ISBN : 2246717019
Éditeur : Grasset&Fasquelle (2006)


Note moyenne : 2.67/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
C est, simplement, le monologue d une très jeune fille qui souffre d une « maladie » bien singulière : malgré son âge, sa beauté, sa blondeur, elle se prend pour un vieux juif de 80 ans, ancien déporté, avec une mémoire emplie de supplices et de tourments. Ainsi, ce « v... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Nanne, le 18 octobre 2010

    Nanne
    Joseph Rosenblath, soixante-dix sept printemps, pourrait être un dibbuk – esprit maléfique juif -qui a envahi le corps, l'âme, l'esprit, les pensées de la jeune et jolie Sophie, adolescente blonde et diaphane, fragile comme un biscuit viennois. Joseph a beau sonder sa mémoire vacillante, il n'a aucun souvenir d'avoir été – un jour ou l'autre – une jeune fille. Ce qu'il a toujours été, c'est un Juif ashkénaze appréciant les chansons de Charles Trénet, aimant aller dans les thés dansant. Alors, les réminiscences d'une gamine de vingt ans face à un aîné de soixante-dix sept ans qui a tant vécu paraissent évanescentes dans sa mémoire flageolante. Mais le plus difficile à accepter pour lui, ce sont les menaces permanentes proférées par ceux qui se disent ses parents et paraissent affligés, châtiés, anéantis par cette situation.

    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2010/10/le-dibbuk-de-ladol..
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Citations et extraits

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  • Par Mouna, le 12 décembre 2008

    Ça fait vingt ans que j'appelle mon père papa parce que je ne me souviens plus de son prénom.
    Forcément mon vrai père s'appelait Moshé, et celui-là fête les rameaux alors il doit plutôt s'appeler Jean quelque chose ou Pierre quelqu'un...
    Je ne pense pas qu'il se doute que je ne connais pas son nom, ça lui ferait de la peine.
    J'ai bien pensé à me marier, pour qu'on décline son état civil, et celui de ma mère, et le mien à haute voix, que je sache enfin... La vérité...
    Mais me marier avec qui?
    Quand on est un vieil homme on a du mal à embrasser un jeune con. Alors l'épouser, vous pensez bien...
    Ma mère s'obstine.
    Elle me dit " Sophie".
    Je sais, on sait, j'ai sûrement de vieux amis dans la salle qui le savent, je m'appelle Joseph Rosenblath! Mais elle m'appelle Sophie...

    " Sophie" elle me dit "Ne sois pas juif, juste ce soir, ne soit pas ce vieux juif. Tes grands-parents sont là. Ça va finir par mal tourner."
    Je crois qu'elle fait çà pour me protéger.
    Je crois qu'elle n'a plus toute sa tête.

    " Les allemands sont partis" je lui dis "on n'est plus obligés de faire semblant."

    Elle s'en va, en pleurant.
    Avec mon père, ils se prennent dans les bras, et ils se disent "elle s'en sortira".
    J'ai longtemps cru qu'ils parlaient de la France mais j'ai des soupçons. J'ai l'impression, j'ai la nette impression qu'ils parlent de moi, Joseph Rosenblath, comme d'une fille, de leur fille de vingt ans."
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  • Par Nanne, le 18 octobre 2010

    Elle s'en va en pleurant. Avec mon père, ils se prennent dans les bras, et se disent « elle s'en sortira ». J'ai longtemps cru qu'ils parlaient de la France mais j'ai des soupçons. J'ai l'impression, j'ai la nette impression qu'ils parlent de moi, Joseph Rosenblath, comme d'une fille, de leur fille de vingt ans. C'est vrai, dans le miroir, les apparences sont trompeuses. Mais moi je n'ai pas de miroirs, je les ai tous cachés. Et puis dans les yeux des gens, quand même ! On ne peut pas confondre un type de 77 ans élevé à la carpe farcie, déniaisé par une pute de la rue Tournefort en 1946 avec une gamine qui surfe sur internet.
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  • Par katioucha, le 08 janvier 2011

    Mon père s'est essuyé avec sa petite serviette, délicatement, comme à chaque fois, il s'est levé, il m'a pris dans ses bras. Je pense que c'était la première fois.
    "Elle s'en sortira" il m'a dit.
    Et puis du sang a commencé à tacher le fonds de ma culotte.
    Comme si l'étreinte de mon père le faisait sortir enfin.
    Moi je l'ai serré aussi.
    J'ai serré fort.
    Jérôme, il s'appelle Jérôme mon papa.
    Avec lui, on est allés dans la chambre et on découvert les miroirs, et je me suis vue, enfin, et là, je me suis reconnue.
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  • Par Nanne, le 18 octobre 2010

    Je suis prisonnière du vieil homme que je suis. Que j'ai toujours été. Tu vois Julien, je suis née vieux. Je suis prisonnière du jour d'après, qui empêche le maintenant, le tout de suite.
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Keith me n'est pas un livre de plus sur les Rolling Stones. Il n'est pas non plus la biographie de Keith Richards, ni l'autobiographie amoureuse d'Amanda Sthers. Keith me est pourtant ces trois livres à la fois. Muriel beyer vous présente ce roman étrange.











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