et deux poules.
Si on feuillette un peu la pages de l'Histoire, on ne peut qu'être glacé d'effroi devant la « collectivisation » des terres mise en place par Staline, de 1929 à 1933. Là, nous sommes en plein dedans et on imagine les horreurs durant la lecture.
À un moment donné, j'ai tiqué parce que l'auteur prenait un raccourci qui ne collait pas avec son talent. le diable se cache toujours dans les détails et Sherlock Holmes n'aurait pas mieux déduit que moi puisque j'avais compris. Là, l'auteur ne m'a pas surpris mais a confirmé son talent pour les fausses pistes, le coquin !
Oui, c'est un véritable coup de coeur, ce livre.
Des personnages charismatiques oscillant souvent entre leurs côtés humaniste et leur part sombre qui peut faire d'eux des assassins qui n'ont pas de remords; un récit à la fois humain et barbare, la frontière étant ténue entre les deux, elle aussi; de la fraternité côtoyant de l'égoïsme pur et dur dicté par les aléas de la vie ou de la nature; des paysages enneigés à couper le souffle; un froid glacial, mordant, piquant; de la chaleur humaine, parfois distillé par des bourreaux.
Ici, rien n'est ni tout blanc ni tout noir, mais entre gris clair et gris foncé.
C'est tout ça, ce roman… avec des larmes et du sang.
Un grand moment de lecture et un déchirement de devoir quitter ces hommes et ces femmes, souvent rudes, mais possédant un coeur.

Lien : http://thecanniballecteur.wo..
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lyoko
16 juillet 2016
★★★★★
★★★★★
Ce roman nous mène droit dans la steppe ukrainienne de 1930..; avec des paysages blanc et froid a couper le souffle.
Mais c'est également une immersion dans la vie poltique. Tout simplement parce que la population, même des petits villages, vit dans la peur. La peur qu'on leur prenne le peu qu'ils ont afin de le donner à la collectivité. Et ce même quand ils n'ont plus rien ils leur restent encore leur force qui peut servir dans les camps.
Ce roman ets également un thriller , c'est une chasse à l'homme. Luka, un ancien soldat de l'armée Russe, traque celui qui a enlevé un enfant dans son village.
L'auteur arrive à nous mener par le bout du nez, à nous immerger dans ce monde cruel et sans pitié. Sans oublié de se servir d'un reste d'humanité malgré les temps difficile qui rendent les hommes hermétiques à toute logique. C'est aussi des descriptions à glacer le sang et des boulversements incroyables au fil de la lecture.
J'avoue avoir eu plusieurs fois la larme a l'oeil, mais également la chair de poule en suivant les aventures de Luka.
Ce livre est surtout incroyable de réalisme malgré les horreurs indescriptibles que l'auteur arrive à nous narrer de façon incroyable.
Et un grand merci à belette2911, qui avec sa magnifique critique m'a donnée envie de lire ce roman.. il aurait été dommage de passer à coté
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Ellane92
21 février 2017
★★★★★
★★★★★
Mais qu'allais-je donc faire dans cette galère ?!?
Je devrais le savoir, depuis le temps, que les poursuites sur des étendues gelées, ce n'est pas mon truc. J'avais eu du mal avec Enfant 44 (qui se déroule en Russie, en plein période Stalinienne également), j'avais peiné avec Les temps sauvages (en Mongolie), et maintenant, c'est la déroute !
Ce livre, étiqueté "Thriller" sur sa couverture (il faut attendre 150 pages pour que l'histoire commence vraiment) manque de rythme ; excepté quelques passages bien ficelés (comme le premier coup de feu de la "proie"), le déroulement des évènements manque cruellement d'originalité, et l'on devine bien avant qu'ils n'adviennent les évènements relatés par D. Smith. Les personnages sont des stéréotypes. L'auteur marque bien la différence entre Luka, vétéran de différentes armées, tireur d'élite, capable de survivre dans n'importe quelles conditions, et capable de discernement et d'empathie, et le reste des hommes, circonscrits à leurs caractéristiques (fermier et peureux, militaire et buté, etc). Pas non plus de nuances dans le comportement de ses jumeaux de fils : il y a celui qui pense, et est sensible, et celui qui agit, qui fait ce qui doit être fait. Je vais passer vite sur la mise en place interminable de l'intrigue, la première "chasse poursuite" qui s'enlise, les chasseurs qui deviennent proie, l'erreur de jugement dans la cabane qu'on voit gros comme un camion que Luka prend ses rêves pour la réalité, et l'emprisonnement de Luka dans des conditions déplorables (manque d'eau et de nourriture, coups et blessures, froid intense etc...). le pompon est pour moi obtenu par le duel final (je n'en dis pas plus, pour ne pas trop spoiler !), pas crédible pour 2 roubles ! Quant au dernier chapitre, faudrait voir à pas pousser mamie dans les orties.
Bref, entre l'écriture platouille du livre, les développements convenus et sans fin, le manque de crédibilité du scénario et les super héros à la poursuite du très méchant, je suis bien contente d'être arrivée au bout des 476 page de cette lecture !!
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Fortuna
17 septembre 2016
★★★★★
★★★★★
Nous voici dans les années 30 en Ukraine, alors que l'armée rouge est en train de prendre le pouvoir, pourchassant les koulaks, paysans considérés comme riches, saisissant leurs biens et leurs terres, répandant la terreur auprès de populations déjà éprouvées par les guerres, un climat hostile, des conditions de vie précaires.
Luka, qui a combattu dans toutes les armées, tsariste, communiste, anarchiste, est de retour dans son village depuis quelques années. Il y vit avec sa femme, ses fils jumeaux Viktor et Petro, presque des hommes déjà, et sa fille Lara. Une existence difficile mais cependant épargnée, le village étant protégé par sa situation géographique des rafles de l'armée stalinienne, mais pour combien de temps ? La collectivisation des campagnes avance à grands pas et Luka en a conscience, mais il n'hésite pas malgré tout à secourir un homme à moitié mort et qui tire derrière lui un lourd traineau. Où reposent les cadavres de deux enfants, dont l'un atrocement mutilé…
Le bruit se répand vite dans le village, un tortionnaire, un assassin d'enfant est parmi eux, protégé par Luka. Son beau-frère, Dimitri, se déchaine au point d'entrainer une partie de la population du village, aveuglée par la peur, dans un lynchage collectif. Écoeuré par cet acte de barbarie à l'encontre d'un innocent il s'isole auprès des siens quand tombe la nouvelle : Darya, sa petite nièce de 8 ans a disparu. Luka et ses deux fils s'arment et se joignent à Dimitri pour partir à sa recherche. Des traces de pas dans la neige les conduisent vite cette conclusion : elle a été enlevée par le dévoreur d'enfants. L'instinct de soldat de Luka se réveille. Une véritable chasse à l'homme va alors débuter dans la steppe enneigée où la survie humaine est un combat de chaque instant…Le froid, la faim, la folie meurtrière des hommes, vont les contraindre à aller jusqu'au bout de leurs forces dans des conditions extrêmes.
Un très beau roman, poignant et captivant, découvert grâce à une critique de Belette2911, et je n'ai pas été déçue ! On est pris par le destin de ces hommes et ces femmes, on le partage même tant la puissance de l'écriture de Dan Smith parvient à nous plonger au coeur de la steppe ukrainienne, redouter la présence palpable de l'assassin et à nous faire ressentir l'inhumanité d'un régime pour lequel la vie et la dignité de l'homme ne sont rien. Tout en laissant percer malgré tout quelques rayons d'espérance au fond de la noirceur de l'âme humaine. Une réussite !
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Les critiques presse (1)
Lexpress15 septembre 2014
Bien plus qu'un thriller ordinaire, ce premier roman traduit en français de Dan Smith - jeune quadra longtemps bourlingueur, établi à Newcastle - assène une sidérante leçon d'histoire et d'humanité. Et une leçon de survie qui fait frémir. Voilà un immense livre.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (37) Voir plus Ajouter une citation
DevianeDeviane18 février 2017
Il fallait que je voie les visages de ces hommes qui venaient de me donner tout ce qu'ils avaient. Des hommes qui ne savaient rien de moi et qui pourtant m'offraient tout. Et je fus frappé par le fait que, même en des temps aussi durs, il pouvait exister de brefs moments de douceur qui nous élevaient au-dessus de la fange et de la mort.
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DevianeDeviane18 février 2017
Je m'efforçai de retrouver le sentiment de ma propre humanité, d'éprouver moi-même de la compassion. "Nous sommes encore des êtres humains. Quoi que nous fassions, quoi que nous voyions, quoi qu'il arrive dans ce pays, il ne faudra pas l'oublier. Nous sommes encore des êtres humains. Il ne faudra jamais l'oublier. Parce que si nous oublions ça, tout sera perdu."
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DevianeDeviane18 février 2017
-Non, répondit Viktor. J'ai cru que c'était le ravisseur. Cet homme-là est... On dirait un fantôme.
-Un fantôme?
-Il surgit quelque part, et la seconde d'après, il n'y est plus. Il se tapit dans l'ombre pour nous tirer dessus. Il vient nous épier, le soir.
-Ce n'est qu'un homme, intervins-je.
-Un homme qui mange les gens.
-Pas forcément."
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DevianeDeviane18 février 2017
Rouges, blancs, noirs ou verts, ils ne s'étaient battus que pour accroître leur pouvoir sur les gens ordinaires. Pour les priver de leurs possessions et continuer jusqu'à ce qu'il ne leur reste plus que la peau sur les os. Une seule chose comptait désormais pour moi, sans distinction de couleur ou d'idéal: protéger ma famille.
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FortunaFortuna17 septembre 2016
La vérité était que je m'étais perdu en route. J'avais servi dans plusieurs armées parce que le combat était dans mon sang. De vagues idéaux m'avaient suffi pour changer de bannière. J'avais cru que les communistes nous apporteraient une vie meilleure, mais il m'était vite apparu que ce qu'ils avaient à offrir n'était pas la liberté. J'avais déserté pour rejoindre Makhno, qui prônait à l'époque un système d'autogestion défendu par une armée du peuple, mais je voyais à présent la vérité de tout cela. Ces chefs avaient tous voulu la même chose. Rouges, blancs, noirs ou verts, ils ne s'étaient battus que pour accroître leur pouvoir sur les gens ordinaires.
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